Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 22 septembre 2018

ATM n°1 des FREMM : standard FACDAR ?

© Naval group. "Première vue des futures FREMM de défense aérienne", Mer et Marine, 21 septembre 2018.
Mer et Marine a pu se procurer la première esquisse informatique des FREMM aux capacités de défense aérienne renforcées. Les frégates Alsace (2021 - 2051) et Lorraine (2021 - 2051) - dont la première est en cours d'assemblage - sont les héritières des Horizon n° 3 et 4. Et cette première esquisse dévoilée concomitamment à l'annonce du remplacement des deux lanceurs Sylver A43 par des A50 sur les Bretagne et Normandie (FREMM n°5 et 6) affirment peut-être que les Alsace et Lorraine ne seront pas des FDA (Frégate de Défense Aérienne) mais plutôt un nouveau standard, probablement généralisé lors des premiers ATM, de toutes les FREMM.


La question de la succession des F70 AA - les Cassard (1985 - 2021) et Jean Bart (1988 - 2022) - demeurait pendante. Ces deux bâtiments ne bénéficiaient pas d'un système d'arme anti-aérien moderne à leur construction. Ils recevaient les ensembles RIM-24 Tartar débarqués des escorteurs d'escadre Bouvet et Kersaint (systèmes reçus des États-Unis en 1965). Une modernisation de ces deux frégates avec le PAAMS est envisagée. Le coût et les efforts supplémentaires induit par un nouveau système d'arme sur les faiblesses structurelles des frégates condamnaient pour l'EMM cette refonte à mi-vie.

Les Forbin et Chevalier Paul étaient commandées dans la LPM 1997-2002 afin de remplacer les FLE/FLM Suffren (1967 - 2001) et Duquesne (1970 - 2007).  "La loi de programmation militaire 2003-2008 [prévoyait] d'anticiper la commande d'un troisième bâtiment en 2007, pour une livraison en 2012." La quatrième frégate devait être commandée lors de la LPM suivante (2009-2014). Ce qui étalait la construction sur près de 10 années pour 4 bateaux. Mais les Horizon 3 et 4 étaient abandonnées en novembre 2005, avant même la rédaction du nouveau livre blanc (2007 - 2008). Il leur avait été préféré un allongement du nombre de FMM - devenues FREMM - à 17 ou 19 unités. D'où les FREDA (FREMM de DA). 

Quelle différence ? Une Forbin, par rapport à une Aquitaine, possède une plus grande autonomie (7000 nautiques à 18 nœuds contre 6000 à 15 nœuds), deux nœuds de plus (29 contre 27) pour la vitesse maximale, une turbine à gaz de plus (quand les Aquitaine n'ont aucune marge de puissance disponible pour un alourdissement futur), une deuxième pièce de 76mm et 12 lanceurs de plus avec une réserve pour 12 supplémentaires (percée à 48 (64) contre 32). 

Entre 2013 et 2015 se fige mais surtout se dévoile peu à peu les FREMM de DA qui succèdent assez officiellement aux FREDA. Leurs principales caractéristiques devaient être l'emploi de l'Aster 30 plutôt que de l'Aster 15 pour les FREMM ASM de la classe Aquitaine ainsi que l'accroissement de la puissance et donc de la portée de détection du radar Herakles. Mais très peu d'informations étaient donnés aux sujet des FREMM n°7 et 8 qui avaient survécu en raison de l'accentuation de leurs capacités de défense aérienne là, où, la version AVT du programme entier avait été purement et simplement annulé. La principale information, finalement, dévoilée est qu'il s'agissait bel et bien d'une FREMM ASM, donc d'une Aquitaine. C'est pourquoi elles ont été opportunément mais tout aussi officieusement surnommées par nous de FACDAR (FREMM ASM à Capacités de Défense Aérienne Renforcées) ici même.

L'esquisse confirme bel et bien cette affirmation simple : aucune différence dans la silhouette des futures Alsace et Lorraine ne les distinguent des six premières frégates du programme. Il n'y aurait pas de croiseur Alsace ? Il n'y aura donc pas l'ajout d'une tranche supplémentaire avec réaménagement des tranches voisines afin de porter la capacité en silos de 32 à 48. La pression sur le choix des munitions va brutalement s'accroître s'il était confirmé que le mode de lancement du FMAN sera bien vertical et non plus horizontal comme pour les MM38 à 40.

La Marine nationale communique sur deux plans :

Premièrement, cette silhouette via l'esquisse montre qu'il y aura bien huit FREMM ASM avec, en sus, cinq FTI qui en sont la version réduite, soit 13 frégates ASM modernes. Et encore, faut-il ne pas oublier de rappeler que les capacités ASM des Forbin et Chevalier Paul sont très bonnes, il ne leur manque plus qu'un sonar remorqué.. Il n'est donc plus question d'obtenir des bâtiments de guerre spécialisées dans la défense aérienne à l'instar des frégates du programme Horizon et de leurs caractéristiques particulières. Toutefois, leur mission particulière pourrait bien amener les Alsace et Lorraine à n'embarquer que des Aster 30 tandis que les Forbin et Chevalier Paul n'embarquent toujours pas de MdCN.


En conclusion, la concomitance des deux informations - l'absence d'une frégate spécialisée avec des caractéristiques nettement supérieures et la diffusion accrue des Aster 30 - amène à considérer que la décision prise et présentée est que les capacités de défense aériennes de toutes les FREMM seront renforcées, et ce, en deux fois. La première fois, il pourrait être question de remplacer tous les Aster 15 par des 30 sur chacune des six premières FREMM en débutant par l'Aquitaine en 2022 et ainsi de suite à échéance des 10 ans pour chaque bâtiment. La deuxième fois, et cela dépendra autant du choix de format pressenti depuis 2013 que du format de la flotte de surface à l'échéance 2030, la deuxième ATM de chaque bâtiment pourrait consister dans la généralisation, cette fois-ci, des radars à faces planes après retour d'expérience des FTI et des avancées des missiles hypersoniques, et donc d'une évolution majeure des moyens de guerre électronique.

Cette hypothèse est formulée car il n'y a pas eu volonté d'accroître la facture reposant sur l'opération FREMM de DA (1148,63 millions d'euros pour chacune des deux frégates), notamment via des modifications architecturales similaires à celles consenties pour la FREMM-ER (Extended Range) et ses déclinaisons proposées tant au Canada (sur base des FREMM Aquitaine et Carlo Bergamini) qu'en Australie. Se pose inévitablement, par contre, la question de ce que recouvre l'enveloppe budgétaire allouée aux deux "FREDA"... !

Maintenant, que va dire la Marine ? La Flotte s'était construite avec l'articulation de deux couples de frégates anti-aérienne puis de défense aérienne. Chaque couple avait une génération d'écart en moyenne, permettant de disposer de deux frégates modernes et à la pointe des retours d'expérience des opérations transposées dans le système d'armes développé. Sans jamais réussir à porter au même niveau le couple précédent ou même à achever la modernisation par incorporation d'unités nouvelles. Aujourd'hui, il n'y aura plus que deux frégates spécialisées plus 13 frégates ASM aux capacités de défense aérienne plutôt robustes. Est-ce une évolution vers la "croiseurisation" ? Ou bien Est-ce que les deux frégates DAMB évoquées par le Sénat sont les deux futurs bâtiments spécialisées ?

1 commentaire:

  1. Tout ceci est a minima.

    La FREMM-DA sera clairement un moins bon vecteur anti-aérien qu'une Horizon. La France restera donc à 2 Frégate anti-aériennes, contre un minimum de 4 demandées par la Marine.
    Par ailleurs, ce que les FREMM-DA gagnent en anti-aérien (+16 Aster 30), elles le perdent en projection vers la Terre (-16 Scalp), donc moins de polyvalence au global.

    J'ai un doute sur le remplacement des Aster 15 par des Aster 30 sur les premières FREMM, puisque si l'on gagne en longue-portée (avec l'Aster 30), on perd en courte-portée (plus du tout d'Aster 15), donc en auto-protection.

    D'où ... pleins de questions qui se posent :
    - Quid d'un panachage 8 Aster 15 + 8 Aster 30 + 16 Scalp ? Mais sera-ce suffisant pour l'auto-protection du navire ET l'autoprotection d'une zone (8 missiles à chaque fois) ?
    - Quid d'un retrofit de ces premières FREMM avec des lanceurs supplémentaires ? Y a-t-il de la place ?

    Pour l'autoprotection, de nombreux pays utlisent l'ESSM avec 4 missiles par silo, quand on ne peut mettre (a priori) qu'un seul VL-MICA par silo.
    Plein de questions également ...
    - Pourquoi pas 4 VL-MICA par silo ? Je pense que c'est dû à ses gouvernes qui prennent trop de place. Rappelons qu'il a été conçu uniquement pour être tiré depuis des avions, et que sa navalisation n'est qu'un opportunité.
    - Le futur MICA-NG prendra-t-il en considération cette contrainte/possibilité d’en-silotage de 4 missiles par silo ?
    - Il est possible d'utiliser les Crotale (NG ou VT1) par grappes de 4 missiles par silo. Il est plus vieux que le MICA, même s'il a été modernisé. N'y aurait-il pas d’intérêt à utiliser des Crotale pour l'autoprotection du navire et libérer des silos pour mettre plus de Aster 30 pour la longue-portée ? Par exemple 16 Crotale + 12 Aster 30 pour "seulement" 16 silos ? Ou ne peut-on pas caser un lanceur Sylver A35 quelque part (plus petit, 4 silos seulement) (devant ou derrière ceux déjà présents) pour avoir 16 Crotales et conserver 16 Aster 30 ? La question derrière tout ça, les Crotales les plus récents ont-il encore un intérêt militaire ? Si c'est le cas, il y a une opportunité intéressante.

    QC

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