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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 27 septembre 2014

Eté 1914, un autre monde ? "Les sous-marins allemands devant New-York" d'Adolf Beckmann"


© Wikipédia. Le S.M. U-117 au cap St Charles.
C'est grâce à la traduction du capitaine de frégate R. Jouan que nous avons accès à ce récit de guerre. L'ingénieur en chef de l'U-117 nous relate la grande croisière de ce sous-marin mouilleur de mines (40 engins lors de cette sortie, en plus de la grosse douzaine de torpilles pouvant être lancées par les 4 tubes de la proue et les 2 à la poupe). Le bateau est dérivé des croiseurs sous-marins allemands construit pour le transport maritime, tel le Deutschland.

L'ouvrage possède une préface écrite par le CF Jouan. C'est l'occasion de présenter les grandes croisières des sous-marins allemands à destination des côtes américaines. Outre l'U-117 et le Deutschland (militarisé, il devient l'U-155), les Bremen, l'U-53, les U-151 à 157 et l'U-140 effectuèrent eux aussi des missions de guerre dans l'hémisphère occidental.

Dans l'introduction, nous avons notamment le récit de la croisière du Deutschland. Celui-ci réussit à contourner le blocus anglais (ce qui était un évènement d'une porte stratégique et symbolique très forte, surtout après l'exploit de l'U-9), ce submersible se soumet aux contrôles des autorités américaines à son arrivée à Newport News après avoir remonté la Chesapeake...

Introduction fort utile pour apprendre, aux détours de certains faits de guerre, que la guerre sous-marine de la Grande guerre était plus compliquée (ou complexe ?) que celle du second conflit mondial. Les Etats-Unis sont demeurés assez longtemps un puissant neutre qui ne cachait pas être gêné par le blocus anglais. En outre, il y a eu plusieurs phases de la guerre sous-marine, entre respect de tout ou partie du droit international, ou non quand les sous-marins allemands ne se limitaient plus et, enfin, la guerre sous-marine à outrance, elle-même entrecoupée de différentes phases.

Après cette courte mais riche introduction le CF Jouan nous laisse découvrir le récit de l'ingénieur en chef de l'U-117 : Adolf Bechmann. Ce n'est pas rien de passer plutôt par quelqu'un de l'arrière plutôt que de l'avant tant la réussite de la croisière du submersible tiendra dans la capacité des mécanos à maintenir opérationnel le bateau, loin de sa base et de tout ravitaillement. Entre les fuites des soutes externes à gazole, la gestion de l'eau à bord, le manque de gazole qui conduit l'U-117 dans une piteuse situation (sans assez de fioul et d'eau douce pour ralier l'Allemagne) à rejoindre l'U-140 au milieu de l'Atlantique et la maintenance ordinaire, c'était un défit hautement relevé.

Beckmann évoque dans son récit une maladie qui sévit à bord des navires en croisière. Très vite, nous devinons qu'il s'agit d'un ennui profond et d'une perte de morale quand l'équipage est confrontée à la routine des missions de guerre. Entre le peu de confort, les risques et l'absence de cible, le moral de l'équipage n'est pas au beau fixe. De facto, il est particulièrement savoureux de constater l'effet de l'activité militaire, de la réussite des mouillages de mines et des torpillages comme remède à cette maladie. Et ce n'est pas rien quand Beckmann relate la construction d'un four électrique artisanal et la version allemande du choux à la crème...

Le renseignement, notamment d'origine électromagnétique, est un facteur crucial de la guerre (anti) sous-marine. Les allemands relatent l'utilisation de bateaux de signalisation par les Alliés pour suivre le trafic germain. Tout comme le canon du submersible se tient prêt à exploser le local TSF du navire abordé au cas où son équipage ne respecterait pas les règles du droit de prise.

Mais, à moins d'un oubli coupable de l'auteur de ces lignes, les submersibles allemands ne semblent pas disposer du moindre moyen de communiquer avec Berlin à longue distance. La chasse au commerce se fait donc le long des routes maritimes, routes qui sont patrouillées. Et puisque c'est le début de l'aviation, notamment maritime, les bateaux gris ne sont pas non plus soutenus par le fait aérien (même pas un grand dirigeable ?). Naviguer à la seule vue du quart en surface n'est pas source d'efficacité, ce qui implique pour l'U-117 de se rapprocher des points de concentration des puissances maritimes adverses : en l'occurence, les ports américains.

La logistique sous-marine dans les conditons du premier conflit mondial, c'est quelque chose aussi. Imaginez, les U-117 et U-140 à couple. Le premier demandant au second du gazole. Comment le transborder ? Dans des boites étanches. Deux jours de travail... Et si quand l'appétit va, tout va, dans le cas pratique d'espèce, cela dépend énormément des prises... Un des marins, quand un des voiliers abordés est envoyé par le fond, verse une larme : les Allemands ont oublié de visiter une cale pleine de cubains...

Enfin, tout au long de la navigation, nous avons le récit de la mise en oeuvre du submersible : les prises de plongée, les remontées à la surface, la tenue du bateau quand il est posé sur le fond, la gestion de la pesée, etc... Le lecteur appréciera de croiser au fil de ses lectures des manières de naviguer qu'il retrouvera tout au long du XXe...

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