Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 7 novembre 2014

#MCO : Damen tenterait-il de défier DCNS dans ses cales ?

http://www.navyrecognition.com/images/stories/news/2014/november/Tarik_Ben_Ziyad_in_drydock_DAMEN_1.jpg 
 
Les lecteurs habitués à ce blog, en particulier depuis ses origines, ont remarqué l'attrait certain des billets pour la réparation navale. Il est proposé de s'intéresser à une simple hypothèse ce jour.

 

Nous devons nous souvenir que l'amiral Forissier, alors chef d'état-major de la Marine, n'hésitait pas à remettre en question l'attrait des bases navales françaises pour l'entretien des navires militaires étrangers. Selon lui, il aurait diminué. Remarquons que ce n'est pas la rumeur de l'entretien du Queen Elizabeth à Toulon qui va démentir ce mouvement. 



 

Pour l'observateur lointain, il semblerait en fait que l'entreprise institutionnelle, malgré son ouverture à de nouvelles activités pour valoriser tous ses métiers, s'intéresse que très peu à la tôle. C'était pour l'un des objets du dernier plan de compétitivité de DCNS : reprendre en interne les travaux de chaudroneries pour valoriser les capacités de l'entreprise et leur fournir du volume pour gagner sur les effets d'échelle.

 

Néanmoins, il n'est pas passé inaperçu que l'entreprise n'a pas souhaité investir deux marchés pourtant en plein essor : la déconstruction navale et la réparation navale.
Pas besoin de faire un dessin : l'attention des dirigeants, tant des entreprises que des collectivités territoriales de Brest et de Bretagne s'est focalisé sur le sort des activités de construction navale militaire à Brest. C'était aller à contre-courant de l'actuel mouvement de concentration, soutenu par deux choses fondamentales. La première est que la France n'est plus une nation maritime qui construit de grands navires de commerces (hors navires de croisière pour le moment). Deuxièmement, la Marine nationale est passée des ambitions d'une marine à 700 ou 800 000 tonnes depuis les années 30 à environ 300 000 tonnes aujourd'hui. Entre deux, les chantiers navals et les arsenaux ont fermé tout au long du XXe siècle. L'actuel format de la Flotte, ainsi que les conditions financières et économiques, ne pouvaient aucunement laisser espérer un quelconque maintien à Brest. A moins de s'ouvrir à d'autres activités soutenant la chaudronnerie.

Et au train où vont les choses, l'observateur éloigné ne peut que se demander si le site de Lorient ne pourrait pas être sacrifié dans le futur afin de soutenir les Chantiers de l'Atlantique, dernier chantier national capable de construire des navires de plus de 10 ou 20 000 tonnes (porte-avions et BPC).

 

Tout cela pour dire que Brest et DCNS se sont fermées à la déconstruction navale. Rien ne se perd, tout se transforme pourrait-on dire grossièrement car l'Angleterre et la ville de Bordeaux raflent la majeure partie des coques de la Marine nationale à déconstruire.

 

Autre chose, et nous arrivons au sujet du jour, DCNS ne s'est pas portée acquéreuse de la SOBRENA (SOciété Brestoise de REparation NAvale). La nature ayant horreur du vide, le Marin ayant rapportée à ce moment là que la réparation navale ne de se délocalise pas (puisque les navires, à flux tendu, sont entretenus le long du flux) : c'est l'entreprise Damen qui a repris cette société.

 

Récemment, nous évoquions la question de lancer une nouvelle dynamique navale en France pour redonner des défis à l'outil industriel. Nous pouvons nous interroger sur la pertinence de lancer les CMN (Constructions Mécaniques de Normandie) contre DCNS pour un programme de frégates légères afin de préserver et/ou retrouver une capacité industrielle pour la Flotte.

 

Aujourd'hui, donc, nous avons à supposer qu'une concurrence pourrait surgir en matière de MCO (Maintien en Condition Opérationnelle). Justement, le site brestois de la branche de réparation navale de Damen accueille pour entretien courant une corvette SIGMA vendue par les Pays-Bas au Maroc. S'il s'agit d'une simple visite de routine aux dires de l'entreprise, elle dure tout de même 30 jours. De là à supposer que Damen fait venir des ingénieurs et techniciens depuis les Pays-Bas où la fiscalité est légèrement différente, il y a un pas.
Supposons que la Royale puisse modifier le périmètre des contrats de MCO. Par exemple, il pourrait être distingué des contrats ayant trait à l'entretien de la plateforme tandis que d'autres auront trait aux systèmes. Dans pareil hypothèse, il ne serait pas étonnant de retrouver Damen comme candidat pour la partie flotteur. Mieux encore, si l'enclave de l'entreprise hollandaise peut permettre à des salariés de Damen de venir travailler à Brest, alors pourquoi ne pas imaginer que l'entreprise puisse candidater et remporter un contrat de MCO tel qu'il est défini actuellement ?

 

La Flotte ne pourrait que gagner en efficacité budgétaire si le budget affecté au MCO permettait de faire plus avec moins dans un contexte budgétaire serré. Les négociations avec les industriels seraient plus fluides car la Marine serait en position de force pour choisir ses partenaires au regard de l'efficacité économique des contrats pour remplir le contrat opérationnel. Sachant que, au passage, Damen possède un réseau de sites de réparation navale, ce qui laisse augurer des offres très innovantes.

 

Sur le plan historique, les arsenaux français seraient défiés dans leurs cales par des Hollandais alors que depuis Colbert, nous ne commandons plus de navires en Hollande. A moins que dans un futur proche... Attendons de voir ce que Damen va oser depuis son territoire brestois.

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