Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 25 novembre 2016

Le Kuznetsov, transport d'aviation ?


La démonstration aéronavale russe depuis le bassin oriental de la Méditerranée n'est pas dans sa phase la plus probante. Le croiseur porte-aéronefs Kuznetsov serait réduit, depuis un ou plusieurs jours, au rôle de simple transport d'aviation. Les doutes sur la viabilité de la filière STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery) s'alimenteront de la confirmation - ou non - des faits relevés. 

La concentration du GRAN (Groupe AéroNaval Russe) s'opérait au large de la péninsule de Kola. La formation navale débutait sa descente aux alentours du 15 octobre. Le serrage des côtes européennes était relativement lâche. Une semaine plus tard, la traversée de la Mer du Nord puis de la Manche alimentait une campagne de presse très exagérée puisque la Marine russe ne faisait que de profiter de la liberté de navigation.

L'approche du détroit de Gibraltar permettait à la diplomatie russe d'exercer tout ses talents : formulant des demandes d'escales tant à direction de l'Espagne (Ceuta) que de Malte, les réactions des deux États membres de l'Union européenne offraient l'occasion d'une certaine cacophonie européenne. Finalement, les Russes ravitailleront en pleine mer, opération qui n'a rien d'extraordinaire et aurait même fait escale en Algérie, participant même à un exercice avec la marine algérienne. 

Le GRAN se positionnait entre la Crète, le Liban et la Turquie au tout début du mois de novembre. Vers le 10 novembre, les premiers vols des aéronefs du groupe aérien embarqué du porte-aéronefs russe sont menés au-dessus du territoire syrien.

14 novembre 2016 : un Mig-29KR, une des quatre machines de ce type à bord, se perd en mer, son pilote parvient à s'éjecter. Plusieurs causes potentielles sont avancées dont un des brins d'arrêt du pont d'envol. Le temps d'entraînement des pilotes de l'aéronavale russe était, et il faut le dire, réputé extrêmement court pour apprendre à manier la machine depuis le pont plat russe. En tous les cas, un tel accident n'est pas l'apanage de la seule marine russe : un pilote chinois était victime d'un accident mortel en juillet.

Le sujet est sensible. Il s'agissait de la première campagne opérationnelle du successeur du Su-33 dont la chaîne de production est arrêtée et les cellules des exemplaires en service vieillissent inexorablement. Accessoirement, l'Inde s'était portée acquéreuse du Mig-29K pour l'INS Vikramaditya

Dans les jours suivants, des reportages de médias russes présentent timidement des images des Su-33 et Mig-29K en opérations aériennes depuis le Kuznetsov. Par timidité, il s'agit d'entendre qu'il n'est pas aisé de vérifier si un des deux aéronefs précités décollent avec une charge plus conséquente que deux à quatre missiles anti-aériens. L'autre enjeu opérationnel est de valider la formule STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery), dont le porte-aéronefs russe est l'un des représentants, comme un outil capable d'autres missions que la seule défense aérienne du groupe naval. Selon nos observations, aucun Mig-29K n'est observé avec des bombes sous les ailes en décollant depuis le tremplin. Par contre, des Su-33 décollaient depuis le croiseur porte-aéronefs avec deux FAB-500 par machine. La charge serait relativement modeste (deux fois 500 kg). Ce n'est pas si mal puisque le Su-33 est un appareil de supériorité aérienne, contrairement au Mig-29K multirôle

Jane's, à partir d'une image satellitaire (cf. ci-dessus), découvrait les huit Su-33 sur la base aérienne de Humaymim dans la région de Lattaquié. Où sont les Mig-29K ? Les Ka-52K ? Il est courant de voir le passage d'aéronefs du groupe aérien embarqué d'un porte-aéronefs ou porte-avions à terre, pendant une mission, en raison... d'une urgence aéronautique. Mais pas pour débarquer la presque totalité de ce groupe aérien embarqué... sauf si la plateforme navale est indisponible (?). 

Le Kuznetsov aurait alors été réduit, depuis le 20 novembre (avant ?) à un simple rôle de transport d'aviation. Cela ne peut qu'interroger sur la crédibilité opérationnelle et du navire et du groupe naval et de la formule STOBAR. Les Chinois semblent mieux employer leur J-15 dans une version "lourde"

Plus loin sur l'horizon, la Chine et l'Inde, après l'acquisition et la construction de deux porte-aéronefs STOBAR, se tournent toutes les deux pour un porte-avions CATOBAR (Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery) comme troisième pont plat des actuels plans navals. Est-ce la fin du STOBAR ?

6 commentaires:

  1. Je pense pas que le Kuz ne soit  inopérationnelle.
    Par contre le fait d'avoir seulement 4 (maintenant 3 ) MIG 29k opérationnelles, plus le fait que les Su 33 sont en effet plus des chasseurs que des multis rôles me paraît du coup la raison de la faible activité aériennes du navire.
    Il est plus intéressant de faire décoller les Su 33 du sol du coup si les russes veulent les utiliser dans un rôle différents de celui dont ils furent conçu à l'origine. En effet charges embarquées et consommation de carburant sans parler de la plus grande facilité de gérer et entretenir les appareils de Humayimim que du KUZ.

    Par contre deux questions se posent.

    1 les russes vont ils quand même faire une campagne d'évaluation du MIG 29k à partir du KUZ comme prévu ? L'enjeu est important validation du futur type de porte aéronefs pour la Russie. Et choix du successeur du SU 33. Le avenir de MIG se joue un peu là d'ailleurs. La Russie ne commande pas de mig ( juste entretien et mise à niveau de mig 31) et la survie de mig passe par les commandes russe et éventuellement celle de l'Inde.

    2 pourquoi les russes n'utilisent pas le KUZ comme plate-forme alat pour leurs KA52 comme nous avions fait en Lybie ?

    Pour la 2ème question le fait que les côtés Syriennes soit sous contrôle de l'armée gouvernementale et que les russes disposent déjà de pas mal d'hélicoptères sur place me semble un début de réponse.

    Quoi qu'il arrive la mission com' et diplomatie navale me semble remplie.

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    1. Pourquoi entretenir un porte-aéronefs alors s'il ne sert qu'à transporter des aéronefs d'un point A à un point B ?

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  2. Bonjour,

    Questionnement toujours intéressant. La formule Stobar est elle viable ?
    Aujourd'hui il y a trois plateforme:
    - Le Kuznetsov : Capacité opérationnelle douteuse
    - Le Vikramaditya : Capacité inconnue mais pour le long terme les indiens semblent abandonner cette solution pour se tourner vers le CATOBAR
    - Le Liaoning : Uniquement utilisé comme navire école

    C'est peu brillant. Ou avez-vous appris que les chinois allaient de diriger vers une solution CATOBAR ?

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    1. Bonjour,

      Il y aura deux plateformes de plus d'ici à 2025.

      Le Liaoning n'a d'école que le nom. Ses capacités de combat sont reconnues comme opérationnelles depuis plusieurs semaines. Cela sentait surtout l'intention de ménager son apparition médiatique de la qualifier de navire-école.

      Cela est présenté comme le plan aéronaval chinois depuis, au moins, l'année 2006 et cela s'est récemment étayé ces dernières années, voire ces derniers mois. C'est de plus en plus présenté comme un fait acquis qu'un troisième pont plat chinois sera bientôt mis sur cale après le deuxième Liaoning et qu'il sera CATOBAR. East Pendulum le détaille assez bien.

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    2. Si le Liaoning en tant que navire est bel et bien opérationnel, on ne peut pas en dire autant de son groupe aérien encore loin d'être constitué, et qui ne comporte de plus qu'une dizaine de pilotes, en augmentation d'environ 4 unités (je parle des pilotes) par an.

      Bref, si le navire semble tenir la route, son usage actuel semble limité pour un certain temps à celui de navire école ne serait-ce que parce qu'on ne constitue pas un groupe aéronaval à partir de rien du jour au lendemain, notamment au niveau du facteur humain. La route sera encore longue pour la Chine !

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    3. Il sera peut-être opérationnel en 2022. ;)

      http://lefauteuildecolbert.blogspot.fr/2012/09/chine-pas-de-groupe-aeronaval-credible.html

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