L'étude du 20 juin 1945 proposait par la Marine nationale exposait la vue de l'état-major quant à la reconstruction de la Flotte pour l'après-guerre. Les six porte-avions (d'escorte) demandés dans ce cadre peuvent apparaître comme hors de propos avec les contingences d'une France libérée et à reconstruire. Le détail des l'étude présente plutôt un état-major de la Marine très pragmatique.
Étude des avant-projets demandés par l'organe ayant à charge la flotte à construire (Conseil Supérieur de la Marine, Conseil des Travaux, SCEM/PLANPROG, OCA Marine, ASF, etc) et présentés à l'autorité politique. L'enjeu consiste à déterminer comment la Marine engage ces projets dans le processus institutionnel (contrat opérationnel, plan naval ? Loi(s) de financement, etc) pour faire correspondre la flotte à construire avec la flotte répondant au problème militaire français. ISSN : 2271-1163
Les @mers du CESM
Les @mers du CESM - 19 avril 1944 : Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945. | |
29 août 2013
27 août 2013
Projet de conversion du Jean Bart en cuirassé lance-missiles
![]() |
© Inconnu. Représentation d'artiste d'un Kentucky lance-missiles, projet assez similaire à ceux de la Royale. |
Le regretté Alain Guillerm glissait rapidement dans l’un de ses ouvrages – La Marine de Guerre moderne – 1915-2015 - qu’il avait été dommage que la Marine nationale n’ait pas eu les budgets nécessaires à la conversion du Jean Bart en cuirassé lance-missiles.
12 août 2013
Les hydrocarbures non-conventionnels et les instrument de la puissance
© 2008 Daniel Bechennec - Tous Droits réservés. Cuirassé "DREADNOUGHT" Royal Navy (1906).
Le débat sur les gaz de schistes bat son plein en Europe (au moins)
et il pose légitimement des questions. Surtout qu'il y a des questions
d'une incroyable portée géopolitique à poser. C'est
pourquoi il peut être intéressant de rappeler quelques faits à ce
sujet, de manière très synthétique. Et d'enchaîner avec la question qui
se pose à bien des stratèges, de chambre ou en activité :
faut-il en être ?
Depuis que la décision a été prise aux Etats-Unis de lancer
l'exploitation de ces ressources, un demi-million d'emplois aurait été
créé. Ne pas oublier non plus le retour d'industries aux
Etats-Unis, autrefois délocalisées : serait-ce à cause de ce
phénomène que les exportations chinoises baissent structurellement ? Il
faut dire que le coût du gaz aux Etats-Unis est plusieurs fois
inférieurs à son prix d'achat en Europe ou en Asie : pour certaines
industries, c'est Byzance. Mieux encore, Washington deviendrait
auto-suffisant sur le plan énergétique vers 2035.
Ce qui reviendrait à souligner que si le pays prenait bel et bien
cette voie de l'auto-suffisance alors les rapports politiques ne
seraient plus les mêmes avec le Moyen-Orient. Cela serait un
nouveau cap stratégique alors que les Etats-Unis poussent à des
réformes sociales dans le Golfe. Sans compter que l'on reparle d'un
possible changement d'alliance entre Washington et Téhéran, en
défaveur de Riyad.
Mais le coût environnemental de cette industrie serait très lourd
puisqu'il faudrait accepter que des zones, des territoires entiers
soient suffisamment pollués pour ne plus permettre la
consommation des ressources locales en eau douce ou la poursuite de
l'exploitation agricole de ces terres. Ce n'est pas rien pour un pays
comme la France où les réserves de gaz de schiste
seraient dans le bassin parisien, bassin agricole par excellence.
En résumé, les Etats-Unis gagneraient de nouvelles libertés de
manœuvre sur la scène internationale (n'est-ce pas le rôle de la
stratégie ?) à la suite d'un choix stratégique tranché (ils ont
accepté de choisir avec ses gains et ses risques).
© AIE. Principaux bassins de gaz de schiste (jaune) et de gaz de houille (vert) en Europe.
Autres exemples, c'est celui des gisements d'hydrocarbures
non-conventionnels estimés, espérés en Europe. Il n'y a pas besoin
d'être grand clerc pour se rendre compte que sur la période 2030-2050
la hiérarchie européenne pourrait être bousculée : Hongrie (!),
Roumanie, Pologne et Etats Baltes sont plutôt bien pourvus, tout comme
la France, l'Allemagne et l'Angleterre (mais aussi
l'Ecosse...) et le Benelux.
Dès lors, il y aura une différence sur la scène internationale :
ceux qui en seront et les autres. A l'heure qu'il est, personne ne
parvient à se passer des énergies fossiles, et encore moins de
la promesse d'une énergie peu coûteuse.
Ce n'est pas la première fois que les Etats sont confrontés à de
véritables dilemmes face aux valeurs de leur société, à leurs
orientations historiques face à la mer ou à leurs réticences face à
certaines activités humaines.
Rapidement, on peut par exemple citer le cas de la mer. L'Europe se retrouve confrontée à l'explosion du commerce maritime, et surtout du commerce océanique. Même pour les grandes découvertes il fallait en être pour peser sur la scène internationale. L'idée fait son chemin en Europe (elle l'avait déjà fait pendant l'Antiquité en Grèce) que pour protéger le commerce maritime d'une nation il faut une marine. C'est donc pour cela que Richelieu déclare que pour "tenir son rang" la France doit être présente sur les mers : il lance donc le chantier d'une grande marine de guerre, violent changement impulsé depuis le haut !
Rapidement, on peut par exemple citer le cas de la mer. L'Europe se retrouve confrontée à l'explosion du commerce maritime, et surtout du commerce océanique. Même pour les grandes découvertes il fallait en être pour peser sur la scène internationale. L'idée fait son chemin en Europe (elle l'avait déjà fait pendant l'Antiquité en Grèce) que pour protéger le commerce maritime d'une nation il faut une marine. C'est donc pour cela que Richelieu déclare que pour "tenir son rang" la France doit être présente sur les mers : il lance donc le chantier d'une grande marine de guerre, violent changement impulsé depuis le haut !
La colonisation, à ses différentes époques, s'imposent aussi aux
sociétés européennes, puis mondiales. Ce n'est pas un débat simple, et
pour les nations qui ont l'ambition de compter sur la scène
mondiale, il doit être abordé. En effet, depuis que l'Europe
investit toutes les mers du globe il se mène une "guerre de positions"
pour conquérir de nouveaux territoires pourvoyeurs en matières
premières (mêmes humaines). C'est dans la droite lignée du
développement des marines de guerre.
On pourrait également citer le rôle de l'art dans les instruments de
la puissance puisque tout ces voyages européens et ces guerres de
conquête s'accompagnent régulièrement de pillages pour
garnir les maisons européennes. Quand ce ne sont pas les pays
européens eux-mêmes qui se concurrencent artistiquement : rivalités
franco-italiennes, classicisme français, utilisation de l'art
baroque, etc... La conquête de l'influence, du prestige par l'art
faisait, déjà, l'objet d'une guerre des cerveaux.
Mais il est aussi possible de citer la (première) guerre de l'or noir, au tout début du XXe siècle. La société Technip (qui vient de signer un contrat de plus d'un milliards d'euros au Brésil) est née de l'exploitation pétrolière française en Roumanie (où ses deux créateurs inventèrent l'étude des sols par utilisation d'un courant électrique). C'est en Irak que français, allemand et anglais mènent une guerre de position larvée pour les premiers gisements. Mais c'est en raison de la création du HMS Dreadnought (1906) et du choix de la turbine à vapeur Parson (alimentée en charbon et au pétrole) que Londres exploite les gisements d'Iran1.
Mais il est aussi possible de citer la (première) guerre de l'or noir, au tout début du XXe siècle. La société Technip (qui vient de signer un contrat de plus d'un milliards d'euros au Brésil) est née de l'exploitation pétrolière française en Roumanie (où ses deux créateurs inventèrent l'étude des sols par utilisation d'un courant électrique). C'est en Irak que français, allemand et anglais mènent une guerre de position larvée pour les premiers gisements. Mais c'est en raison de la création du HMS Dreadnought (1906) et du choix de la turbine à vapeur Parson (alimentée en charbon et au pétrole) que Londres exploite les gisements d'Iran1.
Il y eu également l'aventure du nucléaire qui commencent par les
premières recherches sur la radioactivité jusqu'à la course à la bombe
qui commence bien plus tôt que le projet Manhattan aux
Etats-Unis. De même, il est assez intéressant de relire que la Suède
était candidate à la bombe, par exemple. Le nucléaire militaire est un
instrument de puissance. Mais le nucléaire civil aussi
puisqu'il est la promesse d'une énergie peu coûteuse et abondante.
Le regain d'intérêt pour les réacteurs au thorium est la promesse d'une
nouvelle indépendance pour certains Etats (dont l'Inde).
La course à l'Espace était beaucoup plus consensuelle mais tout
aussi importante. Il fallait en être (la France troisième puissance
spatiale de l'Histoire) pour bénéficier des avantages
stratégiques considérables pour le développement des
télécommunications, de l'observation de la Terre, l'exploration spatiale
et l'arsenalisation de l'Espace (un jour).
Ces quelques exemples sont là pour rappeler que les sociétés
humaines ont eu au cours des cinq derniers siècles à choisir s'il
fallait ou non être de telle ou telle aventure. Le choix s'apparente
souvent au prix à payer pour participer à "une guerre de positions" :
impossible de compter si l'on n'a pas les matériaux pour le faire.
C'est-à-dire qu'il faut au moins investir pour investiguer
le nouveau secteur de développement afin de pouvoir apprécier de
quoi on parle (de l'autonomie de décision ?).
Les ressources ou les instruments militaires permettent de
développer un pays comme ils permettent de préserver ce qu'il est. Tout
investissement présente des gains et des pertes : mettre
quelques billets dans un projet implique de ne pas les mettre
ailleurs, et pire, de dévaloriser une autre position. C'est sous cet
angle que l'on peut aussi aborder la question des hydrocarbures
non-conventionnels. Ils peuvent s'ajouter à la longue liste des
instruments de puissance d'un Etat.
Enfin, remarquez que bien des instruments de puissance, si ce n'est la totalité, nécessite l'intervention directe de l'Etat pour les construire ou au moins encadrer leur exploitation et/ou assurer la sûreté des approvisionnements.
Enfin, remarquez que bien des instruments de puissance, si ce n'est la totalité, nécessite l'intervention directe de l'Etat pour les construire ou au moins encadrer leur exploitation et/ou assurer la sûreté des approvisionnements.
1 A ce propos, Joseph Henrotin apporte une correction sur la page Facebook
d'AGS : "Attention les p'tits loups lorsque
l'on dit "Mais c'est en raison de la création du HMS Dreadnought (1906)
et du choix de la turbine à vapeur Parson (alimentée en
charbon et au pétrole) que Londres exploite les gisements d'Iran". La
première découverte iranienne, c'est Masjid I Suleiman, en 1908.
Surtout, les discussions britanniques sur les choix de
carburant interviennent après le Dreadnought".
10 août 2013
Loi de programmation militaire et Marine Nationale - Une flotte resserrée frappée de sénescence
© DCNS. SNA de classe Suffren.
Pascal Ramounet, qui a déjé écrit sur le Fauteuil et proposé à l'occasion un nouveau format pour l'Armée de Terre, nous livre un premier jet
de ses réflexions sur la nouvelle LPM.
Certains considèrent que le projet de LPM proposé par le ministre de
la défense réussit à éviter le pire en préservant les fondamentaux de
la défense nationale.
Il m’est d’avis que tel n’est pas le cas. La nouvelle LPM poursuit
une longue descente aux enfers et assène un nouveau coup de poignard à
l’industrie de la défense à l’heure du redressement
productif proclamé.
Le choix entre le nombre et la qualité qui a fait récemment débat
dans le presse spécialisée, trouve ici un épilogue sans appel: Il n’y
aura ni le nombre ni la qualité.
Je me limiterai dans ce blog à quelques exemples relatifs à la
Marine nationale, considérée pourtant comme l’arme la moins touchée par
les mesures d’économies budgétaires annoncées.
Il s’agit de trois programmes majeurs dont le calendrier est de nouveau étiré au delà du point de rupture.
Le programme FREMM qui devait à son origine concerner 17 frégates, format réduit à 11 unités par le livre blanc de 2008, se voit de nouveau
amputer, pour atteindre à l’horizon 2019, 8 unités livrées, dont deux anti-aériennes.
Bien sur l’acquisition des 3 derniers bâtiments est évoquée, avec
quelque réserve, pour l’après 2019……… Au rythme de construction d’une
unité tous les 14 mois, la livraison très hypothétique du
dernier bâtiment serait repoussée à 2025 (cf dossier de Mer et Marine).
Dans la réalité, cela veut dire, que le format de 11 frégates multimissions (FMM) modernes est de la poudre aux yeux.
De 2013 à 2020, le format réel de la Marine Nationale sera dans la
meilleure des hypothèses, de 7 frégates ASM, dont 1 agée de plus de 30
ans.
Nous serons ainsi passés de 17 exemplaires jugés nécessaires à 7 exemplaires jugés suffisants.
Si l’on tient compte d’un taux de disponibilité compris entre 60 et 70%, la Marine nationale ne sera en mesure de mobiliser que 4 frégates ASM dans la période 2013 - 2020.
situation 2013 | situation 2020 | |||||
Nom |
Mise en service
|
Age en 2013 en années | Nom | Mise en service | Age en 2020 en années | |
D 641 DUPLEIX | 1981 | 32 | D 646 LATOUCHE TREVILLE | 1990 | 30 | |
D 642 MONTCALM | 1982 | 31 | D 6... AQUITAINE | 2013 | 7 | |
D 643 JEAN DE VIENNE | 1984 | 29 | D 6... NORMANDIE | 2014 | 6 | |
D 644 PRIMAUGUET | 1986 | 27 | D 6... PROVENCE | 2016? | 4 | |
D 645 LA MOTTE PICQUET | 1988 | 25 | D 6... LANGUEDOC | 2018? | 2 | |
D 646 LATOUCHE TREVILLE | 1990 | 23 | D 6... AUVERGNE | 2019? | 1 | |
D 6... AQUITAINE | 2013 | 0 | D6….ALSACE | 2020? | 0 |
On se doit d’observer, que la responsabilité de cette situation ne
peut être imputée au ministre de la défense actuel qui doit gérer, comme
il peut, un héritage particulièrement lourd.
L’application stricte du projet de LPM permettra au moins de
rajeunir considérablement une flotte actuellement en décrépitude.
Le programme de SNA de la classe BARRACUDA est encore plus caricatural.
Si la mise en service du premier de série, le SUFFREN, est maintenue
en 2017, la livraison de son sistership a été repoussée d’un an. Elle
n’interviendra qu’en 2020, ce qui nous donne le tableau
suivant :
situation 2013 | situation 2020 | |||||
Nom | Mise en service | Age en 2013 en années | Nom | Mise en service | Age en 2020 en années | |
S 601 RUBIS | 1983 | 30 | S602 SAPHIR | 1984 | 36 | |
S602 SAPHIR | 1984 | 29 | S603 CASABIANCA | 1987 | 33 | |
S603 CASABIANCA | 1987 | 26 | S604 EMERAUDE | 1988 | 32 | |
S604 EMERAUDE | 1988 | 22 | S605 AMETHYSTE | 1992 | 31 | |
S605 AMETHYSTE | 1992 | 21 | S606 PERLE | 1993 | 30 | |
S606 PERLE | 1993 | 20 | S... SUFFREN | 2017 | 3 |
En 2020, 5 des 6 SNA auront plus de 30 ans !
La comparaison avec la grande Bretagne, dont la politique de défense
est pourtant décriée, est saisissante : Il est prévu, en 2020, que 6
des 7 SNA de nouvelle génération auront été livrés.
Le troisième exemple concerne les vaillants Atlantique 2
La Marine nationale dispose de 27 Atlantique 2 (ATL2) livrés de 1989 à 1997, qui sont donc âgés de 16 à 24 ans.
Selon la LPM, 15 d'entre eux sont destinés à être rénovés (radar, système électro-optique, moyens d'écoute, dont des bouées acoustiques numériques...) et 4 seront versés, en l'état à la surveillance maritime.
Parmi les 15 ATL2 destinés à être rénovés, 4 le seront avant 2020, en l'occurrence entre 2018 et 2019.
Selon la LPM, 15 d'entre eux sont destinés à être rénovés (radar, système électro-optique, moyens d'écoute, dont des bouées acoustiques numériques...) et 4 seront versés, en l'état à la surveillance maritime.
Parmi les 15 ATL2 destinés à être rénovés, 4 le seront avant 2020, en l'occurrence entre 2018 et 2019.
Ici encore, cela veut dire, dans l’hypothèse d’un taux de disponibilité de 70% (à vérifier) que dans la réalité, la MN ne sera capable de mettre en œuvre de façon simultanée, que 3 avions
modernes de lutte anti-sous marine en 2020.
Les avions de patrouille maritime sont pourtant cruciaux pour la
protection des approches maritimes et portuaires du pays, du groupe
aéronaval et en premier lieu de la Force océanique stratégique
(FOST)
Les récents conflits lybiens et maliens ont démontré que leur
utilité s’exerce bien au delà des océans. Leur autonomie, leur moyens
optroniques et de communication leur permettent d’assurer des
missions de missions de surveillance, de renseignement, de détection
de cibles et même de bombardement (cf opération SERVAL) au profit des
forces terrestres.
La surveillance maritime sera dotée pour sa part, outre 4 ATL 2 non
rénovés, de 8 Falcon 50, dont 4 équipés de chaine SAR. Les 5 GARDIAN (
Falcon 200) actuellement affectés Outre-mer seront
retirés du service en 2015, frappés par une obsolescence avancée (32
ans). Le programme AVSIMAR destiné à les remplacer est repoussé aux
calendes grecques.
Outre la raréfaction dangereuse des avions de patrouille et de
surveillance maritime ce qui frappe, à la lecture de la LPM, est
l’absence de gestion globale, c'est-à-dire interarmées et au-delà,
interministérielle, de la problématique de la surveillance aérienne,
considérée au sens large (reconnaissance, surveillance, identification
et désignation….)
Chacun dans son coin, avec ses moyens. La MN avec ses ATL2 et ses
FALCON, l’armée de l’air avec ses drones MALE US annoncés, l’armée de
terre avec ses drones tactiques également annoncés
(vraisemblablement des WATCHHKEPPER qui décollent d’une piste en dur
….) et ses 3 ISR de nature inconnue…et les services de la douane qui
ont commandé 8 magnifiques Beechcraft King Air 350ER
dotés d’un panel complet de capteurs et systèmes de missions (Ocean
Master de Thalès, Star Safire III, SlAR Therma, AIS, liaison de données
tactiques...).
A quand une organisation unifiée de ces moyens disparates ?
Au final, ces quelques exemples, qui pourraient être élargis,
notamment aux moyens de lutte contre les mines, négligés, et aux navires
de patrouille maritime complètement oubliés, alors que la
lutte contre les trafics illicites est l’un des défis majeur à
relever, donnent une image beaucoup moins réjouissante de la future MN
que n’en donne la présentation trompeusement optimiste du
projet de LPM.
Des corrections s’imposent, messieurs les députés et sénateurs.
Il conviendrait à minima, de
- maintenir en 2019, la mise en service du Duguay-Trouin, deuxième SNA de la classe BARRACUDA ;
- doubler le nombre d’ATL2 rénovés, soit 8 au lieu de 4 ;
- renouveler la flotte de patrouilleurs hauturiers (classe ADROIT amélioré), à raison de 12 unités, soit un bâtiment livré tous les 6 mois.
Pascal RAMOUNET
09 août 2013
"Puget et la Marine - Utopie ou modèle ?" de Jean Peter
L'ouvrage, Puget et la Marine - Utopie ou modèle ?
(éditions Economica, 54 pages, 68F), de Jean Peter peut attirer tout
ceux qui se passionnent sur le rapport entre le "Beau" et les vaisseaux
de guerre.
Ce n'est pas un sujet
nouveau pour ce blog. Il a été tenté de questionner quels sont les
ressorts de l'esthétique de la puissance sur mer. A titre de rappel, il y
avait eu cette présentation de la modélisation numérique d'un 74 canons.
Rien
de plus éclairant que ce petit livre qui retrace la carrière d'un grand
artiste au service de l'esthétisme dans la Marine. Il était ingénieur,
architecte, urbaniste, dessinateur, peintre, décorateur, marinistemais
aussi concepteur d'arsenal. Puget passa trois fois par la ville de
Toulon : de 1643 à 1647, puis de 1655 à 1660 pour des travaux dans la
ville. Mais l'artiste a surtout œuvré de 1668 à 1679 ou 1680.
Le livre se décompose donc autour des trois grands domaines dans lesquels l'artiste travailla la matière navale :
Le livre se décompose donc autour des trois grands domaines dans lesquels l'artiste travailla la matière navale :
- Puget, décorateur de vaisseaux,
- Puget, concepteur d'arsenal,
- Utopies ou modèles d'arsenal ?
Son œuvre sera contrariée puisque Puget officie alors que Colbert réduit les dépenses dans l'onrnement des vaisseaux (moins d'ornements, et plus de vaisseaux à cette époque). L'auteur nous raconte la lutte entre l'artiste, qui veux atteindre le Beau, et Colbert, qui veut des vaisseaux aux belles qualités guerrières et nautiques. Le Beau à atteindre n'est plus le même. Dès lors, ce sera un long chemin de croix pour ces scultures, entre autres ordres de réductions des ornements, celui donné par Colbert en 1669 pour réduire les ornements sur les vaisseaux de 50 canons jusqu'à la disparition des figures de proue, ultime héritage de la décoration navale au début du XXe siècle.
Aujourd'hui, une assemblée de missiles sur un pont, non-ensilotée, fait office d'esthétique de la puissance navale (et cela impressionne fort bien). A regarder certains navires (comme les frégates F100 espagnoles : à tout hasard, vraiment), on dirait que la représentation de l'Etat sur mer a disparu face à une représentation de systèmes d'armes et de budgets. S'il n'y a pas un seul Beau, est-ce une raison suffisante pour ne pas tenter d'en atteindre un seul ?
Puget comme concepteur d'arsenal avait déjà été traité dans un autre ouvrage de Jean peter, Vauban et Toulon. Mais il aurait été bien dommage d'écarter ce passage du livre consacré à l'artiste et ses travaux pour la Marine.
Il a présenté des projets pour Marseille, mais surtout pour Toulon. Pour cette dernière ville, il y a eu plusieurs projets tant à l'Ouest qu'à l'Est de la ville ou sur la mer de 1669 à 1671. Ils se distinguent les uns des autres, outre par leur implantation géographique, par leurs capacités à accueillir dans une darse "x" vaisseaux (de 9 à 20) et à pouvoir les construire, puis les entretenir. C'est-à-dire que le nombre de navires dimensionnent directement la taille des darses et des magasins pour armer et désarmer.
L'esthétique semble primer dans les projets du Puget, ce qui est dans la droite ligne de ses travaux précédents. Ainsi, à l'instar de la décoration des vaisseaux, il ne cherche pas à atteindre le "beau fonctionnel" : c'est-à-dire un arsenal suffisamment bien conçu pour construire et entretenir une flotte. Jean Peter explique ainsi que ce sont plutôt les règles géométriques qui régissaient les projets d'arsenal de Puget plutôt que la finalité de ceux-ci : la Flotte.
Les projets de Puget relèvent très certainement d'une utopie et l'on pourrait presque s'arrêter là. A quoi bon la décoration navale alors qu'aucun auteur de tactique ou de stratégie navale ne semble s'être intéressé (jusqu'à très récemment) à la diplomatie navale et à l'impact de l'esthétique des vaisseaux sur mer ? Néanmoins, les projets d'arsenal pointent la recherche esthétique de l'artiste. C'est un truisme de le dire. Mais il s'en dégage une recherche de la Grandeur. Là où les arsenaux de Venise ou d'Amsterdam étaient grands pour leur efficacité commerciale, Puget, comme d'autres alors en France, cherche à bâtir la Grandeur, presque à partir de rien.
Il
serait ruineux de fixer de nouveaux caps à la politique navale
française par une recherche de la Grandeur. Mais il ne serait pas non
plus inintéressant de regarder les arsenaux et "les nouveaux arsenaux"
d'aujourd'huir pour constater que la recherche esthétique a quelque peu
disparu. Il ne serait pas ruineux de rechercher à atteindre le Beau ou
des beaux. Au contraire, apès avoir cherché à atteindre l'esthétique de
l'Art pendant le Grand siècle, il serait peut être temps de chercher à
atteindre l'esthétique fonctionnel.
Comment est-ce que la recherche d'un "Beau" impacterait la construction d'un vaisseau ? Qu'est-ce que serait un "bel arsenal" aujourd'hui ?
Comment est-ce que la recherche d'un "Beau" impacterait la construction d'un vaisseau ? Qu'est-ce que serait un "bel arsenal" aujourd'hui ?
08 août 2013
La mer du Japon est-elle trop étroite pour le porte-avions ?
![]() |
© Inconnu. |
La mise à l'eau du premier destroyer porte-hélicoptères 22DDH japonais (le jour de la commémoration du largage d'une bombe atomique sur Hiroshima), l'Izumo,
a été l'occasion de nombreux échanges. Par exemple, certains portèrent
sur la montée en gamme (navale) du Japon (classes 16 et 22 DDH) avec Si Vis Pacem et EGEA.
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