Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 25 novembre 2017

BATSIMAR (2008-2017) : fin du programme ?

© Mer et Marine - Vincent Groizeleau. "La Confiance : A bord du premier patrouilleur léger guyanais" (21 novembre 2016).

Le programme BATSIMAR dont l'objet était la fourniture d'un patrouilleur hauturier unique n'est plus s'il fallait croire les déclarations de l'Amiral Prazuck d'octobre 2017 devant l'Assemblée nationale. La commande du troisième PLG n'était peut-être pas le facteur décisif de l'abandon du programme tel que conçu en 2008. Il est peut-être le premier d'une série aussi importante que les P400, ou "Super-PATRA" comme nous le pressentions fin septembre 2017. Demeure en suspend la satisfaction des besoins de surveillance océanique dans les zones les plus reculées de l'Archipel France dans un cadre où ce "Super BATSIMAR" recoupe partiellement le remplacement des frégates de surveillance et, peut-être, de toute ou partie des FLF, soit les frégates de deuxième rang.

L'Amiral Prazuck (13 juillet 2016 - ...), Chef d'État-Major de la Marine (CEMM), déclarait qu' "après plusieurs années de bataille pour avoir des BATSIMAR outre-mer, j’ai proposé de différencier ce programme. J’avais initialement l’intention de remplacer les patrouilleurs métropolitains et les patrouilleurs outre-mer par une même classe de bateau. Je n’y parviens pas. Ce serait trop cher, me dit-on. Je propose donc de déployer outre-mer des bateaux deux à trois fois moins chers, pour les avoir plus vite." (audition devant la commission de la Défense et des forces armées, 11 octobre 2017).

Le Sénat résumait l'ensemble des caractéristiques, très grossièrement, visées dans le programme BATSIMAR. C'est en tous les cas la seule occurrence publiquement disponible de son apparition : 

« La Marine Nationale dispose actuellement d'une vingtaine de patrouilleurs répartis pour moitié en métropole et outre-mer. Agés pour la plupart de plus de vingt ans, ils seront remplacés à terme par un bâtiment de surveillance et d'intervention unique «BATSIMAR» devrait commencer en 2012.
 
« Pour tenir compte de la nature des missions (lutte contre les trafics, police des pêche, lutte contre la pollution, secours maritimes), des besoins croissants de surveillance et d'intervention dans les zones exclusives économiques (ZEE) , de la nécessité d'agir souvent loin de nos côtes, le plus en amont possible des menaces et de s'affranchir au mieux des contraintes météorologiques , qui limitent l'action des petits bâtiments, la marine a exprimé le besoin d'un bâtiment de haute mer, endurant et autonome , capable d'une vitesse de transit suffisante, apte à accueillir des commandos et à mettre en oeuvre les moyens habituels d'intervention (hélicoptère ou drone et drome).
 
« Pour satisfaire ces exigences, ces bâtiments devraient déplacer environ 1000 tonnes, ce qui est sensiblement supérieur à la plupart des patrouilleurs actuels et comparable avec les avisos A69 en service. Ceux-ci, après une réduction de leurs capacités militaires, pourront être utilisés comme bâtiment de sauvegarde maritime en attendant la livraison des BATSIMAR.
 
« Ces bâtiments seront équipés d'un système d'armes peu sophistiqué, réduit à un canon de petit calibre et d'un système de détection simplifié ce qui baissera sérieusement son coût d'acquisition.

Projet de loi de finances pour 2009, Sénat, commission des finances, 2008.

Par ailleurs, c'est rationalisation de la Flotte en un faible nombre de classes de bateaux dans la plus pure tradition de l'orthodoxie navale ne rencontre pas que des échos favorables dans la Marine nationale, en particulier au sujet du renouvellement de la "poussière navale" dédiée aux missions de sauvegarde maritime. "Je me bats tous les jours contre mon état-major sur ce dossier" déclarait l'Amiral Forissier, alors CEMM (4 février 2008 - 11 septembre 2011), au mois de novembre 2010. Il était soutenu par l'Amiral Guillaud, alors Chef d'État-Major des Armées (CEMA). Le CEMM défendait autant la différenciation des besoins entre les différentes façades maritimes de l'Archipel France tout en demande une territorialisation de ceux-ci afin que le MCO puisse être régionalisé et, ainsi, espérer s'appuyer sur les circuits industriels locaux. 

L'État-Major de la Marine (EMM) cède partiellement en lançant successivement les programmes B2M (2011), BSAH (2010) et PLV (ex-B3M (2011). S'il ne s'agissait pas, stricto sensu, de programmes détachés de BATSIMAR, ils avalisaient que le remplacement des unités logistiques ne procédaient pas des mêmes besoins en métropole et en outre-mer (B2M/BSAH). Par ailleurs, cette déclaration de l'Amiral Prazuck - "J’avais initialement l’intention de remplacer les patrouilleurs métropolitains et les patrouilleurs outre-mer par une même classe de bateau. Je n’y parviens pas" - répond directement au propos de l'Amiral Forissier qui excluait une série unique.

L'Amiral Prazuck affirme "je suis donc prêt à échanger du niveau de spécification contre un raccourcissement des délais. J’espère que cela va fonctionner. Ce sera l’un des objets du prochain conseil interministériel de la mer." La "frégate du quatrième rang" (octobre 2016) ici proposée procédait du même choix. En ce sens que cela revient à faire une croix sur une partie des caractéristiques nautiques et des capacités opérationnelles afin de disposer de nouveaux bateaux rapidement. Ils ne seraient que des navires de présence aptes à la patrouille des zones économiques exclusives et à contrôler les navires suspectés d'action illégale. La vitesse serait faible, au maximum de 15 nœuds aux essais. L'autonomie serait juste suffisante pour la zone. Les installations aéronautiques seraient limitées à une plage hélicoptère et un hangar multifonction permettant l'embarquement de drones et non pas d'un hélicoptère. L'armement se composerait d'une pièce principale sous la forme d'une tourelle téléopérée avec un canon de 20 mm et quelques mitrailleuses en 12,7 et 7,62. Une drome pourrait être mise en œuvre sous bossoir et/ou par rampe arrière.

Envers et contre tout en 2010, l'Amiral Forissier aura eu le dernier mot sept années plus tard. Entre l'orthodoxie navale et le cheminement de la décision politique dans le cadre des contingences budgétaires, il y a tout lieu de s'interroger sur le coût de ce retard et sur la faisabilité de BATSIMAR depuis 2010. L'Adroit (1500 tonnes), reconnu comme trop coûteux, serait donné pour 50 millions d'euros l'unité tandis qu'il faudrait tabler pour 24 millions pour un PLG (700 tonnes), voire plutôt 17 millions après avoir retranché les frais des études et le contrat de MCO. "

Mer et Marine avance que, selon ses sources, le ministère de la Défense pourrait inclure dans la future Loi de Programmation Militaire, environ, six PLG supplémentaires dans une sous-classe moins spécifique à la Guyane. Selon Vincent Groizeleau (M&M), les besoins les plus urgents consisteraient dans le remplacement de l'Arago (RSA en 2019), des P400 La Gracieuse et La Moqueuse (2020), des avisos Commandant L'Herminier et Lieutenant Lavallée (2018) et Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff (2020). Par ailleurs, ajoutons à cette liste que la Marine nationale a aussi à sa charge le remplacement des Patrouilleurs Côtiers de Gendarmerie. Et aura peut-être à sa charge le remplacement de quelques moyens nautiques des Douanes et des Affaires maritimes eu égard à la logique de la nouvelle division du travail issue des programmes inter-ministériels dans les bâtiments hydrographiques et polaire. 

Sur le besoin de 18 BATSIMAR exprimé par l'Amiral Prazuck (1 frégate, deux patrouilleurs et une unité logistique par façade maritime), 9 unités pourraient être disponibles assez rapidement dans la mesure où les deux premières sont en service alors qu'une troisième est commandée et qu'une sous-classe de six unités serait en passe d'être inscrite dans la future LPM. Le premier avatar du programme BATSIMAR (2008-2017) n'est plus sans que toute la cible soit entièrement satisfaite.
 
Ces futurs "BATISO" (BATiment d'Intervention et de Surveillance Océanique) sont probablement renvoyés à la LPM (2026-2031) au cours de laquelle les frégates de surveillance seront à remplacer et que, très probablement, deux à trois FLF auront été versées à la sauvegarde maritime entre temps. Autant de bateaux qui ne sont pas visés par le programme BATSIMAR qui, depuis 2008, distingue bien "patrouilleurs" et "frégates". Un terme sur lequel les amiraux Rogel (12 septembre 2011 - 12 juillet 2016) et Prazuck (13 juillet 2016 - ...), comme CEMM, ont particulièrement insisté. L'Amiral Rogel demandant presque explicitement des frégates construites aux normes militaires.

3 commentaires:

  1. L'article de Mer et Marine parle de PLOM et de PLM
    OM pour outre Mer et M pour métropolitain...
    Mais dans les deux cas cela commence par PL : L pour léger.
    Ainsi il n'est pas du tout certain comme le disait pourtant l'article de meretmarine que ces PLM soit plus "océanique"
    BPCs

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  2. À la remarque près que la lecture du rapport du Sénat pour le projet de loi de finances 2009 ainsi que la prose des CEMM, en particulier les amiraux Rogel et Prazuck, ne disent pas que BATSIMAR remplacera les Floréal. En tous les cas, je me démarque de l'analyse de Mer et Marine sur ce point.

    Le positionnement de BATSIMAR influencera considérablement celui d'autres programmes à venir...

    Wait and sea.

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  3. En tout cas BATSIMAR version initiale semble bien compromis dans sa forme et,ou, son volume. De patrouilleurs hauturier on passe à des patrouilleurs légers aux caractéristiques voisines pour répondre à une partie du besoin. Pas vraiment ce qui était espéré au départ, ça ressemble fort à une décision de compromis entre Bercy et Balard.

    Nouvelle échec d'obtenir une classe principale de navire. On en reste probablement à une succession de micro classes de cinq à six exemplaires maximum.

    C'est la même logique comptable que pour le porte avion. (Du 2e porte avions qui devait remplacer le Foch on parle désormais de "2e" porte avion pour remplacer...l'unique porte avions en service. Le déclassement à un seul porte avions est désormais ouvertement acté).

    Le budget dicte les choix plus que jamais.

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