Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 3 décembre 2019

Programme POM : illustration de la proposition de SOCARENAM

© Ministère des Armées.
Dans l'attente de plus amples informations, d'une infographie non-encore fournies par le ministère des Armées, il n'est pas impossible de tenter de décrire les choix architecturaux qui transparaissent de la proposition de SOCARENAM (Société Calaisienne de Réparation Navale et Mécanique) pour répondre au cahier des charges de l'appel d'offres émis dans le cadre du programme Patrouilleurs d'Outre-Mer (POM). Il s'agissait bel et bien d'une version agrandie et remaniée des Patrouilleurs Antilles Guyane (PAG) de la classe La Confiance.

L'appel d'offres émis le 13 août 2018 par la DGA aboutissait au cours de la semaine du 25 novembre au 1er décembre. La date précise à laquelle la décision fut notifiée à l'industriel n'a pas encore été, non plus, communiquée. Le coût d'acquisition du programme BATSIMAR passé progressivement sous la barre des 30 puis des 25 millions d'euros correspondait bel et bien à celui des futurs POM pour lesquels la Marine nationale a demandé une solution économique "deux à trois fois moins coûteuses". Cela permettra, entre parenthèses, d'essayer de deviner l'enveloppe budgétaire allouée aux patrouilleurs océaniques.
© SOCARENAM.
SOCARENAM proposait l'OPV 600 conçu par la société d'architecture navale Mauric dans le cadre de l'appel d'offres émis quant à lui au profit du programme des Patrouilleurs Légers Guyanais (PLG). Deux unités furent commandées en 2015 en marge du programme BATSIMAR en raison des ruptures temporaires de capacités touchant le théâtre. Les conséquences néfastes de l'ouragan Irma eurent l'heur de faire avancer la commande d'une troisième unité fin 2017. La classe La Confiance se compose donc des patrouilleurs La Confiance (2017), La Résolue (2017) et La Combattante (2019).
© Ministère des Armées.

Les caractéristiques générales des POM, en suivant les exigences du cahier des charges, doivent reposer sur la coque des PAG allongée d'environ 9,2 mètres. Le maître-bau (9,55 mètres sur les PAG) aurait été légèrement augmenté en raison de l'évolution des lignes. Le tirant d'eau serait d'environ 3,8 mètres contre 3,2 pour le devancier. L'autonomie serait de 5500 nautiques contre 3500 à 12 nœuds sur les PAG. Le tonnage final pourrait atteindre, voire franchement dépasser les 800 tonnes contre 700 pour les PAG. C'est pourquoi la propulsion devrait bénéficier d'une augmentation de la puissance installée de 6 MW afin de pouvoir soutenir, non plus 21, mais bien 22 nœuds comme demandé. L'équipage sera de 35 marins (et 15 passagers) contre 24 sur les PAG en raison de la durée plus longue des missions.

L'architecture de la classe La Confiance semble avoir été la base de travail mais la coque a été presque entièrement retravaillée partout où se pose le regard. De la plage arrière jusqu'à la proue il est possible de relever que 

L'arrangement de la propulsion paraît être le même mais le tableau arrière a été redessiné tout comme l'ensemble de la plage arrière à vrai dire. Il demeure une rampe permettant de mettre à l'eau et de récupérer une embarcation semi-rigide pouvant atteindre jusqu'à 8 mètres. Une grue de manutention a été ajoutée. Cette capacité demandée dans le cahier des charges sous-entendait bien qu'il s'agissait d'intégrer une capacité de levage dans l'optique d'accommoder des marchandises, comme des conteneurs. L'illustration seule ne permet pas de deviner si la place disponible pour un seul conteneur permettra d'accueillir un module mission.

Une plage hélicoptère surplombe la plage arrière. Ses dimensions paraissent modestes pour permette d'opérer une voilure tournante de la classe des 5 tonnes. Il semble que la coque ait été allongée entre le pied de l'unique cheminée bâbord et jusqu'à une limite matérialisée par bord du conteneur. La deuxième embarcation semi-rigide et son bossoirs a été retirée. La plateforme hélicoptère repose sur un bloc entier, fermé la soutenant. Cette même plateforme donne à bâbord sur un hangar aéronautique aux dimensions réduites ne permettant, à l'évidence, que d'accueillir un drone à voilure tournante de la classe 1 tonne.

Le bloc passerelle a été largement retravaillé. La passerelle de navigation n'est plus comme un bloc posé sur la superstructure mais trône désormais sur un pont quasi-continu coiffant toute la superstructure. La passerelle qui profite d'une avancée pointant depuis l'arrière de la passerelle jusqu'à tenter de rejoindre l'arrête arrière de la superstructure. Cela permet d'avoir l'équivalent d'une passerelle aviation intégrant la station de contrôle du drone, permettant à l'opérateur d'observer directement les phases de décollage et d'appontage.

Les échappements de l'unique cheminée bâbord ont vu leur forme retravaillée elles aussi et la coiffe ne couvre plus l'entière hauteur de ces mêmes échappements.

La mâture a été retravaillée. L'antenne pour les communications satellitaires est déplacé à l'arrière de la passerelle et non plus sur bâbord avant. Les dimensions de l'antenne sont multipliées par deux ou trois.

Une large ouverture a été pratiquée à tribord de la superstructure soutenant la passerelle permettant de déplacer ici l'embarcation semi-rigide de huit mètres et ses bossoirs. La volée de marche positionnée au pied du bossoir des PAG est toujours présente et est déplacée avec les bossoisr sur les POM. Une coursive surplombe l'installation et permet de faire la jonction entre la plateforme hélicoptère et la coursive enserrant l'ensemble de la superstructure. Justement, et par rapport aux PAG, la coursive extérieure sur bâbord et tribord est désormais partiellement couverte.

La partie avant de la superstructure semble avoir été prolongée jusqu'à ravir toute la place jadis occupée par le système Narwhal de 20 mm (Nexter). Il n'est peut être pas nécessaire de chercher plus loin comment les logements offrent suffisamment de postes pour un équipage de 35 marins et pour 15 passagers supplémentaires. Un brise-lame semble séparer le pont devant la passerelle. Une installation présume peut être de la future place du système d'artillerie. Mais celui-ci n'était pas mentionné dans l'appel d'offres et il ne paraît pas visible dans cette illustration.

La plage avant ne paraît pas avoir été modifiée et n'est pas non plus couverte.

Le bulbe d'étrave semble être le même.

Les lignes de la carène ont également évolué, en particulier pour les œuvre vives et les œuvres mortes les surplombant immédiatement. Le franc-bord de la coque n'est plus droit mais évasé vers le sommet depuis la poupe jusqu'à la proue.

Dans l'ensemble, les études n'ont pas seulement porté sur un simple agrandissement de la classe La Confiance car les deux tiers de la coque sont retravaillés sur les points pré-cités. Les propositions de Kership (OPV 70) et d'Ocea (OPV 230) paraissaient offrir, par exemple, de larges installations aéronautiques permettant de faire apponter et d'opérer un hélicoptère de la classe des 5 tonnes. Toutes les deux présentées une pièce de 40 mm en guise de système d'artillerie. C'est à se demander si Kership et Ocea ne concourait pas plutôt pour les patrouilleurs océaniques tandis que SOCARENAM était la seule entreprise à présenter un bateau en lien avec le cahier des charges du programme POM alors que le coût unitaire visé était réputé être voisin des 25 millions d'euros.

Le coût final du programme POM devrait être compris dans une fourchette allant ds 150 à 200 millions d'euros, frais d'études et premiers contrats de MCO compris.


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