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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





vendredi 18 mars 2016

Renforcer la puissance navale française ? Le sous-marin école

© DCNS. Le Scorpene 1000, ex-Andrasta.

Nous proposons l'idée d'un sous-marin école afin de renforcer la sous-marinade française dans un contexte où les ressources matérielles et humaines demeurent particulièrement rares donc précieuses. Un tel outil ne manquerait pas de satisfaire à nos ambitions industrielles et commerciales en vue de la réalisation de nos intérêts stratégiques, sans jamais amoindrir nos capacités opérationnelles, bien au contraire.

Dans la droite lignée de l'utilisation des quatre Seehund récupérés par la Marine nationale (S365, S90, S74 et S107, armés en 1946) à Dunkerque, pendant l'été 1945, nous nous proposons de considérer l'idée d'un sous-marin école. 

Les formations initiales et continues des sous-mariniers français comme européens reposent dans l'écrasante majorité des cas sur une formation théorique dans une école d'application suivie par un embarquement. Les entraînements sur simulateur ne suffisent pas. Une centralisation de la formation à bord d'une unité dont une grande partie de l'activité y serait dédiée ne pourrait que permettre d'optimiser le temps consacré aux missions opérationnelles par une délocalisation d'une grande partie des formations dispensées à leur bord.

Un tel bateau permettrait également aux nageurs de combat de s'entraîner à l'insertion depuis un sous-marin dans le Goulet de Brest.

Contrairement aux forces terrestres et aériennes européennes, il n'existe pas de formation commune des marins européens que ce soit pour l'apprentissage de la navigation ou bien la transformation sur un matériel en particulier. Elargissons notre perspective alors que la Marine nationale est la deuxième force sous-marine d'Europe, derrière la Royal Navy et que l'idée d'un ou plusieurs sous-marin école pourrait éventuellement séduire dans d'autres marines européennes dans un contexte où la ressource sous-marine est rare donc précieuse et à optimiser. 

Aussi, n'oublions pas que la France demeure un grand acteur dans la diffusion des capacités sous-marines dans la société internationale inter-étatique. Offrir la possibilité de former le noyau d'une future sous-marinade en attendant la construction des bâtiments vendues ne manquerait pas d'élargir les possibilités commerciales au service des intérêts stratégiques. Bien des marines s'offrent une composante sous-marine sans n'en avoir jamais possédé.

L'outil qui peut apparaître le plus adapté à une telle idée semble être le sous-marin côtier. Il offre la possibilité d'acquérir un outil opérationnel à moindre coût. Bien que très éloigné des capacités proposées par des sous-marins océaniques, voire à propulsion nucléaire, le sous-marin côtier s'intègre à l'environnement littoral pour s'y cacher telle une mine intelligente. 

Plateforme opérationnelle, il rouvrirait la possibilité de disposer d'une plateforme d'expérimentation en conséquence de son existence. Il deviendrait possible d'expérimenter de nouveaux matériels, de nouvelles armes sans forcément distraire une autre unité dans ce rôle. 

Concernant ses missions, outre la formation et les expérimentations, une capacité sous-marine côtière ne manquerait pas de renforcer les possibilités d'entraînement avec les unités de surface et aériennes. Disposer d'un tel adversaire ne repose que sur la bonne volonté des marines européennes de procéder à des entraînements communs.

Un ou plusieurs sous-marins écoles pourraient également renforcer les capacités dédiées à la sûreté des approches au service du volet océanique de la dissuasion nucléaire. Les entrées et les sorties des SNLE français sont encadrées, aux dires des déclarations du ministère, par une frégate ASM, éventuellement un SNA et un Atlantique 2. La présence permanente d'un sous-marin classique ne manquerait pas de compliquer la tâche d'éventuels aventuriers alors que ceux-ci ces premiers, surtout pour les plus récents, sont particulièrement discrets. 

Le Scorpène 1000, ancien SMX-23 Andrasta, armé par un équipage de 19 hommes, mesure 52 mètres de longueur pour un déplacement à pleine charge de 1100 tonnes. Il dispose de trois semaines d'autonomie (4000 nautiques). D'une conception relativement simplifiée, il gagnerait à disposer d'un ou plusieurs sonars actifs, de sondeurs autant pour cartographier les fonds (poser, approche des côtes), repérer les mines que des invités indésirables. 

Deux unités basées pour l'une à Brest et l'autre à Toulon ne manqueraient pas d'intérêt dans cette perspective.

D'un coût égal à la moitié d'une unité océanique (soit 150 à 200 millions d'euros), la Marine nationale pourrait renforçer profondément ses capacités d'entraînement à l'action sous-marine. La France disposerait par la même occasion d'un outil d'entraînement afin d'assurer un leadership en Europe dans l'action sous-marine quand le porte-avions peut exercer le même effet dans l'action aéronavale. Le tout, dans l'optique d'un renforcement des capacités européennes en la matière pour la défense de l'Europe. 

4 commentaires:

  1. Avoir un Scorpene dans chaque port ne rime à rien. C'est loin d'être rationnel, ne serait-ce sur le plan logistique.
    En revanche, on l'a vu, avec 6 SNA, il a été difficile de répondre aux besoins durant les combats en Libye. Il ne serait donc pas de trop d'avoir 2 SNA de plus.
    Le question des Scorpenes est intéressante et pourrait répondre à un réel besoin en petits sous-marins côtiers. En avoir 4 serait donc pertinent. S'ils sont en autre dédiés à la protection des SNLE sortant de Brest, ce format est en outre un minimum car, comme pour les SNLE, une disponibilité permanente nécessite au moins 3 navires, et même 4 dès lors que l'on parle de permanence à la mer.

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  2. La proposition se résume à un ou deux sous-marins "école". Ce n'est pas le même budget de constituer une escadrille dédiée à trois ou quatre navires. J'essayais de mettre en avant la conséquence heureuse pour la sûreté des approches par l'existence d'une telle capacité, pas d'en faire la raison d'être du submersible.

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  3. On peut faire la même proposition avec des corvettes afin de soulager les frégates des missions d'escorte et de formation.

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  4. "il n'existe pas de formation commune des marins européens que ce soit pour l'apprentissage de la navigation ou bien la transformation sur un matériel en particulier."

    Pas tout à fait vrai. Il existe des coopérations très étroites. Regardez par exemple en Allemagne:formation individuelle d'officiers des trois pays baltes (7 par an, c'est considerable) à la navigation, formation opérationnelle des frégates danoises, et sans doute prochainement de navires hollandais pour tout ce qui touche à la maîtrise des capacités opérationnelles et des dommages,coopération (largement basée sur simulateur mais pas seulement) en matière de formation pour les sous-marins avec par exemple la Norvège, entraînement systématique des équipages allemands de sous-marins avec les Italiens pour la lutte ASM (lié à la perte de savoir-faire allemand dans ce domaine)...

    Vous avez là des exemples très concrets d'intégration au niveau européen (car c'est bien l'objectif, cf framework nations concept) dans le domaine de la formation.

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