Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 10 juillet 2019

SNA-NG : nouvelles armes tactiques

© DCNS. Photographie publiée en février 2017.
Le Suffren aura marché pendant environ deux jours et est positionné au terme de sa marche sur le dispositif de mise à l'eau depuis le vendredi 5 juillet 2019. Il rencontrera son élément dans les semaines suivantes grâce à l'ascenseur sur lequel il reposera alors. Les essais à la mer menés à bord en 2020 dans l'optique d'une admission au service actif verront l'embarquement des armes tactiques qui seront, toutes, nouvelles.

Les Rubis et les Triomphant embarquent des torpilles lourdes F17P mod 2 (~ 30 km) pour la lutte anti-sous-marine et anti-navire ainsi que des missiles SM39 (50 km) pour la lutte anti-navire. Les Suffren disposeront des torpilles lourdes F21 (+ 50 km), des missiles SM39 block 2 mod 2 (70 km ?) mais introduiront aussi une nouvelle munition : le MdCN (~ 1000 km) en sa version à changement de milieu.
Il convient de souligner que le nombre de Tubes Lance-Torpilles (TLT) demeure inchangé vis-à-vis des Rubis (4 TLT) et des Triomphant (4 TLT). Par contre, le nombre d'armes embarqués augmente fortement. Il est de 12 armes sur les racks sur les SNA actuels plus ceux-ci aux tubes soit 16 armes au total. Les Suffren embarqueront 20 armes sur les racks et aussi 4 aux tubes, soit 24 armes. Une dotation plus que respectable pour un SNA de 5300 tonnes en plongée.
Les projecteurs sont orientés tout particulièrement sur le cas du MdCN car, non seulement le SM39 block 2 mod 2 traite prioritairement des obsolescences et la F21 remplace une munition totalement obsolète depuis 2015, après les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie, mais avant la Chine, l'Inde et peut être même le Pakistan - sans oublier le cas particulier israélien -, la France rejoint un club très fermé de puissances navales capables de déployer des sous-marins dotés de missiles de croisière. Club encore plus restreint s'il ne s'agissait que de retenir les ceux combinant des sous-marins à propulsion navale nucléaire portant des missiles de croisière où la France rejoint les États-Unis et le Royaume-Uni. C'est un outil de prestige politique, établissant pour partie le rang de la France sur les mers mais aussi un outil opérationnel.

F21

La torpille lourde F21 procède du programme Artémis lancé en 2008. L'appellation de Futur Torpille Lourde (FTL) fini par être accolé au nom du programme avant de devenir sa seule dénomination jusqu'à ce que la F21 ne s'impose dans la dernière ligne droite. Le coût total du programme est estimé en 2013 à 503 millions d'euros pour un coût unitaire de production par torpille de 2,3 millions d'euros. Une cible initiale de 93 FTL plus 2 cibles avait été arrêtée avant que les deux cibles ne soient remplacées par une solution de services contractées près de Naval group.

Cette nouvelle torpille devait être franco-italienne dans la foulée de la réussite technique et commerciale de la torpille légère Mu90. Mais les co-entreprises créees afin de rapprocher, dans l'optique d'une fusion, les activités torpilles française et italienne échouent. L'industriel italien WASS est remplacé par Atlas Elektronik qui s'occupe de la partie arrière de la torpille (propulsion) tandis que l'entreprise française Saft fournit les deux batteries, Thales la partie électronique et senseurs et Eurenco la charge de combat.

Les premiers prototypes de la F21 sont essayés à bord du Pégase de Naval group dès 2013 via une vingtaine d'essais. Les premiers tirs de validation des performances interviennent en 2016. Les tirs de qualification débutent en 2017 et se poursuivent jusqu'en 2018 à bord d'au moins un Rubis.

"L'obsolescence technique et opérationnelle sera atteinte en 2015" pour la F17P mod 2 selon le Sénat. Raison pour laquelle les premières livraisons des F21 étaient attendues dès 2015 avant d'être repoussées à 2017 puis finalement à l'année 2019. Les Triomphant doivent progressivement troquer les F17P mod 2 pour les nouvelles F21. Une partie des Rubis (3, 4 ?) percevront les F21 en remplacement des torpilles obsolètes.

Outre le fait que la F21 (+ 50 km de portée, + 50 nœuds) présente des caractéristiques - enfin - comparables avec les autres torpilles lourdes, elle offre une sécurité renforcée. Les batteries conçues par Saft sont constituées de cristaux de soude qui, une fois au contact de l'eau de mer introduite à bord de la torpille pendant sa course, dégage une chaleur intense par électrolyse. Ce qui revient à dire que sans eau de mer, ces cristaux de soude ne présentent pas de risque à l'état inerte.

Sur le plan opérationnel, la F21 pourra évoluer jusqu'à plus de 500 mètres de profondeur. La Mu90 est déclaré apte à plonger jusqu'à, au moins, 1000 mètres. Mais la F21 pourra aussi évoluer jusqu'à moins de 10 mètres de profondeur, décuplant ainsi la superficie de la bande littorale couverte. Par exemple, cela ouvre la voie, notamment, à l'attaque de bâtiments à l'intérieur des bases navales.

SM39 block 2 mod 2

Le SM39 est dérivé de l'AM38 développé dès 1975 et opérationnel dès 1977. Le SM39 est développé à partir de 1978 jusqu'à aboutir à la version opérationnelle apte pour le service en 1985. Il s'agit d'une version à changement de milieu de l'AM38, c'est-à-dire qu'un véhicule sous-marin, sorte de torpille protégeant le missile de l'élément marin, est tiré par un TLT duquel le missile est libéré quand le véhicule franchit la surface. Le propulseur s'allume alors et la munition file au ras des flots.

La munition bénéficie d'une modernisation grâce au Chili. 12 SM39 furent achetés en 2006 pour armer les deux sous-marins du type Scorpène. Santiago demande et obtient en 2009 cette modernisation. Baptisée "mod 2", cette modernisation consiste dans une numérisation de la munition par le traitement des obsolescences, c'est-à-dire le remplacement des composants analogiques. Un guidage GPS est ajouté, conférant une capacité d'attaque contre la terre qui se limite toutefois au trait de côte car le missile n'est pas non plus doté d'une capacité de suivi de terrain détenu par les missiles de croisière. Toutefois, la portée maximale aurait été portée de 50 à 70 km selon certaines sources sans que les modalités soit précisées.

La Marine nationale ne commande pas cette version mise à jour. Et c'est l'AM39, remplaçant l'AM38, qui bénéficie d'une modernisation baptisée aussi block 2 qui consiste pour l'essentiel en une numérisation de la munition. 40 kits sont commandés en 2009. En novembre 2013, 40 kits sont commandés pour les SM39 block 2 mod 2. Cette nouvelle version correspond très probablement à une traduction nationale de ce qu'il avait été développé pour le Chili. 12 kits ont été livrés en 2018.

Il est donc probable que plusieurs SNA et SNLE aient pu bénéficier de SM39 portés au block 2 mod 2. Les Suffren embarquement uniquement cette nouvelle version.

MdCN

Le programme SCALP-Naval voit sa phase de réalisation débutée quand le contrat est notifié en 2006 à MBDA. La cible du programme est alors de 250 missiles avant d'être réduite à 200 en 2008, soit 150 pour les FREMM et 50 pour les Barracuda. La nouvelle munition devait entrer en service sur FREMM dès 2014 et sur les Suffren dès 2017.

Plusieurs tirs de développement sont nécessaires aussi bien pour valider les deux modes de guidage terminaux (infrarouge et GPS) que pour valider la séquence complète de tir sous-marine. Le premier tir sous-marin du MdCN intervient le 8 juin 2011 (deuxième tir de développement) au centre DGA Essais de missiles de l'île du Levant qui permet de valider l'emploi du véhicule sous-marin pour le changement de milieu. Le troisième tir de développement (9 juillet 2012) représentait le tir depuis une frégate tandis que le guidage terminal était assuré en toute autonomie par reconnaissance de scènes infrarouges. Le 24 octobre 2012, c'est le premier tir complet du MdCN en configuration sous-marine (et quatrième tir de développement) avec un guidage terminal assuré par GPS.

Seuls les Suffren embarqueront les MdCN puisqu'il semble exister quelques limitations sur les Rubis afin de pouvoir l'opérer (TLT trop courts ?) et que leur place à bord des SNLE n'apporterait aucune plus-value opérationnelle quant à leur auto-défense et ils n'ont pas été jugés utiles mais bien contraires à la mission de dissuasion.

La dotation type des Suffren n'a pas encore été précisée mais il est dit que les MdCN pourraient être tirés par salve de 4 (4 TLT : 4 MdCN). Eu égard au déroulé de l'opération Hamilton, cela invite à questionner le nombre de MdCN devant être présent à bord. Il est probable que l'équivalent de deux salves soit retenu afin de permettre aux futurs SNA de reproduire le scénario de l'opération Hamilton pendant toute la durée de leur déploiement. Il est aussi précisé que les Suffren pourront tirés les MdCN en coordination avec les FREMM.

5 commentaires:

  1. Il me semble que le club restreint associant propulsion nucléaire et missiles de croisière ne réunit pas seulement les Etats-Unis, le Royaume-Uni et bientôt la France. Ajoutez-y la Russie (avec les Yasen emportant le Kalibr, aussi embarqué - mais le conditionnel est encore de rigueur - sur les Oscar-II modernisés) et la Chine (avec la version G du Type 093).

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  2. Très intéressant. Je ne savais pas que le SM 39 avait bénéficié d'une valorisation. Avec toute cette panoplie, les Barracuda auront vraiment les dents longues et bien affutées. Notre flotte sous-marine tactique va faire un bond capacitaire phénoménal.

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  3. Bien que peu de choses fuitent dans la presse à la suite des exercices interalliés, il sera très intéressant de voir ce qu'il vaut (furtivité, suite sonar, systèmes d'armes) par rapport aux autres nucs occidentaux et notamment à la classe Astute... il faudra sans doute encore un peu de patience. Votre avis ?

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  4. Bien que peu de choses fuitent dans la presse après les exercices interalliés (ou alors après un certain temps seulement), il sera très intéressant de voir comment il tient son rang à côté des autres nucs occidentaux (furtivité, suite sonar, système d'armes...) et notamment par rapport à l'Astute qui est équipé Thales aussi .... votre avis?

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  5. Quatre tubes seulement, cela veut dire que lors du tir de mcdn en salve le soum sera vulnérable sans capacité de riposte immédiate ...

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