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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





jeudi 10 novembre 2016

Pourquoi Damen est-il arrivé en France ?

© Koninklijke Marine.
L'entreprise des Provinces-Unies s'implante en France par la plus modeste des portes. Les arsenaux, telle la belle endormie, ne prêtent ni attention ni curiosité au nouveau venu. La France ne fait plus construire une partie de ses vaisseaux en Hollande depuis Richelieu (9 septembre 1585 - 4 décembre 1642) et Colbert (29 août 1619 - 6 septembre 1683). L'affaire était réglée. Il y a tout lieu de croire que Damen rouvre le dossier et souhaite construire des vaisseaux pour la France.

La réparation navale est une activité où brille encore des entreprises françaises et c'est presque une surprise tant ce segment industriel est délaissé. Pourtant, l'activité n'est pas délocalisable et génère un chiffre d'affaires significatifs, avec une marge appréciable et ouvre la porte à d'autres activités telle la déconstruction des navires à une extrémité et à la refonte des unités toujours en service de l'autre côté. En 2012, la SOciété BRestoise de REparation NAvale (SOBRENA) est reprise par Damen. Complètement négligée par son ancien propriétaire, l'entreprise réparait il y a encore quelques années des plateformes pétrolières. Coup sur coup, dans la même année, l'entreprise des Pays-Bas s'offre le chantier ARNO de Dunkerque.

Le groupe hollandais, fort de 42 sites dans le monde et près de 6000 salariés, entretien des capacités dans la construction navale (militaire). Il le souligne quand deux corvettes du type SIGMA, vendues au Maroc, viennent procéder à un arrêt technique à Brest à partir de l'année 2014. À quelques encâblures se trouvent les installations de DCNS Brest dont l'activité principale est le Maintien en Condition Opérationnel (MCO). Au Sud du bout du monde, le site DCNS de Lorient fabrique les frégates et, surtout, au Nord de la fin de la terre, celui de Cherbourg est consacré aux sous-marins.

Damen candidatait au rachat du chantier naval de Lannester, alors propriété de STX, en 2015. Le seuil psychologique est franchi avec grande douceur : Damen cherche à construire des bateaux en France. Son manque de succès dans l'affaire ne change rien à l'ambition. 

Les Chantiers de l'Atlantique attendent d'être vendus depuis, au moins, le mois d'avril de l'année 2015. La liste des candidats s'allonge, les Constructions Mécaniques de Normandie sont de la partie, avec les Italiens. Si besoin était, et sans qu'il soit nécessaire de le dire, DCNS peut-être obligé par l'État. Le changement de braquet est spectaculaire quand l'entreprise Hollandaise est reconnue par voie de presse comme l'une des candidates à la reprise des Chantiers de l'Atlantique. Alors que la procédure judiciaire coréenne approche de son dénouement avec une vente séparée de STX St-Nazaire des autres entités du groupe, Damen demeure une des pistes les plus sérieuses. 

L'entreprise des Provinces-Unies prétend reprendre, seule ou collectivement, cela importe finalement très peu, le seul outil industriel capable de lancer de grandes unités navales de plus de 10 000 tonnes en France après le démantèlement des capacités idoines à Brest. Un deuxième voire un troisième porte-avions sont attendus tout comme trois nouvelles unités logistiques de 30 à 40 000 tonnes. 

Damen arrivait dans nos cales par une porte que nous regardons comme modeste pour finalement prétendre à l'un de nos actifs industriels les plus stratégiques. Elle s'est implantée territorialement en France. Pourquoi ?  

Damen mène bien sa barque avec la construction des frégates de défense aérienne De Zeven Provincien, quelques unités amphibies et logistiques qui semblent être de bonne facture. Sa famille de corvettes Sigma remportent de jolis succès à l'exportation. Finalement, cette bonne santé apparente ne cacherait-elle pas une réalité moins reluisante et quelques défis ? 

Est-ce que l'entreprise des Pays-Bas parvient à entretenir toutes les compétences industrielles pour construire toutes les unités navales, depuis le sous-marin jusqu'au grand porte-aéronefs d'assaut amphibie ? La chose n'est pas certaine et les coopérations menées tant avec l'Allemagne (programme LCF dont sont tirées les classes Sachsen (Allemagne) et De Zeven Provinciën (Pays-Bas) et l'Espagne (TCD Rotterdam) n'étaient peut-être pas là que pour lisser la charge financière des deux marines mais peut être aussi pour maintenir les compétences internes. 

Après avoir manqué de disparaître à la fin des années 2000 avant d'être finalement prolongé d'une dizaine d'années. La sous-marinade néerlandaise recevra de nouveaux sous-marins au cours des prochaines années. Seront-ils de facture nationale ? 

Saab, sur demande du gouvernement, reprenait en main Kockums AB de TKMS qui souhaitant liquider l'affaire. L'entreprise suédoise recherche et conclut une coopération avec Damen au sujet du remplacement des sous-marins hollandais de la classe Walrus mais également pour la vente à l'exportation de sous-marins. Le remplacement des Walrus doit intervenir à l'orée de l'année 2025. Les deux nouveaux sous-marins suédois, croisement entre l'A26 et le Type 612 suédois, devraient être livrés entre 2022 et 2025. 

Reste que Damen ne s'affirme pas encore comme concepteur et construction de sous-marins dans cette démarche. Et que le renouvellement des actuelles unités de la flotte de surface hollandaise s'annonce pour les années 2030 - 2035. 

C'est dans cette perspective qu'il y a tout lieu de s'interroger sur l'implantation en France de Damen. Est-ce pour jouer de la concurrence entre DCNS et Saab en matière de sous-marins ? Est-ce pour négocier un partage de la charge industrielle entre DCNS et Damen afin de fournir la Koninklijke Marine et la Marine nationale (exemples des FLOTLOG et BPC NG) ?

Il y a quelques questions à se poser (ce qui est le cas de l'auteur de ces lignes depuis 2014), voire des opportunités à saisir alors que l'Allemagne oppose un non catégorique au moindre rapprochement industriel dans la navale militaire avec la France depuis plus de vingt ans. Thales, entreprise présente dans les deux pays, est le lieu idéal pour ce débat et, comme actionnaire de DCNS, une cheville ouvrière toute trouvée pour les tâches qui s'annoncent.

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