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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 5 octobre 2016

Intercepter les flottilles en action de pêche illégale

© Ministère de la Défense.





Un exemple récent (corroboré par des observations similaires, notamment reportées par l'Australie) illustre un nouveau mode opératoire en ce qui concerne la pêche illégale : l'action solitaire laisse place à l'endivisionnement de bateaux de pêches dans des flottilles. Les moyens dédiés à la police des pêches dans la Marine nationale, et plus largement dans l'Action de l'Etat en Mer, ne sont pas adaptés si ce procédé venait à se généraliser. 

Le 23 juin 2016, la Marine nationale arraisonne au large de la Nouvelle-Calédonie un navire de pêche (cf. image d'illustration) avec une cargaison illégale d'holothuries. Le kilogramme de cette denrée peut se négocier jusqu'à 1000 dollars. Le bateau, et ses quinze marins, faisait partie d'une flottille de six navires repérés par la France. Ils quittaient le Vietnam et atteignaient la zone, classée Aire Marine Protégée, après 40 jours de mer.

L'interception de cette flottille débute dès la mi-juin grâce à une SURveillance MARitime (SURMAR) menée depuis l'espace grâce à plusieurs senseurs spatiaux. Les informations sont réunies dans un "guichet unique" : TRIMARAN. "C’est ainsi que la présence de navires vietnamiens pêchant illégalement dans les atolls d’Entrecasteaux (Nouvelle Calédonie), une aire marine protégée, a été détectée mi-juin 2016". Ces informations permettent de choisir le moment opportun pour déclencher l'opération. 

Les FANC (Forces Armées de Nouvelle-Calédonie) déploient trois aéronefs quadrillent la zone (dont un Falcon 200 Guardian) pendant que les patrouilleurs (P400) La Moqueuse et La Glorieuse se rapprochent. Sur six navires de la flottille, seulement quatre sont effectivement contrôlés. Et encore, trop tôt car seulement l'un d'entre eux avait déjà entamé des actions de pêche illégale. Ce dernier, justement, donne du fil à retordre aux deux patrouilleurs. 

L'exemple de la poursuite du Viarsa-1 par le patrouilleur australien Southern Supporter (août 2003) depuis les eaux territoriales australiennes jusqu'à la haute mer pendant 21 jours illustrait une volonté stratégique alliée à une mobilité du même acabit. La flottille vietnamienne fait preuve d'une allonge stratégique similaire et d'une capacité de durer à la mer, certes rudimentaire, mais réelle. 

Intercepter une telle flottille démontre, s'il le fallait encore, que le navire ne possède pas le don d'ubiquité. L'éclatement de la formation oblige soit à sélectionner les cibles, soit à disposer d'un nombre comparable de patrouilleurs. Les distances observées dans ces flottilles sont suffisamment grandes (plusieurs nautiques à parfois une dizaine ou deux) pour déconsidérer l'emploi d'une drome nombreuse employée en essaim (ou "swarming"). Ce sont autant de "combats" de basse intensité qu'il faut mener vis-à-vis de chaque bateau afin de matérialiser la souveraineté française et l'amener à coopérer.

La vitesse de la plateforme est également à considérer tant dans ses aspects tactique que stratégique.Au déclenchement de l'opération, le ou les patrouilleurs doivent pouvoir fondre sur les cibles en espérant maximiser la surprise (si la surveillance aérienne parvient à demeurer discrète). Aussi, si un bateau suspecté de faits illégaux se dérobent, le patrouilleur doit pouvoir le poursuivre, voire envisager une poursuite à longue élongation. 

Les faits et leurs multiplications plaident pour considérer un nombre conséquents de patrouilleurs capables de vitesses élevées, bien plus importantes que celles concédées aux B2M (Bâtiment Multi-Missions) et BSAH (Bâtiment de Sauvetage et d'Assistance Hauturiers), soit environ 15 nœuds. Les Armidale australiens et leurs dérivés marchent à 25 nœuds.   

C'est-à-dire que le programme BATSIMAR (BATiment de Surveillance et d'Intervention MARitime) comme programme générique devant fournir 12 à 18 patrouilleurs polyvalent n'apparaît pas comme adapté à un tel mode d'action. Ce n'est pas la première fois que l'incapacité à repenser les flottilles de forces légères et les générer est à critiquer.

Il s'agirait de considérer l'emploi d'une grande unité servant tel un multiplicateur de force par la fourniture de "services" (logistiques (denrées, combustibles), hélicoptères, ateliers, moyens de commandement, etc). Ce véritable conducteur de flottilles mènerait une force de 4 à 6 patrouilleurs, eux-mêmes pourvus de moyens de guerre électronique mais également de drones aériens légers mono-capteurs (en travail collaboratif, l'un avec une charge optique, l'autre avec un radar SAR). Dans les programmes actuels, ce serait combiner un B2M avec 6 PLG (voisin des Armidale) pour un volume financier de l'ordre de 90 millions d'euros (plus environ 15 millions pour 12 drones similaires au Camcopter S-100, sans compter une drome à la hauteur (ETRACO ?). 

Pour le coût de deux BATSIMAR, il devrait être possible de déployer une telle flottille dans chacune des façades maritimes, en particulier les plus exposées à savoir la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, voire la Réunion et les archipels du canal du Mozambique (sans oublier ceux du Sud de l'Océan Indien). Soit trois flottilles, donc 6 BATSIMAR. Une telle capacité peut se générer sur cinq années en se fondant sur les programmes déjà lancés.

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