Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mercredi 30 mars 2016

GAé : embarquement à bord du RFS Amiral Kuznetsov ?

© Wikipédia. Le porte-aéronefs Amiral Kuznetsov à la mer en 2002.
 N'abandonnons pas notre tour d'horizon afin de trouver un pont plat pour le Groupe Aérien embarqué (GAé) avant de revenir à l'allié américain. Sur la période allant de janvier 2017 jusqu'au milieu de l'année 2018, le GAé devra résoudre la quadrature du cercle consistant à préserver les qualifications opérationnelles sur porte-avions du personnel sans porte-avions. Pourquoi exclure, d'emblée, avant même d'avoir soulevé la question, un embarquement à bord du porte-aéronefs russe ?


La France entretient des partenariats stratégiques avec le Brésil et l'Inde, reconnaissant leur rôle global dans la construction d'une paix internationale. La Russie compte également dans les partenaires que Paris se reconnait pour atteindre cet objectif. 

La France du général de Gaulle jusqu'à celle de François Mitterrand voit dans la Russie une allié autant pour la stabilité de l'Europe de l'Atlantique à l'Oural que pour celle du monde. Le président Jacques Chirac sera à l'œuvre afin de nouer le dialogue entre la Russie et l'OTAN. La Russie reconnaît la France comme un partenaire important dans le concept de politique étrangère de 2008, derrière l'Allemagne. La relation franco-russe survit à bien des crises, de l'invasion napoléonienne (1812) jusqu'à la guerre de Géorgie (2008).

Sans remonter jusqu'à l'alliance franco-russe (août 1891), notons que le partenariat naval entre Paris et Moscou vient de connaître un coup d'arrêt depuis la non-livraison des Sébastopol et Vladivostok (avec deux unités en option) par Paris à la Russie. Pourtant, d'autres projets auraient été évoqués, des navires logistiques jusqu'à un porte-avions. La résolution du contrat de vente se faisait après des mois de négociatiosn mais sans entraîner de dommages diplomatiques pour l'une ou l'autre des parties, en partie grâce à l'achat des navires par l'Égypte. La sortie de crise semble honorable pour les deux parties car ni l'une ni l'autre ne semble léser financièrement. 

Depuis le début les années 2000, des navires russes font ponctuellement escale dans des bases navales françaises, en particulier Brest, bien que le dernier en date n'ait pas pris le temps de rendre visite à un port français. 

La marine russe continue d'opérer l'Amiral Kuznetsov tandis que son sistership officie en Chine sous le nom de baptême de Liaoning. Le premier embarque pour groupe aérien constitué d'environ douze Su-33 et devrait avoir reçu sa dotation complète de Mig-29K et KUB (vingt machines) sans oublier les nombreuses voilures tournantes (Ka-27 principalement). Le navire, STOBAR, n'est pas doté de catapultes mais de brins d'arrêt et d'un tremplin.  

Le Rafale M est déclaré compatible avec les porte-aéronefs dotés de tremplins et pourrait donc opérer sans catapultes, selon Dassault Aviation. L'absence de catapultes suppose que les aéronefs à voilure fixe ne décollent qu'à la seule force de leur(s) réacteur(s). Les appareils parvenant à se satisfaire d'une piste oblique et d'un tremplin réussissent cet exploit au prix d'une masse bien moindre que s'ils avaient utilisé des catapultes ou décollés depuis la terre. Cette configuration, très peu documentée à notre connaissance tant dans les marines russe qu'indienne ou encore chinoise (Su-27K, Mig-29K, Tejas, J-15, etc), consiste dans les observations les plus diverses en une configuration presque lisse avec pour seul armement, généralement, deux missiles anti-aérien. 

Sous réserve des possibilités techniques d'opérer des Rafale M depuis un navire STOBAR, étranger de surcroît, pourquoi ne pas penser au partenaire russe ? La non-livraison des BPC n'aurait pas, manifestement, entaché la relation bilatérale franco-russe, bien qu'il soit illusoire, euphémisme, d'espérer de renouer de si tôt un partenariat dans la construction navale. 

Par contre, ce serait un moyen, de plus, de soutenir une partie des qualifications du GAé tout en ménageant des possibilités diplomatiques alors que la France reconnaît encore et toujours un rôle important à la Russie dans l'équilibre européen, voire mondial. Nous aurions une occasion de ne pas nous enfermer dans un tête-à-tête franco-américain qui, bien que prestigieux sur le plan technique (relever un groupe aéronaval américain), ne nous ouvre pas pour autant toutes les portes à la manière des special relationship entre Londres et Washington. 

Entre l'accroissement des activités navales françaises dans le grand Nord simultanément à celui des activités sous-marines russes, nos deux pays ne demandent qu'à se connaître. La marine russe, si l'ambition politique demeure encore deux décennies, continuera à émerger comme un acteur naval à la vocation mondiale. Outre l'éventuel apport opérationnel, l'embarquement de quelques Rafale à bord du porte-aéronefs russe serait un moyen de relancer les rapports bilatéraux sur le plan naval alors qu'il ne nous serait pas profitable de nous replier derrière la ligne GIUK en pleine réapparition.

3 commentaires:

  1. En théorie "si on veut on peut" mais dans la pratique faire décoller et atterrir un Rafale dans une configuration pour laquelle il n'a pas été validé ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Au delà de l'avion et du navire il y a les procédures et la langue, si nous arrivons à opérer des avions US sur le Charles de Gaulle et des avions français sur les Porte Avions US c'est que les flottes partages les procédures et la langue; ce qui n'est pas le cas avec les russes. Dans le meilleur des cas obtenir le même résultat prendrait bien des années soit bien plus que l'IPER de 18 mois.

    Et puis quoi ? pour la diplomatie cela aurait sans doute un intérêt mais pour la qualification des aviateurs l’apport serait quasi nul du fait justement de la différence entre les porte avions russes et français.

    Attendons d'avoir de meilleures relations avec la Russie ce qui demandera des efforts de notre part et de la leur; mais qui finira bien par arriver.

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    1. Beaucoup de Russes parlent un français parfait, ce qui est rarement le cas des Étasuniens. Alors, la langue...

      Quant aux procédures, les confronter pourrait constituer une opportunité d'amélioration, de part et d'autre.

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    2. On ne parle pas de faire du tourisme ici, il ne s’agit pas de trouver trois officiers qui parlent français. Faire agir un GAé sur un navire russe ou indien c’est une intégration totale et cela se fait que parce que les aviateurs et marins connaissent parfaitement ce que font leurs contreparties. On arrive à ce partage que grâce à une uniformisation des procédures qui n’existent pas avec les russes. C’est l’affaire d’années.
      De façon moins importante il serait possible de faire des échanges longue durées de pilotes sur le porte avions russes avec réciprocité ce qui permet l’échange d’idée et d’innovation.
      Votre façon de rejeter des réalités techniques difficiles montre une vision plus idéologique qu'opérationnelle.

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