Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 18 avril 2008

Des missions de la marine aujourd’hui

© Sénat.

De nos jours plus des trois quarts du commerce mondiale aujourd'hui transite par la mer. Encore faut-il ajouter que 80% de la population mondiale est à portée d'un groupe aéronaval. La marine française doit aujourd'hui un très large éventail de mission.

" La marine a un rôle de garde côte "

La Royale, comme on a coutume de l'appeler, doit par exemple surveiller les navires de commerce naviguant le long de nos côtes. Eventuellement leur porter assistance en cas de coup dur. Pour remplir cette mission, la Marine affrète la flotte des Abeille ou remorqueurs de haute mer. Ces navires de commerce peuvent subir les dangers de la mer mais tout aussi bien en créer. Il faut donc par exemple contrôler s'il n'y a pas de rejet d'hydrocarbures à la mer avec l'utilisation des jets Falcon 10 qui survolent la façade maritime à ces fins.

Pour remplir ces quelques missions, il faut des remorqueurs et des avions de patrouille maritime. Sans oublier les CROSS ou Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage qui sont au nombre de quatre sur le territoire métropolitain.

Pour secourir les infortunés de la mer, la Royale entretient un parc d'hélicoptères qui sont répartis tout le long du territoire métropolitain, prêts à intervenir à tout moment sur la demande d'un CROSS. Les moyens matériels actuels sont les hélicoptères Dauphin et Super Frelon. Fréquemment des pêcheurs sont en danger, des plaisanciers, etc.. .

" La marine a un rôle de police des pêches et de sauvegarde des ressources maritimes "

La France possède des ZEE ou Zone Economique Exclusive définies par la convention internationale de Montego Bay (la fameuse zone des 200 milles). Ces zones sont des "eaux territoriales" autour des côtes de la métropole et des îles française où la France détient la souveraineté d'y user des ressources de la mer comme le poisson, les ressources pétrolières.

Le souci majeur est que la ZEE française, c'est 11 millions de km² (cumulés). Représentez-vous le territoire de la Russie et imaginez que les ZEE française font les 2/3 de ce territoire...

La France doit être en mesure d'effectuer une " police des mers " sur des îles dans l'Océan Indien (la Réunion, Mayotte), l'Océan Pacifique (la Polynésie française, Nouvelle Calédonie), l'Océan Atlantique (St Pierre et Miquelon), etc... Cette liste est non exhaustive.

Pour patrouiller, la marine utilise une quarantaine de patrouilleurs de 50 à 400 tonnes (les P400 de 400 tonnes, les OPV... etc). Ces patrouilleurs sont basés dans les ports des DOM et COM (Collectivités d'Outre Mer créées depuis 2003 en remplacement des TOM). Et ont pour mission de patrouiller aux alentours de l'île où ils sont basés.

Mais pour effectuer des patrouilles de longue durée, sur de vastes zones hors d'atteinte des patrouilleurs, la France a créé le concept de Frégate de surveillance (les Floréal). Elles sont autant armées qu'une corvette, sont bon marché à l'achat mais possèdent tout les avantages d'une frégate de 3000 tonnes (hélicoptère, long rayon d'action du navire, place à bord pour d'éventuels prisonniers...). Au nombre de six, elles ont été complétées par les cinq frégates Lafayette qui malgré leur apparence ont été conçues pour remplir le même rôle que les Floréal. Sauf que les LaFayette ont donné lieu à un exercice d'architecture navale furtive et on dit que sur un écran radar elles apparaissent en ayant la taille d'un chalutier. Qui se méfierait d'un chalutier de nos jours ? Elles sont aussi très silencieuses. La furtivité est un avantage pour aller dénicher le trafiquant de drogue ou les navires de pêche étrangers en train de pêcher illégalement dans nos ZEE.

On vient de citer les missions de la police des mers en métropole et dans les îles d'outre mer. Mais autant que l'on a une police nationale à terre, autant on a une gendarmerie. Sur mer c'est un peu pareil. Il faut entretenir une flotte de navires de surface pour pouvoir parcourir les mers du globe et sécuriser quelques routes vitales pour notre pays. Ainsi la France n'irait plus très loin si des détroits comme celui d'Ormuz (au large de l'Iran) ne nous livraient plus le pétrole (le sang de l'économie) ou le détroit de Malacca où transitent les marchandises que nos entreprises délocalisées fabriquent en Chine, entre autre.

" Sécuriser les flux économiques maritimes, une mission vieille de 2500 ans "

On est dans la même situation qu'Athènes aux V et VIe siècle avant Jésus-Christ. En effet la mythique cité avait choisit de consacrer une grande partie de ses terres agricoles non plus uniquement aux céréales pour nourrir la population mais désormais à des exploitations exportatrices comme les oliviers pour produire de l'huile. Pour combler le déficit de blé et nourrir sa population elle importa du blé. Mais pour sécuriser ses importations vitales, elle se mit à entretenir une flotte de guerre pour interdire à tout ennemi la tentation de l'affamer en lui coupant les vivres par mer.

La situation est-elle tellement différente aujourd'hui dans un contexte où on est rien sans le pétrole qui nous vient de par les mers ? Et où une grande partie de nos productions ont été délocalisées. Et aussi de production étrangère dont on est dépendant ? La France, pour garder les routes maritimes libres, entretient aujourd'hui des frégates (vous ne verrez jamais le terme de " destroyer " en France par pure raison politique).

Il existe deux versions principales des frégates de combat ou frégate de premier rang (par opposition aux frégates de second rang que sont les LaFayette et Floréal). Les frégates Anti Sous-Marine (ASM) et des frégates Anti Aériennes (AA).

La série des FREMM (Frégate Européenne Multi Mission) vont remplacer toute les frégates et avisos français en activité :Soit 8 frégates ASM vont à terme remplacer les anciennes frégates F67 (au nombre de 3) et F70 (au nombre de 10).Soit 9 AVT (Action Vers la Terre) pour remplacer les anciens avisos A69 (au nombre de 17).

Les programmes Horizon et FREDA (FREMM AA) vont remplacer deux frégates AA classe Suffren et les deux autres frégates AA classe Cassard par deux Horizons (Chevalier Paul et Forbin) et deux FREDA.
L'armement de ces futurs 21 frégates qui font en moyenne 6000 tonnes est plus que conséquent et dissuasif. Il faut pouvoir lutter loin de la métropole contre des sous-marins "hostiles" (il y a, environ, 460 dont seulement 180 sont des forces de l'OTAN), une menace aérienne et bien sûr la lutte contre d'autres navires militaires.

" La Marine doit pouvoir déployer un contingent n'importe où "

La France peut ressentir la nécessité de vouloir déployer une force terrestre. Sur demande de l'ONU comme au Liban comme cela fut encore le cas cet été. Vous imaginez bien qu'il ne suffit pas de faire prendre un vol Air France à un bataillon. Dès que l'on envoie des troupes, c'est en territoire hostile où généralement on n'est pas accueilli à bras ouverts. Il nous reste donc la mer comme voie d'accès. C'est pour cela que la France entretient une force amphibie. La marine possède deux TCD ou Transport de Chaland et de Débarquement. C'est en quelque sorte un ferry militaire qui peut débarquer les troupes par barge flottante tout en restant au large, héliporter les troupes depuis le pont, entre autre...

Depuis peu la France arme deux BPC ou Bâtiment de Projection et de Commandement qui sont des porte hélicoptères pouvant débarquer eux aussi des barges, ayant un hôpital embarqué... Un vrai couteau suisse.

Donc si le besoin se fait sentir, un des ces quatre navires, ou l'ensemble, peut aller débarquer des troupes et leur matériel sur une côte de la planète. Cette force est escortée par les frégates ASM et AA citées plus haut.

Les navires de la force amphibie pouvant opérer des hélicoptères en grand nombre, peuvent être appelés à intervenir dans une crise humanitaire (Tsunami 2004) ou pouvoir préparer une mission d'assaut contre des pirates (2008 voilier le Ponant).

" La marine doit pouvoir déployer une force aéronavale pour contrer une menace contre les intérêts vitaux de la France "

La France peut aussi ressentir le besoin d'intervenir plus lourdement sans s'engager au sol ou en tout cas pas dès le départ de la mission. Il peut y avoir un besoin d'effectuer des frappes aériennes tout en ayant une plate forme aéronavale flexible. C'est pour cela que la France entretient un groupe aéronaval, soit deux porte-avions ainsi que son escorte composée d'au moins une frégate AA et une autre ASM ainsi qu'un pétrolier ravitailleur pour soutenir la force lorsqu'elle opère loin d'un port et pour pouvoir se maintenir sur zone.

" La Marine assure la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire et son escorte "

Depuis les années 60 sous l'impulsion du général De Gaulle la France s'est dotée d'une force de dissuasion nucléaire océanique. Elle est constitué des Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins (SNLE). C'est un peu notre assurance vie et c'était notre assurance vie face aux soviétiques. De nos jours, son utilité est discutée mais il semblerait que le monde soit dans une phase transitoire, plusieurs pays se dotent d'une telle force comme l'Inde et la Chine. Et l'avenir et les intentions de certains étant incertains...

Aujourd'hui le format de cette force est de 4 SNLE (contre 6 en pleine guerre froide). Et on estime qu'il faut au moins six frégates ASM pour sécuriser cette force avec un nombre indéterminé de SNA.

" La Marine a des SNA mais ils ne sont même pas assez pour assurer des missions de SNA "

Les Sous-marins Nucléaires d'Attaque qui assurent plusieurs missions comme l'escorte du groupe aéronaval, des SNLE et qui patrouillent le long des côté pour le renseignement. Ils sont aujourd'hui qualifiés, comme les porte-avions, de " capital ships " ce qui témoigne bien de leur importance. En effet ce sont les seuls navires qui peuvent circuler librement à la surface du globe face à un nombre très restreint de nations pouvant les intercepter ou les découvrir. C'est un avantage considérable pour espionner à peu près tout. Et pouvoir interdire de mer une flotte ennemi mal équipée. Par exemple pendant le confit des Malouines, la flotte argentine a été interdite de mer par un SNA britannique posté en permanence.

Actuellement, le Suffren, en construction, est tête de série d'une nouvelle classe de SNA français qui vont remplacer les 6 SNA de classe Rubis des années 80.

  • Garde côte : 40 Patrouilleurs (P400, OPV, etc...)
  • Police des mers 12 Frégates de second rang (5 Lafayette et 6 Floréal)
  • Force amphibie : 2 BPC, 2 TCD
  • Groupe aéronaval : 2 PA
  • Flotte sous-marine : 4 SNLE-NG, 6 SNA
  • Gendarmerie des mers : 8 Frégates ASM, 4 Frégates AA et 9 Frégates AVT

Publié le 18 avril 2008, dernière mise à jour le 18 novembre 2008.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire