Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 3 octobre 2018

Abandon progressif de l'Aster 15 ?



L'information révélée par Mer et Marine que les Bretagne et Normandie peuvent ensiloter des Aster 30 via le remplacement des Sylver A43 par des A50 amenait à considérer de futurs ATM "standard FACDAR" pour toutes les FREMM. La pression mise quant au choix des munitions dans des silos - le FMAN pourrait être à lancement vertical - trop peu nombreux amenait de très fortes chances que les Aster 30 finissent par être préférés aux Aster 15. Est-ce à dire que l'Aster 15 va disparaître des bâtiments de la Marine nationale ?


Les missiles Aster sont les effecteurs du programme PAAMS (Principal Anti-Air Missile System), réponse européenne dans un contexte otanien à la problématique des salves de missiles subsoniques et supersoniques soviétiques. L'US Navy s'équipait de l'AEGIS construit face à ces menaces saturantes. Les marines européennes doivent donc pouvoir faire face à la menace et une faiblesse dans le domaine de la défense aérienne ne pardonne pas car qui tient les hauts, tient les bas. Une partie des marines se tournera vers l'AEGIS lui-même (F100 et F310), une autre vers des solutions en coopération pur le système d'arme tout en conservant des missiles américains (classe De Zeven Provincien et F124) alors que trois pays (Italie, France et Royaume-Uni) joignent leurs forces dans le cadre du PAAMS qui est menée plus ou moins parallèlement à la NFR90 dont les survivantes, d'une certaine manière, sont les Type 45 et Horizon.

L'évolution de la menace voit un étirement du spectre de la défense aérienne. En haut de celui-ci, une montée en gamme opérationnelle avec l'arrivée annoncée des munitions hypersoniques. Une partie d'entre-elles sont des missiles anti-navires mais une toute petite partie est constituée de missiles balistiques à finalité anti-navire. Tout du moins, c'est ce qu'il faudrait croire selon les discours... Il s'opère alors un effet d'éviction stratégique. Dans le cadre d'une entrée en première dans un théâtre ou même pour obtenir la maîtrise aéro-sous-marine d'un théâtre d'opérations il s'opérera fatalement un distingo entre les marines de l'âge hypersonique capable d'en porter le glaive et le bouclier et celles qui n'y auront pas leur place, soit que leur incompétence en la matière apparaîtra de manière criante ou bien que le meneur d'une coalition opposera une fin de non-recevoir pour celles voulant s'ingénier dans les opérations. Retour politique absolument nul dans cette deuxième partie.

Dans cette perspective, l'Aster 30 ne peut qu'être privilégiée face à l'état actuel des menaces dans le haut du spectre puisqu'il permet de traiter plus haut et loin les menaces. Moment de remarquer que si l'âge hypersonique émerge, il n'en demeure pas moins que les munitions subsoniques à vol rasant n'ont peut-être pas encore perdu toute pertinence opérationnelle...

À l'autre extrémité du spectre de la défense aérienne, les menaces se diversifient et surtout se multiplient. La robotisation et miniaturisation de certaines plateformes amènent à considérer le renouveau de la frappe saturante tout en considérant qu'elle puisse être possiblement accessible à des acteurs infra-étatiques. A quand une transposition en mer de ce qui est observé en Irak et en Syrie ? Par ailleurs, les techno-guérillas dont certaines tendent à l'hybridation, en ce sens qu'elles peuvent mettre en œuvre des armements conventionnels - l'exemple typique de la techno-guérilla est celui des Tamouls en mer, le plus récent celui des Houthis - obligent à pouvoir parer et riposter dans le temps afin de pouvoir durer sur un théâtre. Qui dit temps et échanges de coups de feu dit munitions disponibles en nombre. Dans cette perspective, et face à des munitions adverses n'appartenant pas au haut du spectre, les choix conduisent tout naturellement à des munitions plus simples, de plus courtes portées et donc plus nombreuses. D'où les très intéressantes possibilités de mettre plusieurs munitions dans un même silo, ce qui accroît d'autant la densité de puissance de feu de la plateforme navale.

Il en ressort alors un étirement entre des Aster 30 qui paraissent être de plus en plus dépassés, voire tendent à devenir obsolète face à l'âge hypersonique et des Aster 15 qui sont trop gros et peu nombreux pour suivre convenablement l'évolution de la menace. Là, où, l'Aster 15 pouvait traiter une munition échappant à une première paire d'Aster 30, le nombre réduit de silos conduit plutôt à la standardisation autour d'un seul Aster. Ce qui est d'autant plus simple qu'il s'agit, en réalité de la même munition mais pas du même booster. Dans le cas français, il serait donc tout à fait logique que l'Aster 15 soit débarqué au profit de l'Aster 30.

Il sera très intéressant d'écouter les premiers bruits de coursives quant aux futurs ATM des quatre premières FREMM : seront-elles toutes dotées de Sylver A50 et donc potentiellement d'Aster 30 ? De l'autre côté, et pour accroître la densité de puissance dans l'optique de durer à la mer face à une côte hostile, il s'agira bien un jour d'évoquer le cas du VL Mica ensiloté par quatre. Dans le cas français, il y aura fatalement des spécialisations géographique et fonctionnelle des plateformes puisqu'il ne sera pas possible d'abonder les cadres d'emploi des munitions avec les quantités requises. Une FREMM avec le FMAN porterait 8 de ces futures munitions, plus 8 MdCN laissant 16 Aster 30. Hypothèse concevable pour une FTI après ajout de deux lanceurs octuples pour monter de 16 à 32 sabords. Quid du porte-avions : demeurer sur de l'Aster 15, monter vers l'Aster 30 ou multiplier avec le VL Mica ?


Ce qui est particulièrement est que Navy recognition est réussi à savoir de Laurent Sellier qu'il n'était pas prévu à l'heure actuelle que la diffusion des Aster 30 s'étende à plus de quatre FREMM (Bretagne, Normandie, Alsace et Lorraine) sur huit (reste les : Aquitaine, Provence, Languedoc et Auvergne). Mais, et surtout : le cas des Bretagne et Normandie est surtout là pour suppléer les Jean Bart et Cassard dont le SM-1 n'est plus soutenu dès 2020... Un mal pour un bien ? Il sera à l'avenir d'autant plus facile d'obtenir la refonte des quatre autres bâtiments.


7 commentaires:

  1. Bonjour,
    Le problème est que l'Aster 15 et l'Aster 30 sont complémentaires. Les Aster 30 ne sont pas capable d'agir à "courte" portée contrairement à l'Aster 15. Donc pour le moment, pas le choix que de mixer les 2.
    Quand au Mica VL, sa portée est trop faible pour remplacer complètement l'Aster 15 et son fonctionnement très différent est en réalité complémentaire à celui de l'Aster.

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  2. Bonjour,
    Votre publication est très intéressante, toutefois certains points me paraissent obscures n'étant pas un initié:
    - En quoi l'Aster 15 peut "traiter une munition échappant à une première paire d'Aster 30" si leur différence n'est que le booster
    - Le VL MICA possède t-il des capacités antimissiles ou restent-elle théorique comme le sont celles du Mistral.
    Merci d'avance de votre éclairage

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  3. C'est un peu bizarre de comparer deux missiles plutôt proche technologiquement et de plus contemporain ,la munition aster et son booster a été testé dans divers scenario plutôt musclé ,mais quand est il du mica vl ? je pense que l'on insiste trop sur les performances (souvent supposées) et le nombre de ces missiles de defense.On en oublie les particularités de ce genre d'affrontement ou les capteurs et leurs contre mesure ,de même que la connaissance de l'environnement ont un rôle majeur .Ce qui est sur ,c'est que dans la guerre de l’épée contre le bouclier ,il vaut mieux être celui qui aura le mieux anticiper et donc sera le mieux préparé .

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  4. Bonjour
    Merci pour cet article.
    Je ne savais pas que le Mica VL pouvait être ensiloté par 4, je croyais que cette capacité était réservé au Crotal VT1.
    Les deux ont un diamètre équivalent de 160mm (MicaVL) et 165mm pour le crotale. Sachant que le Scalp naval à un diamètre de 500mm, ça laisse de la marge.
    Le mica porte à 20km, le crotale à 16 suivant les profils de vol.

    Après ce qui pourrait être intéressant c'est de regarder du coté d'un autre produit MBDA: le CAMM, 166mm de diamètre (prevu pour aller par 4 dans les sylver), 25+km de portée...
    La version ER (un seul par tube) avec plus de 45km de portée est envisagé par la marine italienne pour remplacer les ASTER 15.

    Je vois bien les aster 15 remplacés par un mix CAMM/CAMM-ER (moitié/moitié, sur 16 tubes ça fait 8 camm-ER et 32!! CAMM)

    Sinon qu'en est il de rajouter un (ou deux) sylver A35 à l'arrière des FREMM comme proposé au grecs? cela rajouterait 64 CAMM à chaque frégates.

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  5. Je trouve l'affirmation de l'obsolescence de l'Aster 30 vraiment péremptoire. Actuellement et avec son évolution en cours Aster 30 Block 1 NT ce système couvre les menaces des missiles en très haut supersonique M3.5+ tu style Brahmos, des missiles subsoniques sea skimmer style Exocet et les menace ballistique IRBM.
    Aujourd'hui c'est l'état de l'art de la menace et l'Aster 30 Block 1 NT ne semble pâlir face à des SM2/3/6 US. Je dirais même que que le système européen est aujourd'hui ce qui se fait de mieux.


    Quant aux menaces hyper-soniques qui vont bien finir par apparaitre il ne ne fait aucun doute que la défense devra s'adapter le moment venu; ne parle t'on pas d'un ASTER 30 block II (http://www.senat.fr/rap/r10-733/r10-73359.html)

    Cordialement.

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