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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 25 mars 2014

Mer Noire : "La puissante et fragile République de Transdniestrie"

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La République de Transdniestrie (aussi appelée Transniestrie ou Pridnestrovie (en russe) est d’une exiguïté territoriale remarquable. Constituée d’une bande de vingt kilomètres de large pour un peu plus de deux cents de long, la Transniedstrie se développe tout le long du fleuve Dniest entre la Moldavie et l’Ukraine.

 

La Moldavie comme la Gagaouzie et la Transdniestrie partagent une histoire commune depuis que la Bessarabie a été rattachée à l’Union soviétique. Dans le cas de la Transdniestrie, plus de 60% de la population de ce pays est russe ou ukrainienne.

 

 

Pendant la présidence Gorbatchev, et entendant la volonté de réformer l’URSS, les Moldaves demandent la reconnaissance de l’identité roumaine et le retour à l’alphabet latin. A la chute de l’URSS, la République de Moldavie proclame son indépendance le 27 août 1991. Décision reconnue par la Roumanie. Le grand voisin est très proche de la nouvelle entité politique sur les plans culturel et linguistique. Il y a également le projet de rattacher la Moldavie à la Roumanie.

 

 

C’est de cette convergence autour de l’identité roumaine que la divergence avec les Gagaouzes et les Transdniestriens voit le jour.

 

 

Les Russes noyautaient le pouvoir en Moldavie. A l’indépendance retrouvée, la politique moldave à l’égard des Russophones fut radicale. Des manifestations ont rapidement éclaté et la situation s’est enflammée.

 

Dès décembre 1991, la Transniedstrie proclame son indépendance. Cette dernière veut protéger son particularisme linguistique et préserver le souvenir de l’URSS malgré le refus soviétique de reconnaître son identité. En 1992, le conflit éclate entre le jeune Etat de Moldavie et celui sécessionniste de Transdniestrie.

 

La guerre dura six mois entre Moldaves et Transdniestriens. Selon les estimations courantes elle causa un millier de victimes. Les Transdniestriens, soutenus par la Russie, prirent le contrôle de la rive gauche du Dniepr. Cette portion du territoire moldave concentre alors 80% des industries du pays, l’arsenal de Colbasna et la centrale hydroélectrique de Dubăsari

.

 

La Moldavie a conservé l’intégrité de son territoire. Lors de l’accord de cessez-le-feu signé en juillet 1992 entre Boris Eltsine et son homologue moldave Mircea Druc, ex-leader du front populaire qui a libéré son pays du joug communiste, la Transdniestrie s’affranchit du pouvoir central concentré à Chisinau, capitale de la Moldavie. Elle bénéficie désormais d’une forte autonomie qui permet de régler temporairement la situation de ce territoire sans résoudre pour autant le problème de fond.

 

 

Tiraspol, capitale de la Transdniestrie est de facto indépendante. Entité politique viable économiquement grâces aux prises de guerre, elle a cherché à se doter des attributs de la souveraineté (institutions politiques, forces armées, hymne, drapeau, etc…). Néanmoins, ni la communauté internationale, l’Ukraine et encore moins la Russie ne reconnaissent la Transdniestrie.

 

 

Son existence demeure préserver grâce à la présence militaire de la Russie à travers la 14e armée russe qui stationne à Tiraspol (environ 1500 hommes) mais aussi grâce à un soutien financier de Moscou. Ajoute à cela la proximité culturelle et linguistique et ceci explique les moyens de pression qui sont dans les mains de Moscou et qui peuvent servir à déstabiliser le pouvoir moldave.

 

 

En 2006, un référendum est organisé en Transdniestrie avec le soutien très appuyé de la Russie. Deux questions sont posées, la première demande aux électeurs s’ils désirent le rattachement de leur pays à la Russie, la seconde s’ils désirent être rattachés à la Moldavie et renoncer ainsi à l’indépendance. La participation atteint 78%, la première question recueille 97,1% de oui, la seconde 95% de refus de renoncer à l’indépendance. Aucun Etat ne reconnaît les résultats puisque aucun d’entre eux (même pas la Russie) ne reconnaît la Transdniestrie comme un Etat. La CEI reconnaît les résultats quand l’OSCE et l’Union européenne refuse de les reconnaître, notamment en raison des fraudes et de l’absence de reconnaissance internationale.

 

 

Le 19 mars 2014 la Transdniestrie, par la voix de son dirigeant, Mikhail Bourla, a demandé la possibilité que la législation russe permette le rattachement de la Transdniestrie à la Fédération de Russie. A l’instar de la Gagaouzie (qui demande son indépendance et aucunement une telle annexion), la Transdniestrie ne bénéficie d’aucun accès à la mer (comme la Moldavie au demeurant) : une langue de terre ukrainienne sépare ces entités de la Mer Noire. Que ce soit les projets d’adhésion l’union douanière menée par la Russie ou tout simplement la Fédération de Russie, ils semblent bien difficile à mettre en œuvre sans un accès libre à la mer, faute de contigüité territoriale.

 
 
Le marquis de Seignelay
 
 
Bibliograhie :
 
Atlas des Nations sans Etat en Europe – Peuples minoritaires en quête de reconnaissance, dirigé par BODLORE-PENLAEZ Mikael, éditions Yoran Embanner, Fouesnant, 2010.

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