Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 26 juin 2015

Escorteur Océanique Léger à Effet de Surface

© DCN. Le navire à effet de surface EOLES présenté dans la revue de l'ACORAM, Marine (n°126, janvier 1985, p. 44).
L'Amiral Lannuzel, alors chef d'état-major de la Marine (1976-1982), évoquait, en 1978, l'idée d'un escorteur océanique lourd à effet de surface (~8000 tonnes). Nous avons le très grand plaisir de vous présenter l'avant-projet de l'Escorteur Océanique Léger à Effet de Surface (EOLES) tel qu'il était présenté à la neuvième exposition des matériels pour les forces navales au Bourget (22 - 27 octobre 1984). Bien que l'EOLES soit relativement connu, au moins des deux côtés de l'Atlantique, il était surprenant qu'aucune illustration ne soit disponible sur la toile jusqu'à ce jour. 


Au cours des années 1970, les puissances maritimes, au moins celles du bloc de l'Ouest, sont prises de frénésies pour la vitesse, tant pour des utilisations civiles que militaires. La sphère maritime semblait engagée dans une nouvelle rupture historique. Les 20 à 35 nœuds des unités en services étaient bien partis pour être dépassés. Le nouveau paradigme de la vitesse devait se situer aux alentours des 50 nœuds. Beaucoup de filières furent explorées de par le monde. 

En France, l'ingénieur Jean Bertin développe le procédé de l'aéroglisseur (véhicule évoluant sur un coussin d'air) dans les années 1960. Au cours de la décennie suivante, les premières réalisations prennent forme. C'était le Naviplane N500 Jean Bertin (1977-1985). La DCN prend le relais avec le Molènes (1982) et l'AGNES 200 (1984). 

Le premier (5 tonnes) valide la formule du navire à effet de surface à coque catamaran. La décision est alors prise de construire un prototype grandeur nature : l'AGNES 200 (200 tonnes). Lancé le 2 juillet 1990, le bateau est alors le plus gros NES à vocation militaire. Les essais de mise au point durèrent environ deux années. 

La Marine nationale prend en charge le NES pendant vingt mois (1990-1992). En mode sustentation, le NES dépasse 40 nœuds par mer 4 (record de 44 nœuds entre Lorient et Cherbourg) ! Des essais d'appontage et de décollage sont menés avec un hélicoptère Dauphin (classe des 4 tonnes). La voilure tournante parvient à opérer depuis un navire de seulement 250 tonnes (pc) - jusqu'à 33 nœuds !, ce qui induite une certaine rupture dans l'utilisation de la troisième dimension par les petites plateformes. Une nouveauté dans la continuité  de l'introduction du missile anti-navire. 

Les utilisations militaires de cette formule n'attendirent même pas les essais du prototype. En 1984, DCN présentait l'EOLES (Escorteur Océanique Léger à Effet de Surface) à la neuvième exposition des matériels pour les forces navales :
  • déplacement de 950 tonnes (à vide ? Pleine charge ?) ;
  • propulsion assurée par deux turbines à gaz LM2500, deux diesel de 5000 ch, ventilateurs non-précisés ;
  • vitesses atteinte :
    • en mode sustentation de 50 nœuds par mer calme et 46 nœuds par mer de force 6 ;
    • en mode flottaison de 18 nœuds sur diesels
  • armement (d'après l'illustration) : un lanceur Sylver (A50, soit 8 cellules ?), un radar (Arabel ?), deux lanceurs MM40 et une suite ASM (sonars de coque ? Remorqués ?) ;
  • AS-332F Super Puma (hélicoptère de lutte ASM).
Selon Bernard Dumortier (1989), la Marine nationale réfléchissait alors à la pertinence d'acquérir des escorteurs océaniques à effet de surface à vocation ASM aux environs de l'année 2010. Ils auraient déplacé 1000 à 1500 tonnes pour 2000 nautiques d'autonomie à 35 nœuds. Leur raison d'être aurait été l'accompagnement des futurs porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle et Richelieu.

Nous n'avons pas encore les éléments pour déterminer s'il y a eu abandon de la formule d'un NES d'environ 8000 tonnes (évoquait par l'Amiral Lannuzel en 1978) ou bien ajout d'un escorteur océanique léger. Au regard de la chronologie du projet, nous pouvons raisonnablement nous demander si l'EOLES était le prédécesseur ou le projet jumeau des frégates classe La Fayette dont la première est lancée en 1992. Selon l'indication donnée par M. Dumortier - une entrée en flotte en 2010 -, les EOLES étaient alors peut-être destinés à accompagner les groupes navals et les FLF à les éclairer au loin.

Ironie de l'histoire, DCNS modernisera les corvettes de la classe Skjold de la Marine Royale Norvégienne entre 2010 et 2013. Le NES norvégien déplace 270 tonnes, soit à peu de chose près le tonnage de l'AGNES 200.

Pour aller plus loin :


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