Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





jeudi 15 septembre 2016

De deux divisions un coût

© Inconnu. Camp de Canjuers.

S'il faut des armes pour armer des hommes à terre, il faut des hommes pour armer des bateaux en mer. Le coût du groupe aéronaval, bien que ce dernier soit incomplet, est assez aisé à calculer si l'observateur se donne la peine de compter les bateaux et aéronefs, d'un côté, et de se référer aux documents parlementaires, de l'autre côté. Par contre, combien coûte une division en matériels nécessaires à sa dotation théorique ?


Dévoilé le 28 mai 2015, le plan "Au contact" consacre la renaissance de l'échelon de la "division" (d'une armée). Les EMF (Etat-Major de Force) de Besançon (1ière Division) et de Marseille (3e Division)  sont remplacées par les nouvelles divisions. Elles succèdent, respectivement, aux 1ere brigade mécanisée et la 3ème brigade légère blindée qui sont dissoutes (sur les huit brigades existantes avec le plan Au contact). Leurs régiments sont répartis entre les six brigades restantes. 

Les deux divisions s'appuient sur une structure ternaire à trois brigades (légère, médianes et lourdes). Par exemple, la 1ière Division regroupe : 
  • la 7e brigade blindée (35e et 152e régiment d'infanterie, 1er régiment de tirailleurs, 1er régiment de chasseurs, 5e régiment de dragons, 68e régiment d'artillerie d'Afrique, 3e régiment du génie, 7e compagnie de commandement et de transmission) ;
  • la 9e brigade d'infanterie de Marine (1er régiment d'infanterie de marine, 2e régiment d'infanterie de marine, 3e régiment d'infanterie de marine, 126e régiment d'infanterie, Régiment d'infanterie chars de marine, 11e régiment d'artillerie de marine, 6e régiment du génie, 9e compagnie de commandement et de transmissions de marine) ;
  • 27e brigade d'infanterie de montagne (7e bataillon de chasseurs alpins, 13e bataillon de chasseurs alpins, 27e bataillon de chasseurs alpins, 4e régiment de chasseurs, 93e régiment d'artillerie de montagne, 2e régiment étranger de génie) ;
  • Brigade franco-allemande (1er régiment d'infanterie, 3e régiment de hussards, Bataillon de commandement et de soutien de la brigade franco-allemande) ;
  • Des régiments endivisionnées (1er régiment d'artillerie, 19e régiment du génie, 132e bataillon cynophile de l’armée de terre, École militaire de haute montagne, Groupement d'aguerrissement en montagne). 
Sur l'ensemble des unités d'une des deux divisions, nous recensons - toutes les erreurs nous incombant - les principaux matériels suivants : 
  • 50 000 AIF (150 millions d'euros) ;
  • 1447 VAB (? coût à l'unité) ; 
  • 735 VBL (236 000 euros de coût à l'unité (hors VB2L) ;
  • 590 PVP (110 à 160 000 euros par véhicule) ;
  • 315 VBCI (VCI et VPC, 4 millions d'euros par unité) ;
  • 128 AMX-10 RCR (299,7 millions d'euros de modernisation (2010), remplacés par les Jaguar dans la prochaine LPM ; ? coût à l'unité) ; 
  • 104 chars Leclerc (330 millions d'euros de modernisation pour 200 chars ; 8 millions d'euros par unité) ;
  • 53 VHM (1,7 millions d'euros par unité) ;
  • 24 CAESAR (8 par régiment d'artillerie ; 3,9 millions d'euros pièce) ;
  • 13 LRU (6 millions d'euros par pièce (passage LRM à LRU). 
Ces différents chiffres sont puisés dans les avis, rapports de l'Assemblée et du Sénat, dans papiers des journalistes spécialisés. Selon le matériel considéré, ils peuvent être plus moins récents. A titre d'exemple, si les commandes de VBCI sont relativement très récentes, ce n'est pas le cas de la dernière de VBL. Les chiffres présentés sont en euros courant et non pas constants.

Il n'y a aucune prétention à donner des chiffres précis sur l'équipement d'une division. Au demeurant, il est à souligner que le ministère de la Défense, pas plus que l'Armée de Terre, ne prend la peine de présenter ainsi la somme des matériels. Cette présentation des plus arbitraires est faite au jugé selon les traditions des unités pour se structurer. 

Au demeurant, nous peinons à trouver un coût unitaire de production pour les VAB et AMX-10 RCR. Les dernières commandes sont bien trop anciennes et il nous faudrait plonger dans les archives de l'une des deux chambres.
Aussi, nous peinons à connaître une estimation des mêmes coûts unitaires de production des successeurs. Nous ne retenons le chiffre d'un million d'euros par véhicule uniquement par défaut afin de parfaire notre fragile recensement. Ce chiffre est celui du coût du Griffon nu de ses équipements principaux, c'est un coût plancher sans être la réalité.
Ce choix est d'autant plus férocement critiquable, en plus des critiques précédentes, que les quantités espérées de Griffon (remplacement des VAB) et Jaguar (remplacement des ERC-90 et AMX-10 RCR) seront moindre que celles de l'ancien parc de VAB (jusqu'à plus de 4000 blindés).

En ne retenant que les coûts d'acquisition sans tenir compte des programmes de modernisation des matériels ou encore du soutien, une division représenterait au moins 4310 millions d'euros. Cette somme est à affiner sérieusement. Néanmoins, elle donne un ordre d'idée sans être une réalité financière que pourrait dégager, par exemple, la Cour des comptes. 

L'Armée de Terre aurait un capital en matériel de 4,3 milliards d'euros par division, soit plus de 8,6 milliards d'euros pour l'ensemble de la FOT à deux divisions. 

Enfin, pour revenir à la remarque introductive, l'Armée de Terre doit armer des hommes et soutient une masse d'hommes nettement plus importante dans ses coûts de fonctionnement que la Marine ou encore l'Armée de l'Air. Il est très difficile d'automatiser un système d'arme, à moins de déshumaniser la guerre et de sortir du paradigme clausewitzien, c'est-à-dire détruire et non plus vaincre. Contrairement à la Mer, par exemple, où l'effort principal porte sur l'acquisition de plateformes avant de porter sur le nombre d'hommes et de femmes.

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