Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 5 décembre 2015

Une opération maritime pour fixer l'ÉI


Nous souhaitons attirer l'attention sur l'absence d'un volet maritime aux opérations menées tant dans la bande sahélo-saharienne que contre l'État Islamique. Historiquement, nombre d'armées possédaient une "aile maritime" fixant une partie des troupes de l'adversaire. Tous les efforts militaires - dont l'engagement du Groupe Aéronaval - visent à la réduction de l'ÉI. Mais ils seraient vain si jamais un autre territoire ÉI se constituait en Libye, fédérant les groupes armées non-étatiques locaux (Boko Haram en première crainte). C'est pourquoi une opération maritime doit être lancée afin de fixer la menace.

 L'État Final Recherché n'est pas structuré, voire pensé, parmi certaines nations coalisées dans la lutte contre l'État Islamique. L'EFR peut même diverger complètement d'un coalisé à l'autre. L'absence de cohésion diplomatique explique en partie l'existence et la persistance territoriale de l'ÉI. Le différenciant ainsi d'une autre organisation, Al-Qaïda. Les opérations menées en Syrie et en Irak pourraient, c'est une des possibilités, réduire territorialement l'ÉI, voire lui enlever ce territoire dans le meilleur des cas.

En tous les cas, quelques sources évoquent un développement de sa présence en Libye, et depuis bien des mois déjà, une installation durable. Il serait question de 2 à 3000 soldats dans une Libye éclatée entre trois territoires (Tripolitaine, Fezzan et Cyrénaïque), entre deux parlements. Ce qui ouvre une foule de questions dont quelques unes peuvent s'apparenter à celles-ci : par quel(s) voie(s) ce fief se renforce-t-il (air ? mer ? terre) ? Ces voies peuvent-elles être contrôlées ? Ce fief peut-il devenir une entité territoriale fédérant les groupes locaux de la bande sahélo-saharienne ? 

Nous avons extrêmement peu d'éléments pour répondre à ces questions. Il nous semble exclu que la voie aérienne soit usitée. Par contre, il est paraît évident que la voie terrestre dans la bande sahélo-saharienne est utilisée. Nous ne savons pas si cette même voie est poreuse de l'Égypte jusqu'à la Libye et de la Turquie jusqu'à l'Europe. Les espaces maritimes semblent utiliser pour renforcer cette place libyenne, tout comme les populations de réfugiés et de migrants à destination de l'Europe.

La menace d'un nouvel ÉI, sans jamais oublier qu'il pourrait exister deux ÉI, imposerait des choix douloureux aux États européens : laisser faire, soit combattre. Dans la deuxième cas, l'ennemi désigné par la France recherche le combat au sol quand nous y rechignons pour diverses raisons (de la problématique de l'insuffisance de nos moyens militaires, nos finances publiques bien faibles quand nous risquerions de servir contre notre gré une propagande sur les croisades de l'Occident). 

Nous souhaitons invoquer l'expérience de cinq opérations aéromaritimes de contrôle des flux. Elles démontrent, selon nous, une gradation dans l'emploi de moyens navals et dans la structuration des opérations, purement militaires, elles sont devenues civilo-militaires.

Citons dans notre héritage tricolore l'exemple de l'opération Prométhée (juillet 1987 - septembre1988) qui visait la protection du commerce maritime pendant la première guerre du Golfe ou guerre Iran-Irak (22 septembre 1980 – 20 août 1988). Elle se caractérisait par l'emploi de moyens de guerre des mines pour sécuriser des points de passage de routes maritimes mais aussi par le déploiement de frégates nombreuses afin d'escorter les commerces alors qu'il planait une menace conventionnelle de la part des deux belligérants. Le porte-avions Clemenceau était également engagé, preuve de l'intensité de la mission.

L'opération Artimon (1990-1994) n'était que plus ambitieuse car il s'agissait, en plus de protéger le commerce maritime, de contrôler les navires afin de faire appliquer l'embargo dont l'Irak était alors l'objet pendant la deuxième guerre du Golfe (2 août 1990 – 28 février 1991). Les forces navales françaises se déploient aux trois points de concentration maritime de cette région, soit le canal de Suez, le détroit de Bab el-Mandeb ainsi que le détroit d'Ormuz. L'engagement du groupe aéronaval était séparée et partie prenante de l'opération Salamandre.

Depuis ces deux opérations, trois autres attirent notre attention : 

La première est l'opération Enduring Freedom qui, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, voyait le gouvernement américain luttait contre les trafics illicites à l'échelle de l' "arc de crises". L'Opération Enduring Freedom - Horn of Africa était plus particulièrement centrée sur la zone d'opérations d'Artimon Sud (cf. carte). La contribution navale française fut, notamment l'opération Héraclès où il s'agissait encore de missions de guerres des mines en préalable au déploiement des escadres franco-américaines puis de contrôle du trafic maritime, à la manière de l'opération Artimon pour rompre les flux servant la cause des groupes armées non-étatiques désignés. 

Ensuite, l'Union européenne lançait l'opération Atalante afin de lutter contre la piraterie dans la Corne de l'Afrique quand le phénomène atteignait une ampleur hauturière en dépassant la zone économique exclusive somalienne, voire tendait à atteindre les espaces océaniques s'il avait pu continuer ainsi. Nous retrouvons l'imposant effort de l'opération Artimon en volume de forces. Toutefois, et c'est la rupture avec les opérations de contrôle des flux menées en mer de Prométhée à Enduring Freedom, il s'agissait aussi de combiner la protection du trafic à la poursuite de tiers non-étatiques. Sans pouvoir se reposer sur la Somalie, ne pouvant plus exercer sa souveraineté tant interne qu'externe, l'Union européenne négociait des dispositifs judiciaires avec les États régionaux afin de pouvoir poursuivre une partie des personnes se rendant coupable d'actes de piraterie. 

Ce qui nous conduit à notre troisième opération qui termine notre tour d'horizon. EUNAVFOR MED, nommée opération Sofia depuis quelques semaines, affiche l'objectif de reprendre le contrôle des flux maritimes amenant réfugiés et migrants en Europe. Il s'agit également de porter assistant mais aussi de chercher à repérer et neutraliser les passeurs. 

Depuis les années 1980, les efforts navals dans la gestion des flux maritimes se sont complexifiés. Il ne s'agit plus de déployer une force navale afin de protéger les commerces face à une menace militaire avérée. Il n'est non plus question de seulement combiner ce dispositif aux opérations de renseignement afin de lutter contre des trafics illicites servant des causes désignées comme contraire à nos intérêts. Depuis l'opération Atalante, il est dorénavant question de déployer une opération maritime capable d'agir dans un certain respect de l'État de droit, soit en liaison avec des États régionaux, soit en remplacement d'un État en perte de souveraineté, ou tout simplement les deux. 

Par rapport à notre objectif initial, soit fixer l'ÉI, il nous apparaît que l'opération Artimon montrait, pour d'autres finalités politico-opérationnelles, un cadre géographique très pertinent. La lutte contre les groupes armées non-étatiques implique des volets judiciaires et renseignement très développées. C'est pourquoi il nous semble qu'il faudrait plus invoquer une opération type Atalante en remplacement de l'opération Enduring Freedom. Tout, eu égard aux évènements récents, il est impossible de croire que d'autres puissances se chargeront de la gestion des frontières maritimes européennes. C'est ainsi qu'il s'agit d'organiser en Méditerranée une opération "Atalante 2" afin d'adjoindre un volet humanitaire en plus des précédents. Ce qui ne peut poser, in fine, la question des relations entre les deux rives de la Méditerranée. 

Nous avons dans cette perspective quelques notes d'optimisme. L'opération Sophia ne demande qu'à être renforcée par les moyens maritimes européens et les efforts politiques entre les deux rives de la Méditerranée. L'ancienne zone Artimon Sud peut être assez bien tenue par les marine sunnites tant la guerre au Yemen est un puissant catalyseur de leurs efforts pour couper les rebelles Houthis de l'accès à la mer. Il s'agirait de prendre part à leurs efforts pour ne rien en manquer. Le cadre géographique de l'opération Atalante ne manquerait pas d'être étendu. Sans oublier que la piraterie somalienne est tenue en respect, et que tout relâchement ne manquerait pas de voir une nouvelle prolifération. 

Reste que la conjonction de ces efforts pose plusieurs questions. La première touche à l'important travail politico-militaire pour lier plusieurs opérations aéromaritimes entre elles. Les États-Unis purent imposer Enduring Freedom allant de l'Asie centrale à la Corne de l'Afrique. 
Une autre de ces questions touche à la centralisation de la lutte. Ce qui supposerait un quartier général rassemblant ces opérations. Doit-il être otanien ou mis à disposition par l'OTAN au service d'opérations de l'UE (adaptation des missions de Pertersberg)? N'oublions pas que l'OTAN ne développe pas les opérations civilo-militaires (césure entre les opérations Enduring Freedom et Atalante).  
La centralisation du renseignement est aussi un défi car pièce maîtresse de l'édifice. Entre les informations, les analyses détenues par les services européens et le recueil par les navires et les hommes dans ces différentes mers, il y a un défi autant politique qu'opérationnel et technologique. La France mène une ambition comparable dans le cadre de la fonction garde-côtes où il est question de disposer d'une image globale dans la surveillance des espaces maritimes français.

Nous croyons alors que si l'un de nos buts dans la guerre est de fixer l'État Islamique, cela ne pourra se faire sans une puissante opération maritime afin de tenter de contrôler les flux entre le Proche-Orient et la Libye. Ces quelques remarques posent la question du pendant terrestre dans la bande sahélo-saharienne. Il existe un lien indissociable entre, d'une part, l'opération Barkhane et ses renforts européens, et, d'autre part, cette myriade d'opérations maritimes (Sophia, Atalante) qui doivent juguler les conséquences des guerres civiles syrienne, irakienne et afghane. 

Avec l'engagement de moyens significatifs au but dans la guerre assigné, il est envisageable de gêner, voire d'empêcher un effet de vase communiquant entre l'ÉI et une tentative de refuge en Libye. Les États membres de l'UE, de l'OTAN et d'autres coalisés en ont largement les moyens aéromaritimes. L'adjonction de trop nombreuses frégates au Groupe aéronaval est ainsi symptomatique d'une absence d'utilité opérationnelle. Mais tout succès éventuel, après tant d'efforts, ne permettrait que de gagner du temps. Et dans cette perspective, il s'agirait de revenir à la question des buts de guerre, l'état final recherché.

8 commentaires:

  1. marquis tout est bon pour justifier un bateau. avant de définir le comment, identifions le "de quoi s'agit-il". déjà notre approche militaire en Irak/Syrie me semble incomplète (s'il faut que nous y allions nous battre). déjà lacher des bombres sans effet terminal au sol me parait un peu léger. mais il faut pourtant faire quelque chose, déjà pour exhulter sa rage. mais dans notre cas, et ce genere de guerre, la colère ne fera pas gagner la guerre , laquelle sera longue.
    revenant à nos moutons, désolé de vous décevoir, c'est bien d'une guerre aéro terrestre dont il s'agit. l'exemple de la lybie nous ayant pas ailleurs vacciné.
    cordialement. gesticuler avec des bateaux sans effets terminal au sol n'a pas de sens...

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    1. Ah je ne savais pas que l'intervention en Lybie fut une guerre aéroterrestre ............

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  2. Je ne comprends pas le sens de votre intervention : comment voulez-vous faire, alors, pour éviter ce transfert de l'État Islamique de l'Irak et la Syrie à la Libye ? S'ils empruntent les espaces maritimes, comment les empêchez-vous ?

    Et en Libye, la guerre aéroterrestre que vous mentionnez, elle était menée depuis où ?

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  3. Bonjour,
    Ma reflexion vous semblera peut être inappropriée, mais je ne vois pas bien comment les hommes de l'EI pourraient s'emparer de bateaux pour transférer armes et personnels jusqu'en Libye, puisque le Régime d'Assad contrôle la côte et les ports avec l'aide des Russes.

    Ne croyez vous pas que les hommes du Daesh ou de ses filiales soient recrutés directement sur les frontières voisines : Tunisie, Égypte et évidement en Libye.

    De plus si nous voulions frapper ces éléments, ne serait -il pas plus logique d'utiliser une base aérienne dans le sud de l'Europe comme en 2011, tout en concentrant la force aéronavale sur les cibles Syriennes.

    Le problème c'est que la France n'est pas suivie politiquement , et en voulant disperser nos maigres forces sur 3 fronts, je crains que cette dilution soit contraire aux objectifs de départ.

    Personne ne crois sérieusement que la trentaine d'appareils qui bombardent en ce moment les 3 pays ou Daesh sévit, changeront le cours des choses.

    Seuls les russes ont obtenus des résultats sur le terrain en coordination avec l'armée de terre d'Assad.

    Mais la France à choisi une option différente, avec des moyens sans aucune comparaison avec les russes.

    Au final, je pense que l'on ne choisi pas les stratégies en fonctions de nos objectifs, mais en fonction des moyens dont on dispose.

    La marine pourrait en effet être d'une grande utilité, pour projeter du matériel et des hommes au sol , et utiliser ses bâtiments pour préparer les opérations au sol, un peu comme les américains l'avaient fait lors de la 1ere guerre du golfe.

    Mais bon, on est dans la science fiction , on a vu qu'il manque de tout dans notre bonne vieille armée , la crise au Mali a été un révélateur , pas d'avions de transport, avions ravitailleurs hors d'age, et non opérationnels, matériel terrestre avec 30/40 de moyenne d'age. Logistique très insuffisante , pas de drones armés.

    A chaque guéguerre on nous fait le coup " mais l'armée française est à son maximum opérationnel " , avec 30 chasseurs déployés et 4000 hommes au sol. De qui se moque t'on ? Heureusement qu'il n'y a pas de vraie guerre...

    Il est à souhaiter , qu'une commission d'enquête soit ouverte pour comprendre comment on a pu en arriver là. Les événements politiques de ce soir vont surement changer les chose à long terme, le parti majoritaire aujourd'hui en France à une tout autre vision géopolitique et militaire que ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans.

    Je pense que d'ores et déjà la riposte contre Daesh à fait pschitt.

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    1. Bonjour,

      Il est bien écrit dans mon billet que "je ne sais pas". Simplement, je constate qu'il y a une concentration de forces se revendiquant de l'EI en Libye. Et plusieurs faits cités par des sources sérieuses d'utilisation des voies maritimes par l'EI à destination de la Libye. Sans compter les flux de réfugiés et migrants qui, eux-aussi fuyant l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie, parviennent, depuis la Turquie, la Libye ou la Tunisie, à rejoindre l'Europe.

      En 2011, si j'ai bonne mémoire, il y avait une base aérienne mobile, le porte-avions, quand l'Armée de l'Air utilisait d'une à deux bases en métropole (St Dizier et celle en Corse), en plus de deux à trois bases dans les pays européens. C'est vrai qu'un certain député ne s'est pas penché sur la question : pourquoi autant de bases pour l'Armée de l'air ?

      Pour rappel, nous sommes au même niveau que les Russes en terme d'engagement d'avions à voilures fixes, soit une grosse trentaine pour la France et la Russie.

      Cependant, outre les bombardiers stratégiques, ils sont plus importants en termes de voilures tournantes. Il faudrait une rupture franche et totale - si je comprenais bien la situation - pour que la France utilise à nouveau un groupe aéromobile depuis un BPC (comme en 2011 dans l'opération Harmattan) au-dessus du sol syrien.

      Au demeurant, les Etats-Unis représentent 120 à 150 aéronefs pour frapper en Irak et en Syrie. C'est aussi cela le rapport de force dans la coordination des coalitions.

      Enfin, j'en reste à mon interrogation initiale : comment fixer l'EI, sachant qu'il y a de fortes présomptions que ses hommes et femmes puissent utiliser l'une des voies mentionnées ?

      Cordialement,

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  4. Bonjour,

    Ce qui pourrait être confondu, en effet, ça serait des bateaux de "faux migrants" à destination de la Libye. Soit. Mais il existe déjà une force multinationale autour du Navire Italien Cavour , chargée de contrôler les migrations par voie maritime, la France y participe , sous commandement Italien avec la frégate Courbet : http://www.europe1.fr/international/operation-contre-les-passeurs-de-migrants-comment-ca-va-se-passer-2525839 .

    La masse de renseignement devrait arriver sur la table des responsables de la coalition en question ? Ou pas. Vu que l'Italie déploie un porte aéronef juste arrêter des passeurs. C'est de la communication. Le Cavour serait plus utile à déployer ses Harriers, et ses hélicos en appui du PA Français. Mais non on déploie un bâtiment exceptionnel de polyvalence de 30 000 T. juste pour faire de la police maritime. Quel message !

    Fixer l'EI en Syrie serait possible sans l'aide des américains, on va pas nous raconter que l’Europe avec plus de 100 milliards de budget militaire, ne peut pas se débarrasser de 30 000 va-nu-pieds montés sur des Toyota Hilux ? Il y a un sérieux problème.

    Nous pourrions en effet engager un BPC , avec une flottille d'hélicoptères de combat en soutien aérien aux opérations terrestres proches. Mais il faudrait que L.Fabius change d'avis... Les avions du Charles de Gaulle se concentrant sur les frappes en profondeur.


    Il est désormais, et plus que jamais, visible que l'Europe de la défense est une chimère.

    Il faudrait que les politiques, et les fonctionnaires du Ministère prennent toutes les dispositions nécessaires concernant cet état de fait.

    Il nous faut, et nous en avons les capacités , tant financières, que techniques, au moins autour de la méditerranée, une force de projection et d'intervention crédible , avec une priorité donnée à la Marine comme vecteur.

    C'est hors sujet, mais je crois en mon pays, je crois en ses ressources humaines, techniques, matérielles. La France est un grand pays, quoiqu'on en dise.

    Il manque juste de la cohérence politique pour que l’agglomération de ces forces puisse s'opérer.

    Pardon pour le HS.

    Cordialement.










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  5. Bonjour,

    Je ne crois pas trop à ces transferts maritimes d'hommes du Daesh , peut être existe t'il des bateaux de faux migrants à destination Libyenne.

    Dans ce cas il devaient être repérés par la force multinationale avec le Bâtiment Amiral Cavour et ses 6 auxiliaires Européens dont la frégate Courbet. http://www.europe1.fr/international/operation-contre-les-passeurs-de-migrants-comment-ca-va-se-passer-2525839

    A ce sujet on peut se poser la question de savoir s'il est opportun d'affecter un porte aéronef de 30000 T à de simples opérations de surveillance/police maritime ?

    Ce bâtiment moderne, entre le PA et le BPC , serait idéal en soutien du PA Français , mais une fois de plus les choix opérationnels ne sont pas coordonnés au niveau Européen.

    En alliant les forces maritimes Italiennes, Anglaises et Françaises nous pourrions infliger de sérieux dégâts aux terroristes.

    Imaginons , les Harriers en appui au sol, sur les objectifs proches, un BPC Francais en soutien aux russes avec coordination terrestre auprès de l'AT Syrienne , les rafales de la Marine bombardant les objectifs en profondeur. Allez je continue dans mon délire ;) l'aide des sous marins anglais tirants des tomahawks depuis leurs deux bâtiments afin de détruire les bases d'entrainement souterraines du Daesh.

    Nous laisserions l'Irak à nos alliés US , l' Ei serait cerné de partout , d'autant que la Turquie après les avertissements de Poutine à l'air de rentrer dans le rang.

    Il suffirait après de soutenir l'effort de la Jordanie.

    L'EI serait au pire cantonné dans le désert Irako-Syrien ce qui serait un moindre mal.

    Je viens de me réveiller , le Cavour continue à faire des ronds dans la belle bleue, les Harriers sont dans les hangars , les deux sous marins de Sa Majesté sont toujours à Plymouth, le BPC Mistral est dans la magnifique rade de Toulon.

    Pour ma part je considère que les Français font l'essentiel du job pour l'Europe , ceci en dehors des considérations politiques. Il serait temps que nos voisins se rendent compte que nos efforts pour les défendre ont un coût financier, moral, et géopolitique.

    Pour conclure je voudrais poser une question : Comment se fait il qu'avec largement plus de 100 milliards de budget militaire en Europe nous n'arrivons pas à nous débarrasser de 30 000 va-nu-pieds grimpés sur des Hilux ? Il y a un sérieux problème.

    Ps/ pardon pour les HS, votre blog est d'une rare qualité. Je crois que les citoyens auraient tout à gagner à s'informer sur leur défense.



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    1. Je ne crois pas non plus à des convois "Société Nationale des Transports Méditerranéens de l'État Islamique". Je suis volontairement provocateur car je crois, comme cela est observé, à des infiltrations d'agent de l'ÉI dans les flux de réfugiés.

      Pendant l'opération Prométhée, il était simple de confondre les forces hostiles des commerces. L'opération Artimon voyait un contrôle des flux pour identifier quel bateau de commerce contrevenait aux résolutions de l'ONU : il fallait donc rechercher parmi les civils.

      Avec l'opération Sophia, il s'agit d'identifier des individus (passeurs, mais pas seulement) parmi des embarcations de fortune sans AIS, sans moyens de sauvetage. Et en tenant comte qu'il s'agit de personnes qualifiables administrativement de sans papiers, et souvent, sans accès aux états civils des pays d'origine. Pour cela, je ne crois qu'une demi-douzaine de navires suffise à cette tâche. Il faudrait au moins joindre une couverture aérienne par avions de surveillance ou de patrouille maritime, sans compter un fort travail de renseignement sur le terrain.

      Par contre, je ne trouve pas exagérer d'employer un porte-aéronefs avec des moyens médicaux, de grands volumes pour accueillir des centaines de naufragés, des moyens de commandements et un groupe aéromobile pour tenter de gérer la crise.

      Après, oui, des unités amphibies (TCD/LPD, etc) auraient amplement suffit à la tâche. Sauf que l'Italie (Garibaldi et Cavour) mais également l'Espagne (Juan Carlos Ier) ne veulent pas intervenir au-dessus de l'Irak ou de la Syrie. Mais cet emploi du porte-aéronefs avec aéronefs à voilure fixe (les Harrier et Matador) est réalisé par l'US Navy avec le LHD USS Kearsarge depuis le Golfe Persique.

      Ce n'est pas non plus une question de budgets. L'empire Byzantin n'a pas disparu, si je ne m'abuse, faute de ressources.

      Cordialement,

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