Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 26 juillet 2016

Surveillance océanique : un rôle pour les BSAH ?

© DCNS. BSAH.
La poussière navale dédiée aux missions de sauvegarde maritime peut-elle contribuer aux opérations de la "marine de guerre" ? Bien des cercles de réflexions s'interrogent sur un éventuel apport des forces de garde-côtes aux missions purement navales. L'expérience des deux guerres mondiales invitent à s'y intéresser. Dirigeons notre attention vers un apport potentiel des BSAH à la surveillance océanique.

Les moyens dédiés à la lutte Anti-Sous-Marine (ASM) progressent sur le plan qualitatif en France. Les nouveaux hélicoptères NH90 NFH Caïman Marine avec kit ASM sont de véritables avions de patrouille maritime. Les FREMM ASM conservent un sonar actif remorqué à très basse fréquence, une capacité que n'entretient pas, par exemple, l'US Navy pour ses destroyers depuis la fin des années 1970. Les avions de patrouille maritime Atlantique 2 sont en cours de modernisation.

Sur le versant du quantitatif, tous les moyens dédiés à la lutte ASM sont en constante réduction depuis la prise des "dividendes de la paix" (ou désarmement). Au point que l'ancien Chef d'État-Major de la Marine (CEMM) s'était inquiété d'un nombre trop faible de sonars remorqués en service dans la marine française. 

Aussi, relevons que la France n'investissait pas dans des moyens complémentaires aux escorteurs océaniques. Il n'y eu pas, officiellement, de participation française au système américain SOSUS ni d'équipements nationaux équivalent. Aucune flotte auxiliaire ne réceptionnait des bateaux comparables au T-AGOS américain, remorquant des antennes linéaires. L'ensemble formé d'une capacité fixe (SOSUS) et d'une autre mobile (T-AGOS) participait grandement aux capacités de surveillance océanique américaines. 

Les Bâtiments de Sauvetage et d'Assistance Hauturiers (BSAH) doivent remplacer les BSR (Bâtiments de Soutien de Région), RR (Remorqueurs Ravitailleurs) et RHM (Remorqueurs de Haute Mer). Au nombre de quatre en acquisition patrimoniale et quatre unités supplémentaires affrétées, les premiers doivent rejoindre Brest et Toulon à raison de deux bateaux par port. Filant 14 nœuds, armé par 17 membres d'équipage, ils se caractérisent par une capacité de remorquage de 80 tonnes et une grande plage arrière. 

C'est pourquoi nous proposons de nous interroger sur une potentielle participation au dispositif français de surveillance océanique tant pour l'Atlantique Nord que pour les deux bassins. Ces deux zones, en particulier la première, connaissent une activité sous-marine constante avant et après la fin du conflit Est-Ouest (1947-1991). Si le volume a évolué, les acteurs se sont diversifiés et l'activité n'en demeure pas moins constante. Le passage d'un SNLE russe refondu pour les opérations sous-marines spéciales dans le Golfe de Gascogne en début d'année est un témoignage éclatant de l'intérêt de nos façades maritimes. 

A raison de deux BSAH et à Brest et à Toulon, ils sont idéalement placés dans les zones visées ci-dessus. Les qualités nautiques recherchées dans la partie navale du programme BSAH permettent d'envisager l'intégration d'au moins deux dispositifs. Le premier permettrait le remorquage d'une ou plusieurs antennes linéaires, d'autres bateaux le font bien. Le deuxième serait un dispositif permettant la mise en œuvre d'un sonar remorqué. 

En complément aux missions visées par le programme BSAH - et, avouons-le, il est relativement rare de déployer des dispositifs de lutte contre les pollutions maritimes -, il n'est pas interdit d'envisager une contribution de ces bateaux aux missions navales. Les menaces sous-marines sont, au moins, de deux types : il s'agit tout autant des mines que des sous-marins océaniques adverses. 

Une croisière d'un BSAH au large de Brest, emportant sur sa plage arrière, une antenne linéaire remorquée, un sonar actif à très basse fréquence et un sonar de lutte contre les mines, permettrait de blanchir de larges zones pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. En coopération ou entre deux sorties de FREMM et de FTI, de telles croisières élargiraient le champ des possibles,  d'augmenter le nombre d'antennes mise en oeuvre. 

Aussi, si les bénéfices directs pour les forces navales françaises semblent évident, ils peuvent l'être aussi grandement dans le cadre des solidarités européenne et atlantique. La croisière d'un BSAH entre l'Islande, la Norvège et l'Écosse ne serait pas pour déplaire à quelques alliés.

En doublant les équipages sur les quatre BSAH, comme cela est le cas pour les B2M, et en tablant sur une probable disponibilité de 240 jours de mer par an par bateau, il y aurait une certaine permanence de ces croisières de lutte contre les menaces sous-marines.

Un renforcement des capacités de surveillance océanique française est peut être à explorer par la mise en œuvre d'un certain nombre d'antennes depuis les BSAH. Cela compléterait le nombre plancher de frégates ASM tout en élargissant l'horizon des recherches.

L'actuelle campagne du VN Rebel, équipé d'un sonar Captas 4, de son dispositif de mise à l'eau et des systèmes de commandement et contrôle, augure-t-elle la concrète réalisation de notre hypothèse ?

Enfin, si un tel dispositif était opérationnellement viable depuis un BSAH en Europe alors nous pourrions considérer son déploiement sur les B2M, en particulier dans les océans Indien et Pacifique où nos capacités ASM ne sont pas en mesure des enjeux régionaux. 


1 commentaire:

  1. effectivement, l'idée d'affecter un navire auxiliaire comme un BSAH ou les futurs remorqueurs côtiers à des missions plus militaires n'est pas inenvisageable.

    via des conteneurs, on peut envisager de les équiper de temps en temps de sonars remorquées et/ou de sonars anti-mines. ils remplaceraient alors à un coût limité les Bâtiment Remorqueurs de Sonars (BRS). Par contre, je limiterais leur déploiement à la Zone Économique Exclusive pour permet leur soutien par les Avions de Patrouille Maritime basés à terre.

    il faudrait alors augmenter la flotte de BSAH pour faire face aux missions supplémentaires. Je ne doublerais pas totalement les équipages vu que sur l'ensemble des unités, au au moins 1 unité sera en entretien en permanence. ainsi, une dizaine d'équipages seraient suffisant pour armer 5 à 6 BSAH (3 à Brest et/ou Cherbourg, 2 à 3 à Toulon).

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