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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





jeudi 22 mai 2014

Renforcer la puissance navale française ? Sauvegarde maritime : changer de paradigme

© CMN. SWAO 53.

Une Marine, il faut la vouloir longtemps, et il faut la vouloir beaucoup. C'est approximativement ce qu'aurait dit le prince de Joinville. De ce que nous constatons, il y a deux grands problèmes navals en France : les budgets ne suivaient pas l'émergence des Zones Économiques Exclusives (ZEE) qui nécessitent une surveillance constante et ils ne permettent plus d'atteindre le tonnage jugé utile pour remplir les missions définies par le politique.


Il existe un manque crucial des navires consacrés à la surveillance des ZEE. Les moyens reposent sur une vingtaine de patrouilleurs et unités logistiques pour 11 millions de km². Pourtant, il existe un gisement de ressources non-exploitées. Net-Marine dresse tous les deux ans linventaire de la Flotte dans son acception la plus large. En dehors de la partie marine de guerre, c'est une formidable assemblée d'embarcations de 7 à 500 tonnes : pousseurs, remorqueurs, vedettes, patrouilleurs côtiers, etc...

 

Le paradigme actuel de la sauvegarde maritime voit la direction de l'action s'enraciner en terre et se diriger au large vers les limites des ZEE. À l'intérieur des espaces côtiers, l'intervention est fragmentée entre différentes administrations et cela s'illustre dans la dispersion des matériels qui répondent moins aux besoins exigées par la surveillance que dans l'ambition de chaque intervenant de se créer un dispositif aéromaritime autonome. Dans les espaces les plus hauturiers, la Marine nationale domine le dispositif. 

 

Cela nous conduit devant la remise en cause de cette fragmentation dans la constitution des forces. Certains proposent de confier toutes les embarcations destinées à intervenir en mer à la Marine nationale et de distinguer la place d'une ou deux autres administrations pour les patrouilles dans les ports et la mer territoriale. Cette première ébauche de rationalisation ne concerne que le positionnel institutionnel des acteurs, sans renverser la logique sous-jacente à l'Action de l'État en Mer.

Le nouveau paradigme renverse la direction principale de l'action et toute la logique à l'œuvre depuis bien des décennies. Il ne s'agit plus de concevoir des dispositifs aéromaritimes afin d'intervenir de la terre vers la mer. Mais bien de faire l'inverse. Pour remplir les missions de sauvegarde maritime, l'idée est de partir de la limite des 200 miles nautiques des ZEE afin d'aller investiguer la frange littorale depuis le large.  Il n'y a pas meilleur positionnement que de voir les moyens se fondre dans les espaces maritimes au contact permanent des usagers. Et cela réduit d'autant les délais d'action tout en amenant à une surveillance constante, par intermittence, des lieux de concentration de l'activité maritime.

 Dans cette optique, le patrouilleur côtier (ou IPV (Inshore Patrol Vessel) est pensé dans l'idée qu'il adoptera une Posture Permanente de Sécurité Maritime (PPSM) d'environ deux à trois semaines dans une région maritime. Pour surveiller et contrôler les activités maritimes pendant sa mission il lui faudra un ensemble de matériels, senseurs et effecteurs afin d'investiguer sans se dérouter en permanence, et avec une certaine discrétion. 

Cela vise un navire de 5 à 700 tonnes pour remplir les missions. Pourquoi cette enveloppe ? Un patrouilleur hauturier comme l'Adroit (87 mètres, 1500 tonnes) coûte, environ, 50 millions d'euros. Un patrouilleur côtier de 500 tonnes coute, lui, approximativement 10 millions d'euros (facture du dernier patrouilleur des douanes). Les capacités suivantes sont visées :

  • une drome (semi-rigides, drones de surface),
  • une capacité de remorquage d'engins (sonar de toutes sortes par exemple),
  • des moyens aériens (accueillir un hélicoptère de la classe des 10 tonnes et des drones aériens),
  • la capacité d'embarquer un conteneur ou deux pour transporter du matériel ou mener des missions spécialisées, comme la dépollution ou la lutte anti-mines,
  • une grue,
  • une endurance de 21 jours,
  • des moyens de communication, commandement et de contrôle comprenant des liaisons tactiques,
  • des espaces réservés pour embarquer, si la situation l'exige, des missiles anti-navires et moyens d'auto-défense.

 

Reste à déterminer s'il faut ou non aménager un hangar sur ce navire puisque si celui-ci patrouille dans des eaux à moins de 200 miles des côtes - hors zones océaniques - alors il devrait demeurer à portée d'un hélicoptère basé à terre. Autre chose à déterminer, quelle sera la place qu'il faudra définir pour les navires spécialisés ou d' dans ce nouveau paradigme (les remorqueurs et pousseurs côtiers et les vedettes rapide).
    Pour conserver efficacité et l'économie recherchée, ces patrouilleurs côtiers devront être rassemblés en flottille. Ainsi, tous les moyens déportés seront mutualisés. Les moyens aériens rassemblées en une unité unique au service de l'Action de l'Etat en Mer, en plus des missions menées à terre (principes de l'unicité et de la concentration de l'action aérienne). Les équipages seront mutualisés, voire doublés ou encore triplés (sauf pour les navires en entretien).

     

    La tendance à la militarisation en lien avec l'intensification de la conflictualité maritime infra-étatique permettra aussi bien de conserver une réserve stratégique face à des États trop aventureux et leurs organes de facto que de renforcer les capacités des unités hauturières. Par exemple, une frégate ASM pourrait être ponctuellement accompagnée de patrouilleurs côtiers gréés avec des sonars pour blanchir une zone.

       

    Ne serait-ce pas, quelque part, ressusciter les visions de l'amiral Aube : une Jeune école prônant des forces légères pour protéger et contrôles les zones côtières et réserver les forces de haute mer à la chasse ?

     

    Ainsi, nous pourrions résoudre le besoin d'avoir un grand nombre de coques pour remplir toutes les missions de la sauvegarde maritime. Le budget nécessaire serait modeste : faudra-t-il une demi-douzaine de patrouilleurs côtiers pour couvrir une région maritime ? Et l'action de ces patrouilleurs côtiers permettra de décharger les navires hauturiers de ces missions. Donc, ils pourront se concentrer sur les zones où leur endurance sera la plus nécessaire. 

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