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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 29 janvier 2011

Le Swordship de DCNS

© DCNS.
Nous n'avons plus les moyens d'innover lourdement dans la "high technology" en ce début de XXIe siècle. Paradoxalement, nous avons une certaine capacité d'innovation dans le "low cost technology" grâce aux frégates Floréal ou au patrouilleur Adroit, notamment.
La guerre de demain, c'est peut être la capacité à entretenir une marine sur le long terme. Il n'y pas de perspective purement guerrière en vue, donc le rôle politique des Flottes prime avant tout, et pour cela il faut des navires en nombre. Cependant, une grande avancée technologique navale a, par symétrie, une grande répercussion politique à travers le monde.
Il y a plusieurs choses à dire concernant le "concept ship" de DCNS. Il faut relever que c'est un concept ship, et contrairement à l'USS  Zumwalt (éventuel nouveau Dreadnought1) il ne sera pas produit, donc la France ne cherche pas ou ne conçoit pas que cette nouvelle architecture navale soit indispensable pour la marine de demain. Tout du moins... nous n'avons bien sûr pas les moyens actuellement de lancer une nouvelle frégate Gloire2 ! De l'intérêt de bien gérer ses finances sur le long terme...

Pas de capacités aéronautiques ?

L'une des choses à relever est que la vidéo ne dévoile pas les éventuelles capacités aéronautiques de ce navire. Ainsi, la présence d'une porte de hangar ou d'un éventuel ascenseur n'est pas visible. Le stockage de l'hélicoptère sur le pont affecterait grandement la furtivité d'un tel navire mais je présume que DCNS a peut être oublié de montrer la manière dont est stocké la voilure tournante (avec ou sans pilote3) sur ce navire.

Malheureusement, cet oubli est bien dommageable car l'intérêt de la vidéo est de frapper les esprits. Le Zumwalt aura des capacités aéronautiques, une étude de BAE Systems sur un navire de ce genre (au-dessus) avait même présenter la (ré)introduction de deux pistes obliques. Alors, on pense bien sûr au projet de transformation des Iowa en "cuirassé porte-aéronefs" (ci-dessous), chose qui a pu inspirer BAE Systems.

Cependant, ces idées anglo-saxonnes fonctionneraient bien mieux si le successeur de l'Harrier ne serait pas en sursis. Pire, le fait qu'il existe un unique successeur tend plutôt à démontrer que le concept n'est pas si viable que l'on a bien voulu nous le faire croire jusqu'au PH754.

De retour en France, on s'étonnera que DCNS avec son Advansea6 présente même un double plate-forme pour la mise en oeuvre de moyens aériens, on s'étonne que le Swordship fut aussi démuni. A moins que l'Advansea soit le Swordship revu et corrigé.

Des capacités classiques

Les drones et le système de mise à l'eau rapide d'embarcations légères sont déjà des besoins acutels pour le remplacement des défuntes FREMM AVT, des Lafayette, des Floréal et des P400.

Retour de la chapelle du canon !
Le grand retour de l'artillerie de marine ! La chose est à signalée, l'artillerie pourrait reprendre une place de choix si les futurs systèmes à longue portée (rail gun6 & cie) permettent de tirer des munitions bien moins chères que l'équivalent en missiles. Il faut dire que ce retour ne semble concerner que pour l'instant l'action vers la terre (AVT).

La lutte anti-navale semble rester l'apanage (en partie) du missile.

Amiral Darrieus et la furtivité

Le vaisseau promet d'avoir une intégration très poussé des senseurs et effecteurs afin de laisser une surface équivalente radar (SER) très limité aux senseurs ennemis.

Ce développement architectural est l'aboutissement de la réflexion d'un homme comme l'amiral Darrieus (début XXe siècle). Il observait que depuis toujours, la portée des armes ne cessait de s'allonger. Dans les combats navals, ce qui permettait "d'accrocher" le navire ennemi c'était sa silhouette à l'horizon. Hors, l'amiral Darrieus se plaignait donc que les cuirassés français avaient une silhouette d'une grande complexité qui permettait l'accrochage visuel pour les marins adverses. Il souhaitait donc que les navires aient une silhouette avec des superstructures très épurés.

Le raisonnement n'est pas obsolète aujourd'hui puisque la silhouette d'un navire ne doit plus être accrochée par les yeux humains mais par les ondes d'un radar. Il faut donc que l'architecture du navire soit la plus "sobre" possible afin d'être "furtive" face aux radars adverses.

Le problème de ces architectures à l'heure actuelle c'est qu'elle semble très coûteuse. Les frégates Lafayette et FREMM, la corvette Visby sont des exemples de navires furtifs respectant la réflexion de Darrieus à un coût modéré.

Le projet de destroyer Zumwalt de l'US Navy semble constituer l'évolution suivante. Il a vu ses coûts explosés, on parle désormais de 3 milliards de dollars pièce... au moins ! Pourtant, c'est le navire en cours de construction qui se rapproche le plus du projet de DCNS.

La nouvelle frégate Gloire

Il est peut être bon goût de terminer un billet en raccrochant au propos introductif. Je disais alors que la France n'avait peut être plus les moyens de lancer son Dreadnought à elle, la frégate Gloire qui avait alors provoqué une "navy scare" en Angleterre.

En réalité, nos capacités d'innovations pour diminuer les coûts nous permettraient de le faire, et même de battre les américains ! L'une des premières qualités du Zumwalt, c'est son architecture peu orthodoxe qui frappe les esprits, et bien au-delà du monde maritime. Le Dreadnought était une avancée technique, ce n'était pas une "révolution" dans la construction des navires militaires.

Hors, ce qui est peut être recherché c'est l'effet politique. La politique n'est pas le synonyme de la vérité, ni de la performance. On peut lancer un navire ressemblant au destroyer Zumwalt. L'effet politique sera produit. Il n'est pas obligatoire de chercher à atteindre les capacités du navire étasunien. La chose est même salvatrice ! Il n'est pas dit que le système d'armes du Zumwalt soit une réponse adapté au contexte actuel. Par contre, il est tout à fait possible d'avoir son apparence tout en équipant la création concurrente en fonction de nos besoins réels. Il serait même plus prudent et moins coûteux de prévoir des réserves d'espace afin d'équiper autrement le navire plutôt que de rentrer en compétition avec le destroyer.

La France pourrait atteindre l'effet politique du Zumwalt à double titre :
  • en lançant un équivalent "low cost",
  • et en "lançant" une grande série !
Il reste des navires à remplacer dans la Royale comme les Lafayette ou les Avisos A69. DCNS a un projet qui permettrait d'atteindre ce double effet politique a moindre coût : la FM400 à étrave inversée7.

http://www.meretmarine.com/objets/500/25666.jpg

Un concept qui en chasse un autre. Il manque le carénage de la pièce d'artillerie, et si c'était possible, une plus grande intégration des senseurs à un coût strictement raisonnable.

La nouvelle frégate Gloire.


2 "La Gloire", Musée national de la Marine (Paris).
4 "Le problème du porte-avions", Hervé Coutau-Bégarie, édition Economica dans la collection "Stratégies et Technologies", 1990, pages 135-141.
5 "DCNS mise sur le navire tout électrique", Mer et Marine, 28 octobre 2010.
7 "DCNS propose des navires à étrave inversée", Mer et Marine, 10 mai 2010.

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