Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 2 mars 2018

Forțele Navale Române : trois nouveaux sous-marins

© Inconnu. Le Delfinul en 2011.
La Forțele Navale Române (FNR - Force Navale Roumaine) voit sa force sous-marine se réduire à seulement une seule unité depuis les années 1980. Le Delfinul est de nouveau opérationnel après une éclipse de 22 ans sans servir. Il est question depuis - au moins - l'année 2012 que la FNR acquiert de nouveaux bâtiments. Cela ferait d'elle la première force sous-marine en mer Noire qui ne soit ni russe (6) ni turque (un panachage des 13 unités).

La sous-marinade roumaine souffre d'une histoire mouvement : après avoir commandé un submersible à l'Italie en 1912, il ne sera jamais livré en raison des réquisitions du gouvernement italien afin de pourvoir à l'effort de guerre. Une autre commande est placée en France en 1917, toujours pour une première unité, mais ne sera pas plus honorée tandis que son objet participera de devenir la classe O'Byrne (O'Byrne (1921 - 1935) Henri Fournier (1919 - 1935 (initialement vendue à la Turquie) et Louis Dupetit-Thouars (1920 - 1928), première série de sous-marins français construit depuis la fin de la guerre.
  • Delfinul (1936 -1951) - submersible à la manœuvre lors du raid soviétique sur Constanta (26 juin 1941), rapide passage sous pavillon soviétique (1944 - 1945) ;
  • Marsuinul (1941 - 1945) - capturé par les Soviétiques en 1944 et sombre suite à une explosion accidentelle en 1945 ;
  • Rechinul (1941 - 1961) - submersible ayant accompli la plus longue mission d'une unité sous-marine de la marine roumaine, capturé et au service de la marine soviétique (1944 - 1951) avant d'être restitué.
  • Les sous-marins de poche CB-1, CB-2, CB-3, CB-4, CB-6 et CB-7 (1943 - 1944).

Finalement, c'est par une nouvelle commande passée à l'Italie : après une longue construction (1927 - 1931) et de nombreux correctifs demandés par la marine roumaine (1931 - 1936), le premier Delfinul est admis au service actif en 1936. Après l'abandon de la mise sur cale d'un sister-ship, c'est bien une première unité de facture nationale qui est commandée en la personne du Marsuinul. Il est suivi par la mise sur cale d'une troisième unité - le Rechinul - d'une conception différente et dont la mission principale était de mouiller des mines. Mais de ces neuf submersibles, seul deux dépassent le cadre temporel de la Deuxième Guerre mondiale, c'est-à-dire les Delfinul et Rechinul. La sous-marinade roumaine s'éteint avec ce dernier bateau. 

Mais la renaissance s'opère avec une curieuse manœuvre du gouvernement roumain. Dans l'optique d'entraîner les forces navales dont il dispose, notamment par le bénéfice de la solidarité matérielle du Pacte de Varsovie, la Roumanie formule le besoin de posséder son propre plastron sous-marin. Écartant une offre chinoise pour six Type 33 (Projet 633 soviétique, classe Roméo en indicatif OTAN) - dont quatre auraient été construit sous licence en Roumanie -, le gouvernement accepte l'offre soviétique pour un sous-marin du projet 877. Deux unités supplémentaires auraient été envisagées mais n'auraient pas pu être commandées faute de subsides budgétaires ou d'espérance de vie des régimes concernés.

Baptisé Delfinul en l'honneur de son illustre devancier dans les Forțele Navale Române, il jouit d'un début de carrière opérationnelle fort prometteur. jusqu'en 1996, date à partir de laquelle sa batterie est à remplacer. 22 années plus tard, en 2018, le Delfinul est de nouveau opérationnel après avoir enfin été le récipiendaire d'une quasi-refonte. Sa carrière opérationnelle peut se poursuivre et sa coque, si elle est âgée sur le plan chronologique, n'a pas été usé par les cycles de plongée et de retour à l'immersion périscopique, laissant augurer un certain nombre d'années en première ligne. La Roumanie, au fur et à mesure que la FNR va transformer le sous-marin en outil opérationnel, va devenir un nouvel acteur de l'espace sous-marin de la mer Noire. 

Entre temps, la FNR est devenue la seule force sous-marine dans le bassin pontique qui ne soit ni russe, ni turque. En 2011, le Slava (1986 - 2011), dernier sous-marin bulgare quitte le service. Le U-01 Zaporizhzhiade (1997 - 2014) la marine ukrainienne était capturée par les forces armées russes en 2015, privant la marine ukrainienne de son ultime sous-marin. À la double remarque près que l'état opérationnel des deux submersibles considérés était à peu près nul, tout comme leur valeur militaire. La Géorgie n'est pas réputée pour avoir jamais possédé un seul sous-marin de toute son histoire.

En raison de la Convention de Montreux, le passage des détroits est interdit aux sous-marins des États non-riverains de la mer Noire. En outre, les bateaux noirs des marines de ces rivages ne peuvent quitter cette mer pour la Méditerranée que pour trois raisons : pour bénéficier d'entretien et réparations à l'extérieur et, par extension, changer d'affectation à une flotte d'une autre façade maritime, ou pour rejoindre une base navale extérieure à l'espace pontique dans laquelle le sous-marin aurait été construit.

Le renouveau opérationnel du Delfinul s'accompagne de nouveaux plans navals depuis une quinzaine d'années pour assurer le renouvellement des moyens de la FNR dont, surtout, la succession de l'héritage soviétique dans un contexte de vieillissement inévitable de ces bateaux et systèmes d'armes qui ne peuvent que tendre à devenir complètement obsolète. Et la marine roumaine souffre de plus de vingt années de vacances navales en matière de construction neuve. Aussi, la Roumanie rejoignait récemment l'OTAN (29 mars 2004), ce qui modifie profondément la politique de défense du pays. 

La Roumanie assume un effort militaire à hauteur de 1,81% de son PIB en 2017 - contre 1,5% pour la France. Les ambitions navals du pays se stabilisent autour de l'acquisition de quatre corvettes, la modernisation des deux frégates Type 22 (Regele Ferdinand et Regina Maria) achetées au près du Royaume-Uni, l'acquisition de trois nouveaux sous-marins et la modernisation des bateaux existants (en particulier les corvettes actuellement en service) selon le nouveau plan stratégique qui doit être approuvé par les instances exécutives et législatives, en 2018, en Roumanie. Les premiers effets de ce plan devraient se faire sentir à partir de l'année 2020, ce qui laisse dire à certains que c'est assez ambitieux. En tous les cas, aucune unité sous-marine ne pourrait être mise sur cale à cette date.

Depuis les déclarations d'intention égrenées depuis 2012, une évolution significative dans les prétentions politiques est l'ambition que le prochain sous-marin roumain soit assemblé dans un chantier naval national, selon une déclaration du ministre de la défense roumain en ce sens au mois de janvier 2018. Les trois nouveaux sous-marins doivent être acquis par un effort dont l'horizon est le moyen à long terme : entre 2020 et 2026.

C'est pourquoi il est logique de ne pas trouver encore trace de déclarations d'intentions de candidature de la part des pays-constructeurs de sous-marins puisque le plan de modernisation navale n'en est encore qu'à ses balbutiements. Néanmoins, Naval group (Scorpène ou A26 ?) et TKMS (U20X, dérivé de la proposition faite à la Norvège et l'Italie d'un nouveau sous-marin développé à partir de l'U212A) devraient se déclarer candidat. L'appartenance à l'OTAN, en particulier la participation au bouclier anti-missiles américain en Europe et l'évolution de la sécurité régionale n'engagent pas à considérer une candidature russe. 
Par contre, la montée en puissance des capacités industrielles turques à partir des U209 et U214, notamment via les succès acquis au Pakistan (modernisation des trois Agosta 90B) et une possible participation sur le programme des sous-marins indonésiens, est très certainement à observer eu égard à l'active diplomatie turque qui, de la structuration d'une aire culturelle passe désormais à la fourniture d'équipements de sécurité. D'autres surprises pourraient venir de l'Espagne si le S-80 entrait à temps en service mais aussi de l'Italie si jamais Rome prétendait à exporter les sous-marins que Fincantieri fabrique. 

En tous les cas, le programme roumain pour trois sous-marins, tout du moins l'entretien au service actif du Delfinul permet l'arrivée d'un troisième acteur dans la mer Noire. Mais, contrairement à d'autres zones, sa prétention à assembler ses sous-marins ne semble pas devoir accoucher d'autres débouchés industriels. Les marines ukrainienne, bulgare et géorgienne ne font pas état formellement d'ambitions sous-marines renouvelées. Et les marines russe et turque s'appuient sur les capacités industrielles nationales de chacun des pays. 

Par contre, il sera hautement intéressant de guetter si le développement d'un savoir-faire industriel dans la production ou l'assemblage de sous-marins en Roumanie apparaîtront comme un moyen de tirer le coût unitaire de production des sous-marins à la baisse dans un contexte européen où les chantiers à l'Est de l'ancien Rideau de fer sont de plus en plus employés par les chantiers navals de l'Ouest dans cette perspective et alors que la concurrence de nouveaux acteurs se fait, d'ores et déjà, sentir dont certains bénéficient de coûts salariaux nettement moindre.


Bibliographie : 

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