Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





06 juin 2020

SNA-NG « Suffren » : quel « pennant number » ?

© Naval group. Le Suffren lors de la cérémonie de lancement, 12 juillet 2019.

     Le Sous-marin Nucléaire d'Attaque (SNA) Suffren affichait lors de la cérémonie de son lancement, présidée par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, le 12 juillet 2019, son numéro de coque (QXXX) permettant de l'identifier de la construction à la démolition ou plutôt déconstruction. Mais son « pennant number » n'a toujours pas été dévoilée.


Le système des « pennant numbers » appartient à la classification des bâtiments de guerre de la Royal Navy avec le « hull classifcation system » et l' « international deck codes » : le premier doit permettre d'identifier formellement un bâtiment par un numéro tandis que l'autre doit d'établir un système de catégories de bâtiments de combat, de soutien ou auxiliaires. Les deux systèmes ont évolué au sein de la Marine britannique, depuis 1910 et jusqu'en 1948 pour les « pennant numbers ».


Marines

Pennant number

Royal Navy

SXX

S1XX

Deutsche Marine

S1XX

Ελληνικό Πολεμικό Ναυτικό

S1XX

Marinha Portuguesa

S1XX

Armada de la República Argentina

S2XX

Türk Deniz Kuvvetleri

S3XX

Søværnet

S3XX

Marine nationale

S6XX


Afin de pouvoir attribuer à la marine de chaque État-membre de l'Alliance atlantique, l'OTAN adoptait le système britannique en 1951, par sa forme de 1948. C'est pourquoi, par exemple, un destroyer est formellement désigné par la lettre « D » et un numéro. De rares exceptions existent comme, par exemple, et à tout hasard : la Marine nationale n'ayant que des frégates mais dont celles pouvant être considérées comme des destroyers dans d'autres marines en reçoivent le « D » et non pas le « F ».


Ainsi, la France recevait pour l'identification de ses sous-marins - « S » - dans le cadre de ce système devenu otanien le lot « SXXX ». Il y avait pourtant eu une tentative antérieure à 1951 d'identifier les sous-marins français par des numéros compris dans ce lot. Mais ils paraissent ne plus être valables dans la mesure où le système mis en place après 1951 peut voir des numéros être réattribués.


Il est à remarquer dans la pratique française du système otanien que le numéro de coque (QXXX) ne pouvait qu'être découplé puisque les sous-marins mis sur cale au profit de marines étrangères reçoivent un numéro de coque mais ne peuvent recevoir un « pennant number » français. Par ailleurs, l'attribution de ce « pennant number » procède d'un choix qui n'est pas chronologique ni croissant, comme en témoigne le tableau n°2.


Par contraste, le système de l'US Navy est d'une remarquable efficacité puisque pour chaque catégorie de bâtiments de combat, le numéro suivant la lettre ou les lettres désignant la catégorie est consécutif au précédent numéro attribué. Le CVN-78 USS Gerald R. Ford est le soixante-dix-huitième porte-avions de la Marine américaine, par exemple, le premier étant le CV-1 USS Langley. Et un bâtiment peut changer de catégorie sans changer de numéro : le SSBN-726 USS Ohio par refonte devenait le SSGN-726 USS Ohio.


Classe

Unité

Numéro

Pennant number

S600 ?

Rubis

Rubis

Q265

S601

Rubis

Saphir

Q266

S602

Rubis

Casabianca

Q267

S603

Rubis

Émeraude

Q268

S604

Rubis

Améthyste

Q269

S605

Rubis

Perle

Q270

S606

Rubis

Turquoise

Q271

S607

Rubis

Diamant

?

S608

S609 ?

Le Redoutable

Foudroyant

Q257

S610

Le Redoutable

Le Redoutable

Q252

S611

Le Redoutable

Le Terrible

Q255

S612

Le Redoutable

L’Indomptable

Q258

S613

Le Redoutable

Le Tonnant

Q263

S614

Le Redoutable

L’Inflexible

Q264

S615

Le Triomphant

Le Triomphant

Q272

S616

Le Triomphant

Téméraire

Q273

S617

Le Triomphant

Vigilant

Q274

S618

Le Triomphant

Le Terrible

Q281

S619

Agosta

Agosta

Q259

S620

Agosta

Bévéziers

Q260

S621

Agosta

La Praya

Q261

S622

Agosta

Ouessant

Q262

S623

S624 – S630 ?

Narval

Narval

Q231

S631

Narval

Marsouin

Q232

S632

Narval

Dauphin

Q233

S633

Narval

Requin

Q234

S634

Aréthuse

Aréthuse

Q235

S635

Aréthuse

Argonaute

Q236

S636

Narval

Espadon

Q237

S637

Narval

Morse

Q238

S638

Aréthuse

Amazone

Q239

S639

Aréthuse

Ariane

Q240

S640

Daphné

Daphné

Q241

S641

Daphné

Diane

Q242

S642

Daphné

Doris

Q243

S643

Daphné

Eurydice

Q245

S644

Daphné

Flore

Q246

S645

Daphné

Galatée

Q247

S646

Daphné

Minerve

Q248

S647

Daphné

Junon

Q249

S648

Daphné

Vénus

Q250

S649

Daphné

Psyché

Q253

S650

Daphné

Sirène

Q254

S651

S652 – S654 ?

Q244

?

?

?

Gymnote

Q251

S655

S656 – S699 ?


Le Suffren recevait le numéro de coque Q284, ce qui signifie qu'il est le 284ième sous-marins construits en France que ce soit pour la Marine nationale ou une marine étrangère. Mais son « pennant number » n'a pas été dévoilé. Trois hypothèses peuvent apparaître :

  • combler tous les « trous » (S600, S609, S624 - S627) ;
  • combler le « vide » entre l'Ouessant (classe Agosta) et le Narval donnant son nom à cette classe ;
  • occuper, et avec un grand choix, une nouvelle série à partir du S656.


Il est à remarquer que la classe Le Redoutable (S610 - S615) était suivie dans ce système par la classe Le Triomphant (S616 - S619) tandis que les Rubis (S601 - S606) recevaient un créneau unique ne permettant pas une continuité dans ce système. Ce qui revient à questionner si les SN3G assureront le tuilage avec les Suffren au-delà du S655.


2 commentaires:

  1. Bonjour, je prends assez rarement la plume etant principalement observateur candide du site, mais je me permets une remarque hors sujet :
    Restez de marbre, aux humeurs Ambiantes qui sont propagees sur le statut et même sur la statue de Colbert. Je pense que tous ceux qui veulent faire une réécriture de l'histoire seront, je pense, balayes par leur propre dose d'inculture.

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    1. Cher André,

      Bonjour, et merci d'avoir pris la peine de m'écrire pour ce chaleureux message.

      N'ayez crainte, j'attends désespérément que ces personnes que vous visez découvrent - enfin ! - que les penseurs des Lumières étaient objectivement racistes. Vont-ils renier leur œuvre ?

      Bonne fin de semaine et bien navicalement,

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