Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 8 mai 2018

SNA-NG Suffren : un dispositif de ravalage d'une ALR ?

© DCNS. Alain Bovis, La technologie des sous-marins, Bayeux, Heimdal, 2016, p. 16.
La lecture de l'ouvrage La technologie des sous-marins d'Alain Bovis (Bayeux, Heimdal, 2016, 128 pages) réservait d'autres surprises. Après avoir trouvé l'esquisse en dessin assisté par ordinateur d'un SNLE qui n'appartient à aucune des classes existantes (Le Redoutable (6) et Le Triomphant (4) - serait-ce le SN3G ? -, il est aussi possible de trouver un dispositif fort intéressant permettant de déployer et ravaler une Antenne Linéaire Remorquée (ALR).

Les sonars sont gênés par le bruit propre du porteur et c'est pourquoi le "baffle arrière" est le résultat du fonctionnement du propulseur. Mais en passant de la poupe à la proue, il se trouve aussi que plus le sous-marin marche vite, plus les bruits d'écoulement de l'eau à l'avant provoquent, eux-aussi, un bruit propre qui à partir de certaines vitesses peuvent intrinsèques à chaque bateau peuvent rendre le sonar sourd. Les ALR répondent à ce besoin opérationnel très particulier aux sous-marins. Il s'agit ni plus ni moins que d'un long câble tracté en remorque du sous-marin sur lequel plusieurs tronçons sont garnis d'hydrophones : une sorte de sonar linéaire.

La France parvient à concevoir et fabriquer ses propres ALR au tout début des années 1980 (Thierry d'Arbonneau (dir.), L'encyclopédie des sous marins français - Tome IV : La fin de la Guerre froide, Paris, SPE Barthélémy, 2017, pp. 190 - 196) : CALECHE (1982), CALECHE 2 (1983) et SULKY (1982) donneront naissance aux familles des DSUB/V 61 (1987) et DSUV 62 (1981). Par contre, ces ALR supposent sur les sous-marins que l'antenne soit prise en remorque avant de partir en mission et que seul un bâtiment de soutien peut venir l'installer ou la récupérer dans un port ou une base navale. Cela participe à apporter quelques limites dans l'emploi opérationnel du bateau. Ce qui ne gêne nullement un SNLE (Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins) dont la mission, en France, est de se diluer dans l'Océan. Mais cela gêne bien plus un SNA (Sous-marin Nucléaire d'Attaque) qui peut être amené à évoluer dans la bande littorale ou, tout simplement, à effectuer des escales.

Pourtant, il avait été essayé un dispositif de déploiement et de ravalement d'une ALR sur Le Tonnant (1980 - 1999) alors refondu M4. En octobre 1987, met en œuvre le dispositif mais son intérêt demeure limité eu égard aux missions menées : départ de Brest, retour à Brest. Rien n'est dit sur le pourquoi du comment une version réduite de l'installation n'a pas été essayée sur les SNA de classe Rubis. Elle peut très bien l'avoir été sans être retenu, la genèse de ces bateaux étant frappés du saut de la très modeste extraction. Sous d'autres aspects, les marges d'adaptation et de modernisation des Rubis sont peut être très limitées en raison de leur très petite taille.


C'est pourquoi le livre d'Alain Bovis permet d'apprécier un dessin assisté par ordinateur d'un tel dispositif de déploiement et de ravalement d'une ALR. L'esquisse montre bel et bien un bateau du type Barracuda eu égard à la forme de la coque hydrodynamique. L'ouvrage La technologie des sous-marins publié en 2016 laisse entendre qu'il pourrait s'agir de ce qui a été qualifié ici de "Barracuda n°2" (2006 - 2014) ou de "Barracuda n°3" (2014).  Les deux passages de la coque hydrodynamique correspondent très bien aux sas prévus pour les commando-marines et autres nageurs de combat sur le Suffren tel que dévoilé en 2006 avec la répartition des volumes internes.

Par contre, il ne semble pas s'agir du Shortfin Block 1A, c'est-à-dire la version vendue à l'Australie le 26 avril 2016, puisque le propulseur semble être une simple hélice et non pas une pompe-hélice (pump-jet). Les Collins australiens emploient un tel dispositif de ravalement d'ALR. Mais les dessins d'artistes proposés autour de la candidature puis de la victoire française autour de ce marché ne montrent pas forcément tout, bien entendu...

Pourrait-il s'agir d'une proposition commerciale dans le cadre d'une pré-candidature à un programme de renouvellement ? Par exemple, les velléités françaises de candidater au remplacement des quatre sous-marins hollandais de la classe Walrus via une proposition fondée sur un Barracuda à propulsion classique pourrait expliquer une telle étude dont ce dessin assisté par ordinateur serait l'esquisse. Les Walrus emploient un tel dispositif pour déployer et ravaler une ALR.

Remarque qui sert aussi qu'il puisse être question d'un SNA de la classe Suffren, la partie française du programme Barracuda. Après tout, il est tout aussi envisageable qu'il puisse être question d'une esquisse plus proche de l'année 2006 que de 2016, auquel cas les choix ayant trait à la pompe-hélice pourraient ne pas avoir été figés avant une certaine date. Dans cette perspective, il ne serait pas illogique que l'officier de programme (EMM) et le directeur de programme (DGA) ait exploré la pertinence de certains équipements pouvant - ou non - être intégrés dont un dispositif de ravalage d'une ALR. 

Toutefois, d'autres dessins assistés par ordinateur publiés au sujet du futur Suffren suggèrent un espace très occupé entre les coques épaisse et hydrodynamique entre le propulseur et le réacteur. Difficile d'installer un tel touret pour une ALR mesurant dans les 500 mètres pour les 0,8 mètres de diamètre. Mais une place semble pouvoir être exploitée entre la brèche et certaines bouteilles HP.

Cette interrogation liée à cette esquisse en DAO amène à se demander où est le dispositif d'ancrage de l'ALR sur les Suffren : il n'est visible nulle part. Et les clichés du chantier du Suffren se gardent bien de montrer le bateau depuis l'arrière.

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