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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 30 août 2016

Les Chantiers de l'Atlantique : nouvelle tourmente ?

IHS nous apprend que le groupe sud-coréen pousserait à nouveau sur le devant de la scène la vente de STX France. Une chose peu aisée à réceptionner pour la partie française. Les enjeux sont considérables pour l'avenir de la construction navale militaire française.


STX en situation de faillite

Depuis, au moins, l'année 2015 la maison mère de STX France souhaite vendre cet actif. Une précédente tentative, l'acheteur potentiel était Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering, avortait au milieu de cette année. 

Cette opération doit participer d'une nouvelle santé financière pour STX alors que, depuis plusieurs mois, l'entreprise est tout simplement au bord de la faillite. Sa direction coupe dans tous les postes de dépense. Un plan de redressement doit être déposé en Corée du Sud pour le 9 septembre. S'il est approuvé par la justice alors la vente de STX France sera accélérée. 

Cette opération est attendue en France de longue date, entre la vente avortée et l'empressement de l'entreprise coréenne pour se remettre à flot. Si entreprises et administrations font face à une situation prévisible, c'est du côté du gouvernement que la situation est plus que fébrile. 

Un gouvernement français chamboulé 

Mettons de côté les quelques polémiques agitant la sphère médiatique. En ce qui nous concerne, il y a l'affaire "Scorpène leak" qui agite bien des services et les gouvernements concernés en Inde, France et Australie. Sans compter que le Brésil, la Malaisie et le Chili doivent également se poser quelques questions. 

Pour revenir à Paris, selon une bonne partie de la presse, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, présenterait sa démission cet après-midi. Il est à espérer qu'à hauteur du 9 septembre, un nouveau ministre sera pleinement en activité et que les cabinets, les administrations auront pu faire avancer ce dossier sensible. 

Au gouvernement il demeure, au moins, un ministre sensibilisé au sort des Chantiers de l'Atlantique. Il s'agit de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, qui s'investissait en tant que Premier ministre puis par son nouveau porte-feuilles ministériel. 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ne peut pas se désintéresser de ce dossier dans la mesure où existe quelques velléités de croiser le destin des Chantiers de l'Atlantique avec DCNS (architecture industrielle équivalente à Fincantieri). Surtout, les cales de St Nazaire sont les seules à concentrer l'infrastructure et les capacités industrielles pour lancer des navires militaires de plus de 10 000 tonnes, à savoir les programmes FLOTLOG et PA2.

Reste à coordonner le gouvernement autour d'un ensemble d'objectifs pour sécuriser cette capacité industrielle pour la France. 

Quel avenir pour les Chantiers de l'Atlantique ? 

Souscrire à une nouvelle vente à un industriel étranger ne serait que se couler dans le moule de la continuité... malheureuse. L'industriel finlandais Aker Yards périclitait en 2008. STX semble suivre le même cap huit années plus tard, sans compte que toute la Corée du Sud s'interroge sur le positionnement stratégique de son industrie navale alors que les chantiers chinois montent en puissance. 

Il y a également l'envie de croire à une solution française, bien que l'épisode Alstom a de quoi laisser perplexe plus d'une personne. Les Chantiers de l'Atlantique ne sont toujours pas parvenus à diversifier leur gamme, malgré une entrée sur le marché de l'éolien offshore. L'entreprise ne se développe pas plus dans les services alors que la réparation navale, par exemple, se porte toujours aussi bien. 

C'est plutôt du côté de l'entreprise hollandaise Damen que le "jeu" industriel pourrait devenir intéressant. Nous soupçonnons l'entreprise d'avoir la volonté de s'implanter stratégiquement en France depuis novembre 2014. Elle est l'une des entreprises intéressées par le sort de STX France. Ce qui ne manquerait pas de constituer un ensemble industriel pouvant participer à quelques programmes navals français. Mais Damen pourrait aussi entrer sur le marché du MCO de la Flotte, voire développer des solutions innovantes de services (voir ce billet de 2014) grâce à son implantation mondiale, en particulier dans les océans Indien et Pacifique. 

Nouvelle organisation industrielle européenne ?

L'émergence d'un rival franco-hollandais, sans compter les ambitions du franco-libanais CMN, ne manquerait pas de relancer la concurrence en France... au bénéfice de la Marine nationale ? Ce serait acté la fin de la concentration de la navale militaire.  

Une option industrielle qui ne manquerait pas de faire réagir DCNS. Les anciens arsenaux sont occupés avec le Scorpène leak et doivent faire face à un risque de surchauffe industriel dans ses divers contrats de fourniture de sous-marins, tant pour la France que pour des clients étrangers.

N'oublions pas l'hypothèse d'un mariage entre DCNS et Fincantieri qui constituerait, presque, le pendant symétrique d'un éventuel rapprochement entre STX France et Damen. Une concentration qui tournerait le dos à un rapprochement franco-allemand, attendu de longue date mais régulièrement déçu. 

Il ne manquerait plus que les CMN se rapprochent d'un autre groupe européen pour que le marché français bénéficient non plus d'un monopole mais de la concurrence d'au moins trois groupes français par le sol des infrastructures et compétences ou par le capital.

Il y aurait alors potentiellement deux groupes européens en concurrence pour les programmes d'au moins trois marines (Koninklijke Marine, Marine nationale et Marina Militare).

2 commentaires:

  1. Chantier a conserver absolument car le dernier en France, après il restera la fabrication de casseroles, mais a coupler (bord a bord dans la marine) avec un chantier militaire comme DCNS, puis privatiser le tout et fusionner avec fincantieri, damen, bazan, blom et voss pour créer un airbus naval. A faire vite car nos amis Trump, Poutine et Xi jin ping ne nous attendrons pas. Alors levons l'encre ensemble pour une fois.

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  2. Bonsoir,

    Vous aviez déjà proposé ce commentaire sous un autre billet je vous avais déjà proposé quelques éléments de réflexion puisque la piste que vous évoquez n'est pas prête de se présenter :

    " Bonjour,

    Le problème n'est pas tant la création d'une entreprise - quoique, Berlin refuse l'achat de HDW par DCNS - mais la volonté des États de conserver les capacités de production, et en particulier l'assemblage des bateaux dans des cales, sur le sol national.

    Sans cela, l'Europe ne dépassera pas le cade des plans communs et/ou des équipements et systèmes d'armes communs.

    Cordialement, "

    L'Airbus Naval est une fausse bonne idée.

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