19 septembre 2016

Les deux escadres aéronavales de Jean-Frédéric Poisson

© Marine nationale. Organisé du 13 au 26 octobre 2014, l’exercice Catamaran est un entraînement opérationnel de grande ampleur. Il vise à conduire une opération amphibie dans un contexte expéditionnaire. S’agissant des capacités de la Marine nationale, Catamaran associe le groupe aéronaval, constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle, un groupe amphibie et un groupe de guerre des mines






Après avoir discuté du plan naval (2017-2027) de Bruno Le Maire, l'intérêt glisse vers les deux escadres aéronavales de Jean-Frédéric Poisson, autre candidat à la primaire du parti politique "Les Républicains". Il avait également présenté six points de la partie Défense de son programme en juillet. Sans esprit partisan, il nous semble opportun de discuter de ces propositions, tout comme nous pourrions le faire d'un autre candidat de cette primaire ou d'une autre, ou de tout candidat déclaré à l'élection présidentielle.

Le projet proposé par Jean-Frédéric Poisson tient en 48 pages synthétiques ratissant l'ensemble des directions qu'il entend donner à sa politique. La Défense (pp. 28-29 et 30-31 (service national) est considérée avec un cadre général tenant en plusieurs propositions fortes. La France quitterait le commandement intégré de l'OTAN. Aucun mot n'est dit dans ce document sur la dissuasion.

Le budget reviendrait à un niveau de 2,5% et cela deviendrait un minimum. Pour autant, le candidat ne précise pas le rythme de la programmation pour atteindre ce volume budgétaire qui n'existe plus depuis la chute du mur de Berlin. Aussi, les effectifs des forces armées seraient portés à 300 000 hommes (et femmes) en tenant compte du rétablissement d'un service national de dix mois minimum (un objectif quantitatif à préciser : effectifs du ministère ? de la FOT ? des forces armées sur leur versant opérationnel ?).

Concernant les affaires navales, Jean-Frédéric Poisson s'insère dans un choix qui ne s'est présenté que deux fois (dans la stricte limite des connaissances de l'auteur de ces lignes).

Il lancerait immédiatement (dès l'année 2017) la construction d'un deuxième porte-avions (dans quelle cale ?). Ce serait accepter qu'à partir de l'ensemble des études produites pour le R92 Richelieu (nom habituellement attribué dans la littérature à l'unité attendue), l'une d'elle puisse permettre de développer une nouvelle unité.

Seul l'industriel, en l'occurrence DCNS, peut dire si le dessin du DEAC (DCNS Evolved Aircraft Carrier) RXX peut convenir à une telle dynamique. Aussi, notons que les États-Unis n'usinent plus de catapultes à vapeur et que l'habituel recours au matériel américain de ce genre ne peut aujourd'hui consister que dans les fameux EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System). Le premier navire porteur, le CVN-78 Gerald R. Ford, rencontre un certain nombre de difficultés de mise au point de ses systèmes.

Dans la foulée de la mise sur cale du PA2, la France du candidat "met  à  l’étude   dans  le  même  temps  la  construction  d’un  troisième  en  vue  d’assurer   une présence militaire suffisante sur tous les théâtres d’opérations et  défendre les intérêts français sur les mers du monde entier."

Jean-Frédéric Poisson s'insère donc dans la suite de l'abandon du PA58 Verdun (un Clemenceau allongé) puis PA59 et l'appel de l'UDF de 1985 dans son livre blanc Redresser la Défense de la France. Il propose une France à trois porte-avions.

Faut-il interpréter la déclaration d'intentions du candidat comme la volonté de rendre disponible deux groupes aéronavals ? Selon la définition française de la permanence aéronavale, avec deux porte-avions, l'un est indisponible (IPER, IE) quand l'autre est en mer ou prêt à prendre la mer. Avec trois unités, il y a presque toujours l'un des trois porte-avions à la mer. Eu égard à l'activité des trois BPC, il arriverait, fatalement, que deux porte-avions puissent régulièrement prendre la même simultanément.

Un budget à 2,5% permettrait de hausser l'ensemble du format de la Marine, tant dans les effectifs que les frégates et les SNA. Le candidat n'arrête pas ses arbitrages en la matière, ni en terme de format, ni en terme de répartition de l'effort budgétaire entre les forces armées.


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