27 février 2021

Marine nationale : le programme Frégates de surveillance (1982 - 1994)

© Marine nationale.1er - 3 février 2020 : la frégate de surveillance Nivôse, déployée en mission de souveraineté dans les Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) jusqu’à la fin du mois de février, a mouillé à proximité de la base Alfred Faure, archipel de Crozet.

     Le programme Frégate Légère de 2500 tonnes (FL. 25) devait permettre le remplacement des avisos-escorteurs de la classe Commandant Rivière (9). Il tire ses origines du retour d'expérience de leurs déploiements dans l'océan Indien, depuis la fermeture du canal de Suez (1967 - 1975) jusqu'aux guerres du golfe arabo-persique (1980 - 1991) et dans l'océan Pacifique. Il en ressortait l'intention initiale de pouvoir dériver la FL. 25 en deux variantes. L'évolution du besoin conduisait l'état-major de la Marine, en raison de considérations politiques, à le « différencier », pour reprendre une expression ici anachronique, en lançant en 1988 le programme Frégate Légère Furtive de 3600 tonnes et le programme des Frégates de Surveillance (FS) de la classe Floréal (6).

     Il s'agissait donc d'engager la succession des avisos-escorteurs de la classe Commandant Rivière (9) – aussi appelés « escorteurs de l'Union française », ils remplaçaient les avisos-coloniaux de la classe Bougainville (8). Il s’agissait des : 

  • Commandant Rivière (1962 - 1992),
  • Victor Schœlcher (1962 - 1988),
  • Commandant Bory (1964 - 1996),
  • Amiral Charner (1962 - 1990),
  • Commandant Bourdais (1963 - 1990),
  • Doudart de Lagrée (1963 - 1990),
  • Balny (1970 - 1994),
  • Protet (1964 - 1992), 
  • Enseigne de vaisseau Henry (1965 - 1996).

     Le canal de Suez fut bloqué par l'Égypte, en tant que mesure de rétorsion à la victoire israélienne lors de la guerre des Six jours (5 - 10 juin 1967). Il ne sera rouvert à la navigation qu'en 1975. Afin d'assurer la protection des bâtiments de commerce français, empruntant les routes maritimes passant par le canal du Mozambique afin de pouvoir contourner l'Afrique via le Cap, et pour juguler d'éventuelles nouvelles crises : la présence navale française dans l'océan Indien fut renforcée, avec en première ligne les avisos-escorteurs de la classe Commandant Rivière (9).

Ils assuraient une présence navale permanente, avant même que certains d'entre-eux ne soient basés, dans un premier temps, à Diego Suarez (Madagascar) et Djibouti puis uniquement à Djibouti, en raison de la fermeture de la base navale de Diego Suarez (1972 - 1975). Ceux qui seront ainsi basés dans l'océan Indien furent les Commandant Rivière (1976 - 1983), Victor Schœlcher (1973 - 1988), Commandant Bory (1967 - 1972 ; 1975 - 1977), Amiral Charner (1980 - 1987), Balny (1973 - 1975), Protet (1971 -1978) et l'Enseigne de vaisseau Henry (1970 - 1972).

     La guerre opposant l'Irak et l'Iran (22 septembre 1980 – 20 août 1988) voyait l'Irak ouvrir un nouveau théâtre maritime afin de tenter d'asphyxier l'Iran, en privant la nouvelle république islamique de sa rente pétrolière par l’attaque de la « route du pétrole ». L'Iran s'engageait pleinement dans cette guerre au trafic qui frappa indistinctement les pavillons. Une mission baptisée Ariane débutait en 1985 pour ne se terminer qu’en 1990. Sa principale cheville ouvrière fut constituée par la plupart des avisos-escorteurs ; afin de protéger le trafic entrant et sortant du golfe Persique. C'est l'opération Artimon (1990 - 1991) qui prendra ultimement le relais en raison de la survenance d'un nouveau conflit : la « Deuxième Guerre du golfe » (2 août 1990 – 28 février 1991).

Dans le cadre des missions Ariane et Artimon précitées, la doctrine consistait pour les bâtiments français employés dans le golfe Persique à ne pas tirer les premiers et à se placer entre la menace et le navire de commerce. Il en découlait que, pour remplacer les avisos-escorteurs, il s'agissait de prévoir un emploi automatisé des leurres dont l'efficacité devait être accrue par des flotteurs à la surface équivalente radar réduite.

     Mais les aviso-escorteurs serviront aussi dans l'océan Pacifique : le Victor Schœlcher servait une année au Centre d'expérimentation du Pacifique (1973). Le Commandant Bourdais accomplissait de nombreux passages dans l'océan Indien, entre 1973 et 1978, allant jusqu'aux TAAF. Le Commandant Bory sillonnait le Pacifique Sud entre 1978 et 1985. L'Amiral Charner était basé à Papeete (1962 - 1980 ; 1987 - 1990). Le Doudart de Lagrée fut régulièrement déployé dans le Pacifique entre 1963 et 1981. Le Balny sera positionné à Tahiti dès 1976 et jusqu'en 1994. Le Commandant Rivière avait lui aussi Papeete pour port d'attache entre 1976 et 1984. L'aviso-escorteur Protet effectuera une partie de sa carrière dans le Pacifique (1965 - 1968 ; 1978 - 1981). L'Enseigne de vaisseau Henry accomplissait la majeure partie de sa carrière dans l'océan Pacifique, entre 1965 et 1994.

     Emploi outre-mer et soutenu qui ne manquera pas d'influencer la définition du futur remplaçant de cette classe jusqu'au besoin militaire exprimé en 1982 par l'état-major de la Marine. Il était alors jugé que, pour les missions en temps de paix, les avisos-escorteurs pouvaient être remplacés par des bâtiments faiblement armés. Mais, pour les crises d'intensité moyenne ou forte, il était jugé nécessaire de pouvoir disposer d’un bâtiment capable de repérer la menace de loin, de l'engager et éventuellement de parer et encaisser les coups (Michel Perchoc, Les frégates furtives La Fayette, Paris, éditions ADDIM, 1997, p. 10).

Ce besoin militaire se transformait en « dossier d'exploitation » qui transcrivait les exigences et choix fondamentaux devant pouvoir être potentiellement repris par le ministre de la Défense quand sera lancé le programme (Michel Perchoc, Ibid., p. 11).

     La LPM (1984 - 1988) poursuivait les programmes lancés et voyait apparaître, pour la première fois en 1984, la « Frégate Légère de 2500 tonnes » (FL. 25). Entre les années 1980 et 1984, les idées de l'EMM quant aux orientations à donner à la programmation en ce qui concernait la flotte de surface auraient évolué quant au remplacement des 9 avisos-escorteurs de la classe Commandant Rivière (9) par les Frégate Légère de 2500 tonnes (FL. 25).

La FL. 25 était décrite, en 1984, comme devant être un bâtiment de 2500 tonnes, possédant des capacités anti-navires et de lutte anti-sous-marine, devant accomplir des missions de surveillance des approches maritimes et d'assurer la présence outre-mer. Les trois premières frégates furent ajoutées à la LPM (1984 - 1988) et budgétisées aux années 1986, 1987 et 1988, dans la perspective d'être livrées à partir de 1991. Un éventuel contrat passé par une marine étrangère aurait pu financer une bonne partie des frais d'études de ce programme.

     La FL. 25 n’était alors, ni plus, ni moins qu'une reprise des F2000 adaptées au besoin militaire exprimé en 1982. Les frégates F2000 sont une version réduite des corvettes C70 (4500 tonnes à pleine charge) devant déplacer jusqu'à un peu plus de 2600 tonnes à pleine charge dans une coque de 115 mètres par 12 au maître-bau. Elles embarquent une pièce de 100 mm, des missiles anti-navires OTOMAT pour la lutte anti-surface, un système Crotale EDIR (Ecartométrie Différentielle InfraRouge) pour la lutte anti-aérienne à courte portée, une suite de lutte anti-sous-marines et un hélicoptère SA.365 Dauphin.

     Mais les débats préparant la future LPM (1987 - 1991) mettaient en exergue que les trois premières FL. 25 n'avaient toujours pas encore été commandées en 1986. Par ailleurs, et bien que l'appellation FL. 25 soit figée dans les publications, l'avant-projet, devant définir les qualités nautiques et caractéristiques opérationnelles demandées, n'aurait pas encore été arrêté entre 1982 et 1987.

     Les trois Frégates Légères de 2500 tonnes (FL. 25) devenaient les Frégates Légères Furtives de 3600 tonnes. Ce programme répondait à la nécessité de pourvoir au remplacement des avisos-escorteurs dans les lieux de crise, à l'image des missions accomplies autour du golfe arabo-persique illustrent le besoin identifié.

Le contrat fut notifié en mars 1988, le plus rapidement possible avant que ne se tienne l'élection présidentielle. La mise en chantier était décidée le 25 juillet 1988. La frégate La Fayette est mise sur cale le 15 décembre 1990, et fut suivie par les Surcouf (6 juillet 1992) et Courbet (15 septembre 1993). Les trois frégates suivantes étaient commandées en 1992. Mais la sixième, baptisée Ronarc'h était définitivement abandonnée en mai 1996. Seront donc finalement lancés les La Fayette (1996 - 2026 ?), Surcouf (1997 - 2027 ?), Courbet (1997 - 2027 ?), Aconit (1999 - 2029 ?) et Guépratte (2001 - 2031 ?).

     Parallèlement à cela, et pour remplacer les mêmes bâtiments de la classe Commandant Rivière (9) pour les déploiements dans les « zones à risques limités », c'est-à-dire, et pour l'essentiel, les remplacer dans leurs affectations dans l'océan Indien Sud et l'océan Pacifique Sud, sans oublier quelques déploiements dans les Antilles par le programme Frégates de surveillance selon des rationalités politiques et juridiques :

Les rationalités politiques de sa conception découlent de la décision de M. André Giraud (20 mars 1986 - 12 mai 1988), ministre de la Défense, d'imposer à la Marine nationale la construction de frégates par les Chantiers de l'Atlantique qui subissaient alors un creux de charge, et donc selon les compétences industrielles de cette société : à savoir les normes de construction navale de la marine marchande. La Marine nationale s'était contentée de faire rejoindre le « produit », en amendant les spécifications , avec le besoin opérationnel identifié. 

Les rationalités de sa conception initiale découlent de l'avènement de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM), signée par 60 États en 1982, et signifiant une augmentation des responsabilités en mer - en particulier dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) - incombant aux États côtiers, supposant un accroissement des missions à accomplir par l'outil naval.

     Le programme Frégates de surveillance était lancé formellement le 12 avril 1988 par le ministre de la Défense, M. André Giraud (20 mars 1986 - 12 mai 1988), en ces termes : « la mission principale des frégates de surveillance est d'exercer un contrôle des espaces maritimes éloignés de la Métropole et sur lesquels la France étend sa souveraineté. »

Il bénéficia de trois choix fondamentaux découlant de l'expérience de l'emploi des avisos-escorteurs (Claude Marcus et Cristina Baron, Vigilance : Les frégates Floréal, Paris, ADDIM, 1994, pp. 9-15) :

Le premier, constituant peut être une première mondiale, préfigurant assez largement les évolutions de toutes les marines étrangères et forces de garde-côtes, a été de retenir les normes de construction de la marine marchande (Ibid., p. 9).

Elles sont moins sévères en termes de cloisonnement pour réduire le risque de voie d'eau et da lutte incendie que celles des marines militaires. Mais n'en demeurent pas moins exigeantes, notamment celles dévolues aux navires de transport de passagers, parmi les plus sévères. Et ce sont ces dernières qui furent retenues pour ce programme. Elles bénéficièrent d'aménagement, en reprenant certaines normes militaires, par exemple pour la production et la distribution de l'énergie électrique (Ibid., p. 14).

Le deuxième a été de demander une forte autonomie à la mer afin que les futures frégates puissent accomplir des missions dans la grande profondeur océanique des ZEE français, en particulier celles des océans Indien et Pacifique (Ibid., p. 12).

Le troisième fut de demander des installations aéronautiques et donc d'obtenir la faculté à opérer un hélicoptère de la classe des 9 à 10 tonnes (Ibid., p. 15) dont la provenance n’est pas précisée alors qu’il pourrait s’agir des :

  • Aérospatiale AS-332 F1 Super Puma Naval (9 tonnes) ; 
  • NH90 NFH Caïman Marine, de 12 tonnes et du type EH-101 selon l’étude de préfaisabilité (juin 1981 – octobre 1982) d'un hélicoptère naval (OTAN/ PG28), considéré pour le programme NFR-90 (NATO Frigate Replacement for the 1990s).

Et l'hélicoptère doit permettre de remplacer la frégate pour arrêter le navire ou l'embarcation à contrôler avant que celui-ci puisse quitter les eaux des ZEE sous juridiction française. Le capitaine de vaisseau Claude Marcus donnait quelques exemples concrets pour illustrer la problématique : « un contrevenant filant à 20 nœuds et surpris à 20 nautiques ne sera rejoint qu'en 4 heures à 25 nœuds (46 km/h), en 2 heures à 30 nœuds (55,6 km/h). » (Ibid., p. 12).

Et de donner les estimations de coûts afférents à l'augmentation de la vitesse tactique maximale du bâtiment « à capacités égales d'armement, d'équipage et de tenue à la mer, un navire de 25 nœuds coûte environ 40% de plus qu'un navire de 20 nœuds ; l'accroissement de coûts est d'environ 100% pour 30 nœuds et de 200% pour 35 nœuds ! » (Ibid., p. 12) Un bâtiment évoluant à plus de 35 nœuds n’aurait pas suffi, un hélicoptère lancé à plus de 120 nœuds transforme la réponse apportée à la problématique opérationnelle.

La Marine nationale espérait bénéficier de sévères économies quant aux coûts de construction mais aussi de fonctionnement. Et les missions envisagées n'exigeaient pas un bâtiment de combat et de tous les systèmes d'armes associés. De ces caractéristiques découleront des conséquences architecturales profondes :

La première est la recherche d'une grande stabilité de la plateforme autant pour soutenir dans les meilleures conditions les opérations aériennes que pour tenir la mer de la manière la plus confortable possible, même dans des zones où elle est souvent déchaînée. La largeur du flotteur sera donc préférée, au détriment de sa longueur et donc de la finesse de la coque (Ibid., p. 15).

La deuxième consistait dans la recherche du plus petit volume possible, en profitant des progrès de l'automatisation afin de pouvoir réduire la taille de l'équipage nécessaire aux différents postes de quart. Seulement 6 à 7 personnes seront nécessaires pour tenir la veille dont trois en passerelle, une au central opérations et deux à trois dans la tranche propulsion. L'étude des besoins humains du programme retenait un équipage de 70 à 90 marins - contre 169 sur les avisos-escorteurs -, avec la possibilité d'accueillir un renfort d'équipage selon le profil de la mission et les équipements requis, comme l'embarquement d'un détachement de commando-marines fort d'une vingtaine d'opérateurs (Ibid., p. 16).

La troisième est que l'armement considéré pour les futures frégates ne pouvait excéder l'accomplissement des missions dites de service public et d’action dans des zones à risques limités. Cela supposait, en guise de manifestation de l'autorité de l'État en mer, un canon moyen pour les tirs de semonce ou de destruction et deux canons légers de 20 mm pour les tirs d'avertissement à courte distance.

Il fut retenu le canon de 100 mm/55 calibres Modèle 68 CADAM (Creusot-Loire) pour les Floréal (6) et autant que nécessaires furent prélevées d'anciennes unités. 4 missiles anti-navires MM38 Exocet (Aérospatiale), répartis en deux lanceurs doubles, complétèrent l'armement.

Des emplacements sont mêmes réservés pour l'éventuelle installation de lance-leurres AMGL-1C Dagaie Mk 2 (Ibid., p. 16) et plus tard pour des affûts Système Intégré MISTRAL (MISsile TRansportable Anti-aérien Léger) Bi-munitions pour l'AutoDéfense (SIMBAD) de l'Aérospatiale.

La quatrième touchait à la propulsion pour laquelle, et afin de permettre la marche d'unités devant tenir la mer deux fois plus longtemps qu'un bâtiment de combat, il fut retenu une paire de diesels rapides pour chacune des deux lignes d'arbre, permettant de tenir le ou les moteurs à régime optimal et donc d'éviter l'encrassement des injecteurs, réduisant d'autant la maintenance. Ils offraient l'avantage d'avoir une consommation très basse, d'être d'un encombrement divisé par deux vis-à-vis des turbines à vapeur. Par ailleurs, l'inverseur de poussée présent sur des bâtiments de génération précédente fut remplacé par des hélices à pas variable. Les futures frégates de surveillance devaient pouvoir parcourir 10 000 nautiques ou tenir la mer pendant environ 50 jours (Ibid., p. 16).

La dernière conséquence consistait dans le fait que retenir une construction aux normes civiles permettait une mise en concurrence des chantiers avec la Direction des constructions et armes navales (DCAN). Une consultation fut lancée par l'état-major de la Marine au milieu de l'année 1987 qui aboutissait au choix des Chantiers de l'Atlantique au début de l'année 1988.

Malheureusement les autres chantiers et les propositions qu'ils soumirent ne semblent pas être connues.

     L'entrée en phase de réalisation voyait se mettre en place une organisation industrielle associant (Ibid., p. 16) :

Les Chantiers de l'Atlantique pour la réalisation de la partie plateforme - une première depuis 30 ans, en 1988. Les prestations demandées comprenaient les études, la construction et les essais chantiers des six frégates avec la logistique de base pour la somme d'environ 1700 millions de francs (avril 1988), soit 440 millions d'euros en données converties en euros et corrigées de l'inflation (décembre 2020).

La Direction des constructions et armes navales (DCAN) quant aux travaux d'armement et d'intégration des armements précités, le radar de veille aérienne, les installations aéronautiques et quelques équipements de navigation et de transmissions fournis par DCAN Lorient pour la somme d'environ 700 millions de francs (avril 1988), soit 181 millions d'euros en données converties en euros et corrigées de l'inflation (décembre 2020).

Soit une répartition unitaire des coûts totaux du programme d'environ 400 millions de francs (avril 1988), soit 103,5 millions d'euros en données converties en euros et corrigées de l'inflation (décembre 2020). Six frégates seront ainsi construites entre 1990 et 1994 et admises au service actif entre 1992 et 1994 : 

  • Floréal (1992 - 2022 ?), 
  • Prairial (1992 - 2022 ?), 
  • Nivôse (1992 - 2022 ?), 
  • Ventôse (1993 - 2023 ?), 
  • Vendémiaire (1993 - 2023 ?), 
  • Germinal (1994 - 2024 ?).

     Le capitaine de vaisseau Claude Marcus a été le premier commandant (1991 - 1992) de la frégate Prairial et nous a offert le premier livre (Claude Marcus et Cristina Baron, Vigilance : Les frégates Floréal, Paris, ADDIM, 1994, 95 pages) au sujet de la classe Floréal (6) : soit six ans après l'entrée en phase de réalisation dudit programme.

 

Marine nationale : l'EPC Long Range Multi Mission pour remplacer les Floréal

« Augusto Conte de los Ríos (« La EDA y el programa de la corbeta europea », Global Strategy, 15 janvier 2021) a commis un beau papier au sujet de la Coopération Structurée Permanente (CSP) ou Permanent Structured Cooperation (PESCO) European Patrol Corvette (EPC). L'auteur a trouvé des documents remarquables dont le détail des cinq versions du programme dont celle de la Marine nationale : confondue par ses qualités nautiques si propres à la classe Floréal (6) et non-communes aux autres versions. Les études détaillées devraient être initiées en 2023 et s'achever au premier trimestre 2024 quand la mise en chantier de l'EPC n°1 débuterait pour une livraison en 2027 tandis que les EPC français sont espérés pour des réceptions échelonnées entre 2030 et 2034. »

 

     Les Marine nationale et Marina Militare formalisaient en juin 2019 un premier besoin d’état-major afin de pourvoir au remplacement des classes Floréal (6) et Comandanti (4), ce qui ouvrait la voie à l'inscription du projet European Patrol Corvette (EPC) dans le cadre des CSP/PESCO. Des décisions quant à l'allocation des fonds européens seront prises en 2021. Des propositions seront soumises par l'industrie la même année. Le projet EPC entrerait en phase d’industrialisation à partir de 2025 dans cette perspective. Les bâtiments considérés en France et en Italie seraient remplacés à partir de 2027 avec une première livraison au bénéficie de l'Italie. Les frégates de surveillance de classe Floréal (6) devraient être remplacées grâce à des livraisons à effectuer entre 2030 et 2034.

 

5 commentaires:

  1. Bonjour,

    Merci pour l'article.

    A propos de la mise en concurrence de 1988 : la Normed (Dunkerque, La Seyne, La Ciotat) n'était plus en mesure de faire une offre, après la décision de fermeture de 1986. Ce qui ne laissait guère d'autres intervenants que les Chantiers de l'Atlantique, du moins sur le plan français.

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    1. Madame, Monsieur,

      Bonjour, au plaisir que cela ait suscité votre intérêt !

      Je ne connaissais pas du tout NORMED. Mais j'avais supposé que, peut être, les Constructions Mécaniques de Normandie auraient été en mesure de présenter quelque chose ?

      Merci pour la précision.

      Bien navicalement,

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  2. Bonjour,petite et pardonnée coquille, les AE n'avaient pas d'hélice à pas variable.

    "Ils offraient l'avantage d'avoir une consommation très basse, d'être d'un encombrement divisé par deux vis-à-vis des turbines à vapeur et l'inverseur fut remplacé par des hélices à pas variable, comme sur les avisos-escorteurs."

    De plus l'AE Cdt Bourdais a au moins fait une période en Indien de quelques années (retour Lorient en Nov 82 pour devenir la conserve de la Jeanne d'Arc)
    Votre site reste toujours aussi intéressant, merci.
    Bon vent et bonne mer à vous
    Daniel Bruchec

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    1. Capitaine,

      Bonjour, et merci pour la correction apportée. J'ai vraiment eu une difficulté avec ce passage de l'ouvrage car, et au final : non, les avisos-escorteurs n'avaient pas de turbine à vapeur à ma connaissance et, non plus, ils ne possédaient d'hélices à pas variable.

      C'est bien ajouté pour l'aviso-escorteur « Commandant Bourdais » dont j'avais effectivement manqué le passage dans l'océan Indien.

      Et merci beaucoup pour votre appréciation qui me va droit au cœur !

      Bon vent et bonne mer à vous aussi,

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  3. Les AE hors Balny avait deux diesels réversibles par ligne d'arbre.
    Ce qui rendait plus facile les manœuvres portuaires.
    Un moteur en avant et un en arrière par hélice et l'on embraye celui qu'il faut !

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