Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 2 novembre 2015

HIL Marine ?


Alouette III de la 34F en 1979 à Landivisiau.


La Loi de Programmation Militaire 2014-2019, votée en 2013, était actualisée en 2015. A ces deux occasions, le programme HC4 (Hélicoptère de Combat de la classe des 4 tonnes) devenu HIL (Hélicoptère Interarmées Léger) n'était pas retenu dans les priorités de la programmation. Aux dernières nouvelles, la cible était de 188 machines. Le programme est renvoyé à la prochaine LPM (2015-2020). Pourtant, comme pour d'autres matériels, il y a urgence puisque des Alouette III mènent encore des missions opérationnelles. Une voilure tournante dont le premier vol remonte au 28 février 1959. La Marine réceptionnait les premiers exemplaires de sa commande en 1962... 

L'enjeu du programme HIL est de donner l'allonge nécessaire aux frégates de deuxième et troisième rang pour occuper la double bande, les zones économiques exclusives sous juridiction française (200 nautiques) au large, la bande littorale des 200 km où se concentre 80% de la population mondiale d'autre part. Soit une interface aéromaritime de près de 600 km où se concentre l'essentiel de l'action.

Joseph Henrotin ("Quelques éléments d'analyse des aéronavales contemporaines", Défense et Sécurité Internationale, hors-série n°20, pp. 8-13) distinguait les aéronavales selon trois niveaux : 
  • les aéronavales basées au sol "sur des bases aériennes et qui peuvent d'ailleurs relever des forces aériennes et/ou des marines" (p. 8) ;
  • les aéronavales embarquées à voilure tournante "regroupent les marines aptes à embarquer et mettre en œuvre des hélicoptères depuis leurs bâtiments de combat de surface, n'excluant pas la possibilité qu'elles puissent disposer d'appareils basés au sol" (p. 8) ;
  • les aéronavales embarquées à voilure fixe "imposent de disposer de porte-avions ou de porte-aéronefs permettant de mettre en œuvre des appareils de combat (toutes ont par ailleurs des appareils basés au sol)..." (p. 9).
L'aéronavale embarquée à voilure tournante est discrète médiatiquement. Elle apparaît le plus souvent d'opérations de sauvetage à la mer, opérations très spectaculaires par nature. Les hélicoptères sont pourtant intégrés comme un véritable systèmes d'armes. Ils augmentent les capacités du navire porteur et c'est ainsi qu'ils peuvent être considérés comme un multiplicateur de force. 

Il est admis couramment que les portées visuelle et radar atteignent un maximum (selon l'observateur, sa hauteur du l'eau, celle de la cible, la capacité du senseur, etc.) un maximum d'environ 20 nautiques. Ce qui revient à dire qu'un patrouilleur dans les 11 millions de km² de Zone Économique Exclusive ne représentent que 4310 km² surveillés (dans des conditions très optimales). 

La première flotte d'hélicoptères de la Marine nationale

La Marine nationale réceptionnait :
Ces 79 machines, dont les derniers Lynx sont progressivement retirés du service, doivent être pour partie remplacées par les NH90 NHF Caïman Marine dans les missions ASM (14 kit ASM), logistique, de contre-terrorisme maritime. 

Par la suite, la FMAN ne recevait pas moins de :
  • 29 SA-321G Super Frelon ;
  • 13 AS.365 N2 et N3 : 3 machines affectées aux missions de sauvetage à la mer sur le PAN (pedro), dix autres servant aux missions de sauvegarde maritime ;
  • 16 AS.565SA Panther : ils servent aux missions d'intérêt maritime (ISR) et de surveillance, à l'éclairage d'une frégate de deuxième (FLF) ou troisième (FS) rang, anti-navire, abordage. 
Il nous importe de discuter du remplacement des 135 machines. 27 NH90 NFH remplacement tous les Super Frelon ainsi qu'une partie des Lynx. Reste donc 56 machines, s'il fallait procéder à un remplacement nombre pour nombre. 

Les options structurantes 

Justement, la genèse du Caïman Marine nous éclaire sur les choix en matière de voilure tournante car un le poids de l'appareil détermine fondamentalement l'étendue du spectre des missions qu'il pourra remplir. 

Une étude de pré-faisabilité (juin 1981 à octobre 1982) d'un hélicoptère naval (OTAN/ PG28) dessinait cinq choix :
  • "Un hélicoptère de 4,5 tonnes aux capacités ASF réduites" ;
  • "Un hélicoptère de 6 tonnes " ;
  • "Un hélicoptère de 8-9 tonnes réagissant à une détection du bâtiment porteur à 50 NM en ASM et pouvant tirer des missiles anti-navires tire et oublie du type Exocet en ASF" ;
  • "Un hélicoptère de 10,5 tonnes du type Seahawk LAMPS III" ;
  • "Un hélicoptère de 12 tonnes du type EH-101".
Les voilures sur le déclin se situent entre les classes de 2 tonnes (Alouette III) et 4 tonnes (Lynx, Dauphin et Panther). Les missions s'étalent de la formation aux opérations aéromaritimes et aéronavales élémentaires jusqu'aux opérations ASM (Lynx), AN (Panther), ISR (Panther) et de sauvegarde maritime (Dauphin), c'est-à-dire des opérations de surveillance et de sauvetage pour l'essentiel.

Si nous enlevons le choix de l'Alouette III, la Royale faisait autant que possible le choix constant des appareils bi-turbines, tant pour ses voilures tournantes que fixes. Option idéale pour la sécurité car les machines ne peuvent que très rarement amerrir. Et cela pourrait devenir une obligation plus ou moins légale pour intervenir dans certains milieux urbains (européens en particulier). 

Il s'agit donc de conserver à l'esprit que, plus la machine est lourde au décollage, plus son coût unitaire de production tout comme son MCO augmente. Pour tenter de dessiner le CPU constaté à partir des rares éléments de prix connus, il semblerait que :
  • de 1 à 4 tonnes, l'hélicoptère se vend à 1 millions/tonne ;
  • à partir de 5 tonnes et plus : le CPU augmente presque de façon exponentielle (exemple : le H160 d'Airbus est pour le moment donné à 13 millions € pour 6 tonnes de MTOW).

Un hélicoptère interarmées ? 

C'était déjà le cas pour le Super Frelon. Le bien-fondé de cette démarche (ancienne) paraît difficile à cerner car, par exemple, l'Armée de Terre souhaiterait pour éclairer ses Tigre de nouveaux hélicoptères de reconnaissance. Une machine plus légère afin de disposer de 80 HIL (en remplacement de 90 Gazelle). L'Armée de l'Air cherche à remplacer ses Fennec : un monoturbine de la classe des 2 tonnes servant principalement aux missions de liaison et de police du ciel. 

En réalité, seule la Marine pourrait être intéressée la classe des 4 tonnes. Les contraintes du milieu marin et des missions visées invitent à considérer un bi-turbine capable d'embarquer un certain nombre d'équipements (treuil, radar, optronique) et d'armes (torpille légère, Mu90). 

Ne faudrait-il pas constater le divorce des besoins avant d'entamer le moindre travail préparatoire à la prochaine LPM ? 

HML et HMM

Les besoins de la Flotte sont d'autant plus exigeant qu'ils se divisent en deux catégories. 

Le parc de NH90 NFH est des plus limités. Ils semblent réservés à l'emploi sur frégates de premier rang. C'est-à-dire les frégates des classes Aquitaine et FTI, voire les classes Forbin et FREDA. Le NH90 avec kit ASM est un véritable aéronef de patrouille maritime grâce à ses multiples senseurs et armes. Il fait sens de ne l'embarquer que sur des unités ASM. Toutes les frégates de premier rang ayant ou auront de telles capacités, ils semblent réserver à celles-ci. 

Par exemple, une future mission du GAn pourrait voir une Aquitaine éclairant la force en coopération avec un SNA et deux NH90 qu'elle mettra en oeuvre tandis qu'une FDA assurera la garde rapprochée, tant en défense aérienne que lutte ASM au près du porte-avions. 

Ce sont les frégates de deuxième et troisième rang qui doivent se voir doter d'une nouvelle voilure tournante car elles n'embarqueront pas le NH90. Les Panther et Alouette III ne manqueront pas de prendre leur retraite. Pour mener des missions de sauvetage à la mer, d'intérêt maritime (ISR), de lutte anti-navire, voire anti-sous-marine et de liaison, il paraît difficile de viser un appareil en dessous de la classe des 4 tonnes. Le Panther était et est un bon compromis entre portée des senseurs et distance de sécurité par rapport aux menaces adverses. 

L'Hélicoptère Marine Moyen, pour équiper ces frégates, sera le système d'armes principal car il permettra autant de mener les missions NARCOPS que d'apporter les éléments sur une cible pour un tir de missiles Exocet. Le périmètre de cet appareil pourrait brasser large et inclure plus de missions que celles dévolues actuellement aux Panther. La dernière version de celui-ci, vendue à l'Indonésie, inclue des capacités ASM (sonar embarqué).

L'Hélicoptère Marine Léger doit permettre le remplacement des Alouette III dans ses missions de formation. Il est envisagé depuis le début des années 2000 de retirer du service ces vénérables machines au profit d'un achat ou d'une location d'EC120, comme l'Armée de Terre l'a récemment effectué. 

Reste qu'un HML pourrait aussi servir à bord de navires non-destinés à l'origine à porter des voilures tournantes. Ce sont autant les B2M que les BSAH ce qui représente pas moins de 8 navires dédiés à la sauvegarde maritime. Depuis leur plage arrières, ils pourraient embarquer pour de courte durée un hélicoptère de la classe des 3 tonnes (bi-turbine) grâce à un abri mobile et un atelier aéronautique conteneurisé. 

Une Marine en trois cercles 

L'occupation de ces espaces maritimes et littoraux repose pour partie sur le programme HIL en sa partie Marine est de taille. La FMAN recevait 135 machines à partir des années 1960. 27 NH90 NFH constituent la première phase de renouvellement. A partir de 2020, il s'agira de trouver un panachage entre hélicoptères Marine légers et moyens afin de répondre aux besoins dictés par le (nouveau ?) livre blanc.  

Dès aujourd'hui, nous pourrions avancer qu'il s'agirait de viser une flottille de HML (16 machines) et de deux flottilles de HMM (32 machines). Soit un total de 48 machines.

4 commentaires:

  1. Merci pour l'article.

    J'avais eu la même réaction lorsque j'ai appris que le HIL devait remplacer des Puma de recherche et sauvetage. Un EC145 n'a pas la capacité d'emport d'un Puma, zut ! Même chose avec les appareils plus petits. Vanter le prix de l'heure de vol d'un Colibri et d'un Fennec et ensuite demander un engin plus lourd et plus cher pour les mêmes missions, c'est de la bêtise.

    Au final, c'est plus logique, ce sont les gendarmes. Missions différentes, appareils différents.

    RépondreSupprimer
  2. on a beau tourner le problème dans tous les sens mais le seul appareil moderne , disponible rapidement, à la technologie éprouvée et au coût raisonnable est l'EC 155. Les Coréens l'ont d'ailleurs bien compris et il y aurait de quoi peut-être envisager une coopération autour de cette version coréenne de cet hélico léger.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour à tous,
    notre Marine ne pourrait-elle se contenter seulement de 2 formats "sur étagère" :
    Panther et NH90 Marine ou
    EC145M navalisé (Airbus H145 M) et NH 90 Marine ?
    Merci pour vos réponses.

    RépondreSupprimer
  4. Monsieur,

    Sans pouvoir répondre à la place de la Marine, il semblerait que nous soyons sur un pas de trois concernant les futurs hélicoptères légers. Le NH90 est fantastique, mais il coûte dans les 42 millions d'€ de mémoire en version NFH ASM si j'ai bien lu les documents budgétaires. A cela près, un Panther ASM, comme récemment vendu à l'Indonésie, ce serait ~30 millions d'euros. C'est pourquoi le parc de Caïman risque de ne pas être agrandi, malgré ses évidentes capacités opérationnelles.

    Le Panther et un successeur du même gabarit fait sens alors, car, moins coûteux, il pourra garnir les autres frégates (2e et 3e rang). A moins de se fendre du budget pour des NH, mais, nous l'avons dit, ce n'est pas dans nos moyens actuels.

    Reste les missions de service public. Ce sont elles qui accaparent des machines pour le sauvetage en mer dans tout l'Archipel France. Sans compter les machines dédiées à la formation à Lanvéoc. Leurs missions ne nécessitent absolument pas un NH90 ou un Panther. C'est pourquoi nous nous retrouvons, dans cette troisième catégorie, avec un hélicoptère bien plus rustique que ci-dessus.

    Après, vous faites bien de remarquer que nous pouvons poser la question d'un NH90 à capacités dégradées, et c'est une très belle question je trouve. Pour l'hélicoptère "léger", nous serions sur un H145, voire le H160.

    Cordialement,
    Le marquis de Seignelay

    RépondreSupprimer