Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 29 octobre 2018

Programme Horizon : refonte à mi-vie et consolidation industrielle


© Frédéric DOTTE - DR.
La refonte à mi-vie des quatre frégates franco-italiennes - à 90% identiques - se confirment autant qu'elles se précisent. C'est l'un des dossiers importants des industriels concernés qui est versé à la corbeille du plan Magellan/Poséidon afin de garnir l'activité industrielle de ce rapprochement complexe. Un effort particulier sera fait au bénéfice de la création d'un système de combat européen pour les frégates de défense aérienne avec des conséquences architecturales importantes.


Une étude portant sur l'architecture d'une frégate anti-missile franco-italienne devrait rendre ses conclusions en 2019 après trois années de travaux. Elle concerne très précisément la refonte à mi-vie des frégates du programme Horizon. Paris et Rome semblent toujours convenir d'une modernisation commune à partir d'un standard opérationnel unique. Et entre parenthèses, il convient de relever que Londres, Paris et Rome consentent à de lourds investissements pour demeurer souverain en matière de défense aérienne, le PAAMS (Principal Anti-Air Missile System) en étant la preuve.

Cette étude qui s'achève en 2019 comporte deux principaux objets :
  • l'architecture d'un tel bâtiment de guerre dédié à la lutte contre les missiles balistiques en plus de la défense aérienne ;
  • un système de combat européen (Combat Management System (CMS) se voulant, au moins, l'égal de l'AEGIS.
Dans ce contexte très précis, il s'agirait d'essayer de replacer quelques annonces récentes. La première est le rapprochement italo-italien autour d'Orizzonte Sistemi Navali. Cette co-entreprise fondée par Fincantieri et Leonardo (contrôlée à 51 % par Fincantieri, 49% par Leonardo) se voit confier la pleine autorité sur la définition et l'intégration des systèmes de combat (CMS). Cette activité représente la position dominante dans la chaîne de valeur de production d'un bâtiment de surface, l'activité coque constituant, au plus, 30%.

D'un certain point de vue, le plan Magellan/Poséidon comprend, lui aussi, la création d'une co-entreprise cette fois-ci entre Fincantieri et Naval group. La liste des activités concernées par le rapprochement limité entre les deux industriels concerne des activités comme "préparer conjointement des offres pour des programmes binationaux et les marchés export ; déployer une supply chain plus efficiente (achats croisés, meilleurs rapports qualité-prix, effets volume, etc.) ; mner conjointement des projets de recherche et d’innovation afin de garantir la supériorité opérationnelle de leurs clients ; Encourager la fertilisation croisée entre les deux sociétés, avec le partage de centres et moyens d’essais ainsi que des réseaux d’experts."

L'hypothèse poussée aujourd'hui est que le premier mouvement - pleine autorité à OSN sur les systèmes de combat - ne visait qu'à préparer le deuxième mouvement. En effet, l'une des problématiques centrales dans ce rapprochement est quel(s) industriel(s) vont demeurer maître dans la chaîne de valeur et continuer donc à intégrer le système de combat sur les plateformes. Le premier mouvement amène les deux protagonistes à être "égaux" d'une certaine manière de par leur architecture industrielle. Mais préserve la participation des deux électroniciens qui ont des intérêts convergents sur l'architecture industrielle -  ne pas laisser les plateformistes être intégrateur ou trop intégrateur - et contraires puisqu'ils recherchent, aussi, à préserver des liens privilégiés avec les chantiers navals nationaux respectifs. Par ailleurs, l'intérêt des deux arsenaux français et italiens est plutôt de mettre en concurrence pour les électroniciens afin de diluer leurs influences respectives et donc regagner en autonomie. Thales possède 35% de Naval group.

Le deuxième mouvement serait donc que la co-entreprise ou l'une des co-entreprises créées entre Fincantieri et Naval group portent l'activité de conception et d'intégration des systèmes de combat. Les activités citées par les deux industriels touchent bien des projets de recherche et d'innovation, le partage de centres et moyens d'essais dans le cadre de programmes bi-nationaux et de candidatures à des appels d'offres étrangers. C'est pourquoi une des co-entreprises pourraient concerner ce système de combat européen.

Programme
Frégates
Admission au service actif
Mi-vie
Désarmement prévisible
 
Horizon
Andrea Doria
13 octobre 2010
2025
2040
Forbin
14 octobre 2010
2025
2040
Caio Duilio
22 avril 2011
2026
2041
Chevalier Paul
10 juin 2011
2026
2041
 
FREMM
 
Spartaco Schergat
2020
2035
2050
Emilio Bianchi
2021
2036
2051
Alsace
2021
2036
2051
Lorraine
2022
2037
2052

C'est donc au terme de cette "discrète étude" au sujet de l'architecture d'une frégate anti-missile franco-italienne que Fincantieri et Naval group ambitionnent de proposer une offre commune pour la refonte à mi-vie des quatre frégates du programme Horizon. Ces bâtiments de guerre porteront au terme de cette refonte un système de combat commun, celui évoqué plus haut. Le seul point cardinal de cette refonte qui soit d'ores et déjà connu

Reste alors à déterminer ce que recouvre le deuxième objet de cette étude menée sur trois ans. Ce concept de frégate anti-missile franco-italienne serait le "next step on from the Franco-Italian Horizon air-defense frigate and a French variant of the FREMM multimission frigate for air defense". Il en ressort deux difficultés principales et, partant de là, plusieurs problèmes liées à chacune.

Premièrement, sur l'affaire du périmètre, sous-entendu des bâtiments de guerre concernés, l'affaire qui va suivre n'est pas compliquée mais complexe puisqu'il est donc question de la refonte à mi-vie des quatre frégates Horizon, plus une interrogation quant au sort des six destroyers Type 45, sans oublier de compter qu'il était initialement question que cette nouvelle architecture anti-missile touche aussi aux quatre FREMM Aux Capacités de Défense Aérienne Renforcées (FACDAR) et, eu égard aux décisions prises quant aux FREMM n°5, la Bretagne, et n°6, la Normandie, il n'est pas à exclure que nous assistions à la diffusion sur toutes les FREMM. Ce qui toucherait jusqu'à 30 destroyers et frégates.

Pour un... horizon complet, il convient de noter que si tous les protagonistes du programme PAAMS se retrouve sur le radar de veille aérienne - soit le S1850 de Thales -, il n'en va pas de même pour les radars multi-fonctions qui existent en autant de modèles qu'il y a de nations contributrices au programme (donc trois).

Le cas des destroyers Type 45 a ceci d'intéressant que Londres ne fait pas connaître ses inclinaisons les plus décisives puisqu'il s'agit autant de considérer l'installation de missiles de croisière BGM-109 Tomahawk que de missiles SM-3. La nouvelle stratégie aérienne britannique a peut-être livré quelques inclinaisons en la matière. Si Londres a suffisamment de plateformes navales - six - pour justifier une modernisation autonome des Type 45, cela n'irait ni dans le sens du PAAMS, ni dans celui d'une préservation d'une indépendance dans des interdépendances européennes. Par ailleurs, les problèmes de motorisation des Type 45 ne peuvent qu'intéresser leur refonte à mi-vie puisque la refonte de l'usine électrique ne pourra pas tenir compte un éventuel changement de suite des senseurs de défense aérienne.

Ensuite, le cas des frégates Horizon a été préalablement exposé (cf. supra), basculons de suite au sujet des FACDAR franco-italiennes. Il s'agit des deux côtés de la mer Tyrrhénienne de tenir le format de la défense aérienne de la flotte. La flotte de surface italienne comprend 19 frégates hauturières mais seulement 8 à 13 de ce qu'il conviendrait appeler des "frégates de premier rang". L'Italie notifie ses FREMM 9 et 10 en 2015 et annonce en 2016 qu'elles verront leurs capacités de défense aérienne renforcées. Du côté français, en 2013, le coût des études pour la FREDA est évaluée à 160 millions d'euros par Patrick Boissier, PDG de DCNS. En 2016, l'enveloppe des crédits d'engagement alloués à la "FREMM-FREDA" se chiffre à 2017,77 millions d'euros (annexe Défense au Projet de Loi de Finances (PLF) 2017, p. 430). Sur les années 2016 à 2019, la dépense moyenne en crédits de paiement s'élève à 300 millions d'euros (1148,63 millions d'euros) dont 869,14 pour les années postérieures à 2019.

Enfin, les choix français laissent augurer une potentielle "croiseurisation" de toutes les FREMM. La concomitance des deux informations - l'absence d'une frégate spécialisée dans la défense aérienne supplémentaire avec la FACDAR et la diffusion accrue des Aster 30 sur les Bretagne et Normandie - amène à considérer que la décision prise et présentée est que les capacités de défense aériennes de toutes les FREMM seront renforcées, et ce, en deux fois. La première fois, il pourrait être question de remplacer tous les Aster 15 par des 30 sur chacune des six premières FREMM en débutant par l'Aquitaine en 2022 et ainsi de suite à échéance des 10 ans pour chaque bâtiment. La deuxième fois, et cela dépendra autant du choix de format pressenti depuis 2013 que du format de la flotte de surface à l'échéance 2030, la deuxième ATM de chaque bâtiment pourrait consister dans la généralisation, cette fois-ci, des radars à faces planes après retour d'expérience des FTI et des avancées des missiles hypersoniques, et donc d'une évolution majeure des moyens de guerre électronique.

Deuxièmement, et quelque soit le bâtiment considéré, les informations données par la presse évoquent des modifications architecturales conséquentes. Un changement de système de combat complet n'est pas anodin. Celui de la totalité - ou presque - des senseurs de défense aérienne l'est encore moins. Les radars tournants ne sont pas réputés être suffisamment rapides pour offrir une solution satisfaisante en matière de lutte anti-missiles balistiques. Et c'est bien de cette capacité opérationnelle dont il est question avec la refonte à mi-vie des frégates Horizon.

Un radar à faces planes cumule toutes les diverses fonctions et n'obligerait plus à en disposer de deux types... bien que cela puisse tout de même se produire. Reste à savoir si Paris et Rome peuvent véritablement s'entendre sur un même radar puisque Thales bâti l'une de ses nouvelles solutions sur le Sea Fire 500 tandis que Leonardo ne semble pas être aussi avancé. Les tensions à ce sujet sont perceptibles depuis, au moins, la fin de l'année 2017.

Il n'est pas évident que les quatre FACDAR franco-italiennes puissent avoir été conçues ou être modifiables dans la perspective de bénéficier des mêmes capacités que celles qu'auront les frégates Horizon refondues à mi-vie. Par contre, la question se pose à l'endroit des FREMM dont les premiers arrêts techniques majeurs après dix années de service se rapprochent.

Il existe donc une hypothèse minimum qui est celle de la restriction du périmètre au seul programme Horizon (4) avec une interrogation à l'endroit des Type 45 (6 unités) et une autre, qualifiable de maximum, qui verrait les travaux franco-italiens sur le système de combat et l'architecture de la suite de défense aérienne bénéficier à toutes les frégates rangées dans le "premier rang" pour reprendre la typologie française : il s'agirait alors de 29 à 34 bâtiments.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire