03 octobre 2014

Le mot bimensuel : "Drakkar"

© A. A. Orlinski.


Drakkar, s. m. Sorte de grand bateau dans lequel les pirates et les forbans normands remontaient la Seine, au IXe siècle, pour y commettre leurs déprédations.

Le drakkar est donc une "sorte de grand bateau". Drôle de manière de commencer une définition dont je ne me lasse pas. Surprenant dans la mesure où les drakkars n'étaient pas si grands. Au contraire, ils mesuraient de quelques mètres jusqu'à dix, vingt mètres et parfois un peu plus.

Reprenons l'indication géographique glissée au milieu de la définition : "remontaient la Seine". Est-ce à dire que ces légères embarcations qui ont menées les vikings de la Baltique à la mer Noire en passant par les fleuves, de la Scandinavie à l'Islande jusqu'au Groëland et peut-être même en Amérique du Nord n'ont pas marqué la mémoire collective française et navale ?

Enfin, ils sont "pirates et forbans" ! Dans son livre Grands voiliers, Gautier Languereau cite l'érudit français du XVIIe siècle Du Cange : Vicings id est pirata praecipuus, archipirata ("Les Vikings sont d'abord des pirates, les pirates par excellence..."). Nous avons là la référence à un peuple qui s'est tourné vers la mer non pour s'enrichir par les flux y transitant mais pour aller prendre les richesses dans les terres bordées par la mer.

Pourtant, dans le même dictionnaire, les forbans sont coupables de voler les autres navires et ne sont reconnus par aucune nation. Les Vikings sont un groupe humain homogène dont les individus se reconnaissent entre eux. Dans le même dictionnaire, ce qui différencie le forban du pirate est que le premier peut piller les navires de sa propre nation ce que ne ferait pas un pirate. Ce qui différencie les deux du corsaire et de la guerre de course, deux activités mandatées par le souverain. Mais, différence d'avec les Vikings, pirates et forbans ne sont pas accusés dans ces définitions de faire des descentes à terre mais bien de voler en mer.

Enfin, les Normands finirent justement par s'implanter territorialement d'un bout à l'autre des routes de navigation qu'ils empruntaient. La piraterie n'a-t-elle pas permis de constituer un accroissement matériel propre à donner la puissance nécessaire à ses aventures territoriales ? Là où les surpplus d'une révolution agricole produisent le même effet habituellement ?

 

C'est un manque d'intérêt pour les Vikings que traduit le XIXe siècle quand de la seconde moitié du XXe au tout début du XXIe siècle ceux-ci sont très présent dans l'imaginaire collectif par l'entremise de nombreuses productions écrites et cinématographiques. 

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