Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





24 mai 2022

Marine nationale : programme PSM-3G

© Julien Canin. SWUV à EuroNaval 2014.

     Le programme Propulseur Sous-Marin de 3ième Génération (PSM-3G) aurait été lancé l'année de la découpe de la 1ière tôle (19 décembre 2007) du Sous-marin Nucléaire d'Attaque (SNA ou Ship Submersible Nuclear (SSN) Suffren (2022 ?) – programme Barracuda (6) –, peut être simultanément ou conjointement quant aux études à consentir pour le « hangar de pont » ou « valise sèche » (Dry Deck Shelter (DDS) qui appartient peut-être au même programme. Les livraisons des trois premiers exemplaires (2018 (2), 2020 (1) du Swimmer Delivery Vehicle (SDV) conçus par ECA group permettraient d'enchaîner avec les travaux quant à des « évolutions » de cette première version et de futures livraisons.

     La Marine nationale a détenu une capacité d'insertion de nageurs de combat et d'agents du Service action (DGSE) par le triptyque (1967 – 2001) « valise sèche » (Dry Deck Shelter (DDS) – Propulseur Sous-Marin (PSM) – Sous-marin : c'est-à-dire considérée comme la capacité opérationnelle la plus discrète à cet effet. Une présentation de ce premier triptyque pourrait peut-être soulignée quelques lignes de force vis-à-vis de l'introduction du PSM-3G, de son emploi opérationnel depuis différentes plateformes navales de surface et sous-marine et sa - déjà - future modernisation.

Vostok 001

     Le « 11e Choc » était la branche militaire du « Service action » du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE). Le Centre d’instruction (CI) n°5 (« nageurs de combat ») - aussi dénommé Centre d'Instruction des Nageurs de Combat (CINC) - a été créée le 16 avril 1956 et rattaché au bataillon de base regroupant les centres d'instruction, le 11 octobre 1956. Le bataillon de base devenait Bataillon d’Instruction Spécialisé (BIS), le 1er mai 1957, avant d'être dissous et remplacé par le détachement opérationnel, le 1er janvier 1959.

Le CI n°5 (« nageurs de combat ») a d'abord était implanté à Aspretto (Nord-Est d'Ajaccio). Le Cour Nageur de Combat (CNC) fût, quelques années plus tard, transféré dans la presqu'île de Saint-Mandrier tandis que le Centre Parachutiste d'Entraînement aux Opérations Maritimes (CPEOM) sera déménagé, à Quelern (Finistère), en 1985.

     Sur la même période, le Commando Hubert prend ses quartiers sur deux pontons-flottants, à savoir le ravitailleur de sous-marins Jules Verne (1932 - 1959) puis sur l'ancien porte-avions Dixmude dès 1962, avant de rejoindre quelques années plus tard l'anse du Canier, à proximité immédiate du CNC.

     Le chef de bataillon Gildas Lebeurier (22 mars 1925 - 2 juin 2017) - ancien résistant, ayant fait l'Indochine et participé à la crise de Suez - prenait le commandement du Cour Nageur de Combat (CNC), en 1960, à Saint-Mandrier, avec le grade de capitaine.

En 1961, arrivait Robert Papin au CI n°5 (Aspretto). C'est un ancien sous-officier ayant servi dans un RPIMA (Régiment parachutiste d'infanterie de marine) après avoir demandé la résiliation de son sursis militaire, eu égard aux études qu'il menait alors (Ecole normale et classes préparatoires scientifiques. Il passait officier au terme d'une école militaire. Arrivé major de sa promotion : il demandait le 11ème Bataillon parachutiste de choc. Et il était versé aux nageurs de combat en 1961 où il rencontrait Gildas Lebeurier.

« Papin, êtes-vous bon en Maths ? Moi de lui répondre : « j’ai fait Maths SUP et Maths SPÉ. – Avez-vous des connaissances en hydrodynamisme ? – L’hydrodynamisme, c’est l’aérodynamisme à la vitesse du son. J’avais lu cela la veille dans un Que sais-je.

Ce dernier lui donnait sa confiance pour mener à bien un projet : concevoir un propulseur sous-marin pouvant transporter deux nageurs de combat et des charges explosives (deux charges de démolition : 2 x 50 kg ?). Avec l'aide de trente sous-officiers, et sous un délai de seize mois, le groupe commandé par Robert Papin parvenait à mettre au point le premier propulseur sous-marin de conception française : « Vostok 001 ». Il aurait été ainsi baptisé en l'honneur du programme « Vostock » : la première capsule orbitale Vostok 1KPВосток » : Orient) effectuait son premier vol le 15 mai 1960 mais fût un échec. La mission « Vostok 1 », menée par la capsule Vostok 3KA, assurait le premier vol spatial habité (12 avril 1961) de l'Histoire par le cosmonaute soviétique YouriN Alekseïevitch Gagarine.

PSM-65

      « Vostok 001 » a initié une série dont tous les modèles ayant bénéficié d'une construction ne sont peut-être pas tous connu. Le premier engin « de série » semble avoir été le PSM-65 (Propulseur Sous-Marin (avant-projet ?) 1965). Il aurait été conçu par la Direction des constructions et armes navales (DCAN) de Cherbourg. Les premiers exemplaires seraient entrés en service à partir de 1967 et jusqu'en 1969. Une première série de deux PSM-65 fût construite.

Le PSM-65 aurait eu une coque en polyester et pouvait transporter deux nageurs de combat dont l'un des deux servant au pilotage et peut être l'autre œuvrant à la navigation. Quatre charges dites de démolition pouvaient être fixées sur l'engin (4 x 50 kg). Un moteur électrique de 3 CV permettait d'entraîner l'hélice et d'atteindre jusqu'à 5 nœuds.

PSM-NG

     Une nouvelle série de deux engins fût construite : les PSM-NG et, par ricochet, baptisés également « Vostok-NG ». Après deux années d'essais par DCN Toulon, ils seraient entrés en service en 1993. L'architecture générale serait globalement la même que celle du PSM-65 mais il s'en distinguerait par un légèrement allongement permettant d'accueillir trois nageurs de combat.

PSM-2G

     Une version refondue du PSM-NG existe : le Coryphène (ALSEAMAR). Le Commando Hubert semblait devoir se contenter des PSM-NG, dans l'attente des PSM-3G. Et certains avançaient même que les PSM-NG auraient même été désarmés et que la capacité aurait été tout simplement, et purement abandonnée.

Mais eu égard au fait que les PSM-2G bénéficient d'un programme de modernisation, sous la responsabilité d'ALSEAMAR : il y a donc tout lieu de croire qu'il n'en a rien été. Il y a eu une reconstruction (partielle ou totale) d'au moins deux PSM-NG et ce serait ces deux exemplaires qui seraient qualifiés de PSM-2G. Ils recevraient totalité ou quasi-totalité des caractéristiques connues des Coryphène (ALSEAMER).

PSM-3G

     L'ensemble des jalons du programme pourrait avoir plusieurs fois glissé « à droite » car corrélé de manière subséquente au calendrier du programme Barracuda (6) dont la livraison du premier bateau a glissé depuis 2007 à 2012, 2014 2016, 2017, 2019 avant d'être finalement effectué le 6 novembre 2020.

     La formalisation des premières réflexions du Commando d'Action Sous-Marine (CASM) Hubert ou Commando Hubert auraient eu lieu - au plus tard - en 2007 et peut être même un peu avant. Au terme d'une procédure de mise en compétition, d'au moins, deux propositions industrielles : l'engin d'ECA group fut retenu par la DGA, en 2012, face au Sphyrène d'ALSEAMAR.

     Un ou plusieurs contrats furent attribués à ECA group, d'une valeur d'environ quarante millions d'euros. Le périmètre de la dépense ne comprend peut-être que l'engin par lui-même mais ni les dépenses d'infrastructures, ni celles dévolues au DDS qui sont probablement noyées et dans le budget infrastructure des bases navales et dans les dépenses du programme Barracuda. Le niveau de sécurité qui entoure le PSM-3G est tel qu’Eca a dû réaliser d’importants travaux sur son site de La Garde, où la fabrication est réalisée, pour assurer la protection du secret.

     Les études préliminaires puis détaillées pour amener la proposition industrielle jusqu'à un avant-projet pouvant être mis en chantier semblent s'être étalées entre 2012 et supposément 2017. L'équipe du programme, outre ECA group, incluait des spécialistes du Commando Hubert, des ingénieurs de l'Armement de la DGA... et probablement d'autres spécialistes issus du CPEOM et de Naval group, en ce qui concerne la mise en adéquation des études du PSM-3G avec le DDS (Naval group) et le programme Barracuda (6).

     Les essais auraient été menés entre 2017 et 2018. Le programme d'essais semble avoir été de très bonne tenue quant aux relations entre les protagonistes du programme car il est fait état d’améliorations significatives en termes de capacité d’emport, d’endurance et de discrétion acoustique. Et la plongée (21 novembre 2018) de l'Amiral Christophe Prazuck, alors chef d'état-major de la Marine (13 juillet 2016 - 30 août 2020), célébrait peut-être la fin des essais.

     Le Commando Hubert invitait, en juin 2018, Robert Papin à l'occasion de l'inauguration des nouveaux bâtiments de stockage de propulseurs sous-marins, baptisés Pierre Pihan (rescapé du Commando François) et Claude Riffaud (fondateur de l’école des Nageurs de Combat).

     L'admission au service actif aurait été prononcée en 2019, certaines sources arguant plutôt fin 2020 pour les deux premiers PSM-3G.

     La cible du programme semble s'être partagée entre une tranche ferme de deux propulseurs sous-marins, affermie à l'occasion de la passation des contrats et des marchés afférents, et d'une tranche optionnelle portant un troisième exemplaire. Il se comprend que celle-ci aurait été affermie en 2018 : après la livraison des deux PSM-3G de la tranche ferme en 2018 et eu égard à la livraison du troisième PSM-3G en 2020, au plus tard en 2021.

     L'avatar du PSM-3G a été le Special Warfare Underwater Vehicle (SWUV), présenté par ECA group à EuroNaval 2014, puis, et semble-t-il, à chaque salon de l'armement naval ou des équipements destinés aux forces spéciales où la société était présente. Le SWUV serait la proposition industrielle retenue par la DGA, en 2012. L'évolution de la définition matérielle de l'engin depuis n'aurait jamais été aperçue depuis. Et le SWUV est la version du PSM-3G proposée aux marines étrangères, dont les caractéristiques opérationnelles seraient différentes, voire moindres.

     Le SWUV aurait une longueur d'environ 8,5 mètres. Le déplacement lège ou en surface serait de 4 tonnes pour un déplacement en plongée allant jusqu'à 6 tonnes. Les matériaux employés dans la construction du PSM-3G lui garantirait une capacité à se soustraire aux « sonars actuels » et son architecture semble lui offrir une discrétion acoustique faible, voire très faible. Il se comprend implicitement que sa signature magnétique est très faible, probablement du fait du choix des matériaux.

     La navigation est manuelle et l'équipage de deux nageurs de combat est appuyé par plusieurs systèmes. Une « suite de navigation très précise » pourrait intégrer une centrale inertielle de navigation, un Doppler Velocity Log (DVL), un sondeur simple faisceau, un émetteur-récepteur GPS (cf. mât) et un outil de cartographie numérique. Systèmes accessibles depuis l'interface homme-machine (Human-Machine Interface (HMI) disposée sur le tableau de bord.

     Le pilotage est assuré notamment par un système de compensation automatique de la flottabilité et de l'assiette. Il est supposé que l'équipage ait accès à un système de pilotage des barres de plongée et des propulseurs azimutaux de l'engin, de gestion de la vitesse et donc de l'endurance.

     La propulsion - outre les deux propulseurs azimutaux - reçoit l'énergie électrique contenue dans une batterie lithium-ion qui est convertie en énergie mécanique transmise à l'hélice carénée. La vitesse maximale est de 10 nœuds. L'endurance maximale serait de 100 nautiques à 8 nœuds. Dernière donnée qui offrirait toute latitude à pouvoir opérer à l'extérieure des eaux territoriales pour l'insertion des nageurs de combat.

     L'immersion opérationnelle intrinsèque du PSM-3G serait de 100 mètres et l'immersion avec nageurs de combat serait voisine des 25 mètres, selon le mélange gazeux retenu dans les appareils de plongée des nageurs de combat.

     Ses capacités de manœuvrabilité sous la mer bénéficient de deux propulseurs azimutaux, un à l'avant et caréné dans l'arc frontal, l'autre à l'arrière et inséré dans le semblant de voile : ils servent à tourner et translater. Il y a la présence d'une paire de barres de plongée avant, rétractables. Un appareil à gouverner en croix de Saint André termine l'engin. Le propulseur a été caréné dans l'optique de protéger les nageurs de combat.

     Ses capacités opérationnelles sont relativement développées, eu égard à l'exiguïté d'une telle plateforme. Un mât télescopique rabattable, d'ores et déjà observé sur les PSM-2G reconstruits et le Coryphène, bénéficie d'un senseur optronique, d'antennes radio et satellitaire (SYRACUSE ?) permettant de transférer des flux vidéo et des données tactiques (L16, L22 ?). Il y a une capacité de communication acoustique (TUUM-4 (Thales) ?). Pour la progression subaquatique, un sonar multifaisceaux complète la suite des senseurs et aurait une portée égale ou supérieure à 350 mètres.

     Les qualités nautiques et caractéristiques opérationnelles du PSM-3G, rapportées à celles du PSM-2G par comparaison, a nécessité de nouveaux travaux afin de pouvoir étanchéifier les matériels des nageurs de combat vis-à-vis du nouveau domaine d'immersion atteint pour les transits. Par ailleurs, le PSM-3G permet de mettre en œuvre de nouvelles charges utiles, outre les charges de démolition et le matériel de plongée des nageurs de combat, comme des drones, des bouées, des capteurs et des matériels divers.

PSM-3G évolutions

     Il avait été relevé (cf. Mars attaque) que la DGA et le Commando Hubert, depuis 2019, avaient ouvert un poste pour un officier des corps de l'armement (en sortie d’école), poste aujourd'hui tenu par un ingénieur des études et techniques de l'armement (IETA).

En 2020, un stage a aussi été proposé à un ingénieur de l’armement en formation (une 1ère en 4 ans). Avec comme objectifs, notamment pour l’IETA en poste au sein du bureau d’études et de prospective du commando, de comprendre les problématiques opérationnelles (notamment en opérations spéciales et subaquatiques) et faciliter les échanges (contraintes, réduire les délais, anticiper et intégrer les besoins dans les grands programmes, faire connaître la DGA, faire le lien avec le Bureau Capacité Innovation (BCI) au sein de l'état-major du Commandement des Opérations Spéciales, etc).

Ces créations de postes et de stages pour ingénieurs de l'armement semblent être la traduction des retours d'expérience issus de la conduite du programme PSM-3G, depuis les études préliminaires jusqu'au programme d'essais ayant permis d'apporter des modifications substantielles au premier engin (2012 - 2018).

     Les enjeux semblent résider dans la préparation des travaux, voire même l'actuelle conduite des travaux concernant les « évolutions » - comme il y a des « évolutions » pour les Barracuda n°4, Barracuda n°5 et Barracuda n°6, dans la perspective de les intégrer à un engin, les expérimenter puis après validation des définitions matérielles dévolues à chaque nouvelle fonction d'établir une nouvelle définition matérielle du PSM-3G (NG ?) qui sera intégrée aux deux autres engins selon la DGA.

     Mais en 2021, il avait été compris que les « évolutions » du PSM-3G conduirait à l'acquisition de nouveaux exemplaires puis la refonte du premier lot livré (3) au standard du deuxième lot (3, aussi ?).

« Valise sèche » (Dry Deck Shelter (DDS)

     La Marine nationale a été pionnière en concevant - avant même la Marina militare ou l'US Navy - quant à la conception et la mise en œuvre de la première « valise sèche » (Dry Deck Shelter (DDS), essayée et opérée sur et depuis les sous-marins classe Daphnée (11) et Agosta (4) - semble-t-il - dès les années 1970. L'installation permettait d'entreposer un PSM-65. Et cette capacité opérationnelle aurait été imaginée faute de bénéficier de bâtiments de surface disposant des installations nécessaires à la mise à l'eau de propulseurs sous-marins ou bien de sous-marins ayant des hangars de pont, à l'instar des sous-marins refondus ou conçu pour embarquer et tirer des Vought SSM-N-8A Regulus / SSM-N-9 Regulus II.

     Le Dry Deck Shelter (DDS) a été conçu par Naval group et dans le cadre du programme Barracuda (6). Il s'agit d'une capacité résistante amovible, pouvant être fixé depuis et à l'arrière du sas nageurs de combat. Il mesurerait, environ, 11 mètres de longueur hors-tout, un maître-bau d'environ 3 mètres et sa masse serait d'environ 42,5 tonnes. Seulement trois servitudes sont nécessaires pour le soutien du PSM-3G / SWUV : une servitude électrique pour la batterie, une servitude air respirable et une liaison de données.

     Vis-à-vis d'autres considérations, il est à se demander s'il ne s'agirait pas de la masse en plongée, remplie en eau de mer à la pression d'immersion avec sa charge utile allant jusqu'à 6 tonnes, sans compter le poids des nageurs de combat. Un matériel comparable, c'est-à-dire l'actuel DDS de l'US Navy, a une masse à vide et en surface d'environ 30 tonnes. Il est supposé que sa masse soit comprise entre 23 et 30 tonnes (cf. infra).

     Par ailleurs, ce « Dry Deck Shelter » a été pensé vis-à-vis de la mise en œuvre de drones sous-marins et l'emploi du PSM-3G à des missions dites de renseignement côtier (missions « ISR » (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) laisse entrevoir le rôle d'un drone. Et la vidéo de présentation du SMX Ocean (Naval group) montrait, certes, une autre architecture de DDS mais aussi l'équivalent français d'un LUUV (Large Unmanned Underwater Vehicle).

     Seulement 2 DDS auraient été commandés dont le premier a été aperçu à l'arrière du massif du Suffren (2022 ?) dès novembre 2020, c'est-à-dire après sa livraison. Le deuxième DDS n'aurait pas encore été aperçu, même s'il avait été déjà livré et ce, avant la propre livraison du Duguay-Trouin (2023 ?). Par ailleurs, il a souvent été avancé qu'un DDS doit être livré au Commando Hubert (Saint-Mandrier), probablement au Cours Nageurs de Combat (CNC).

Projection stratégique DDS / PSM-3G

     L'ensemble formé par le PSM-3G et le DDS a été prévu pour être projeté d'un théâtre à l'autre, sans qu'il soit nécessaire qu'un SNA classe Suffren (6) reçoive la charge d'assumer la bascule d'un point à l'autre du théâtre. Cela a deux conséquences tactiques, renforçant l'efficacité stratégique dans l'emploi de forces spéciales et d'unités clandestines : réduire la durée d'exposition de la préparation d'une telle mission, réduire le délai nécessaire à une projection sans à avoir à immobiliser forces et matériels pour deux missions maximums à la fois.

     DDS et PSM-3G peuvent être projetés par voie aérienne grâce à un A400M. Même en considérant une masse à vide d'environ 30 tonnes pour le DDS : cela excède allègrement ce que peut permettre un C-130H-30 / C-130J Hercule. Il en va autrement pour un PSM-3G (4 à 6 tonnes) qui peut aussi rejoindre un bâtiment de surface.

     Les PSM-3G seront également projetés et déployés depuis l'un des PHA classe Mistral (3) grâce au programme Embarcation de mise en œuvre des Propulseurs Sous-Marins (PSM) dont la commande doit intervenir en 2022, avec une cible d'une à deux embarcations, dans le cadre d'un budget supplémentaire de 250 millions d'euros (2017), demandé par l'Amiral (1er septembre 2016 - 30 août 2019), alors commandant du Commandement des Opérations Spéciales (COS) et qui a manifestement été obtenu. Les dépenses supplémentaires doivent s'étaler sur sept années, jusqu'en 2025.

     Le PSM-3G peut être mis à l'eau par les Bâtiments de Soutien et d'Assistance Métropolitains (BSAM) classe Loire (4) et les Bâtiments de Soutien et d'Assistance Outre-Mer (BSAOM) classe d'Entrecasteaux (4). Les BSAM possèdent une grue de manutention permettant de levage maximale donnée pour un maximum allant de 21 à 23 tonnes à 7 mètres (11 tonnes jusqu'à 25 mètres sur le tableau arrière). Il a été supposé que cela pourrait suffire à lever et poser le DDS sur le pont d'un SNA classe Suffren (6), ce qui suppose un plan d'eau abrité et des conditions favorables.

Un BSAM peut accueillir jusqu'à 12 passagers supplémentaires, soit le même nombre de nageurs de combat pouvant être embarqué à bord de l'un des SNA classe Suffren (6).

Missions

     Les propulseurs sous-marins sont armés par la section C du Commando d'Action Sous-Marine (CASM) Hubert ainsi que par un certain nombre d'opérateurs du Centre Parachutiste d'Entraînement aux Opérations Maritimes (CPEOM) de Quelern (Finistère).

     En coordination avec le COS, le Service action de la DGSE, l'Escadrille des SNA (ESNA) et la Force d'Action Navale (FAN), les équipages devront monter en puissance afin de pouvoir valider la nouvelle capacité d'insertion sous la mer d'opérateurs des forces spéciales ou des unités clandestines grâce au nouveau triptyque PSM-3G / DDS / classe Suffren. Une capacité stratégique uniquement partagée avec l'US Navy, la Royal Navy, la Marina militare, la חיל הים הישראלי et la Deutsche Marine. Mais seulement les trois premières marines s'il ne fallait retenir que la capacité opérationnelle reposant sur des sous-marins à propulsion navale nucléaire.

 

1 commentaire:

  1. L'amateur d'aéroplanes25 mai 2022 à 12:04

    Merci. Très didactique. Mais je m'étonne de pas voir citer la marine Russe dans la liste de celles ayant ces capacités. Elle dispose pourtant d'une gamme de submersibles extrêmement étendue, et a même acheté des petits engins canadiens.

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