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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 8 octobre 2013

Global commons pour un Grand-Espace ?

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© inconnu.
 
Ceci n'est que le premier d'une très longue série de billets sur les Global commons. Par un total manque de respect des conventions formelles et d'une certaine rationalité, il est proposé d'entrer dans le vif du sujet sans autre forme de procès -et encore moins une présentation.
 
Global commons
 
L'un des objets du conflit Est-Ouest a été le règlement du conflit de la seconde guerre mondiale entre les Etats-Unis et l'URSS. L'une des particularités de ce conflit était que les deux camps se réclamaient de la fin de l'Histoire. Cette dernière aurait une fin. Pour le camp communiste, la fin de l'Histoire, grossièrement présentée, était un passage au socialisme avec la suppression de la menace militaire représentée par la coalition occidentale. Une fois cette transition réalisée le communisme pourrait alors apparaître et unifier le monde. La coalition occidentale proposait elle-aussi sa fin de l'Histoire fondée sur le libéralisme.
 
L'URSS a disparu de la société internationale et la fin de l'Histoire dans le communisme avec elle. Néanmoins, les Etats-Unis n'ont pas non plus réussi à atteindre cette fin de l'Histoire. C'est en cela que le discours sur les Global commons peut être intéressant. Enoncé au sein du commandement à la transformation de l'OTAN, il propose à l'Alliance un nouveau paradigme fondé sur la protection des accès aux global commons : la haute-mer, l'espace aérien, l'espace exo-atmosphérique et le cyberespace.
 
Sur une suggestion d'EGEA, il est effectivement particulièrement intéressant de rapprocher ce discours de ce que le juriste allemand Carl Schmitt a pu dire à travers Le nomos de la Terre (aux éditions PUF, collection Quadrige). Mais pas seulement dans cet ouvrage. Un article en ligne de Theo Hartman -Carl Schmitt : Etat, Nomos et "grands espaces"- permet d'essayer de replacer le discours des Global commons dans une pensée géopolitique dont l'un des éléments est la notion schmittienne de "Grand-espace".
 
Le Grand-Espace
 
L'article propose une citation de "Joseph Chamberlain qui illustre bien l'intention des géopolitologues et de Schmitt lui-même: «L'ère des petites nations est révolue depuis longtemps. L'ère des empires est advenue» (1904)". Il peut être admis que la disparition de l'URSS signifie la fin des empires traditionnels.
 
Une nouvelle ère apparaîtrait alors autour de la notion de "Grand-Espace" avant même que la précédente ait été terminée. "A la place des empires, nous avons désormais les “Grands-Espaces”. Dans son essai Raum und Großraum im Völkerrecht, Schmitt définit clairement le concept qu'il entend imposer et vulgariser: «Le “Grand-Espace” est l'aire actuellement en gestation, fruit de l'accroissement à l'œuvre à notre époque, où s'exercera la planification, l'organisation et l'activité des hommes; son avènement conduira au dépassement des anciennes constructions juridiques dans les petit-espaces en voie d'isolement et aussi au dépassement des exigences postulées par les systèmes universalistes qui sont liés polairement à ces petits-espaces»".
Plus loin, il est dit que Schmitt cite Friedrich Ratzel pour dire, citations de Ratzel à l'appui, que "chaque génération, l'histoire devient de plus en plus déterminée par les facteurs géographiques et territoriaux". Faut-il rapprocher cette citation de l'article des changements obervés dans le monde ? Il y a la multiplication de ces espaces d'échanges internationaux qui ne se limitent plus à l'Océan.
 
Grundbuch des Planeten
Par la suite, il faudrait s'intéressait à la théorie de Haushofer. Celui-ci, nous dit l'article, envisageait de publier un Grundbuch des Planeten : un livre universel sur l'organisation territoriale de la planète. "La géopolitique, selon Haushofer, ne devait pas servir des desseins belliqueux —contrairement à ce qu'allèguent une quantité de propagandistes malhonnêtes—mais préparer à une paix durable et éviter les cataclysmes planétaires du genre de la première guerre mondiale. Ce Grundbuch haushoférien devait également définir les fondements pour maintenir la vie sur notre planète, c'est-à-dire la fertilité du sol, les ressources minérales, la possibilité de réaliser des récoltes et de pratiquer l'élevage au bénéfice de tous, de conserver l'“habitabilité” de la Terre, etc., afin d'établir une quantité démographique optimale dans cer‐tains espaces. Les diverses puissances agissant sur la scène internationale pratiqueraient dès lors des échanges pour éviter les guerres et les chantages économiques".
 
L'auteur de cet article rapporte cette remarque révélatrice que le géopolitologue Haushofer était peut être "un peu écolo avant la lettre". Ce qui incite à s'interroger sur le rapport entre le discours otanien sur les Global commons et la très forte présence de cette notion en droit de l'environnement.
 
Enfin, nous arrivons à la citation du concept de "région géopolitique" du géographe américain Saul Bernard Cohen. Ce concept cohenien répondrait à celui de "Grand-Espace" de Schmitt.
 
Si l'on tentait d'ordonner le tout alors le Grundbuch de Haushoer offre le cadre global dans lequel replacer nos éléments. Nous n'avons qu'une seule planète comme le disait un grand soviétique et il faut ajouter que ses ressources sont limitées. Le contre-amiral Jean Dufourq (2S) exposait ainsi dans son article "70 bleu versus 30 vert" le paradigme suivant. Nous avons ou allons bientôt épuiser la majeure partie des ressources minéarales terrestres et les réserves restantes sont dans les océans.  Il y a une nouvelle course pour y accéder qui correspond à toutes les batailles autour des zones économiques exclusives.
 
Le Grand hémisphère occidental ?
 
Les notions de région géopolitique et de Grand-Espace pourraient être présentées sous l'angle des constructions institutionnelles qui visent, dans un premier temps, à pacifier les échanges économiques d'une région mondiale au sein d'un espace commun, voire à pacifier la région elle-même. La construction européenne en est un grand avatar, mais pas seulement.
Ce que l'affaire Snowden nous cache, c'est l'interaction actuelle entre l'espace économique européen et les espaces économiques de l'hémisphère américain. L'un des arguments pour promouvoir ce traité commercial est le futur poids normatif de ce futur espace de libre échange vis-à-vis des autres économies. C'est à dire que l'on viserait donc à rapprocher des constructions juridiques de chaque côté de l'Atlantique pour permettre au libre échange économique de donner sa pleine mesure.
Notez au passage que l'économie est évoquée mais pas le centre politique : actuellement, le centre est toujours aux Etats-Unis.
Dans quelle mesure ce traité va-t-il tendre à rapprocher ou unifier les différentes zones d'échanges américano-européennes, c'est une question liée.
 
Ainsi, la référence au Nomos de la Terre semble prouver toute sa pertinence puisque nous trouverions un hémisphère occidental tendant à retrouver un espace juridique unifié. Dans cette optique, le discour sur les Global commons serait la traduction militaire de cette vision d'une région géopolitique, d'un Grand-Espace en construction. Il s'agirait donc d'en défendre tant les flux internes à cet espace que les flux externes en liaisons avec les autres espaces et les ressources comprises dans les Global commons. 
 
Néanmoins, la question du cadre territorial est inachevée. Les Etats-Unis ont étendu ce qui pourraît être nommé l'Occident jusque dans l'ancien glacis soviétique. C'était pour la façade Atlantique, et du côté de la façade Pacifique américaine, il y a eu la proposition du président Obama de construire un espace de libre échange entre l'Asie du Sud-Est et l'Amérique. C'est par ce biais que l'on peut reposer la question de la fin de l'Histoire : ce magma de projets et de traités va-t-il dans le sens d'une hégémonie américaine préservée au sein d'un espace modelé par ses soins ou bien l'Amérique poursuit-elle encore la fin de l'Histoire ?
 
Ceci n'est qu'un brouillon très grossier pour tenter de donner un peu de sens aux premières recherches sur le sujet.

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