Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 8 octobre 2014

Piraterie et Terrorisme : deux facettes d'une même pièce ?

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© Inconnu.
 
Aujourd'hui, il est proposé de se pencher sur deux notions et de les rapprocher. La première des deux est la piraterie qui est un terme très (trop ?) usité. La seconde est le terrorisme qui est appliquée elle aussi à une très grande diversité de cas.


 

Premièrement, nous avons donc la piraterie. Il y a quelques jours, nous comparions les définitions de corsaires, forbans et de pirates données par le Dictionnaire de la marine à voile du capitaine de vaisseau Bonnefoux. L'un est mandaté par son gouvernement, mon second ne s'attaque qu'aux navires étrangers à son pavillon et le dernier tout ce qui passe à sa portée.

 

Les phénomènes actuels de piraterie nous montrent qu'ils recouvrent plusieurs cas. Du brigandage maritime côtier dans le détroit de Malacca au détournement de pétrolier au large de la Somalie, nous n'observons pas exactement la même chose. Bien qu'un pétrolier vietnamien aurait été récemment détourné en Asie du Sud-Est.

 

Quoi de commun entre les populations autochtones autour du détroit de Malacca qui rançonnent les équipages des navires du commerce mondial et les pirates somaliens ? L'un rançonne, l'autre prend en otage et détourne les navires.

 

Mais sont-ils proches en réalité ? Dans les deux cas, les "pirates" se servent sur les flux maritimes : les grandes routes maritimes. Ils opèrent à proximité d'une concentration de ce commerce mondial : les détroits de Bab El-Mandeb et de Malacca dans les deux cas d'espèce.
La piraterie, aujourd'hui, pourrait-on dire, est la tentative de s'enrichir sur un flux de richesses au détriment d'autrui.

 

Remarquons une différence : les pirates ou brigands du détroit de Malacca vivent dans des Etats non-déclarés faillis, contrairement à la Somalie. Abordons la question du terrorisme. Ce mode opératoire est régulièrement décrit comme l'arme du faible. Il s'agit de tester la volonté de l'adversaire, la résilience de sa population à des attaques ciblées et peu coûteuses en moyen. Ce qui est tout sauf une définition officielle.

 

A la remarque près, donc, que nous voyons des terroristes partout. Les armées occidentales ne font plus la guerre mais interviennent contre des terroristes. Elles font la guerre à la terreur par contre. Et dans certains Etats, les mouvements de contestations sont même qualifiés de "terroristes. L'apogée a peut être était atteint en Ukraine : des opérations anti-terroristes sont menées de tous les côtés.

 

Nous pourrions dire que le terrorisme est l'introduction de la terreur dans un territoire considéré. Son action, si elle a un versant destructeur, amène aussi le chaos. Justement, chaos est un mot très intéressant car il recèle cette action de désorganisation. Non pas qu'il faille tout raser pour tout reconstruire. Il faut destructurer pour remodeler. Dans cette optique, la guerre civile syrienne a déconstruit le maillage étatique syrien. La place dégagée permet à de nouvelles structures d'émerger. Structures qui profitent du chaos irakien pour occuper le vide : la nature a horreur du vide.

 

In fine, nous glissons vers des notions assez deleuziennes. Pour ce philosophe français, les espaces sont originellement lisses. C'est l'action de la "machine de guerre" pour Deleuze (comprendre plutôt quelque chose comme la construction étatique) qui strie ces espaces. Ce que je n'ai pas trouvé dans les concepts de ce philosophe (ou au risque de ne pas comprendre, en fait), c'est une action inverse à celle de la machine de guerre.

 

Quel rapport entre nos mouvements terroristes et nos pirates ? Ce sont peut être les flux. Si l'espace lisse devient strié, ce ne serait pas uniquement par la création de structures (étatiques, économiques et commerciales). Ce serait aussi la capacité d'un ou de plusieurs acteurs de modeler les flux d'un territoire. Les pirates se nourrissent des flux passant à leur portée pour enrichir leur patrimoine. Les terroristes désorganisent les flux pour les modeler à leur projet.

 

Les vikings (encore eux) ont peut être été l'incarnation de ce rapprochement entre la piraterie et le terrorisme. Ils sont allés dans toute l'Europe du Nord (jusqu'en mer Noire) piller les richesses. Les flux de richesses n'étaient pas maritimes mais bien terrestres. Et cette action de piraterie s'est accompagnée de la terreur répandue par le mode opératoire du pirate. Terreur qui a désorganisé des territoires au point que les vikings ont cherché à s'implanter un peu partant en Europe.

 

L'un capte la richesse, l'autre sème le chaos pour reconstruire.

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