Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 19 décembre 2018

Cuirassé de 21 000 tonnes projet C

© 2007- 艦艇写真のデジタル着彩 Atsushi Yamashita.
Ces quelques commentaires au sujet de ces projets de bâtiment de ligne, cuirassés et croiseurs de bataille confondus, doivent aboutir à la formalisation du bâtiment type qui fondera toute la philosophie des dernières unités françaises de ce genre. Mais là où il s'agissait de trouver avec le croiseur protégé le "graal" fondant quelques choix perdurant encore de nos jours par bien des aspects, l'attention se porte vers un point de divergence. Ce n'est pas le cuirassé de 40 000 tonnes portant du 450 mm, encore moins le 35 000 tW qui sont des occasions manquées de mettre sur cale rapidement une ligne de bataille permettant à la France de faire jeu égal avec les premières puissances. Non, c'est le projet C de la classe Courbet dès 1908 (John Jordan et Philippe Caresse, French Battleship of World Ware One, Annapolis, Naval Institute Press, 2017, 320 pages) qui est le point de divergence : sa non-adoption signe le déclasse total du corps de bataille français.

La France revient de très loin sur le plan naval : Paris paie les errements doctrinaux consécutifs aux débats opposants la Jeune école à l'Ecole historique ainsi nommée par opposition. Le statut naval de 1890 de 24 cuirassés décliné en deux révisions en 1894 et surtout en 1896 portant le nombre de cuirassés à 28 est un échec retentissant quand les empires britannique et français se rencontrent à Fachoda (18 septembre 1898 – 3 novembre 1898). Le point culminant de cet échec naval d'une ampleur systémique est la mise sur cale et le lancement de la "flotte d'échantillons" (1891 - 1898). Ces "cuirassés chavirables" selon le mot de l'ingénieur Emile Bertin confirmèrent le qualificatif lors de la perte du Bouvet (18 mars 1915, 648 disparus et 75 survivants) qui toucha une mine pour chavirer en moins d'une minute. Seule la classe Charlemagne (Charlemagne, Gaulois, Saint-Louis) de 11 500 tonnes (1894 - 1899) avec deux unités améliorées que sont les Iéna et Suffren de 12 500 tonnes (1898 - 1904) corrigent le tir du statut naval de 1890 révisé deux fois.



Classe Patrie
Classe Formidable
Sous-classe Queen
Classe Liberté
Classe
King Edward VII







Unités
(service actif)

République
(1902 - 1921)
Patrie
(1903 - 1928)

HMS Queen

(1904 - 1919)

HMS Prince of Wales

(1904 - 1919)
Justice
(1904 - 1922)
Liberté
(1905 - 1911)
Vérité
(1907 - 1922)
Démocratie
(1908 - 1921)
HMS King Edward VII (1905 - 1916)
HMS Commonwealth (1905 – 1921)
HMS Dominion
(1905 - 1918)
HMS Hindustan
(1905 - 1918)
HMS New Zealand
(1905 - 1917)
HMS Africa
(1906 – 1918)
HMS Britannia
(1906 – 1918)
HMS Hibernia
(1907 – 1917)
Longueur (mètres)
133,8
131,6
133,8
138,23
Maître-bau (mètres)
24,26
22,9
24,26
23,28
Tirant d’eau (mètres)
8,41
7,72
8,4
8,15
Déplacement lège (tonnes)
14 605
15 000
14 489 à 14 860
16 350
Protection à la ceinture (mm)

280



229 à 305

280

203 à 305
Puissance (CV)
18 000
15 500
18 500 à 19 000
18 000
Vitesse (nœuds)
19
18
19,3
18,5 à 19,3




Artillerie
2 x II 305 mm
6 x II
6 x I 164 mm
2 TLT (450mm)
     2 × I 305 mm
12 × I 152 mm
16 × I 76.2 mm
6 × I 47 mm
2 × mitrailleuses
4 TLT (450 mm)
2 × 2 305 mm
10 × 1 194 mm
12 × 1 65 mm
8 × 1 47mm
2 TLT (450mm)
2 x II 305 mm
14 × I 76 mm
4 × I 234 mm
10 × I 152 mm
14 × I 47 mm
2 × mitrailleuses
5 TLT (450 mm)
Tableau 1 - Comparaisons entre les classes Patrie et Liberté (Marine nationale) et les classes Queen et King Edward VII (Royal navy).
 
Afin de procéder à un salutaire redressement, le ministère Lanessan proposait le programme naval de 1900 (Martin MOTTE, Une éducation géostratégique - La pensée navale française de la Jeune école à 1914, Paris, Économica, 2004, pp. 462-469) afin d'assurer à la Marine nationale un corps de bataille fort de 28 cuirassés et 24 croiseurs-cuirassés. La Flotte drainait 22 cuirassés selon Lanessan mais seulement 13 cuirassés modernes d'après Martin Motte. La future loi devait avaliser la construction d'une nouvelle escadre de six cuirassés et graver dans le marbre le format ainsi retenu : quatre escadre de six cuirassés plus quatre unités pour parer aux aléas. Non seulement le Parlement vote la loi portant le programme naval mais réduit le temps exigé par son achèvement de huit à sept ans. Les six nouveaux bâtiments de ligne relèvent des classe République (République (1902 - 1921) et Patrie (1903 - 1928) et classe Liberté (Liberté (1905-1911), Justice (1904 - 1922), Vérité (1907 - 1922) et Démocratie (1908 - 1921) sont des cuirassés de 15 000 tonnes.

Le programme de 1900 devait culminer avec la mise sur cale des six cuirassés de 18 000 tonnes (1907 - 1911) de la classe Danton (Voltaire, Condorcet, Diderot, Danton, Mirabeau et Vergniaud). Mais les HMS Dreadnought et Invincible sont mis sur cale, respectivement, en 1905 et 1906. Ils déplacent tous les deux plus de 20 000 tonnes et constituent ensemble une rupture dans la manière de concevoir la ligne de bataille. Le HMS Dreadnought dispose d'une conduite de tir de l'artillerie principale centralisée et cette dernière est mono-calibres, six tourelles doubles de 305 mm disposés en losange. Reprenant ces caractéristiques techniques, le HMS Invincible est le premier croiseur de bataille qui est moins cuirassé mais plus rapide : 25 noeuds contre 21 pour le Dreadnought et 19 pour les Danton. Les "battlecruiser" doivent, notamment, pouvoir "barrer le T" à la ligne de bataille adverse.



HMS Dreadnought
Classe Danton
« Cuirassé Laubœuf »


Unités
(service actif)

HMS Dreadnought
(1906 - 1923)
Danton       (1909 - 1917) Voltaire      (1909 - 1935) Diderot       (1909 - 1936) Condorcet  (1909 - 1931) Mirabeau   (1909 - 1921)
Verginaud   (1910 - 1921)


1908
Longueur (mètres)
161
146,60
-
Maître-bau (mètres)
25
25,80
-
Tirant d’eau (mètres)
7,90
8,70
-
Déplacement lège (tonnes)
18 420
18 300
25 000
Protection à la ceinture (mm)
100 à 280
200 à 255
230
Puissance (CV)
22 500
22 500
-
Vitesse (nœuds)
21
19
22

Artillerie
5 × II 305 mm
27 x I 76 mm
5 TLT (457 mm)
2 × II 305 mm
6 × II 240 mm
16 x I 75 mm
2 TLT (450 mm)
16 x 305 mm
Tableau 2 - Comparaison du HMS Dreadnought (Royal navy) avec la classe Danton et le projet de cuirassé de Laubœuf.

Le corps de bataille français est entièrement déclassé d'un seul coup. Et les Danton sont mis sur cale deux années après le HMS Dreadnought. Déjà obsolètes et plus coûteux (45 millions de livres contre 35 pour le Dreadnought) qui plus est ! C'est, par ailleurs, une constante depuis les années 1890 : les bâtiments de ligne français s'ils sont, dans l'absolu, comparables de par leurs caractéristiques avec leurs équivalents étrangers, sont toujours mis sur cale et achevés cinq années, en moyenne, plus tard.

En 1905, la Marine nationale est au quatrième rang mondial, derrière l'Empire allemand. "Si le programme de 1900 avait été mené à bien, la France eût disposé en 1906 de 6 cuirassés puissants (les Patrie, République, Démocratie, Liberté, Justice, Vérité) qui, ajoutés aux précédents, lui eussent assuré une confortable avance sur l'Allemagne." (ibid., p. 580). Le décrochage naval croissant de la France était patent : 11 unités modernes contre 12 aux États-Unis, 16 à l'Allemagne et 43 pour l'Empire britannique. En tenant compte des cuirassés en chantier et en projet, le différentiel s'accroît, par exemple, entre 17 cuirassés pour la France contre 24 pour l'Empire allemand.
Le programme naval de 1905-1906 poursuit l'œuvre de Lanessan, malgré Pelletan et l'ultime réaction de la Jeune école dévoyée. Gaston Thomson, nouveau ministre de la Marine, se voyait proposer par le Conseil Supérieur de la Marine (CSM) un nouveau programme naval douze jours avant Tsushima (27 - 28 mai 1905)... Lui-même, heureusement, favorable aux cuirassés, il a sur son bureau la proposition d'augmenter le nombre prévisionnel de cuirassés de 28 à 34, soit cinq escadres de six unités plus quatre bateaux de remplacement et 15 croiseurs-cuirassés (avec trois de remplacement en sus). Le terme de ce programme était l'année 1919, ce qui supposait, en tenant compte des unités existantes, à venir et à désarmer, la construction de 11 cuirassés et 10 croiseurs-cuirassés (ibid., pp. 579-580).

L'une des contraintes majeures qui empêchent la Marine nationale de disposer d'unités d'aussi bonne conception et facture que les marines rivales est la taille des bassins (John Jordan et Robert Dumas, French Battleships - 1922-1956, Londres, Seaforth Publishing, 2009, p. 10). A Brest, les bassins 2 et 3 de Pontaniou ont une longueur de 178 mètres pour 27 (bassin 2) et 33 (bassin 3) de largeur. Les bassins 8 et 9 de Laninon de 250 mètres de long pour 26 de large voient leurs travaux débutaient en 1910 pour s'achever en 1916. A Toulon, les bassins de Missiessy 1 et 3 atteindront 202 mètres par 30,5 en 1913 alors que le troisième demeurera à 179 mètres de longueur. Avant 1913, les bassins militaires des port-base des cuirassés ne dépassent pas les 170 mètres. C'est un problème dès la construction et à chaque carénage ou grand carénage. Raison pour laquelle les 170 mètres entrave le développement de la ligne française alors que la classe Orion (1909 - 1912) les dépasse dès leur mise sur cale.

Les cuirassés de 23 500 tonnes (1910 - 1914) s'inscrivent dans la poursuite du redressement tout en incorporant les ruptures apportées par le HMS Dreadnought. Par rapport aux Danton, le Conseil supérieur de la Marine (John Jordan et Philippe Caresse, French Battleship of World Ware One, Annapolis, Naval Institute Press, 2017, pp. 139 - 140) demande en octobre 1907 des améliorations pour les nouveaux cuirassés à mettre sur cale. L'artillerie principale sera toujours construite à partir du 305 mm uniquement et non plus autour du couple 305/240. Il est demandé un renforcement dans le nombre d'obus stockés dans les magasins de l'ordre de 25 à 30%, une artillerie secondaire construite autour de 16 pièces de 100 mm en casemate et deux tubes lance-torpilles supplémentaires. Les futurs bâtiments devront avoir un déplacement de 21 000 tonnes comparativement aux réalisations étrangères et, donc, ne pas dépasser 170 mètres.

Le 15 novembre 1907 (ibid., p. 139), le ministre de la Marine, M. Gaston Thomson, demande à la section technique de l'Etat-Major de la Marine de préparer un projet fondé sur les critères susmentionnés et ces études devront inclure trois alternatives avec une artillerie principale mono-calibre construite autour de pièces de 30, 27 ou 24 cm. Le projet A est présenté le 25 janvier 1908. Les projets B et C le sont le 19 juillet 1908. 

Dès 1907 l'EMM demande l'étude de tourelles triples et quadruples (ibid., p. 140) et c'est la raison d'être du projet C (p. 140). Ce détail est très important car il est très probablement à relier au projet de cuirassé de 25 000 tonnes de Laubeuf comprenant 16 pièces de 305 mm et il y a fort à parier qu'il s'agissait de tourelles quadruples. C'était comme si le projet B de la classe Normandie du 1er février 1912 aurait été mis sur cale dès 1910 et non pas 1914.



Classe
Courbet
Classe
Iron Duke
Classe
Bretagne
Classe
Queen Elizabeth




Unités
(service actif)
Jean Bart
(1913 - 1946)

Courbet

(1913 - 1944)

Paris

(1914 - 1956)

France

(1914 - 1922)
HMS Iron Duke
(1912 - 1914)
HMS Marlborough (1912 - 1914)
HMS Benbow
(1912 - 1914)
HMS Emperor of India
(1912 - 1914)
Provence
(1913 - 1942)

Bretagne
(1913 - 1940)

Lorraine
(1913 - 1952)
HMS Queen Elizabeth
(1914 - 1948)
HMS Warspite
(1915 - 1950)
HMS Barham
(1915 - 1941)
HMS Valiant
(1916 - 1948)
HMS Malaya
(1916 - 1948)
Longueur (mètres)
168
189,8
166
196,82
Maître-bau (mètres)
27,90
27,4
16,9
27,58
Tirant d’eau (mètres)
9
9,.98
9,8
9,19
Déplacement lège (tonnes)
23 189
25 000
23 230
27 500
Protection à la ceinture (mm)
180 à 270
304,8
270
330,2
Puissance (CV)
28 000
29 000
43 000
75 000
Vitesse (nœuds)
21
21,25
20
24


Artillerie
6 x II 305 mm
22 x I 140 mm
4 x II 47 mm
4 TLT (457 mm)
5 × II 343 mm
12 × I 152 mm
2 × I 76 mm
4 TLT (533 mm)
 5 x II 340 mm
14 x I 138 mm
8 x 37 mm
4 TLT (450 mm)
 4 x II 381 mm
14 x I 152 mm
2 × I 76,2 mm
4 × I 47 mm
4 TLT (530 mm)
Tableau 3 - Comparaison entre les classes Courbet et Bretagne (Marine nationale) avec les classes Iron Duke et Queen Elizabeth (Royal navy).

Le projet A est une version améliorée à la marge des Danton, c'est-à-dire un cuirassé de 21 600 tonnes contre 18 300 tonnes pour le Danton, une coque de 160 mètres contre 145 mais la même artillerie principale soit 4 pièces de 305 mm en deux tourelles doubles en chasse et en retraite avec 12 pièces de 240 mm en six tourelles disposées latéralement. La protection est globalement renforcée et la vitesse maximale augmentée d'un noeud.

Le projet B de 23 200 est la future classe Courbet (Courbet, Jean Bart, Paris et France). Au lieu d'une artillerie principale bi-calibre, il s'agit d'adopter 12 pièces de 305 mm en six tourelles doubles. L'artillerie secondaire est constituée de 12 pièces de 140 au lieu du 100 demandé. Les autres caractéristiques sont les mêmes que celles du projet A.

Le projet C déplace 22 200 tonnes et adopte toujours une artillerie mono-calibre de 305 mm. les 12 pièces doivent procéder de l'arrangement suivant : une tourelle triple en chasse, une tourelle triple et une double en retraite, deux tourelles doubles latérales. L'artillerie secondaire n'est plus de 12 pièces de 140 en casemate mais bien de 18. Et le déplacement est réduit de 1000 tonnes à caractéristiques égales !

  • Projet C1 : variante imaginaire. Elle comprend deux tourelles triples à l'avant en plus de deux à l'arrière. Une nouvelle économie similaire de 1000 tonnes grâce à la suppression des deux tourelles latérales et donc une potentielle diminution de la largeur du bâtiment, améliorant d'autant sa finesse de coque et donc sa vitesse, devraient être obtenue.
  • Projet C2 : variante imaginaire. En se fondant sur l'augmentation de poids constaté entre une tourelle double (1030 t) et quadruple (1500 t) de 340 mm modèle 1912, il est défini arbitrairement une tourelle quadruple de 305 mm modèle 1906 de 1412 tonnes contre 970 pour la tourelle double. Cela reviendrait à dire que ce projet fictif aurait eu 12 pièces de 305 en trois tourelles quadruples pour un poids total de 4236 tonnes soit 1584 tonnes économisées, sans compter les économies de poids adjacentes.

L'adoption de la tourelle triple dans les plans de 1908 en retenant le projet C aurait permis d'améliorer sensiblement les trois fonctions du cuirassé (feu, mobilité et protection). La protection n'aurait probablement plus souffert de compromis si grand et la ceinture, par exemple, aurait pu être égale au calibre des principales unités adverses considérées. Il se fait alors jour deux hypothèses structurantes vis-à-vis de l'évolution incrémentale des trois fonctions du cuirassé (feu, mobilité et protection) :

Est-ce que ce gain de poids aurait été employé, notamment, dans l'augmentation sensible des réserves de mazout afin de pérenniser l'adoption des turbines brûlant du pétrole plutôt que du charbon sur les classes postérieures ? Les efforts auraient pu être concentré sur cette nouvelle filière qui serait alors parvenue plus rapidement à maturité. 

Est-ce que le 340 mm modèle 1912 aurait pu être intégré dès les Courbet (1910 - 1914), faisant d'eux les premiers "super-Dreadnought" français avant même les Bretagne (1912 - 1916) ? Les Courbet auraient alors collé aux Iron Duke (343 mm) et réduire l'écart avec les Queen Elizabeth (381 mm) avant même les Bretagne qui auraient pu suivre (340 mm) ou augmenter les prétentions (380 mm). 

Ce n'est qu'en 1913 que le 380 est envisagé en France comme étant à développer pour la classe Lyon alors qu'il est adopté dès la classe Queen Elizabeth (1912 - 1916) dans la Royal navy. Le point de divergence recèle le potentiel de voir un cuirassé portant du 380, 400, 420, voire du 450 être mis sur cale en 1915 au plus tard. L'hypothèse est mince mais existe dans une accélération des évolutions incrémentales permettant au corps de bataille français de monter plus rapidement en calibre entre les Courbet (305 mm) et les Lyon (305, 340 et 380 dans les variantes envisagées) et ainsi de se raccrocher aux marines rivales.

La non-adoption du projet C pour la classe Courbet est le point de divergence par lequel la Marine nationale manque l'occasion de rétablir la parité technique avec les trois marines placées devant elle dans le classement mondial. La tourelle triple et le cuirassement "all or nothing" sont des innovations apportées par les Nevada (USS Nevada et Oklahoma (1912 - 1916). L'EMM aurait pu imposer la tourelle triple dès 1908 pour les Courbet (1910 - 1914). Cela aurait eu le potentiel de figer le cuirassé français sur les classes Bretagne, Normandie et Lyon et de dégager d'importantes marges de manoeuvres pour, outre le feu, les fonctions mobilité et protection. C'était une voie "royale" pour contourner la limite imposée par les bassins.


2 commentaires:

  1. D'où sort cet éventuel 380 ? les fonds de la DCN de Ruelle comportent bien un 355 modèle 1912 et un 370 de 45 calibres mais ensuite on passe directement au 450 modèle 1920 puis au 406 modèle 1924 (par suite de la limitation à ce calibre par le traité de Washington)

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  2. De l'importance de sentir le vent (technologique) venir et de ne pas louper la définition de son futur capitalship... Après ce Rendez vous manqué de 1907, on aura ensuite un retard qui sera autrement préjudiciable avec celui des portes-avions ...

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