Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 30 janvier 2017

Hodeida : victoire navale houthie sur l'Arabie Saoudite ? (30 janvier 2017)

© Inconnu. Image extraite depuis la vidéo (cf. lien ci-dessous).
La rébellion Houthie diffuse une nouvelle vidéo (version courte puis longue) présentant selon ses affirmations une attaque réussie contre une frégate saoudienne. L'introduction du son est à relever car la bande sonore des attaques précédentes n'était pas incluse dans les vidéos. Sur la seule foi de cette affirmation et faute d'éléments supplémentaires, contradictoires ou de la moindre capacité à vérifier les faits, voici quelques commentaires en attendant de nouveaux développements. 

Il pourrait s'agir, eu égard à l'apparence du navire sur une bande vidéo de qualité plutôt médiocre (SD au mieux et certainement pas HD), de l'une des frégates saoudienne de la classe Al Medinah. La France avait construit ces quatre navires dans les années 1980 pour l'Arabie Saoudite (connues en France sous l'appellation de type F2000) et ils doivent ou ont été modernisés dans le cadre du contrat LEX. Sans connaître la suite de guerre électronique de ces frégates - ni même si l'équipage a pu relever l'attaque à temps, il est à relever qu'elles sont dotées d'un Crotale EDIR qui ne serait pas apte à lutter contre les missiles rase-mer contrairement à sa version VT1.

Loin d'être une énième escarmouche d'apparence isolée - telle la destruction de l'Eilat (21 octobre 1967) ou celle de la corvette Hanit (12 juillet 2006) - ces actions navales témoignent d'une stratégie d'ensemble afin de dénier l'usage de la Mer à l'adversaire. Les forces loyales yéménites affirment avoir repris le port d'Hodeida aux alentours du 28 janvier 2017. L'Iran aurait effectué un tir de missile balistique ce jour.

La propagande de la rébellion se targuait de dix attaques en 2015. Il n'avait pas été possible de rapporter la preuve de succès ou d'échecs ou s'il s'agissait de faits avérés. Les navires incriminés par les rebelles ne furent pas surpris dans un quelconque port avec des traces de dommage.

En 2016, les Houthis connaissent une heure de gloire avec la mise hors de combat du HSV-2 Swift (1er octobre). Le navire sera photographié plusieurs semaines plus tard au port : toujours à flots mais l'avant du navire présentait alors les caractéristiques d'une frappe par un C-802 selon des observations expertes. 

En réaction à ce fait d'armes, l'US Navy déployait une division navale (USS Mason (DDG-87) et Nitze (DDG-94), encadrant l'USS Ponce (AFSB(I)-15) pour protéger le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, manière de permettre à la coalition arabe emmenée par l'Arabie Saoudite de poursuivre ses opérations. La rébellion Houthie tente alors une attaque contre les navires américains. Le lancement d'une salve de missiles (9 - 13 octobre) n'obtient pas de succès mais une riposte par le tir de missiles de croisière de la part de l'US Navy. 

Au 30 janvier 2017, la méthode employée n'est pas bien discernable. Une source prétend qu'il y avait trois embarcations sur place. Même source qui prétend que l'action se déroule au large du port yéménite d'Hodeida. La vidéo atteste qu'il y avait un observateur à proximité quasi immédiate de la frégate. Il y aurait deux morts sur le navire saoudien selon des officiels américains cités par Fox News et la frégate aurait pu continuer à naviguer. L'action se déroule en mer Rouge selon cette source. Quelques rumeurs avancent que l'hélicoptère Dauphin à bord serait détruit (à vérifier). 

De quel missile s'agit-il ?

Il y a eu beaucoup de discussions sur les stocks de C-801 et C-802 yéménites, des munitions que ce pays a effectivement reçu. Par contre, peu d'informations - à ma connaissance - voire pratiquement aucune ne permettent d'affirmer que l'Iran aurait effectivement livré des missiles anti-navires pour suppléer les stocks initiaux capturés par la rébellion.

D'où est-il tiré ?

Il sera très intéressant de savoir si le lieu du lancement du missile est déterminable et déterminé. Les précédentes attaques semblaient voir une liaison entre un radar civil côtier et un lanceur de missiles anti-navire à terre. La portée de la méthode employée serait limitée par les senseurs à la disposition de la rébellion faute de pouvoir effectuer des reconnaissances aériennes.

S'agit-il d'un missile ?

Le gouvernement saoudien reconnaît une attaque par trois embarcations suicides. Le fait est difficilement perceptible sur la vidéo. Il n'y a que très peu d'éléments qui plaident pour la thèse de l'embarcation-suicide dans l'attaque du 30 janvier 2017. La vidéo de mauvaise qualité (séquence de tir, point d'impact, dégâts visibles), la bande-son (bruit accompagnant l'image d'une munition manifestement à poudre, éléments de télémétrie à la fin) et les précédentes méthodes employées plaident pour une munition aérobie, peut-être même tirée depuis l'une des trois embarcations citées et non plus depuis la terre.

3 commentaires:

  1. RETEX immédiat pour la marine nationale : les frégates F70 ont un vrai problème de survivabilité ... Le Crotal EDIR est pas capable de prendre en charge un missile à vol rasant. Quant au Mistral, je dois dire que j'ai aussi quelques doutes sur ses capacités en ce domaine ...

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  2. Quelques imprécisions dans cet intéressante analyse. L'attaque est avérée, sur une frégate du programme Sawari (ces frégates n'ont jamais été enrôlées dans la Royale).
    Le fantasme du missile C-802 iranien serait amusant si le nouveau Président n'était pas prêt à appuyer sur tout bouton rouge à sa portée pour détruire le diable iranien.
    Deux conclusions évidentes : les chameliers saoudiens sont totalement incapables de mettre en œuvre les joujoux qu'ils nous achètent ; la capacité des Houthis à monter des opérations commando font mourir de jalousie nos commandos marine.

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    1. Bonjour,

      Oui, il manqué un verbe dans la phrase (la France avait construit) plus la citation du destinataire de cette commande (l'Arabie Saoudite). C'est corrigé.

      Sur votre avant-dernière remarque, oui, c'est pourquoi il avait été surprenant de ne pas voir les La Fayette saoudiennes être positionnées en Mer Rouge.

      Sur le Crotale, c'est pourquoi les FLF modernisés devraient recevoir les SADRAL en lieu et place du Crotale.

      Cordialement,

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