Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





dimanche 13 octobre 2019

Horizon Lépante dawn

© Marine nationale.
Le bassin oriental de la Méditerranée est-il à l'aube d'une crise internationale dont l'épicentre serait les agissements de la République de Turquie au sein d'un triangle dont les sommets seraient Athènes, la zone économique exclusive de la République de Chypre et le Nord de la Syrie ?

La garantie politico-militaire apportée au sein d'un combat couplé par une puissance à un ou plusieurs groupes armés non-étatiques (États-Unis, France, Royaume-Uni et Turquie) ou à un État (Iran, Russie), celui dirigé par le président Bachar el-Assad en l’occurrence, détermine la stabilité de certaines zones ou confère un avantage décisif. La garantie apportée par la présence des forces spéciales américaines, appuyées par des troupes conventionnelles, à la coalition de groupes armés non-étatiques emmenée par les partis politiques kurdes dans la région dit du Rojava à majorité kurdes dans le Nord de la Syrie est perdue le dimanche 6 octobre 2019.

Le président Donald J. Trump annonce un retrait de ces troupes américaines en prélude à une opération turque visant à l'occupation d'une bande d'une trentaine de kilomètres en-deça de la frontière turco-syrienne. L'opération militaire débute effectivement le 9 octobre après une préparation d'artillerie. Elle est la continuation logique de celles menées dans la foulée de la bataille d'Afrin (20 Janvier 2018 - 18 mars) afin d'empêcher la jonction entre le Rojava syrien et le Kurdistan irakien, l'objectif avait été atteint.

Serait-ce une crise ? Il peut être considéré qu'une crise éclate quand les outils permettant de réguler les diverses activités humaines ne suffisent plus à la gestion des conséquences d'un évènement qui rompt l'équilibre qui prévalait. La crise oblige alors à la mise en place d'instruments extra-ordinaires dont l'intérêt est la recherche d'un nouvel équilibre permettant de sortir de l'état de crise.

En l'espèce, l'offensive militaire turque en Syrie du 9 octobre est vivement condamnée par certains. Le conseil de sécurité saisi par ses membres européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Pologne et Belgique) s'est réunie le 11 octobre car saisi et n'a pu aboutir au vote d'un texte à l'unanimité. Les États-Unis ne condamnent logiquement pas l'offensive. La Chine et la Turquie semble s'entendre au sujet de leur problème respectif de minorités. La Russie est demeurée impassible.

Aucune crise. Pourtant, deux autres dossiers peuvent venir perturber la situation internationale. Ils ont en dénominateur commun et la Turquie et le triangle énoncé dont l'un des sommets est la Syrie.

Le premier consiste dans les relations tumultueuses opposant Athènes et Ankara. Les provocations turques sont monnaies courantes : violations de l'espace aérien grec, propos de certains hommes politiques turques - dont le président de la république, M. Erdogan - relatifs au respect du traité de Lausanne (24 juillet 1923) vis-à-vis des citoyens grecs de confession musulmane en Thrace tout en remettant en cause de le partage territorial (1919 - 1923) entre la Grèce et la Turquie. 

La France poursuit les discussions franco-grecques entamées en 2005 autour de la fourniture de six frégates aux capacités anti-aériennes développées. Malgré la crise des dettes souveraines (2009) et le coup d'arrêt porté aux discussions franco-grecques, une lettre d'intentions est signée le 10 octobre. Elle pourrait déboucher sur la fourniture de deux frégates du programme FDI. La France est un des partenaires majeures de la Grèce pour ses équipements militaires avec les États-Unis et l'Allemagne.

Le deuxième dossier est lié. Se fondant sur le projet d'Enosis visant à l'unification de tous les Grecs en faisant cesser l'occupation ottomane puis turque, une tentative de coup d'Etat est ourdie le 15 juillet 1974 contre le gouvernement chypriote du président Makários III par des officiers grecs acquis à la dictature des colonels. Deux conséquences. La première est l'occupation à partir du 20 juillet 1974 (opération Attila) de 38% du territoire nord de Chypre. L'occupation perdure malgré l'échec du coup d'Etat. Occupation dénoncée par l'ONU (résolution 541 du 18 novembre 1983). La deuxième conséquence est la chute est de la dictature des colonels (21 avril 1967) après que les forces armées aient refusé d'intervenir.

La question gazière est centrale dans ce dossier. L'exploitation gazière en Méditerranée débute (2009 - 2011) par la mise en production des champs Tamar et Leviathan en face des côtes israéliennes et donc d'Aphrodite, au sud de Chypre. Une "nouvelle mer du Nord" émerge dont les principaux bénéficiaires devraient être Chypre, le Liban, Israël, l'Egypte et peut être la Grèce.

Le champ Aphrodite est divisé en plusieurs blocs. Le bloc 12 exploré par la société américaine Noble energy a des réserves estimées de 127,4 milliards de mètres cubes. Total et ENI investiguent le bloc 7. Exxon Mobil explore le bloc 10. Un accord est même signé entre Chypre et l'Egypte pour la construction d'un gazoduc entre les deux pays pour sortir une partie du gaz extrait.

Et la marine turque de perturber les opérations menées par les majors française et italiennes dans le bloc 7. Deux frégates turques escortent un navire de forage, le Yavuz, qui vient investiguer lui-aussi le bloc 7. Sans autorisation de Chypre. Le Yavuz et le Fatih opéraient déjà au Nord et à l'Ouest de l'île de Chypre en juillet 2019. Paris dénonce officiellement l'action turque.

Comment ces dossiers peuvent-ils se recouper ?

Le Yavuz est escorté par deux bâtiments de combat turque, à savoir une frégate de la classe Gabya, c'est-à-dire une des anciennes frégates américaines de classe Oliver Hazard Perry (4100 tonnes) vendues à Ankara. Le deuxième est une frégate de classe Yavuz (MEKO 200TN Track I, 3300 tonnes) ou Barbaros (MEKO 200TN Track IIA, 3000 tonnes) de conception allemande mais de facture turque. Une dépêche AFP confirme la présence sur zone pour exercices des frégates Auvergne (classe Aquitaine, 6000 tonnes) et La Fayette (classe éponyme, 3600 tonnes) de la Marine nationale.

La ministre des Armées, Mme Florence Parly, déclarait le 12 octobre 2019 sur Twitter que "des exercices navals franco-chypriotes se déroulent actuellement dans les eaux chypriotes. Ils s’inscrivent dans une coopération d’excellente qualité. Nous souhaitons permettre à Chypre, pays membre de l'UE, de pouvoir assurer ses responsabilités dans ses eaux de souveraineté." Le problème n'est pas nouveau puisque les exercices navals entre Chypre et la France sont réguliers, à savoir à un rythme pratiquemment trimestriel depuis plusieurs années.

Mais quelle sera la réaction d'Ankara ? Plusieurs options se présentent :

La première serait de reculer est de faire quitter à la flottille composée des deux frégates et du navire de forage la zone économique exclusive chypriote. Les bâtiments français surclassent les bâtiments turques sur tous les plans d'un affrontement symbolique et cinétique. Ce serait perçu comme un recul par tous les acteurs de la région.

Rester sur zone est une autre possibilité avec deux nuances : continuer les opérations sans gêner celles des Français et des Italiens. Ce n'est pas compatible avec les intérêts économiques de Total qui a des recettes fiscales à verser pour obtenir l'exclusiveté sur les découvertes de réserves que l'entreprise pourrait faire. Il existe aussi la possibilité que la flottille turque demeure non seulement sur zone mais s'évertue en plus à gêner celles des Français.

Cela oblige la France à réagir dans les deux cas, donc à une démonstration de force.
La France se retrouve engagée durablement dans ce conflit qui se telescope avec le besoin militaire français de disposer de certaines facilités (aériennes et navales) à Chypre pour faciliter les opérations au Proche-Orient dont celles liées au déploiement du groupe aéronaval dont la base d'opérations est Chypre.

Base d'opérations qui s'ancrerait durablement dans les côtes chypriotes. En février 2019, il a été affirmé par certains que la France bénéficierait d'une base navale à Mari (Sud de Chypre, 10 km de Limassol). Le projet semblerait plutôt être une extension des infrastructures portuaires locales à laquelle Paris pourrait financièrement participer afin de faciliter les escales de ses bâtiments. Néanmoins, la perception dans l'opinion publique est bien de l'installation d'une base française.

A chaque détérioration de la situation en Proche-Orient en lien avec les actions du groupe dit "État islamique" la réaction de Paris aura été d'ordonner l'envoi du groupe aéronaval centré sur le Charles de Gaulle afin de manifester la détermination de la France tout en renforçant de la manière la plus visible qui soit les moyens sur place, bien que le GAn s'appuie pour beaucoup sur les moyens de l'Armée de l'air et de l'Armée de Terre pour le processus de ciblage et les dossiers de renseignement, sans oublier l'apport des alliés via la coalition.

Le porte-avions Charles de Gaulle a appareillé de Toulon le 12 octobre. La suite d'actions entreprises en Syrie pourrait bouleverser le calendrier du groupe aéronaval. Le retrait américain en Syrie pose la question du maintien des forces spéciales françaises face à une armée conventionnelle avançant dans leur zone d'opérations et après la perte des soutiens militaires américains dont elles bénéficiaient. Ce qui pose la question des actions à entreprendre vis-à-vis des nationaux qui ont pris les armes pour le groupe dit "État islamique" ou dans tout autre groupe hostile à la France.

Une nouvelle participation du GAn centré sur le porte-avions Charles de Gaulle placerait celui-ci au beau milieu du triangle énoncé dont les sommets sont bien Athènes, Chypre et la Syrie.

Il s'agirait alors de gérer l'affaire du conflit entre Chypre et la Turquie en son versant maritime touchant au dossier gazier sans forcément faire le lien avec le déploiement du porte-avions. Est-ce possible puisque les bâtiments français servant au large des côtes syriennes s'appuient sur les infrastructures de Chypre ? Il reste théoriquement possible de faire relâche dans les ports libanais, ce qui inviterait à modifier le dispositif logistique et les autorisations à demander. Reste aussi les ports israéliens : le symbole serait fort...

La question de l'avenir de la présence des forces spéciales françaises sur le sol syrien au soutien des Kurdes du Rojava et pour la gestion des nationaux combattant au profit du groupe dit "Etat islamique" serait aussi une source de complications diplomatiques.

Les moyens de la Marine nationale qui paraissent disponibles selon les informations parues dans divers journaux sont suffisamment nombreux pour tenir la posture à Chypre et armer le GAn. Le groupe aéronaval n'a pas encore bénéficié de sa phase de remontée en puissance : combien de jours seront-ils nécessaires au porte-avions et au groupe aérien embarqué, aujourd'hui à terre, pour être dans un état opérationnel satisfaisant ? Les frégates de défense anti-aérienne et anti-sous-marines sont, elles, largement prêtes. Le Forbin et le Languedoc ayant récemment conduit un exercice de défense aérienne avec tir d'ASTER dans un scénario de veille coopérative navale.



Unités 
Dernière position connue 
Porte-avions 
Charles de Gaulle 
12 octobre : Toulon (appareillage 11h00) 

SNA 
SNA n°1 
13 octobre : exercice Griffin Strike 2019 (Ecosse) 
SNA n°2 - 5 
/ 
SNA Suffren 
13 octobre : Cherbourg 
FDA 
Forbin 
18 septembre : île du Levant 
Chevalier Paul 
1er octobre : Saint-Mandrier (fin ATM mi-novembre) 
F70 AA 
Jean Bart 
11 octobre : mer d’Arabie 



FREMM 
Aquitaine 
16 septembre : Bayonne (escale) 
Provence 
13 octobre : Toulon ? 
Languedoc 
29 septembre : Civitavecchia – Italie (escale) 
Auvergne 
12 octobre : sur zone (10 octobre à Larnaca (Chypre) 
Bretagne 
13 octobre : Brest ? 
Normandie 
8 octobre : Brest (avarie de barre) 
F70 ASM 
La Motte-Picquet 
13 octobre : exercice Griffin Strike 2019 (Ecosse) 
Latouche-Tréville 
8 octobre : arrêt technique à Brest 


FLF 
La Fayette 
13 octobre : exercice avec la marine chypriote (Chypre) 
Surcouf 
6 octobre : Saint-Mandrier  
Courbet 
14 juin : Toulon (préparations pour mission MEDOR deux mois) 
Aconit 
26 juillet : Chypre 
Guépratte 
5 octobre : Toulon 

BCR 
Var 
13 octobre : exercice Griffin Strike 2019 (Ecosse) 
Marne 
21 septembre : Toulon 
Somme 
1er octobre : escale Nouakchott (Mauritanie) 


La diplomatie française a essuyé une série de revers, à savoir la médiation ratée entre l'Iran et les États-Unis, le double échec du parti majoritaire français aux élections européennes pour prendre la tête d'une majorité au Parlement européen et la candidature recalée de Sylvie Goulard au poste de commissaire dévolu à la France sans oublier cette avancée turque en Syrie qui ne fait pas les affaires de Paris. Un signe de faiblesse pour certains acteurs, dont la Turquie ? Paris risque fort, et c'est même déjà le cas du côté de Chypre, d'être mis au défi d'agir. Cela peut aussi être un enjeu de politique interne afin de reprendre la main.

L'action navale au sein de la diplomatie française doit donc composer avec cette posture en apparence inflexible de la Turquie. Un recul autour de Chypre pourrait signifier que la France détient les moyens d'interdire à la marine turque d'opérer aux alentours de Chypre et que donc Ankara n'a pas les moyens de prendre de vives forces cette îles, voire d'autres, malgré les sous-entendus et sa programmation navale qui fait la part belle à deux porte-hélicoptères amphibies et de futurs destroyers de fort tonnage (7000 tonnes), signifiant une volonté de se projeter en mer.

Il existe plusieurs options diplomatiques :

Dans les plus extrêmes, Paris fait reculer Ankara. Sans capacité à projeter une force aéronavale pour soutenir la partie turque de Chypre, cette dernière, en position difficile, aurait intérêt à revenir à la table des négociations sans soutien militaire. La Grèce ferait mentir les provocations turques quand Ankara a perdu le F-35B et donc de quoi armer ses porte-hélicoptères amphibies. Et cette soudaine faiblesse par la perte d'objets diplomatiques jugés essentiels pourrait coûter extrêmement chère au gouvernement turc, en particulier au président Erdogan. Vers une crise de régime ? La Russie ne soutiendrait probablement pas Ankara. Il y a entente entre les deux États depuis la crise russo-turque consécutive à la destruction du Su-24 russe (24 novembre 2015). Mais il n'y a pas alliance défensive. Pire, Moscou n'a-t-il pas intérêt à ce que la Turquie sorte affaiblie d'un échec syrien affin de raffermir la bribe mise en place pour mieux soumettre aux vues de Moscou Ankara qui pourrait ne plus entraver les projets russes dans les Balkans et en Méditerranée en révisant, par exemple, l'application des dispositions de la Convention de Montreux ? Bien sûr que oui. Nouveau Lépante ?

D'autres scénarios extrêmes présentent les mêmes risques pour Paris : agir au large de Chypre et de la Syrie sans protéger la souveraineté chypriote, sans soutenir sur le terrain les paroles prononcées à l'endroit de tous les acteurs du conflit syrien. La France a-t-elle les moyens d'agir sans les États-Unis dans cette partie ? Chypre et la Grèce pourrait alors mesurer le poids de la parole de Paris quand les premiers sont dépouillés par la Turquie alors que les deuxième comptent sur la France pour s'en protéger. Même les Egyptiens mesureraient alors la valeur de l'action navale française, certes très présente. Seul Moscou saurait faire reculer la Turquie ?La Russie aurait alors tout loisir de remplacer la France et donc de compléter la verticale partant de la Crimée et allant jusqu'au canal de Suez. Succès complet. Risque d'un nouveau Suez.

Que veut la France dans le bassin oriental de la Méditerranée ? La Turquie n'a pas l'outil naval pour soutenir ses ambitions diplomatiques entre Chypre et la Syrie. Ses sous-marins peuvent perturber une action aéronavale française mais ils seront repoussés par les frégates françaises. Paris n'a pas tous les moyens de soutenir l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne. L'annonce d'un accord entre les forces kurdes et le gouvernement syrien afin que les forces militaires syriennes se portent jusqu'à la frontière turco-syrienne écartent cette question, pose la question de la pertinence de maintenir des forces spéciales françaises sur le territoire syrien mais réduit les risques diplomatiques d'un déploiement d'un groupe aéronaval français.

Entre un nouveau Lépante ou un nouveau Suez, Paris sera sommé d'agir au moment où la diplomatie française reprend des accents gaulliens par la voix du Président de la République. La volonté de la France est testée, Paris sera poussé aux actes. L'opération Capselle (1989 - 1990) avait vu la France envoyer une force aéronavale centrée sur le porte-avions Foch pour finalement la rappeler seulement quelques jours plus tard après de violentes réactions. Le groupe aérien embarqué avec ses F-8E (FN) Crusader n'avaient pas les moyens de s'opposer, notamment, aux MiG-29 syriens. Le risque est réel de répéter cet échec.

10 commentaires:

  1. Comme d'habitude, nous nous retrancherons derrière les USA, inutile de nous bercer d'illusions, les kurdes sont perdus et nous n'avons pas les moyens pour nous imposer seul face à Erdogan, qui lui, le sait bien. Faute de faire un effort de défense suffisant voila ou nous en sommes arrivés. Le défunt président Chirac (paix à son âme) aurait dut lancer la construction du second PA, pourquoi ne l'a-t-il pas décidé, nul ne sait et il a emporté le secret de sa non décision avec lui dans la tombe.

    RépondreSupprimer
  2. Je suis assez partagé à la lecture de cet article. D'un côté j'aimerais bien que la France agisse comme vous le décrivez et comme elle prétend vouloir le faire.

    Mais si on prend de la hauteur notre conduite est schizophrénique. Nous ne cessons de dire que nous voulons agir tout en sabordant méthodiquement notre outil militaire entre 1989 et 2016. Nous cessons depuis 2016 probablement parce que nous avons touché le fond.

    Quand on voit le tableu d'effectif famélique inséré dans l'article on se dit que finalement il vaut mieux mettre en adéquation nos actes avec nos moyens c'est à dire ne rien faire.

    Le seul résultat d'une gesticulation avec une poignée de navires risque d'être une humilition diplomatique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La France a les moyens d'agir , entre le Charles de Gaulle (et ses 30 Rafale embarqués avec radar AESA + meteor et un système d'arme largement supérieur à celui des F16 turcs ), ses frégates de défense aérienne (Classe Forbin) et les FREMM ASM + 1 voir 2 SNA sur zone, la marine Turque ne fairait vraiment pas long feu. Les moyens militaires sont là, mais la volonté politique est-elle là ? On parlerait de guerre, la vraie avec ses risques et les morts potentiellement nombreux chez les marins Turcs. Macron,si ce moment devait arrivé, montrerait s'il est un "simple" homme politique qui fuit les lourdes responsabilités et entraine un camouflet diplomatique lourd de conséquences, ou un vrai homme d'Etat, Chef de guerre.

      Supprimer
    2. Je ne vois pas en quoi les maigres moyens que vous citez pourraient durablement inquiéter les Turcs à proximité de Chypre. Le Cdg n'a que 30 Rafales (vraiment au maximum), certes supérieurs aux F 16 Turcs en un contre un mais qui combattraient en très grande infériorité numérique par rapport à l'armée de l'aire Turc qui aligne environ 240 F 16 au total. Les appareils en lignes diposent du soutien d'Awacs et de ravitailleurs. C'est le vrai danger pas la marine Turc qui n'est pas une flotte de haute mer.

      Pareil pour les navires nous n'avons que 2 FDAA. Si les deux sont endommagées par des missiles antinavires il n'y a rien pour les remplacer.

      Donc oui nous pourrions infliger des pertes aux Turcs. Mais ils ont le volume pour les encaisser, nous n'avons pas le volume pour encaisser des pertes.

      Autre gros problème lié à nos volumes ridicules de force: l'incapacité à durer. Une fois le Cdg déployé avec tout ce qui reste de la marine pour l'escorter cette escadre ne peut pas rester éternellement sur zone. Il suffirait au Turc d'être patients, d'harceler nos forces, et d'attendre que nos navires aient besoin de rentrer au port se ravitailler pour gagner la partie.

      Enfin les munitions sont vraiment chichement comptées dans les armées Françaises. Nos missiles seraient vite tous utilisés.

      Il nous faudrait environ dix ans de remonter en puissance soutenue pour espérer une autre issue dans une guerre face aux Turcs.

      Là où je suis d'accord c'est que notre volonté politique est faible. Mais même si elle était là, pour attaquer un membre de l'OTAN qui se rapproche de la Russie, il n'y aurait pas de moyens pour la convertir durablement en acte.

      Supprimer
    3. L'amateur d'aéroplanes25 octobre 2019 à 19:27

      La France n'agit pas toute seule, l'Italie à aussi des intérêts, l’Égypte peut également nous soutenir, sans compter la Grèce. Et l'on envoyer également des Rafales sur les bases britanniques de Chypre. Il faut de la volonté et de la coordination avec les autres acteurs.

      Supprimer
    4. @ l'amateur d'aéroplane: Si dans le cas du billet c'est la France qui agit sur le terrain. A juste titre d'ailleurs car les pays que vous citez n'ont pas d'intérêts à nous suivre pour des questions de forage. De plus les Turcs pourraient largement agir depuis la République de Chypre du Nord.

      Supprimer
  3. @Panthère: Plusieurs éléments sont à prendre en compte.
    D´une part l´aviation turque n´est pas en mesure de mettre en oeuvre 240 F16 en un point précis à des centaines de kilomètres de ses bases. Dans le meilleur des cas 60 % de la flotte serait opérationnelle à l´instant T(ce qui est un ratio très optimiste), soit 140-150 F16.
    Tout au plus avec ravitailleurs + soutien adéquat elle pourrait aligner une soixantaine - peut-être 70 F16 pour un raid unique contre le Charles de Gaulle. Sa capacité de projection est limitée par ses 7 KC 135 qui ne permettrait de ravitailler si tous sont en vol que la moitié du nombre de F16 cités (et sous réserve que les 7 soient disponibles, au vu de la vétusté de ces appareils, je doute très fortement). Les F16 Turcs n´auraient pas plus que quelques minutes sur zone avant d´être courts en kérozène si le Groupe aéronaval se positionne par exemple à 200 kms au sud de Chypre.
    Le Charles de Gaulle. lui en revanche avec un court préavis peut mettre en l´air 20 à 25 Rafales avec une capacité grâce aux Hawkeyes de voir venir les F16.
    20 à 25 Rafales peut faire face à 60-70 F16 Turcs au vu du fossé en termes de systèmes d´armes les séparant. Rafales qui eux seraient full petrol, attendant les F16 avec leur Meteor et radar éteint + OSF et interférométrie (donc les F16 ne les repéreraient pas) tandis que d´autres Rafales plus loin avec L16 et AESA repéreraient avec précision tous les F16. Je ne suis pas sûr que ce serait très joli à voir pour les Turcs.
    Deuxième élément, la France si elle envoie le Charles de Gaulle, doit signifier des lignes rouges. Tout comme les Soviétiques qui ont sifflé la fin de la partie à la France et l´Angleterre en 1956 lors de la crise de Suez en agitant la menace de frappes nucléaires, il serait peut-être utile de faire de même avec les Turcs, le Charles de Gaulles détruit, c´est une volée d´ASMP sur les centres politico militaires turcs.
    Lorsque l´on a rendez vous avec l´Histoire, on la saisit où on bien on arrête les pseudos postures Gaulliennes.
    Je relisais récemment un épisode de l´histoire franco-allemande de la fin des années 30. Lorsque l´Allemagne a réarmé la rhénanie, Hitler a été stupéfait de la non réaction de la France, ce qui n´a que contribué à le renforcer dans ses sombres aventures militaires.
    Erdogan, fort heureusement n´a pas la puissance de l´Allemagne des années 30 en comparaison. Certains épisodes hitoriques seraient toutefois bons à méditer... quid de la campagne de France de 1940, si la Rhénanie n´est pas remilitarisée (ce qui signifie bien moins d´acier et de charbon pour les Allemands entre autre).
    L´histoire aurait peut-être été tout autre.

    RépondreSupprimer
  4. @Anonyme le fait d'aligner 240 F16 au total, c'est à dire en ligne et en parc ne signifie pas par définition que tous sont opérationnels.

    Ensuite tout votre argumentaire repose sur le postulat d'une disponibilité très faible de cette flotte, d'une absence d'utilisation de Chypre du Nord par les Turcs et de la volonté de ces derniers de tenter un raid massif sur notre petite escadre.

    Ensuite comme je l'ai indiqué il est claire qu'en un contre un le rafale est meilleur. D'où le fait que les Turcs ne tenteraient probablement pas ce que vous décrivez et se contenteraient d'attendre que notre flotte soit contrainte de se retirer après l'avoir harcelé par des raids aériens. Ils emploieraient vraisemblablement en plus des tactiques de dénis d'accès avec des missiles anti navires installés à Chypre nord. Et comme nous ne pourrions que déployer un GAN sans navires pour le relever il leur suffirait d'être patient.

    Donc militairement, si les Turcs sont prêt à attendre plusieurs mois d'escarmouche, ils sont plutôt en bonne position pour obtenir un retrait à terme de la petite flotte française.

    Quand à l'épisode des années 30, à l'évidence la France se devait de déclarer la guerre à l'Allemagne lors de la remilitarisation de la Rhénanie.

    Je souligne d'ailleurs à nouveau que je déplore notre manque criant de capacités militaires, car à l'évidence notre PIB devrait nous permettre de remplacer les US pour servir de parapluie au Kurde et dans le même temps de maintenir une flotte en permanence au large de Chypre sans que cela affecte nos capacité de déploiement dans d'autres zones.

    RépondreSupprimer
  5. Les italiens ont des interets avec ENi, les grecs avec Chypre, Israel et l'Egypte avec leurs blocs mitoyens et les RU avec leur base à Chypre. Je ne pense pas que s'il y a confrontation entre la France et la Turquie, les voisins nous regarderaient sans réagir.
    Pour le moment, la flotte française est à Toulon sauf 2 navires.

    RépondreSupprimer
  6. Che(è)r(e) anonyme l'implication des pays cités me paraît extrêmement hypothétique pour les raisons suivantes:

    - Pour la Grèce: elle sort de dix ans de crise économique qui ont considérablement pesé sur son armée. Elle est de plus membre de l'OTAN et très inféodée aux USA qui ne voudront pas d'une guerre inter OTAN. Elle aimerait bien réunifier Chypre, mais à conditions d'en avoir les moyens.

    - Les Italiens: sont eux aussi très inféodés aux USA et leurs capacités militaires sont pires que les nôtres. Ils sont dans une situation financière critique et ne sont pas impliqués véritablement au moyen orient. Ils n'entreraient en guerre eux que pour des forages, c'est un prétexte léger pour des gains très faibles. Il faudrait de plus que la coalition au pouvoir se mette d'accord pour la mener et la financer.

    - Israël: est brouillé avec la Turquie mais n'a ici aucun intérêt à entrer en guerre pour une question qui ne la concerne pas.

    - L'Egypte: a surtout des moyens terrestres. S'oppose à l'action Turque en soutenant Aftar en Lybie mais cela ne va pas au delà d'une guerre par mandataire interposé. Est de plus très dépendante de l'aide militaire US qu'elle ne voudra pas froisser dans un contexte où le pouvoir est contesté en interne et fait face à un lourd endettement.

    - Le RU: est en plein Brexit. N'a plus d'armée digne de ce nom et ne voudra pas risquer ses bases de Chypre en attaquant un pays membre de l'OTAN pour une question de forage qui ne le concerne pas.

    Quand à ce qui reste de la flotte française, au 29 octobre étaient à Toulon: le CDG, les trois PHA (sur trois), trois FLF (sur cinq), trois FREMM (sur trois), deux FDA (sur deux), trois PHM, quatre SNA (sur six), un BCR (https://lemamouth.blogspot.com/2019/10/la-flotte-toulonnaise-au-repos.html)

    Soit, si on ne prend que les navires de combat: 1 PAN ; 4 SNA ; 3 FREMM et 2 FDA. Nous y ajouterions sans doute quelques frégates de Brest. De quoi escorter le CDG au large de Chypre jusqu'à ce qu'il faille rentrer au port, pas plus. Et après rien, les Turques auraient alors le champs libre.

    Je ne parle même pas d'un conflit terrestre à Chypre. Car ce qui reste de l'armée de terre est entièrement accaparé par la guerre au Mali et les opérations négligeables en volume menées ailleurs.

    Sur la durée nous ne pourrions gagner faute d'un nombre de navires modernes suffisant.

    RépondreSupprimer