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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 12 juin 2015

Deux croiseurs porte-hélicoptères pour remplacer la Jeanne d'Arc et le Colbert ?


Dans le chapitre sixième de l'ouvrage Le problème du porte-avions (éditions Economica, 1990), le professeur Hervé Coutau-Bégarie narre brièvement le chemin français vers l'aviation embarquée, depuis la Foudre (1911) jusqu'au Charles de Gaulle. Au passage, nous ne pouvons que vous conseiller Les porte-avions français des origines (1911) à nos jours de Francis Dousset qui est, selon nous, d'une richesse immense tant pour les projets de navires que de groupes aériens embarqués. Une réédition de l'ouvrage, enrichie des dernières archives, serait un bel hommage.

Narrant le dispositif aéronaval en vigueur, l'auteur aborde nécessairement la question du rôle et de l'utilité du porte-hélicoptère Jeanne d'Arc, notamment au travers de la guerre civile libanaise. La note de bas de page 7 nous indique (p. 117) qu' "Il est question, pour remplacer le Colbert et la Jeanne d'Arc, de construire deux croiseurs porte-hélicoptères  de 10 à 12 000 tonnes. Mais aucune décision n'a encore été prise." (L'illustration retenue ci-dessus est celle du PH 75)

C'est une certaine surprise dans la mesure où le plan naval de 1972 portait initialement l'ambition de disposer de deux nouveaux porte-avions et deux porte-hélicoptères. Le Conseil supérieur de la Marine décide de doter ces deux derniers de la propulsion atomique (PH 75 - illustration du billet) en 1973. Il s'agissait de remplacer l'Arromanches (porte-avions d'entraînement et porte-hélicoptères d'assaut). Le navire devait être mis sur cale en 1976 pour une admission au service actif en 1981. Le projet, trop ambitieux, est retardé de cinq années puis abandonné au profit du PA 75 qui deviendra le Charles de Gaulle.

L'autorisation de construction du PAN est signé le 4 février 1986 par le ministre de la Défense Paul Quilès sous le nom de Richelieu. 

Mais quid de ce projet de deux croiseurs porte-hélicoptères dont nous parle Coutau-Bégarie ? 
  • En 1990, il est plutôt question de défendre la poursuite de la construction du PAN et de son sister-ship. 
  • La Marine ne semblait pas rechercher un changement conceptuel pour le groupe amphibie puisque deux TCD de classe Ouragan seront complétés par deux de la classe Foudre (première unité mise sur cale en 1986).
Il s'agissait peut-être alors de conserver l'ambition du Plan bleu de 1972-1973 en lançant la construction de deux "croiseurs" porte-hélicoptères. 

Premièrement, retenir le terme de croiseur permet de faire le lien avec les deux unités à remplacer. 

Deuxièmement, cela illustre la volonté de disposer de porte-aéronefs secondaire par rapport aux porte-avions. 

Troisièmement, le croiseur porte-hélicoptères n'est pas une désignation neutre quand l'Union soviétique lançait les quatre croiseurs porte-aéronefs des classes Kiev et Kuznetsov. En effet, le PH 75 prévoyait des ADAV comme le Harrier, raison pour laquelle des appareils de ce type effectueront des essais à bord du Foch en 1973.  La prochaine pour un porte-aéronefs sera le BIP, présenté au salon naval de 1994 et toujours présenté avec des Harrier sur son pont. Le diplomatie navale soviétique faisait-elle alors ressortir toute la puissance navale à travers un autre pont plat que le porte-avions ?

Quatrièmement, il n'est pas à exclure que ce projet puisse avoir trouvé sa parfaite justification lors de l'opération Tempête du Désert (17 janvier au 28 février 1991). Le problème du porte-avions, imprimé en septembre 1990, prend en compte cette opération et la réquisition du Clemenceau en transport d'hélicoptères au profit de la division Daguet. Cependant, l'opération Capselle (1989) faisait apparaître que l'aviation embarquée française ne possédait lus d'intercepteurs modernes (depuis 1975) capable de rivaliser raisonnablement avec les Mig-29 syriens. C'est peut-être pourquoi ils ne seront pas utilisés comme porte-avions d'attaque au large de l'Irak. Justification opportune au couple PAN/croiseur porte-hélicoptères ?

Nous pouvons supposer qu'il s'agissait autant de posséder un outil anti-sous-marin dans le cadre de l'OTAN que d'articuler le groupe amphibie avec quatre TCD et deux porte-hélicoptères. Le groupe aéromobile (Super Frelon, Lynx, Puma) envisagé pour le PH 75 dans les années 1970 laissent clairement augurer de ce type de missions.  Dans le groupe amphibie c'est une organisation entre LHA et LPD qui allait se mettre en place avant que la classe America ne soit partie pour retrouver un radier. 

Il est difficile de jauger de quel côté penchait ce navire voulu par l'état-major de la Marine en 1990 : porte-hélicoptères d'assaut amphibie ? Sea Control Ship de l'amiral Zumwalt ? Croiseur porte-aéronefs à vocation ASM et amphibie ? La dénomination est très intéressante par rapport aux images (soviétiques) qu'elle semble employer. Tout comme elle suggère, du PH 75 au BIP, que l'école de l'ADAV a longtemps vécu au sein de la Royale. L'hélicoptère hybride viendra peut-être la relancer ?
Ces croiseurs étaient-ils plus proches du PH75 ou du BIP ? En tous les cas, le PH 75 se matérialisera finalement sous la forme du BPC qui remplace également les TCD. 



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