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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





jeudi 3 novembre 2016

L'offensive stratégique et sa dimension sous-marine

© DCNS.


Discrètement mais sûrement une forme de consensus se dessine autour de la nécessité affichée de renforcer la flotte de surface avec quinze frégates de premier rang et le remplacement d'au moins six frégates de deuxième rang par des frégates ayant la coque d'une frégate de premier rang à défaut d'en avoir l'armement. Pourtant, l'exploitation de la surface, théorisée, notamment par l'Amiral Castex, n'est plus la seule clefs d'une stratégie maritime positive : la flotte sous-marine ne peut-être cantonnée à des buts purement négatifs (protection, interdiction).

Une bonne partie de la classe politique s'affirme, cela ne coûte rien, pour une poursuite de l'effort pour la Défense nationale jusqu'à 2% du PIB (avec ou sans les pensions) à l'horizon 2025. Néanmoins, la bosse budgétaire, jamais absorbée depuis la RGPP, serait de l'ordre des 35 milliards d'euros. La modernisation de la dissuasion nucléaire verra l'effort en sa faveur bondir de 3,5 à 6 milliards d'euros annuel dans les prochaines années. Sauf effort financier puissant et durable, des choix (hiérarchisation des priorités, lancement, étalement ou abandon de programmes) seront immanquablement réalisés. 

Supposons que sur les deux LPM suivantes (2020 - 2025 et 2026 - 2031) une somme supplémentaire de trois milliards d'euros (ou 250 millions d'euros en flux annuel) se dégagent en faveur des crédits d'équipements de la Marine nationale, ce qui est beaucoup et à la fois modéré.

La Marine maintient un objectif d'environ 26 à 30 frégates tous rangs confondus alors que le format en frégates de premier rang est abaissé à 18 (2008) puis 15 unités (2013). Son engagement actuel dans cinq missions navales permanentes, contre deux dans le contrat opérationnel défini dans le livre blanc de 2013, n'est pas pour là pour démentir le besoin constamment exprimé. L'Amiral Prazuck, dans la lignée de l'Amiral Rogel (12 septembre 2011 - 12 juillet 2016), semble conforter le remplacement des frégates de surveillance par six "frégates" qui pourraient être des FTI gréées en patrouilleurs. Lors de l'audition du CEMM, deux députés soulignaient une cible initiale de 22 FREMM au lancement du programme et que "le vice-amiral Païtard nous avait déclaré qu’il était dangereux de descendre au-dessous de vingt-trois" frégates de premier rang.

Pourtant, il n'y a pas eu le moindre débat sur la ou les composantes de la Marine nationale qui pourrait être renforcées. La flotte de surface est la plus représentée numérique car c'est elle qui porte la maîtrise locale et temporaire des espaces "aéro-sous-marin" pour paraphraser l'Amiral Barjot grâce aux capacités de lutte dans plusieurs milieux réunies par une ou deux frégates. Et partant de là, c'est bien la flotte de surface qui en dominant la surface se donner les clefs pour l'exploiter à son profit afin de porter un corps aéroterrestre par la Mer jusqu'à la Terre pour obtenir la décision (Amiral Castex).

L'exploitation de la surface nous permet de mener un certain nombre d'opérations de blocus, aéroamphibie ou aéronavale grâce à une maîtrise locale et temporaire de la Mer. La parenthèse ouverte par la fin de l'URSS qui voyait les marines otaniennes bénéficiaient d'un large accès mondial à l'ensemble des côtes sans combat est plutôt sur le point de se refermer eu égard à la diffusion continue des instruments du déni d'accès (mines, torpilles, missiles, sous-marins, etc).

Dans une autre perspective, en tenant compte des qualités "nouvelles" de la défense, l'exploitation de la surface n'est plus la seule condition du succès d'une stratégie maritime offensive. L'offensive stratégique réside depuis la Deuxième Guerre mondiale (1939 - 1945) et plus particulièrement par le conflit Est-Ouest (1947 - 1991) dans les opérations spéciales et les opérations sous-marines spéciales. Les opérations clandestines ou spéciales participent de la diplomatie secrète ou insusceptible de médiatisation car elles ne s'attachent qu'aux décisions des gouvernements et sont presque totalement hors contrôle de l'opinion publique et de ses représentants, de sorte que la dialectique se réduit au dialogue entre gouvernements.

La flotte de surface peut dans une certaine mesure participer de ce "retour" à l'offensive stratégique par sa capacité à soutenir des opérations spéciales et clandestines. Ses navires ne pouvant se soustraire à l'ensemble du spectre électromagnétique, leur participation n'est pas aussi déterminante que le recours à des bateaux sous-marins qui en plongée et dans le silence radio peuvent, théoriquement, agir sur n'importe quel point du globe sans être au préalable repéré.

C'est pour l'ensemble de ces raisons qu'il y a lieu de discuter de la pertinence d'un accroissement de la flotte de surface. Pour tenir son rang sur Mer et demeurer aux premières loges de la conflictualité mondiale, c'est-à-dire assurer son autonomie d'appréciation et sa liberté d'action, un rééquilibrage de moyens nouveaux en faveur de la flotte sous-marine peut sembler plus pertinent.

Pour trois milliards d'euros les options sont nombreuses sont les effets recherchés par le gouvernement. Un allongement de série des Suffren de 6 à 9 unités étendrait notre présence sous-marine avec la permanence d'au moins une unité dans le Pacifique, voire une autre toujours présente dans l'Océan Indien. Pour le même volume financier, six sous-marins classiques pourraient être acquis et décharger les SNA de missions où leurs qualités nautiques ne sont pas indispensables. Dans le même ordre d'idées, six submersibles comme le SMX-25 qui possède toutes les qualités d'un SNA, l'endurance prodiguée par la propulsion nucléaire en moins, offriraient de nouvelles options tactiques et une présence stratégique aussi étendue qu'avec de nouveaux SNA. Enfin, la France aurait intérêt à questionner l'intérêt d'un outil comme un sous-marin conçu pour les opérations clandestines tel l'USS Jimmy Carter ou plus particulièrement les BS-411, BS-64  et Belgorod russes. Cela reviendrait à commander un cinquième Triomphant ou SN3G.

Castex théorisait l'intérêt primordial de l'exploitation de la surface dans le cadre d'une stratégie positive. La conflictualité maritime n'étant pas figé, sa partie sous-marine a pris une importance considérable depuis les cinquante dernières années.

6 commentaires:

  1. Très bonne synthèse des choix à venir. Ces annonces sont positives mais ne s'agit il pas de ballons d'essais pour préparer le terrain post élection?

    Même si les 26 frégates de premier rang encore envisagées en 2006-2007 (17 Fremm ASM, 2 Fremm DA, 2 Horizon, 5 FLF refondues en premier rang) ne verront pas le jour on pourra peut être avoir mieux que 15. Espérons en tout cas.

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  2. Oui, les trois forces armées, la Gendarmerie nationale étant dans un autre cas de figure, suivent le climat politique allant à une augmentation franche des dépenses militaires d'ici à 2025 (plutôt qu'une stagnation ou une baisse, ce qui demeure un revirement complet de la tendance), se positionnent.

    Je pense que nous dépasseront au moins le cap des 21 frégates, les frégates de surveillance sont bien trop utiles pour que la France se contente de moins alors que tout le contexte demande plus. Un allongement de la cible des FTI avec une hausse de la cadence de production offrirait des "frégates de réserve" sans presque pas d'armement mais pouvant en recevoir selon l'intensité de futures phases diplomatiques.

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    1. Pourvu que ce soit le cas. Si les FTI sont entre 9 à 11 de plus sera t il possible d'obtenir une ristourne (en plus de la baisse du prix induite par la faiblesse de l'armement) sur la deuxième tranche comme cela avait été programmé pour les 17 fremm? Parce qu'il y a plein d'autres lacunes à combler et donc à financer (2e PA, sous marins, patrouilleurs, avisos non remplacés, porte hélicoptère d'assaut ou TCD, les unités logistiques...)

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    2. Et elles ne le seront donc pas. 26 frégates il faudrait une hausse significative du budget et de la volonté d'exister sur la scène internationale. Cela n'aura pas lieu. La seule chose que l'EMM va peut être obtenir c'est 6 FTI armées en patrouilleur pour remplacer (enfin!) les Floréales. S'il demande à remplacer les Lafayettes l'exécutif répondra que les 5 première FTI servent à ça.

      La seule chose réaliste à espérer c'est que les FTI et les BATISMAR sortent à la cadence prévue.

      Car pour l'instant ce que vous évoquez est sympathique mais, c'est de l'optimisme déplacé. Les temps ont changés. Si en 2006 quelqu'un avait pronostiqué les deux livres blancs, tout militaire aurait jugé son scénario cauchemardesque et excessivement optimiste.

      En conclusion, il y a dix ans nous n'avions pas les moyens de nos ambitions, désormais nous n'avons ni moyens ni ambitions, juste la suffisance de nos dirigeants.

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    3. Nous avons tout de même échappé à la trajectoire Z soit un budget à 28 milliards.

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    4. Je suis tout à fait d'accord. A peu près rien c'est mieux que rien. Mais ce n'est pas satisfaisant.

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