Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 8 décembre 2017

Coûts d'un bâtiment de combat : projections sur 30 ans

© Marine nationale. L'Aquitaine dans le bassin n°9 (Brest) avant la MECO.
Deux grands postes de dépenses constituent des lignes budgétaires, au moins, aussi importantes que celles dédiées aux conceptions et constructions des bateaux. La première est constituée par l'indisponibilité des plateformes navales en raison de leur nécessaire immobilisation pour Maintien en Condition Opérationnelle (MCO). La deuxième est matérialisée par l'équipage qui arme le bateau et qui peut, lui seul, lui donner sa pleine mesure opérationnelle.





Coût Unitaire de Production (CPU)


Coût TTC (R&D comprise)


Tonnage

Coût
EPM
(2014)


MCO
sur
30 ans


Classe
La Fayette


190


 ?

3600

6,98

209,4

Frégate de
Taille
Intermédiaire


450

800

4250

      13,5 (?)

       405 (?)

Classe Aquitaine


500


1000

6000

13,5

405
Tableau 1 - Coûts du MCO naval pour les classes La Fayette, Aquitaine et les FTI.
Toutes les données financières sont exprimées en millions d’euros.

Le MCO de la Marine nationale est - en 2017 - de près de 1,56 milliard d'euros. Le volume financier dédié aux autres plateformes se répartit entre 628 millions pour les navires de surface et 326 millions pour les sous-marins.

Le tableau 1 (ci-dessus) n'a pas la prétention de toucher à l'exactitude mais - ni plus, ni moins - de proposer des ordres de grandeur afin de comprendre le volume financier nécessairement consenti pour entretenir une force navale dans un état opérationnel aussi fidèlement proche que possible de la capacité opérationnelle initiale.

Pour le détail, les données proposées pour les FREMM et FTI sont celles versées au débat public, notamment lors de l'introduction de la FTI dans la programmation. Par contre, le coût proposé pour une frégate de La La Fayette est obtenue par extrapolation avec le coût d'une unité de la classe Formidable, convertie en euros de 2016 en tenant compte de l'inflation. C'est, forcément, loin d'être fidèle à la vérité mais... le résultat reflète assez bien le bateau français sur le plan financier, malgré ce cheminement paradoxale. En tous les cas, cela ne perturbe pas la projection financière.

Dans cette perspective, il est bien difficile de déterminer si l'Entretien Programmé des Matériels (EPM) comprend ou non les dépenses consenties pour les modernisations incrémentales ou très circonstanciées à un Arrêt Technique Majeur (ATM) particulier. En ce sens, il est bon de rappeler que la refonte à mi-vie du porte-avions Charles de Gaulle avoisine les 1300 millions d'euros et s'étale, au minimum, sur deux années budgétaires. C'est un exercice financier extra-ordinaire par rapport au budget MCO naval.

Néanmoins, l'adage de la Royale voulant qu'un navire est payé deux fois, c'est-à-dire une fois à l'achat et une autre fois pour l'entretien sur toute la durée du service actif, tend à se vérifier lourdement.





Coût Unitaire de Production (CPU)



Tonnage



Équipage

Coût
annuel
(millions d’euros)


Coût
sur
30 ans


Classe
La Fayette


190


3600

153


9,4

282

Frégate de
Taille
Intermédiaire


450

4250

110

9,4

282

Classe Aquitaine


500


6000

94


8

240

Tableau 2 - Coûts représentés par l'équipage pour les classes La Fayette, Aquitaine et les FTI.
Toutes les données financières sont exprimées en millions d’euros.

Le deuxième tableau prétend, toujours, à donner quelques ordres de grandeur quant au coût annuel représentépar l'équipage d'une frégate des classes La Fayette et Aquitaine ainsi que de celui d'une FTI. Le coût de l'équipage d'une La Fayette est obtenu par extrapolation avec celui d'une F70 : pure décision arbitraire car il nous apparaissait que la structure de l'équipage sur FLF demeurait plus proche d'une F70 alors qu'une FREMM représente un saut beaucoup plus important. Raisons pour lesquelles le coût d'un équipage d'une FTI est extrapolé de celui d'une FREMM car il y a une légère inflexion par rapport aux choix réalisés pour les FREMM mais aucune rupture.





Coût Unitaire de Production (CPU)



Tonnage



Équipage

Coût
équipage
sur
30 ans


MCO
sur
30 ans


MCO
+
Équipage

Classe
La Fayette


190


3600

153


282

  209,4

  491,4

Frégate de
Taille
Intermédiaire


450

4250

110

282

   405 (?)

687

Classe Aquitaine


500


6000

94


240

405

645
Tableau 3 - Coûts MCO + Équipage sur 30 ans pour les classes La Fayette, Aquitaine et les FTI.
Toutes les données financières sont exprimées en millions d’euros.

Il apparaît très nettement que les deux postes de dépenses identifiés (cf. supra) correspondent à un volume financier nettement supérieur au troisième poste correspondant lui aux coûts unitaires de production. Toutefois, les dépenses matérialisées par le MCO et l'équipage (tableaux 1 et 2) sont moins importantes que les sommes consenties pour les programmes, c'est-à-dire le coût de production multiplié par le nombre des unités à acquérir additionné aux frais d'études et d'essais des bateaux et des grands systèmes. Par exemple, si le coût MCO + équipage sur 30 ans pour une Aquitaine est de 645 millions d'euros, il est toujours, néanmoins, inférieur au coût d'une FREMM "TTC" (dont la R&D) qui est de 1000 millions d'euros.

Autre remarque, et ce n'est pas la moindre de toutes celles exprimées, il apparaît de manière éclatante un découplage presque total entre le MCO + équipage sur 30 ans et le tonnage d'une frégate. Il était déjà relativement évident dans la comparaison entre une FREMM et une FTI que le coût unitaire de production n'était différent que de seulement 50 millions d'euros pour 1000 à 1500 tonnes en moins pour la FTI. S'il y a peu de risques de se tromper en affirmant que les coûts de fonctionnement d'une FTI seront excessivement proches de ceux d'une FREMM il est, toutefois, plus étonnant de dégager que le coût MCO + équipage sur 30 ans d'une La Fayette n'est différent que d'environ 153 millions d'euros. Le tonnage est presque le double entre les classes La Fayette et Aquitaine tandis que la complexité des systèmes d'armes embarqués est sans commune mesure entre ces frégates de premier et deuxième rang.

Cela revient à dire que les qualités nautiques et opérationnelles d'une frégate des premier et deuxième rang demeurent une part variable relativement mineure vis-à-vis des coûts fixes correspondants au fonctionnement d'un bâtiment de combat sur 30 années. Les projections financières seront à affiner quand les différents postes des FTI seront connus. Si les rationalités comptables ne correspondent pas souvent à celles de la productivité tactique ou aux impératifs d'une posture stratégique dominé par le temps long face à la dictature de l'annualité budgétaire, le calcul initial du programme FREMM n'était pas irrationnel pour autant : pour un coût unitaire de production affiché à 280 millions d'euros HT (~336 millions d'euros TTC - c'était, en réalité, le coût d'une FMM et non pas d'une FREMM) : cela revenait à souligner que la seule réduction de la taille de l'équipage - 150 millions économisés sur 30 ans - permettait de financier près de la moitié de la dépense.

1 commentaire:

  1. On voit aussi très clairement la problématique des petites séries et donc de facto l'entretien des bureaux d'études de DCNS. En effet, les coûts de R&D sont équivalents aux coûts de production et d'entretien. Il est très clair que des productions européennes permettant de doubler la taille des séries suffirait à avoir 3 frégates pour le prix de deux sans même s'intéresser à l'effet de série sur la production.

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