Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





dimanche 31 juillet 2016

2017 - 2025 : une prééminence aéronavale américaine renforcée ?

© Mae O. Campbell/U.S. Navy. Tug boats maneuver the pre-commissioning unit Gerald R. Ford (CVN 78) into the James River during the ship's "turn ship" evolution on June 11, 2016, in Newport News, Virginia.
Nous proposions quelques remarques sur le positionnement des bombardiers anti-navires (sans nous attarder sur les indispensables avions de patrouille maritime). Remarquons que les quelques années à venir serons positives pour la diplomatie navale américaine eu égard à l'activité des différents porte-aéronefs et porte-avions de par le monde. 

Précisons que par "porte-avions", nous entendons une poutre navire portant un pont plat continu aux normes CATOBAR (Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery) : c'est-à-dire que les aéronefs à voilure fixe opérant depuis ce navire possèdent les mêmes performances que s'ils avaient opérés depuis la terre. 

Nous opposons donc le porte-avions (CATOBAR) au porte-aéronefs qui s'il prend l'apparence du premier ne permet pas à ses aéronefs à voilure fixe les mêmes performances qu'à terre. Rassemblons ici les ponts plats STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery) et STOVL (Short Take-Off and Vertical Landing), ceux disposant seulement de brins d'arrêt et ceux ne disposant que d'un pont plat continu. Ce sont des porte-aéronefs.

Le porte-avions Charles de Gaulle bénéficiera d'un deuxième ATM (Arrêt Technique Majeur) à partir, a fortiori, de février 2017. D'une durée de 18 mois, cette véritable refonte à mi-vie, d'un coût allant de 1,2 à 1,3 milliards d'euros, privera la Marine nationale de son unique porte-avions jusqu'en septembre 2018, et un peu plus si nous tenons compte des opérations de remise en condition opérationnelle du navire et du groupe aérien embarqué.

L'absence du navire français se fera ressentir dans le bassin oriental de la Méditerranée ainsi que dans le Golfe Persique où sa présence permettait, quelques fois, de renforcer le poids de la diplomatie navale américaine, voire d'assurer la soudure entre le passage de deux groupes aéronavals américains pour la première fois en 2015. Concernant la diplomatie navale française, le groupe aérien embarqué risque très certainement d'être basé à terre (depuis la Jordanie ? Les EAU ?) tandis que les C-135 FR s'épuisent inexorablement (les deux premiers A330 MRTT Phénix n'arriveront qu'en 2018 et 2019). 

Le Charles de Gaulle ne sera pas le seul à effectuer une croisière au quatrième trimestre (dès septembre) puisque l'unique porte-aéronefs de la Voïenno-Morskoï Flot doit également visite la Méditerranée pour trois à mois (dès octobre). Hasard du calendrier, l'Amiral Kuznetsov entrera également dans une refonte à la fin de l'année 2016. Cette autre arlésienne aéronavale - après le PA2 - est évoqué depuis au moins l'année 2010. Cette arrêt technique pourrait durer jusqu'à cinq années s'il fallait en croire le chiffre évoqué depuis cette date. 

Une autre arlésienne aéronavale - le PA2 russe - pourrait être mis sur cale seulement aux alentours de l'année 2025. Entre temps, la Russie serait longuement privé de ponts plats, il serait difficile que la refonte annoncée du Kuznetsov dure moins de deux années. Sans tenir compte de la phase de remise en condition opérationnelle qui s'en suivra. La Russie connaîtrait alors la permanence aéronavale et renouvellerait, peut être, sa volonté de construire six porte-avions d'ici à 2050. Notons, toutefois, que la marine russe retrouverait plusieurs croiseurs modernisés dans les toutes prochaines années pour soutenir sa diplomatie navale. Ce qui ne manquera pas d'être un cas pratique intéressant, influençant les projets d'avenir de la programmation navale du pays.

Il serait également question que le Brésil effectue une refonte de "deuxième vie" de l'ancien porte-avions Foch, le NAe São Paulo. Le navire serait alors indisponible de l'année 2017 jusqu'à 2019 si l'opération se confirmait. Et c'est sans oublier une éventuelle commande de Sea Gripen qui nécessiterait d'adapter le pont plat brésilien (tremplin ?). Dans l'idéal, ces modifications interviendraient pendant la refonte, faute d'un bon calendrier, elles pourraient aussi intervenir après, empêchant d'autant le navire d'être opérationnel. Ce qui laisserait le champ libre à la IVe flottes américaines dans l'Atlantique Sud. 

Du côté de la Chine, la communication annoncera une éventuelle indisponibilité pour entretien quand il sera manifeste que le porte-aéronefs sera en cale sèche. En attendant, une refonte serait mal venue pour un navire ayant bénéficié il n'y a pas cinq années d'une telle opération. Il reste que le mystère plane plutôt sur le calendrier de construction du deuxième porte-aéronefs devant accompagner le Liaoning. Aux environs des années 2023-2025, la Chine devrait connaître la permanence aéronavale. Deux autres unités (un sistership du navire en construction, un porte-avions à propulsion nucléaire) seraient prévues.

L'Inde désarmera bien l'INS Viraat, l'ex-HMS Hermes. Le calendrier naval indien voit également le nouveau porte-aéronefs, l'INS Vikramaditya, être indisponible pour environ huit mois. Et la marine indienne comptera sur ce navire jusqu'en 2023. Le premier porte-aéronefs de conception nationale (avec assistance italienne) doit être déclaré bon pour le service cette année là, permettant à l'Inde de connaître la permanence aéronavale. 

Le Royaume-Uni doit voir les premiers essais aéronautiques débutés en 2017 sur le Queen Elizabeth. Le navire devrait être déclaré bon pour le service en 2020. Le HMS Prince of Wales serait, quant à lui, déclaré opérationnel en 2023.

Nous tentons d'esquisser que d'ici à 2019-2020, le rapport de force aéronaval mondial bénéficiera largement aux Etats-Unis d'Amérique. Les porte-avions français et russe ne seront pas encore opérationnel. Le navire chinois devrait l'être, tout comme son équivalent indien sur la même période. La concentration aéronavale américaine devrait être plus facile à réaliser puisque l'US Navy met en œuvre dix porte-avions et qu'une onzième unité est en cours de finition (malgré les difficultés concernant le CVN 78, la situation est plutôt confortable). 

Sur la période suivante, 2020-2025, le rapport de force sera encore plus favorable aux Etats-Unis puisque les marines russe et chinoise ne bénéficieront pas de l'entrée en flotte de nouvelles unités. Au contraire, le porte-aéronefs russe pourrait être encore en cours de refonte. Par contre, la marine indienne devrait atteindre la permanence aéronavale en 2023, tout comme le Royaume-Uni et la France aurait retrouvé son porte-avions à la mer en 2018. 

Dans le cadre de l'équilibre des forces dans les océans Indien et Pacifique, la balance devrait pencher en faveur des alliés des Etats-Unis, aussi bien par les ponts plats que les bombardiers anti-navires. Cependant, le poids aéronaval américain sera à fortement nuancé quand la Chine et la Russie atteindront au moins deux unités chacune vers 2025. Et surtout quand le Royaume-Unis, l'Inde, la Russie et la Chine atteindront la permanence aéronavale, ce qui pourrait les inciter à autonomiser l'emploi de leur groupe aéronaval.


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