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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 28 octobre 2015

BATSIMAR : frégate de troisième rang oubliée

© Ulstein.
L'audition du Chef d'Etat-Major de la Marine nationale (CEMM), l'amiral Rogel, devant la commission de la Défense et des forces armées de l'Assemblée nationale est l'occasion de faire le point sur le programme BATSIMAR (BATiment de Surveillance et d'Intervention MARitime). 

A priori, il ne ressort que très peu d'informations. Il n'aurait pas été question d'un avancement du calendrier de ce programme de 2024 à 2022. Le député Gilbert Le Bris utilisait encore la date de 2024 et l'amiral Rogel n'emploie pas un autre calendrier.

Toutefois, le Chef d'État-Major de la Marine (CEMM) ne cache pas la situation très difficile traversée par les moyens de l'Action de l'État en Mer. Et respecter l'actuel calendrier (Horizon Marine 2025), avec une entrée en service des deux premiers BATSIMAR en 2024, n'est pas une situation acceptable. "Si nous attendions 2024, nous serions en « rupture globale temporaire de capacité », car tous les patrouilleurs outre-mer vont s’éteindre les uns après les autres."

Sauvegarde maritime : la décroissance

En 2015, si ces calculs sont à jour des navires retirés du service, la France opère :
  • 6 frégates de surveillance,
  • 9 avisos A69,
  • 11 patrouilleurs (Adroit, Le Malin, Arago, 4 P400, 3 PSP et le Fulmar).
Le nombre de patrouilleurs connaît une décroissance d'ici à 2025 : 
  • 7 patrouilleurs (l'Albatross l'ayant quitté dès 2015) ;
  • 6 avisos A69 ;
7 patrouilleurs divers (Adroit, Le Malin, l'Arago, les 3 PSP et le Fulmar) auront largement atteint les 30 années de service.

L'Horizon Marine 2025 peut tabler sur 13 unités. Rien ne laisse supposer que l'Adroit demeurera dans l'inventaire de la Flotte. Ni que les 7 unités ayant dépassés les 30 années de service conserveront une valeur opérationnelle acceptable.

Ces 13 navires seront graduellement renforcés par :
  • 4 B2M (Bâtiments Multi-missions) ;
  • 2 PLG (Patrouilleurs Léger Guyanais) ;
  • 4 BSAH (Bâtiment de Sauvetage et d'Assistance Hauturier) ; 
  • 1 B3M/PLV.
Les B2M et BSAH (8 sur 11) ne remplacent aucun patrouilleur (et ne sont pas des BPH (Bâtiments Porte-Hélicoptères), au demeurant. Mais eu égard à la crise capacitaire traversée par l'AEM, ils rempliront le maximum de missions.

Ce qui revient à souligner, en réalité, que d'ici à 2025, seul 3 patrouilleurs seront admis au service actif en plus des 13 à 20 restants. 

L'intégrité territoriale de l'Archipel France

L'amiral Rogel précise bien que si "aujourd’hui, nous faisons régner l’ordre, notamment en mettant dehors des pêcheurs asiatiques illégaux, mais si nos patrouilleurs ne sont pas remplacés – et c’est également vrai pour les patrouilleurs métropolitains –, nous rencontrerons des difficultés, car ils sont un élément important de l’action de l’État en mer."

D'où l'importance du programme BATSIMAR, attendu depuis 2012 : « La Marine Nationale dispose actuellement d'une vingtaine de patrouilleurs répartis pour moitié en métropole et outre-mer. Agés pour la plupart de plus de vingt ans, ils seront remplacés à terme par un bâtiment de surveillance et d'intervention unique «BATSIMAR» devrait commencer en 2012.

La non-expression des besoins 

L'audition du CEMM n'est pas l'occasion d'explorer les besoins précis de la Marine nationale en matière de patrouilleurs hauturiers. La Royale n'a, semble-t-il, jamais émis de besoins précis en la matière. Et pourtant, avec la location gracieuse de l'Adroit à la Marine nationale par l'industriel DCNS, l'état-major de la Marine n'a pas pu manquer de se faire une idée précise des besoins par rapport à une expérience des plus pratiques.

L'Adroit est capable de remplir un large spectre de missions relevant de la sauvegarde maritime : lutte contre les trafics, la police des pêche, les secours maritimes. Ajoutons qu'il expérimentait en urgence l'évacuation de ressortissants en 2015 (Yemen) avec succès. Ainsi qu'il était affirmé en 2012, la Marine pourrait bénéficier d'une solution comme celle de l'Adroit (1500 tonnes à pleine charge).

L'ensemble des innovations intégrées à l'Adroit semble avoir été approuvées. Le passerelle à 360 degrés, par exemple, qui n'est presque jamais absente de la moindre proposition industrielle pour un patrouilleur hauturier. Tout comme la présence de volumes modulables selon les missions et des installations afin d'opérer des engins spécialisés. C'est-à-dire que le futur patrouilleur devra pouvoir opérer une drome, un hélicoptère et leurs équivalents en drones. 

Cependant, et pour pouvoir remplir toutes les missions relevant de la sauvegarde maritime, dont les missions NARCOPS, il semble impératif d'opérer et embarquer une voilure tournante. L'Adroit n'est pas capable, aujourd'hui, d'embarquer pour une longue durée un hélicoptère.

De plus, d'autres missions que sont la lutte contre la pollution, les opérations humanitaires, une capacité ponctuelle d'intervention contre des marines ou menaces assimilées, une capacité ponctuelle de lutte ASM et toute mission de présence nécessitant un volet de dissuasion conventionnelle ne peuvent, en l'état, être assurées par un navire comme l'Adroit, voire par une frégate de surveillance.

Pour ces missions, une plage arrière plus volumineuse serait nécessaire pour y disposer d'une grue et d'une zone de manutention pour quelques conteneurs. Ce qui faciliterait aussi bien l'embarquement d'une aide humanitaire d'urgence que de systèmes de lutte contre les mines, par exemple.

Enfin, l'Adroit possède une valeur dissuasive proche de zéro avec son canon de 20 mm. Ce qui ouvre le débat sur la valeur dissuasive possédée par un patrouilleur hauturier construit aux normes civiles, mettant en œuvre une pièce d'artillerie de marine avec des missiles anti-navires et une suite de guerre électronique minimale. C'est un ensemble de nuances opérationnelles entre :
  • l'Adroit (valeur dissuasive 0) ;
  • le Floréal (valeur dissuasive 1) ;
  • le Commandant l'Herminier (2).
Il reste, pour achever de maigre tour d'horizon, l'éternelle question du nombre de coques. Elle ne peut qu'influer sur les choix à faire sur les architectures et les capacités car, à quoi bon renoncer à un navire très ou trop bien équipé si ce n'est pas pour obtenir un navire moyens en plus grand nombre ? 
Combien de BATSIMAR : 12, 16, 18 ? Selon qu'une sous-classe des FTI remplacent, ou non, les frégates de surveillance, ce nombre sera plus ou moins grand.

5 commentaires:

  1. Votre appréciation de L'Adroit est erronée. Vous oubliez que c'est un navire démonstrateur, appartenant à un industriel et dont la configuration peut être renforcée sans problème pour une première marine cliente.

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  2. Au contraire, je pense que mon appréciation est très proche de la réalité. L'industriel sait parfaitement que les installations aéronautiques ne permettent pas d'embarquer et de soutenir une voilure tournante pendant trois semaines. Il connaît les travaux à faire.

    Tout comme l'industriel sait parfaitement que les marines asiatiques sont surprises de trouver un 20mm sur la plage AV et que, pour faire bonne presse, il n'aurait pas été de trop de le remplacer par un 76, voire un 100 mm. Des maquettes de MM40 n'auraient pas été de trop, non plus, et toujours sur la plage AV. L'industriel le sait aussi.

    Vous le dites vous-même : "peut être renforcée... pour une première marine cliente". J'écris bien que, à l'heure actuelle, il y a des lacunes qui sont à corriger pour s'approcher du besoin final, tel qu'on peut le deviner.

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  3. Monseigneur,
    Relisant votre contribution BATSIMAR, je me suis permis de compléter le paragraphe
    "Sauvegarde maritime : la décroissance" avec les dates de mise en service et l'âge projeté en 2025.

    Cela donne ceci :
    ...Sauvegarde maritime : la décroissance.
    En 2015, la France opère :
    6 frégates de surveillance (Floréal, 1992-1994, 31 ans en 2025),
    9 avisos A69 (Cdt L'Herminier, 1980-1986, 39-45 ans en 2025),
    11 patrouilleurs : L'Adroit (2012, 13 ans en 2025), Le Malin (1997, 28 ans en 2025), Arago (1990, 35 ans en 2025), 4 P400 (1988, 37 ans en 2025), 3 PSP OPV54 (1997, Pluvier, Cormoran, Flamant, 28 ans en 2025)
    et le Fulmar (1997, 28 ans en 2025)...

    En 2025, il ne restera qu'un patrouilleur de moins de 13 ans : l'Adroit ! Tous les autres seront âgés de 28 à 45 ans !

    Puisque nous citons l'Adroit, la 1400 CL79 de CMN pourrait-elle être un Batsimar ? Non, si le Hangar Hélico/Drone est obligatoire.
    Comment positionner le DefendSeas de STX et la Csword de CMN face à Batsimar France, sachant qu'ils ont Hangar, Surfaces de travail, Capacités d'emport conteneurs EVP, et peut-être Narwhal 20, 30 ou 40 + Lance-missiles ± adéquats ?
    Monseigneur.

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  4. Merci pour votre travail, cela me servira bien pour un futur billet !

    Ah je croyais que le 1400 CL79 avait un hangar ? Pour vous répondre, oui, des installations aéronautiques sont indispensables pour BATSIMAR, sinon ces navires seront exclues du haut du spectre des missions de sauvegarde maritime.

    Le DefendSeas n'est pas loin de répondre parfaitement au besoin, il pourrait même remplacer le BIS, lui-même remplacé par les B2M...

    Avec le Csword de CMN, nous repartirions vers une frégate légère capable de remplacer les FLF et les PHM.

    Bien cordialement,

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  5. Effectivement, CMN annonce une plateforme pour hélicoptères de 10 tonnes et un hangar pour machines de 5 tonnes.
    Mea culpa,
    Monseigneur.

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