Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 29 octobre 2016

Pris par la patrouille

© Marine nationale. Du 20 au 28 octobre 2016, les forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC) ont conduit une opération de police des pêches entre les récifs d’Entrecasteaux et les îles Bélep qui visait à faire cesser les activités de pêches illicites de trois navires vietnamiens, les FANC ont déployé le patrouilleur 400 tonnes La Moqueuse ainsi qu’un avion de patrouille et de surveillance maritime Gardian du détachement de la flotille 25 F.


La France dispose de la deuxième ZEE1 mondiale, juste derrière les États-Unis. Et peut-être bientôt la première si tous les dossiers de demande d’extension déposés par la France sont acceptés. Mais que représentent réellement ces onze millions de km² ? Tout simplement l’accès à des ressources, qu’elles soient déjà disponibles aisément ou plus complexes à récupérer, voire hypothétiques. Citons pêle-mêle les gisements d’hydrocarbures off-shore, nodules polymétalliques et la ressource halieutique (entre autres). 
 
Sans entrer dans le débat « L’avenir de la France est-il en mer ? », nous pouvons néanmoins postuler sans risque de nous tromper que ces ressources ne sont utiles (à court, moyen ou long terme) que si la France est en mesure de les exploiter. Il faut donc disposer d’une part d’un tissu économique naval et maritime dynamique (ce qui est en soi un sujet politique et industriel complexe) et d’autre part être en mesure de protéger la ressource.

Prenons l’exemple du Pacifique, où l’on trouve les deux tiers de la ZEE française. (soit plus de 6,5 millions de km²) : la France dispose de deux bases navales2 qui concentrent les moyens suivants3
  • 2 frégates de surveillance type Floréal (Prairial et Vendémiaire) ;
  • 1 B2M type D’Entrecasteaux (D’Entrecasteaux) ; 
  • 2 patrouilleurs type P400 (Glorieuse et Moqueuse) ;
  • 1 patrouilleur de service public type Arago (Arago) ;
  • 5 avions de surveillance maritime type Falcon Gardian.

Sur ces unités, les frégates ont passé leur mi-vie, les P400 seront bientôt désarmés et les Gardian ont dépassé les trente ans de service. Seuls les B2M4 apportent un peu de sang neuf, mais ces unités, récentes dans la Marine, ne sont pas encore des outils maîtrisés et leur vitesse de pointe limitée5 en fait des patrouilleurs médiocres.

À l’heure actuelle, la principale difficulté dans le Pacifique français est la protection des zones de pêche des attentions des armements sans licence (chinois et vietnamiens pour l’essentiel dans le Pacifique Ouest et Sud), même si l’on peut anticiper à moyen terme la nécessité de protéger les ressources des fonds marins. La lutte contre la pêche illégale requiert d’une part une bonne connaissance de la région (météorologie, zone de concentration de bancs de poissons…) pour réduire le périmètre à surveiller et anticiper les mouvements des flottes de pêche, des moyens de détection et de repositionnement (satellites, avions de surveillance maritimes6) et enfin des moyens d’interventions : les patrouilleurs.

Nous avons listés les moyens français disponibles, mais tous ne sont pas occupés à plein temps par la police des pêches, qui est essentiellement le travail des trois patrouilleurs, les frégates de surveillance étant utilisées majoritairement dans d’autres domaines7. Trois patrouilleurs d’ancienne génération, sans capacité aéronautique8 pour surveiller une surface grande comme une fois et demie l’Europe.

Ainsi, malgré l’affirmation politique de ses ambitions maritimes devant la communauté internationale, les moyens mis en œuvre pour protéger cet espace de développement restent faibles. La Marine nationale a déjà indiqué à plusieurs reprises que cette situation va empirer dans les années à venir, faute d’avancement du projet BATSIMAR9 et le trou capacitaire prévu à l’orée de la prochaine décennie laisserait la ZEE pacifique bien dégarnie. Néanmoins, les récentes déclarations de l’Amiral Prazuck, rapportées sur ce blog le 25 octobre 2016, montrent que la réduction de ce trou capacitaire est au cœur des réflexions de la Marine nationale.

Les patrouilleurs ne sont peut-être pas les unités qui permettent de compter au sein des grandes marines, mais ils n’en sont pas moins indispensables à la défense des intérêts français, en particulier dans les domaines ultramarins. 

 
Denis Decrès
 

1 ZEE : Zone Economique Exclusive.
 
2 Nouméa en Nouvelle-Calédonie et Papeete en Polynésie française.
 
3 Moyens de la Marine nationale uniquement. Notons que le concours des autres armées (Armée de l’Air en particulier) peut ponctuellement les renforcer, en dehors de son cœur de métier. Hors moyens gendarmerie maritime. Hors hélicoptères.

4 Un en Nouvelle-Calédonie, déjà arrivé, et un prévu en Polynésie.

5 13 Nœuds. L’absence d’hélicoptère embarqué est également un handicap dans ce domaine.

6 Les Gardian vieillissants rendent de bons services, mais leur remise à niveau / remplacement se fait attendre.

7 Souveraineté, représentation, assistance humanitaire, connaissance de la zone, relations internationales…

8 Hélicoptère ou drone.

9 Bâtiment de Surveillance et d’Intervention Maritime.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire