Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 12 octobre 2019

대한민국 해군 : avènement de la 전략기동함대 (1989 - 2007)

© Inconnu.
La Marine de la République de Corée, fondée le ‎5 septembre 1948, quelques semaines après celle de la République (15 août 1948), est dans une phase de densification navale couplée à la nouvelle vague de diffusion aéronavale qui touche l'Est du continent asiatique touché par l'essentiel des dépenses navales depuis la fin du conflit Est-Ouest (1947 - 1991). Le développement de la flotte de surface par la constitution du 전략기동함대 (1989 - 2007) n'est pas l'aboutissement mais le catalyseur du développement de l'aviation à voilure fixe embarquée dans la marine sud-coréenne comme seul moyen de poursuivre la densification de puissance navale, c'est-à-dire l'accroissement des capacités de la flotte militaire.

Joseph Henrotin ("Cycles de puissance aéronavals - Quels candidats potentiels au porte-avions ?", Défense et Sécurité internationale, hors-série n°20, octobre - novembre 2011, pp. 82 - 87) propose de (re)lire la diffusion des porte-aéronefs/avions au prisme de quatre vagues de diffusion des aéronavales embarquées sur des ponts plats au cours du XXe siècle (i) 1919 - 1943 ; (ii) 1945 - 1955 ; (iii) 1957 - 1968 et (iv) 1975 - 1990) tout en admettant que cette typologie est discutable.

Il propose de formuler l'hypothèse que ces vagues étaient l'aboutissement d'une densification navale des marines concernées qui finissent alors par s'intéresser à l'aviation navale embarquée sur des ponts plats comme prochaine marche capacitaire à atteindre afin de poursuivre la phase de densification navale dans le cadre d'autres mécanismes gouvernant la construction des flottes militaires.

La Marine de la République de Corée peut s'inscrire dans ce schéma en étant parvenu en 2007 avec l'admission au service actif du Dokdo au maximum des capacités opérationnelles permises par les plateformes navales (effecteurs de premier (porte-hélicoptères amphibie) et deuxième (sous-marins) rang (Joseph Henrotin, Les fondements de la stratégie navale au XXIe siècle, Paris, Économica, 2011, pp. 154 - 167) développées dans le cadre des plans quinquennaux.

Toute densification navale supplémentaire ne peut alors passer qu'en augmentant la valeur stratégique de ces plateformes par l'admission au service actif de nouvelles unités des catégories supérieures : c'est-à-dire des porte-aéronefs, voire des porte-avions CATOBAR et des sous-marins à propulsion nucléaire.

Le développement des capacités navales coréennes depuis 1948 procède bel et bien de trois cycles distincts renforçant et accompagnant la montée en puissance des capacités militaires qui se traduisent aussi par une augmentation continue du rayonnement géographique de la marine :

Le premier (1950 - 1970) consiste dans l'équipement de la nouvelle force navale à partir de surplus américains hérités de la Deuxième Guerre mondiale (1 septembre 1939 - 2 septembre 1945). Ils permettent la prise en charge progressivement l'ensemble des missions nécessaires à l'affirmation de la souveraineté de la nouvelle République en mer. La flotte de surface composée de destroyers américains.

Qualifiée de brown-water navy, Hervé Coutau-Bégarie proposait pour classer les marines une typologie à six rangs dont le premier représente les marines mondiales tandis que le sixième est constituée des marines d'apparat. Celle de Séoul peut être rangé au cinquième rang : une marine capable d'action locale mais aux capacités océaniques très limitées.

Le deuxième cycle (1970 - 1980) est articulée autour de la constitution d'un système politico-industriel capable de concevoir et de construire les bâtiments de combat et de servitude nécessaires tant au remplacement de ceux hérités du précédent conflit mondial qui vieillissent inexorablement. Ce développement de la base industrielle pour les programmes militaires se produit au sein de la même période où l'industrie navale coréenne monte en puissance.

Le président Park Chung-hee (17 décembre1963 – 26 octobre 1979) passe un plan de dépenses militaires pluriannuel (huit années) qui permettent la mise sur cale des classes Chamsuri (+ 100 patrouilleurs (1974), Baekgu (8 cannonières (1975 - 1998), Ulsan (9 frégates (1980), Donghae (4 (1983 - 2011) et Pohang (24 (1984). Les trois sous-marins de poche Dolgorae sont les premiers de conception sud-coréenne.

Mais le rang de la marine sud-coréenne ne s'en trouve pas modifiée, c'est le rôle du troisième cycle (1980 - 2000) a comme aiguillon la transformation de la marine d'une force côtière à une green-water navy.

Les trois programmes phases illustrant cet accroissement du rayonnement géographique de la marine sud-coréenne sont les programmes KD-I ou classe Gwanggaeto le grand portant développement et construction de trois destroyers de 3900 tonnes. Le deuxième est l'acquisition d'une série de neuf sous-marins Type 209 avec l'obtention de la licence de construction et des transferts de technologie associés. Et le troisième est l'achat de douze P-3C Orion. Ils remplacent les S-2 Tracker.

Le rang évolue donc cette fois-ci : de brown-water navy, la marine sud-coréenne peut être alors qualifiée de green-water navy. L'extension du rayonnement géographique voit la marine devenir capable d'agir non plus seulement le long des côtes mais jusqu'à la frange littorale. Elle devient une marine de quatrième rang au sein de la typologie proposée par Coutau-Bégarie : marine sous-régionale aux réelles capacités océaniques tout en demeurant des marines locales.

Ce troisième cycle de densification de la puissance navale sud-coréenne voit la marine poser la question, en 1989 dans le Joint Strategic Objectives Plan, du développement d'une blue-water navy ou marine océanique grâce à un nouvel outil : la 전략기동함대 (Jeollyak-gidong-hamdae). L'expression coréenne semble pouvoir être traduite de trois manières en Anglais : Strategic Task Fleet, Strategic Maneuver Fleet et Strategic Mobile Fleet.

La réception politique se produit lorsque le président de la République de Corée, M. Kim Young-sam (25 février 1993 – 24 février 1998) rencontre son nouveau Chef des Opérations Navales (CNO), l'Amiral An Pyong-tae (1er avril 1995 - 1er avril 1997).

Ce dernier s'est décidé à consacrer toute son énergie durant son commandement à jeter les bases d'une marine océanique (blue-water navy et dites aussi "marine des cinq océans"). L'inflexion stratégique proposée consiste à ce que les forces navales ne servent plus seulement à une stratégie de déni d'accès vis-à-vis de la marine nord-coréenne en la dominant sur tout le spectre des opérations. La marine coréenne doit dans la vision de l'Amiral An Pyong-tae pouvoir se projeter afin de sécuriser les routes maritimes (Sea Lines Of Communication (SLOC) avec le Japon et la Chine prioritairement puis avec le reste de la région allant jusqu'au détroit de Malacca et le golfe d'Aden à l'Ouest et jusqu'au littoral des trois continents américains à l'Est. Les incidents réguliers avec le Japon autour des ilots Dokdo/Takeshima cristallisent une partie des tensions entre les deux pays au point de catalyser un besoin de projection de forces en haute-mer dans les années 1990.

Entre parenthèses, un incident dont l'Amiral An Pyong-tae a été le témoin est intéressant car il permet d'aborder des mécanismes classiques gouvernant la construction des flottes militaires et de montrer comment ces démonstrations de force, ces patrouilles autour de conflits frontaliers nourrissent la construction d'une flotte en matière de projection de puissance. En 1991, l'Amiral An Pyong-tae commande la deuxième flotte de la marine sud-coréenne. Un bâtiment de combat chinois de 4000 tonnes est aperçu approchant dans les eaux internationales d'un navire d'exploration pétrolière sous contrat avec une compagnie sud-coréenne. Rien d'illégal. Un bâtiment sud-coréen de 1500 tonnes est envoyé mais n'impressionne guère le rôdeur. (Ian Bowers, The Modernisation of the Republic of Korea Navy: Seapower, Strategy and Politics, Pringer International Publishing AG, 2018, p. 66)

Épisode anecdotique mais intéressant vis-à-vis des représentations, perceptions et rationalités gouvernant la construction de la flotte de surface coréenne aux unités bien proportionnées en tonnage unitaire alors qu'une partie des décideurs hésitent à s'aligner sur le tonnage des porte-aéronefs des marines voisines.

La question outre-passe le cadre du troisième cycle de développement puisque l'outil projeté prétend à participer à la sécurisation des routes d'approvisionnement du pays (SLOC) au-delà des eaux adjacentes à la République de Corée.

Le CNO convainc le président Kim Young-sam qui décide d'apporter son soutien au projet d'une marine océanique pouvant défendre la souveraineté nationale et les intérêts sud-coréens outre-mer grâce à la Jeollyak-gidong-hamdae. Plus largement, cette ambition d'une marine océanique fait consensus parmi les décideurs sud-coréens, et même dans l'opinion publique.

Fort de ce soutien politique au plus haut niveau, la marine sud-coréenne mobilise l'industrie. Dès 1994, l'ancien porte-aéronefs soviétique et dorénavant russe Novorossiysk (projet 11433M, classe Kiev) est vendu pour être ferraillé au chantier sud-coréen Koryo Tong Co., Ltd pour la somme de 3,4 milliards de wons. Déconstruction achevée en 1997 dans le chantier de Pohang. La coque de l'ancien croiseur porte-aéronefs aurait alors fait l'objet de recherches poussées.

Par ailleurs, DSME et Hyundai Heavy Industries reçoivent commandement d'études afin que les deux industriels présentent des avant-projets de porte-aéronefs. Hyundai Heavy Industries présente au Seoul Air Show (21 - 27 octobre 1996) la maquette d'un bâtiment à pont d'envol continu avec un ilot à tribord d'une longueur de 197 mètres pour un maître-bau de 24 mètres, déplaçant 15 000 tonnes. Le futur bâtiment pourrait être livré en 2012

Le débat et les propositions se font jour pour aller au-delà des premières esquisses. Le tonnage est porté jusqu'à 20 000 tonnes. La voie du porte-avions moyen est explorée autour de ponts plats de 35 à 40 000 tonnes pour une coque de 265 mètres de longueur capable d'opérer des chasseurs embarqués comme les F/A-18 Hornet, voire le Joint Strike Fighter F-35 qui émerge alors et dont deux versions intéressent les marines : le F-35B pour les porte-aéronefs dépourvus de catapultes, le F-35C pour celles détenant des porte-avions CATOBAR. Les dimensions générales du projet sont peu ou prou celles du porte-avions Charles de Gaulle dont la construction et l'admission au service actif (1987 - 2001) sont contemporaines de ces réflexions.

La crise économique asiatique provoquée par le krach boursier de 1997 et ses conséquences (1997 - 1999) explique que le projet de porte-aéronefs (1994 - 1996) ne reçoit pas de début de commencement d'exécution et que le porte-avions moyen soit écarté pour ne retenir que le projet initial de porte-avions léger.

La Marine de la République de Corée précise en 1999 dans le document Navy Vision 2020 le dimensionnement du nouveau groupe naval. Le président de la République de Corée Kim Dae-jung (25 février 1998 – 25 février 2003) - il a effectué son service militaire au sein de la marine - précise en mars 2001 au cours d'un discours devant les élèves-officiers de la marine que "nous aurons bientôt une Jeollyak-gidong-hamdae qui protègera les intérêts de l'État dans les cinq grands océans et jouera un rôle dans le maintien de la paix dans le monde" (Greg Kennedy et Harsh V. Pant, Assessing Maritime Power in the Asia-Pacific: The Impact of American Strategic Re-Balance, Londres, Routledge, 2015, p. 171).

Il précise même que cette force sera composée d'un porte-aéronefs léger, composé de destroyers, sous-marins dont certains porteurs de missiles balistiques et d'avions de patrouille maritime. Et la structure de forces navales visées doit comprendre non pas une seule Jeollyak-gidong-hamdae mais bien trois : à savoir une par flotte.

Par voie de conséquent le programme LPX (Landing Platform Xperimental) est lancé en octobre 2002 par la signature d'un contrat avec Hanjin Heavy Industries & Construction pour la construction de la tête-de-série d'une classe devant totaliser trois bâtiments. Pour pallier à quelques carences de l'industrie sud-coréenne, la société d'ingénierie américaine John J. McMuellen Associates participe à des travaux de compatibilité électromagnétique des senseurs des superstructures, de conception du pont d'envol et des installations aéronautiques. Ce qui explique en partie que les Dokdo ressemblent à des Wasp de l'US Navy (p. 123).

La découpe de la première tôle débute en février 2003. La coque est lancée le 12 juillet 2005 et l'admission au service actif est prononcée le 3 juillet 2007. Le nouveau bâtiment rejoint la base navale de Jinhae.

Les futurs bâtiments ne seront pas des porte-aéronefs "intégrales" à l'instar des deux seuls Sea control ship construits, c'est-à-dire les deux bâtiments du type Principe de Asturias. Les installations aéronautiques sont dimensionnées autour de la mise en œuvre de voilures tournantes et les bâtiments sont équipés dans leur moitié arrière d'un radier. Ce sont avant tout des porte-hélicoptères amphibies.

Le Dokdo (2007) est prévu pour opérer des aéronefs à voilure fixe ADAV/C mais cette prétention n'a jamais été démonstré le temps d'un exercice - hormis le cas très particulier des MV-22B Osprey. Les Dokdo n'ont pas non plus de tremplin. Les deux ascenseurs disposés dans l'axe du bâtiment peuvent lever 19 tonnes chaque et semblent être en mesure d'accueillir des AV-8 Harrier II. Mais Séoul regarde le F-35B qui déborde franchement les capacités de ces ascenseurs tant pour la masse que les dimensions.

Seul ombre au tableau : le torpillage de la corvette Cheonan (1989 - 26 mars 2010) de la classe Pohang. Le naufrage provoque un vif débat politique vis-à-vis de la pertinence de développer une marine océanique alors que la menace représentée par la marine nord-coréenne demeure prégnant, à l'évidence... bien qu'il faille remarquer que ce torpillage n'est pas dans l'absolu ni de manière relative la démonstration d'une faillite des choix stratégiques depuis 1989.

Toutefois, l'Amiral Kim Sung-chan, CNO (19 mars 2010 ~ 17 octobre 2011) concède qu' "un consensus s'est dégagé parmi les dirigeants de la marine qu'il est temps d'insister davantage sur la dissuasion des provocations maritimes nord-coréennes plutôt que sur le développement de nos capacités océaniques." (Michael Mulqueen, Deborah Sanders et Ian Speller, Small Navies: Strategy and Policy for Small Navies in War and Peace, Londres, Routledge, 2014, p. 85)

Le débat aéronaval sud-coréen reprend de plus belle en 2008 afin de questionner la pertinence de poursuivre le programme LPX par des unités agrandies. Le Marado (2020) est commandé en décembre 2014. Il avait été envisagé de modifier l'architecture du bâtiment pour l'adapter à la mise en œuvre d'aéronefs à voilures fixes ADAV/C, autrement dit le F-35B.

La décision n'aurait pas été prise de modifier les plans du deuxième LPX. Par contre, en décembre 2017, l'agence de presse sud-coréenne Yonhap apprend qu'il est envisagé d'opérer le F-35B depuis les Dokdo (2007) et Marado (2020). Il est donc discuté que la deuxième phase du programme F-X III visant à l'achat de 20 F-35 supplémentaires, en plus des 40 F-35A de l'armée afin d'armer, pour 2,99 milliards d'euros rejoignent la marine sud-coréenne en retenant la version B de l'appareil. La classe Dokdo aurait alors bénéficié d'une refonte similaire à celle du Cavour de la Marina militare, bien que plus importante du point de vue de la modification des installations aéronautiques.

La décision prise il y a plusieurs années par le président Lee Myung-bak (2008 - 2013) de ne pas commander le troisième LPX, le Baengnyeongdo, l'aurait été afin de dégager des ressources au lancement du programme LPX-II qui est annoncé au mois de juillet 2019. Deux nouveaux porte-aéronefs d'un déplacement à pleine charge de 30 à 35 000 tonnes afin de permettre aux bâtiments d'opérer 20 F-35B chaque doivent rejoindre la marine en 2028 et 2036.

Ce programme est le fruit d'âpres discussions politiques qui se sont cristallisées entre un rapport de l'Assemblée nationale de la République de Corée au sujet de l'armée de l'air et de la marine de février 2019 et la décision de lancer le programme LPX-II plutôt qu'un programme de porte-avions CATOBAR léger ou moyen au sujet duquel deux esquisses ont été publiées.

Il s'ouvre donc un quatrième cycle de densification de la puissance navale sud-coréenne au sein d'une cinquième vague (2012 - ?) de diffusion aéronavale qui débute avec l'admission au service actif du premier porte-aéronefs chinois, le Liaoning (2012). La question du porte-avions CATOBAR moyen (35 à 40 00 tonnes) présentée une première fois (1996 - 1999) rejaillit une deuxième fois (2019) par la publication des esquisses de porte-avions CATOBAR léger (41 500 tonnes) et moyen (71 400 tonnes).

Reste à observer si la manœuvre exécutée par le député Choi Jae-cheon relève d'une action personnelle pour tenter d'infléchir le débat politique et par extension la programmation contenue dans le nouveau plan quinquennal (2020 - 2024) ou bien s'il s'agit de l'ouverture d'une porte, en accord avec le président de la République, pour engager une modification majeure du même plan par la constitution d'une base politique au Parlement pour soutenir cette inflexion.

Le quatrième cycle de développement de la marine coréenne poursuit dans la phase de densification. Plutôt que de soutenir la volonté de posséder trois flottes homogènes capables de se projeter sur les cinq grands océans pour reprendre l'expression sud-coréenne, il a été choisi de viser à adosser aux deux Dokdo deux porte-aéronefs d'environ 30 000 tonnes aptes à mettre en œuvre des aéronefs à voilure fixe ; ce qui vérifierait l'analyse proposée par Joseph Henrotin : la densification de puissance et l'arrivée à maturité des capacités navales amènent la question du développement de l'aviation embarquée. Et cela vérifie aussi un phénomène de rétrécissement non pas du volume de la flotte mesuré par sa masse mais du nombre de bâtiments de combat. En abandonnant le troisième Dokdo pour deux porte-aéronefs plus volumineux, l'équation stratégique où des forces sont échangées contre de l'espace et du temps se vérifierait. L'éventuelle introduction de sous-marins à propulsion atomique accroîtra encore une fois le mouvement.


4 commentaires:

  1. Monsieur le Marquis
    L'Horizon d'une Marine qui veut tenir son rang dans ce Monde semble ainsi définitivement ne pouvoir être que celui d'un PA Catobar de 70000t.
    Cette mode fait écho à cette émergence de mini châteaux de Versailles qui fleurirent en Europe pour singer la Puissance de sa Majesté Louis XIV, dont vous restez le serviteur indéfectible, par-delà les siècles.
    Si les PA ont sauvés la mise des Américains lors de la Guerre de Corée, un PA coréen dans le contexte actuel ressemblerait plus à un remake de ravitaillement de la Crète mixé de Pear Harbor…
    Puisque vous glissez habilement à un parallèle quant à notre PANG futur, je reste perplexe que le pays qui est en train d’inventer le SCAF reste collé à ce mythe du PA de 70000t créé par les USA dans les années 60. Or peu après, aux temps de la guerre du Vietnam, apparaît la Révolution majeure de l'arme de précision qui voit la première Bombe Guidée venir à bout d'un objectif, là où toute une escadrille avait échoué.
    En une soixantaine d’années, on est ainsi passé d'une escadrille pour un objectif à un avion pour un objectif et actuellement on est rendu à plusieurs objectifs pour un seul avion.
    Actuellement les armes de précision deviennent plus précises permettant de devenir deux fois plus légères à l’instar des Smart Glider et Smart Cruiser 120 de MBDA promettant de doubler l'emport d'un Rafale omnirole.
    Avec le SCAF, on va encore plus loin, l’avion va gérer plusieurs Remote Carrier emportant eux-mêmes des sous-munitions.
    Ainsi un seul Rafale et ses 6 RC gérerait toutes les Targets dont la destruction justifierait actuellement plusieurs Rafales.
    Et ce système de système promet en plus le dialogue entre les différents effecteurs, de sorte que les Scalp emportés unitairement par un seul Rafale pourront être troqués pour des MdCN ou leur successeur, pour peu qu’ils soient reprogrammables en vol par le Rafale.
    Certes, vous allez me dire que les E2D ont aussi un effet dimensionnant sur la taille du PA. Mais c’est faire fi des promesses du bi-statisme et du PEA Asgard à un moment où les USA réfléchissent à un successeur de l'E3 qui ne soit pas un avion mais un mixe de drones et de satellites.
    Certes, tout ce petit monde pourrait bien être emporté dans un seul PA de 70000t, si il n’était suicidaire actuellement de mettre tout le monde dans le même panier. Alors que le SCAF permet justement d’envisager des PA plus petits aussi « target-effective" qu'un gros PA mais moins vulnérables grâce à leur nombre.
    Votre serviteur BPCs

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    1. Mon cher Monsieur BPCs,

      Il me faut ici bien vous remercier pour vos bons mots à l'endroit de notre bien-aimé Roy.

      Et reconnaître que je partage en grande partie les rationalités que vous développez.

      Néanmoins, je suis en désaccord avec vous au sujet des raisons accouchant de cette loi voulant que la masse des vaisseaux des marines augmente sans cesse.

      Ce qui explique le tonnage d'un bâtiment porte-avions est la masse des avions devant être opérés par lui qui conditionne les dimensions du pont d'envol et donc, par un lien direct, celles de la "poutre-navire".

      Dans cette perspective, ce sont les évolutions de la guerre aérienne qui oblige à penser une future configuration du Rafale devant atteindre les 27 tonnes.

      Remarquons que le porte-avions "Charles de Gaulle" ne serait pas le mieux armé pour soutenir les 24 tonnes de l'actuelle configuration du Rafale M.

      Et les nouvelles modalités de la guerre aérienne nous conduisent vers des plateformes d'une trentaine de tonnes où la limite basse serait de trente tonnes, justement.

      S'il fallait refaire le porte-avions "Charles de Gaulle" depuis 1994 son tonnage maximal, à un nombre d'aéronefs inchangé, devrait être porté des 40 500 tonnes initiaux à pas moins de 50 à 55 0000 tonnes. Toutes les versions dudit projet "PA2" ne descendaient pas sous les 59 000 tonnes, certes avec des propulsions classiques.

      Depuis le lancement du programme SCAF/NGF, il n'est plus question de tels projets puisque le futur avion embarqué ne fera pas moins de 30 tonnes au catapultage.

      Par voie de conséquence, le tonnage du porte-avions de nouvelle génération devrait atteindre, si ce n'est frôler les 70 000 tonnes. Remarquons que la République de Corée parviendrait aux mêmes résultats : mêmes causes, mêmes conséquences.

      Il est vrai que M. Pascal COLOMBIER décrivait bien que le "Charles de Gaulle" est conçu pour opérer une vingtaine de Rafale M pendant une mission tandis que du PA2 jusqu'au PANG il n'a toujours été question que de porter cette capacité à 32 Rafale M pendant une mission entière.

      Mais même en tenant compte de cela, toutes les causes conduisent à ce bâtiment d'environ 70 000 tonnes pour, très probablement, 32 Rafale M pouvant être opérés à bord pendant plusieurs mois d'une même mission.

      Ce qui ne remet pas totalement aux causes les solutions que vous proposez. Bien au contraire, et cela invite à investiguer les arbitrages entre les différentes solutions opérationnelles à l'aune de la fonction historique des porte-avions - la destruction de bâtiments de combat adverses - et la tradition emmenée par les marines américaine, britannique et française de les employer pour soutenir une campagne à terre.

      Il s'agirait donc pour les deux missions principales de comparer les différentes caractéristiques des porte-avions léger et moyen eu égard à la taille d'une pontée, la cadence de pontées pouvant être envoyées, l'allonge de celles-ci et la capacité à soutenir les opérations aériennes dans le temps.

      Même dans un combat anti-navires, le porte-avions léger doit pouvoir faire valoir ses arguments pour se montrer crédible.

      Très cordialement,

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  2. Merci pour l'historique, je n'avait pas de certitude sur le sort du 3e navire de la Classe Dokdo mais il doit avoir un problème de dates :

    Revirement programmatique au mois de juillet "2019" : l'annulation avalisée par le président Lee Myung-bak (2008 - 2013) de la commande du troisième LPX, le Baengnyeongdo, aurait servi à dégager des ressources au lancement du programme LPX-II.

    Je signale un bout de phrase ici :

    Entre parenthèses, un incident dont l'Amiral An Pyong-tae ... est intéressant car il permet d'aborder des mécanismes classiques gouvernant la construction des flottes militaires et de montrer comment ces démonstrations de force, ces patrouilles autour de conflits frontaliers nourrissent la construction d'une flotte en matière de projection de puissance.

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    1. Frédéric,

      Bonjour, merci pour votre vigilance. La première formulation que vous signalez était effectivement mal rédigée. J'espère que la nouvelle rédaction permet de mieux faire comprendre l'articulation des décisions prises (2012 - 2019).

      Au sujet de la deuxième formulation, avec quelques mots supplémentaires cela devrait être plus intelligible.

      Bien navicalement, et merci,

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