Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 4 juin 2012

Croiseur-escorteur à propulsion atomique (1957 - 1975)

© Marine (ACORAM). "La frégate lance-engins F 60 Suffren", Marine, avril 1962.
La reconstruction des forces légères de la Marine nationale sous la IVe République par les programmes des escorteurs d'escadre, rapides et côtiers (1952 - 1959) devait voir l'effort naval se poursuivre avec une série de croiseurs-escorteurs succédant aux huit croiseurs survivants de l'entre-deux-guerre et remplaçant probablement les De Grasse (1956 - 1973) et Colbert (1959 - 1991). Le statut naval de 1955 comportait six croiseurs-escorteurs qui deviendront les 2 frégates lance-engins alors que dès 1957 se profilait une série complémentaire ou bien se substituant partiellement à la cible précédente de croiseurs-escorteurs à propulsion atomique. Un projet qui aurait survécu jusqu'en 1975 malgré son absence de citation dans le plan bleu (29 février 1972).

La Marine nationale au sortir de la Deuxième Guerre mondiale (1er septembre 1939 - 2 septembre 1945) hérite d'un ensemble disparate de bâtiments d'avant-guerre survivants ajoutés aux cessions dues par les vaincus d'environ 400 000 tonnes contre près de 800 000 tonnes avant le déclenchement de la guerre. Quatre défis technologiques majeurs : les radars, pour lesquels la France avait pris beaucoup de retard dans l'entre-deux-guerre, les "engins" (missiles), l'arme atomique et la propulsion nucléaire navale.

La servitude technologique impose à la Marine nationale d'emprunter chacune de ces voies sous peine dans le cas contraire d'être déclassée vis-à-vis des autres marines et donc que la France perde son rang sur mer. Le cas particulier de l'arme atomique ouvre la voie à une nouvelle bataille institutionnelle entre les trois armées. L'Armée de l'air bénéficie du deuxième poste du budgétaire de la Défense nationale depuis 1949, reléguant la Marine nationale à la troisième place.
Les contingences de l'après-guerre obligent à un ménagement des priorités. Les esquisses de programmation montrent dès 1944 que la Marine nationale est des plus pragmatique sur les plans matériel et opérationnel. En l'espèce, entre 1944 et 1961 - date d'entrée en service du porte-avions Clemenceau (1961 - 1997) -, les priorités de la programmation vont aller à un "phasage" de l'effort en trois temps :
  • reconstruction des bases navales et arsenaux et acquisition d'une capacité aéronavale,
  • reconstruction des forces légères dans le cadre de l'OTAN,
  • introduction des engins et de la propulsion navale atomique par des croiseurs.
La création de l'OTAN (4 avril 1949) structure la programmation navale française qui se concentre sur les forces légères car les torpilleurs, contre-torpilleurs et submersibles hérités de la gueree ne sont plus en nombre suffisants ni même considérés comme modernes. L'ascension navale de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques tant sur (classe Sverdlov) ou sous la mer (nombreux projets de la VMFA). Les unités hérités de la dernière flotte de la IIIe République façonnée par Georges Leygues sont peu à peu remplacés (1952 - 1959) par trois classes qui permettent la renaissance navale des escorteurs de la Flotte : les escorteurs d'escadre (18 unités) de 2500 tonnes ou l'ultime évolution des contre-torpilleurs classe Mogador (CV (H) Max Moulin), les escorteurs rapides (18 unités) de 1500 tonnes et les escorteurs côtiers (14 unités) de 600 tonnes.



 Classe
Duguay-Trouin 

 Classe
Suffren 
 ClasseDuquesne 

Croiseur mouilleur de mines  
Classe
La Galissonnière 




 
Duguay-Trouin
(1926 – 1952) 



 
  Suffren
1930 – 1947)
 


 
Duquesne
(1928 - 1948)

Tourville
(1928 - 1947) 

  

Émile-Bertin

(1935 – 1959) 
 Montcalm
(1937 – 1957)

Georges Leygues
(1937 – 1959)

Gloire
(1937 – 1955)  
Caractéristiques nautiques 
Longueur 
181,3 m 
194 m 
191 m 
177 m 
179 m 
Largeur 
17,5 m 
19,1 m 
19 m 
15,9 m 
17,5 m 
Tirant d’eau 
6,3 m 
6,3 m 
6,3 m 
5,4 m 
5,3 m 
Tonnage lège 
7500 t 
10 160 t 
10 160 t 
5890 t 
7600 t 
Tonnage pleine charge 
9500 t 
12 780 t 
12 200 t 
8480 t 
9120 t 
Vitesse (nœuds) 
33 
32 
33,75 
40,2 
32 
Propulsion (CV) 
102 000 
100 000 
120 000 
102 000 
84 000 
Autonomie (mn) 
3000 à 15 nœuds 
4500 à 15 nœuds 
4500 à 15 nœuds 
6000 à 15 nœuds 
6800 à 14 nœuds 
Caractéristiques opérationnelles 
Anti-sous-marin 
/ 
/ 
/ 
200 mines 
/ 
Anti-surface 
4 x II 155 mm

3 x IV TLT 
4 x II 203 mm

2 x III TLT 
4 x II 203 mm

2 x III TLT 
9 x III 152 mm

2 x III TLT 
9 x III 152 mm

2 x II TLT 
Anti-aérien 
4 x 75 mm 
8 x 90 mm

8 x 37 mm

12 x 13,2 mm 
8 x 75 mm

8 x 37 mm

4 x II 13,2 mm 
1 x II 90 mm
2 x I 90 mm

4 x II 37 mm

4 x II 13,2 mm 
4 x II 90 mm

6 x IV 40 mm 


L'ossature de la Flotte étant reconstituée et bien charpentée, l'effort aborde la troisième priorité dès le début des années 1950 puisque les escorteurs d'escadre, rapides et côtiers sont alors en pleine phase d'industrialisation. Les bureaux d'études peuvent alors se concentrer sur l'introduction des engins et de la propulsion navale atomique par des croiseurs. En 1945 la Marine nationale peut toujours tabler sur toutes les classes de croiseurs lancées pendant l'entre-deux-guerre. 18 croiseurs en 1940, 8 en 1945.

Ces croiseurs rendront encore de fiers services mais ils sont tous devenus obsolètes face aux unités modernes pourvus d' "engins" qui nivelent les marines possédantes par le haut car les jets imposent le recours aux missiles pour lutter contre. La lutte anti-sous-marine ne peut tolérer un recul comme après la Grande guerre et donc les nouvelles avancées technologiques imposent non pas de baisser la garde ou le statu quo mais bien de nouveaux efforts pour lier les tactiques opérationnelles hérités de la Deuxième Guerre mondiale avec les nouveaux sonars et les engins porte-torpilles.

La Marine nationale prépare donc la passation entre les efforts produits pour la construction des nouveaux escorteurs et de nouveaux bâtiments baptisés croiseurs dans un premier temps. Mais les deux premières classes seront finalement classées comme "frégate", vraisemblablement par imitation de l'US Navy. Les premières "frégates" de l'US Navy, c'est-à-dire les Bainbridge, Truxtun avec les classes California et Virginia ont un déplacement supérieur à un destroyer (~ 5000 t) mais inférieur à celui d'un croiseur lourd (> 13 000 t). C'est pourquoi il n'est pas surprenant que les Frégates Lance-Engins (FLE) soient issues du projet croiseur C60. Il n'est pas douteux de penser que le projet C67 qui donnera naissance à la classe Tourville désigne à l'origine des bâtiments classés comme croiseur.

En 1952 après une refonte le cuirassé BB-41 USS Mississippi est doté d'une rampe double RIM-2 Terrier en lieu et place de la tourelle arrière triple de 356 mm. Il procède aux premiers essais en 1953. Il quittera le service en 1957. Le 1er novembre 1955, le croiseur CA-69 USS Boston est le premier navire au monde à être armé d'engins, ce lui vaudra d'être classé en tant que CAG-1.  (le cuirassé Mississippi est le premier navire à faire les essais des engins) : la tourelle arrière de 203mm est remplacée par une rampe double de RIM-2 Terrier (32 km de portée). 11 autres croiseurs "canons" seront convertis de la même manière entre 1955 et 1962.

Une révolution technique chasse l'autre puisque le 2 août 1951 est commadé le futur SSN-571 USS Nautilus. La quille est posée le 14 juin 1952. Le bateau est lancé le 21 janvier 1954. Admis au service actif le 17 janvier 1955 après avoir transmis à 11h00 "underway on nuclear power". Révolution navale totale qui parachève l'apparition de la propulsion à vapeur qui dépendait jusque là des énergies fossiles. La propulsion navale nucléaire n'a plus comme limite la résistance de l'équipage.

Le 15 octobre 1956 c'est le premier bâtiment de surface à propulsion atomique qui est commandé : le futur CLGN-160 USS Long Beach. La quille est posée le 2 décembre 1957. La coque est lancée le 14 juillet 1959. Le premier croiseur à propulsion nucléaire entre en service le 9 septembre 1961. Son armement anti-aérien se composait, à son entrée en service, d'un système RIM-8 Talos dont les missiles portent jusqu'à 96 km et sont lancés par une rampe double alimentée par 40 missiles ; de deux systèmes RIM-2 Terrier (32 km) tirés depuis des rampes doubles bénéficiant chacune de 120 missiles en réserve. Son armement anti-sous-marin se composait d'un lanceur ASROC.

Le CLGN-160 USS Long Beach est suivi par le DLGN-25 Bainbridge (1962). Il s'agit d'un croiseur de classe Leahy. Le DLGN-35 Truxton (1964) est quant à lui un croiseur la classe Belknap à propulsion nucléaire. Les DLGN-36 California (1974) et DLGN-37 South Carolina (1975) sont les premières unités d'une série de croiseurs nucléaires mais la série s'arrête à deux unités. Les CGN-38 à 42 (Virginia, Texas, Mississippi, Arkansas et un bâtiment ni nommé, ni construit) de la classe Virgnia sont une amélioration de la classe California.

Pour en revenir à la programmation, après plusieurs années de refus de la part de la Marine nationale pour définir un nouveau statut naval (1944 - 1952), la rue Royale entrevoit une fenêtre d'opportunités entre l'atention du politique et les possibilités financières pour mener à bien un projet d'une pareille ambition. Le Statut naval de 1955 définit un tonnage global de 540 000 tonnes de bâtiments de guerre qui se répartit comme suit 450 000 tonnes de bâtiments de combat, 20 000 tonnes de bâtiments amphibies et 70 000 tonnes de bâtiments auxiliaires. Ce besoin est étalé en trois deux phases : la première (360 000 tonnes) doit atteindre les objectifs définis en terme de tranches navales en 1963. La deuxième phase (180 000 tonnes) serait atteinte, quant à elle, en 1970.
La question des croiseurs prend une toute autre tournure dès l'année 1956. L'Amiral Nomy - Chef d'État-Major de la Marine (26 octobre 1951 - 1er juillet 1960) - rédige un rapport (20 octobre 1956) à l'attention du ministre de la Défense nationale et des forces armées, M. Maurice Bourgès-Maunoury, portant une demande d'inflexion du Statut naval de 1955 (Patrick Boureille (La marine française et le fait nucléaire (1945 - 1972), thèse, annexes, p. ). Il vante les mérites de la propulsion atomique comme démultiplicateur de la valeur militaire des navires de surface et sous-marin. L'atome confère une autonomie presque illimitée qui accroît sans commune mesure les mobilités tactique et stratégique. Il demande une vitesse d'ensemble de 40 nœuds et que les navires soient équipées de la même tranche réacteur (puissance de 60 000 CV). Il y aurait eu à bord autant de tranches que nécessaire pour atteindre la puissance désirée.

Concernant la deuxième phase du plan naval qui doit être achevée en 1970 : sur les 180 000 tonnes, 120 000 serviraient à la constitution de la "Force Opérationnelle Atomique" et 60 000 seraient constituées de bâtiments de soutien. Cette force opérationnelle atomique telle que conçue en 1956 devait comprendre les bâtiments suivants (le vocabulaire est du CEMM) :
  • 2 sous-marins stratégiques (Q244 plus une deuxième unité) ;
  • 4 sous-marins tactiques d'accompagnement ;
  • 2 "Capital-Ships" :
    • soit deux porte-avions stratégiques (2 x 30 000 t ; 4 réacteurs chaque),
    • soit deux croiseurs lance-engins de destruction massive (2 x 15 à 20 000 t ; 2 réacteurs chaque) ;
  • 6 croiseurs escorteurs (6 x 5 ou 6000 t ; 1 réacteurs chaque)
  • 2 bâtiment-ravitailleurs (2 x 10 000 t).
Le CEMM propose alors deux périodes triennales (1961 - 1963 et 1964 - 1966) dans lesquelles seront commandés dans chacune : un porte-avions ou croiseur lance-engins, trois croiseurs escorteurs, deux sous-marins atomiques et un bâtiment base atomique. Cette programmation est adaptée par un document du 7 novembre 1958 qui établit deux plans quinquennaux : le premier (1959 - 1964) comporte la construction de trois croiseurs escorteurs lance-engin tandis que le second (1965 - 1969) porte trois autres croiseurs escorteurs lance-engins. De quoi probablement achever les 180 000 tonnes pendantes du Statut naval de 1955.

La programmation par les deux plans quinqueneaux définis le 7 novembre 1958 comprend 6 croiseurs escorteurs lance-engins. La Marine vise peut être le remplacement des croiseurs survivants de l'entre-deux-guerre (8) et l'accompagnement des croiseurs anti-aériens De Grasse (1956 - 1973) et Colbert (1959 - 1991). L'Amiral Nomy affirmera qu'il faut "les construire plus gros et plus cher" par rapport aux escorteurs car il est jugé plus productif d'avoir des escorteurs polyvalents dotés de plusieurs types d'engins. Ils tiendront la mer bien et plus longtemps.

Un projet de "croiseur léger d'Union Française" est arrêté en 1956 avec un déplacement lège de 5000 tonnes. Dès 1957, le  croiseur léger d'Union Française devient "croiseur-escorteur" probablement en accord avec le rapport (20 octobre 1956) de l'Amiral Nomy portant inflexion du statut naval de 1955. Le 4 novembre 1959, le projet évolue de nouveau : le futur croiseur déplacera 5700 tonnes. Le projet de croiseur C60 figé en 1960 reprend l'essentiel de ses caractéristiques.

La série initialement projetée de 6 unités est vite réduite à cinq unités. La loi-programme du 6 décembre 1960 (période 1960-1965) la réduit encore à 3. En 1964, l'enveloppe budgétaire met en balance la troisième frégate lance-engins et 42 F-8 (FN) Crusader. Le Président De Gaulle consulta son fils d'Amiral qui lui conseilla de trancher en faveur des intercepteurs.




CAA 
Croiseur léger d’Union française 

Croiseur-escorteur 

Croiseur ?


Croiseur C60


Colbert
(1959 – 1991)

État d’origine (1959) 


1956 


1957 


1959

Suffren

(1969 – 2001)

Duquesne
(1970 – 2007)
Caractéristiques nautiques 
Longueur 
180,5 m 
? 
? 
?
158 m
Largeur 
20,3 m 
? 
? 
?
15,6 m
Tirant d’eau 
5,8 m 
? 
? 
?
7,2 m
Tonnage lège 
8636 t 
? 
5000 t 
5700 t
5700 t
Tonnage pleine charge 
11 093 t 
? 
6400 ? 
7300 ?
7380 t
Vitesse (nœuds) 
33,7 
? 
? 
?
34
Propulsion (CV) 
86 000 
? 
? 
?
72 500
Autonomie (mn) 
4000 à 25 nœuds 
? 
? 
?
5130 à 18 nœuds
Caractéristiques opérationnelles 
Anti-sous-marin 
/ 

? 
1 x LOFAR

1 x mortier 305 mm 
?
DUBV-23D-1

DUBV-43B

1 x système MALAFON

4 x CLT
Anti-surface 
/ 

? 
3 x 100 mm

1 x système MALAFACE 
?
2 x 100 mm  4 x MM38 Exocet
Anti-aérien 
8 x 127 mm

10 x 57 mm 
? 
1 x système MASALCA

2 x systèmes MASURCA 
?

1
x système MASURCA

Par rapport aux projets contenus dans le statut naval de 1955 quant au croiseurs qui devaient se concentrer officiellement pour la programmation versée aux débats institutionnels aux croiseurs légers d'Union française, l'inflexion portée par l'Amiral Nomy (1956 - 1958) pour la modification du même statut naval porte l'introduction de la propulsion navale atomique. Le CEMM précise que "ce croiseur-escorteur doit faire la soudure avec des bâtiments à propulsion nucléaire qui doivent apparaître vers 1970" (Jean Moulin, Les frégates Suffren et Duquesne, Rennes, Marines éditions, 1998, p. 11) Et c'est bien "le 2e plan, pour la période de 1965 à 1969, [qui] comporte... [...] le prototype d'un nouvel escorteur si possible à propulsion atomique." (Jean Moulin, Les porte-avions Clemenceau et Foch, Rennes, Marines éditions, 2006, p. 226)



Croiseur-escorteur 
Croiseur C60 
Escorteur à propulsion atomique 
CLGN-160 



1957 

Suffren
(1969 – 2001)

Duquesne
(1970 – 2007) 

 6 bâtiments ? 
 USS Long Beach 
(1961 – 1995) 
Caractéristiques nautiques 
Longueur 
? 
158 m 
~ 190 m ? 
219,9 m 
Largeur 
? 
15,6 m 
~ 20 m ? 
21,8 m 
Tirant d’eau 
? 
7,2 m 
~ 9 m ? 
9,3 m 
Tonnage lège 
5000 t 
5700 t 
~ 8000 t ? 
15 000 ? 
Tonnage pleine charge 
6400 ? 
7380 t 
~ 10 160 ? 
17 500 t 
Vitesse (nœuds) 
? 
34 
30 ? 
30 
Propulsion (CV) 
? 
72 500 
80 000 ? 1 x réacteur PAT ? 
80 000 2 x réacteur C1W 
Autonomie (mn) 
? 
5130 à 18 nœuds 
 
 
Caractéristiques opérationnelles 
Anti-sous-marin 

1 x LOFAR


1 x mortier 305 mm 

DUBV-23D-1

DUBV-43B

1 x système MALAFON

4 x CLT
DUBV-23D-1

DUBV-43B

1 x système MALAFON

4 x CLT

1 x système ASROC


2 x III TLT 
Anti-surface 
3 x 100 mm

1 x système MALAFACE 
2 x 100 mm

4 x MM38 Exocet 

2 x 100 mm ?

6 – 8 x MM38 Exocet ? 
2 x 127 mm

8 x RGM-74 Harpoon 
Anti-aérien 
1 x système MASALCA

2 x systèmes MASURCA 
1 x système MASURCA 

 
2
x système MASURCA ? 

1 x systèmes Talos

2 x systèmes Terrier 


Aucune caractéristique détaillée n'a encore pu être trouvée quant à ce projet de nouvel escorteur "si possible à propulsion atomique". Remis en perspective, cette future classe souhaitée tranche avec la philosophie des corvettes C70 et CAA dont l'objectif était de poursuivre l'introduction des engins avec des classes moins onéreuses que les croiseurs C60 et C67. L'ambition demeurait de lancer le prototype d'un croiseur-escorteur à propulsion atomique, c'est-à-dire qui serait au moins l'égal des frégates lance-engins. Le projet de croiseur-escorteur de 1957 s'inspirait assez largement des caractéristiques du CLGN-160 Long Beach, hormis les dimensions et déplacements de sa coque. Le projet français visait un bâtiment de 5000 tonnes lège tout en portant autant de systèmes d'armes que son inspirateur et devancier américain de 17 500 tonnes à pleine charge...

Un éventuel croiseur-escorteur à propulsion atomique aurait donc fait l'économie des soutes à combustible. Sa coque aurait dû être allongée, élargie et approfondie accueillir un réacteur du même type que ceux des Redoutable (PAT). Du point de vue des systèmes d'armes, le programme MASALCA - équivalent du RIM-8 Talos - envisagé pour le croiseur-escorteur de 1957 n'aurait jamais pas été disponible. Le MASALCA n'aurait jamais cnçu dans l'optique d'aboutir à un système opérationnel. Lancé en 1953, ses derniers avatars sont arrêtés au plus tard en 1958. Un bâtiment plus grand se serait justifié par une puissance offensive plus grande avec, par exemple, deux rampes doubles MASURCA et une suite radar aussi imposante que sur les frégates lance-engins. Justifiant par là un bâtiment plus grand. L'absence d'un hangar aéronatique sur les C60 et C67 aurait probablement été corrigée sur un tel projet, justifiant une fois encore l'agrandissement de la coque afin de concilier à l'arrière la cohabitation entre la plateforme hélicoptère, le hangar aéronautique et l'emplacement d'une deuxième rampe MASURCA.

Au plus tard, ce serait le plan bleu (décret du 29 février 1972) règlant le format de la Marine nationale à atteindre en 1985 en cinq points qui mettrait ultimement fin aux projets de bâtiments de surface à propulsion atomique puisque ne citant que des avisos, corvettes et frégates à construire. Toutefois, ce n'est la "trentaine de corvettes ou frégates" du troisième point du décret portant ce plan naval peut très bien contenir un projet d'escorteur à propulsion atomique. Ce n'est que le 6 juin 1988 que l'Amiral Louzeau reclassera les bâtiments de la flotte de surface : moins de 3000 tonnes, il s'agit de patrouilleurs et d'avisos, plus de 8000 tonnes il est question de croiseurs et de porte-aéronefs. "Frigate" signifiant toujours dans les années 1960 et 1970 un croiseur léger lance-missiles dans l'US Navy. Par ailleurs, il existait bien un projet de corvette nucléaire C75 démontrant que l'intérêt pour ce type de bâtiment perdura jusqu'à cette année.

Par rapport aux objectifs de la Force Opérationnelle Atomique proposée par l'Amiral Nomy, aucun des bâtiments à propulsion atomique projetés n'entrera en service. La série des croiseurs-escorteurs à propulsion classique chute de 6 à 2 bâtiments. Les sous-marins stratégiques dont la série débutait avec le Q244 fut emportée avec l'échec de la filière retenue. Aucun porte-avions stratégique ne fut mis sur cale, en atteste l'échec du PA 58 à propulsion classique bien que le ministre de la Marine s'était enquis de la possibilité de le doter d'une propulsion atomique a posteriori. Aucun projet de croiseurs lance-engins de destruction massive ne nous est parvenu. Le CLGN-160 Long Beach devait porter des missiles de croisière Regulus II puis être doté en lieu et place de quatre tubes lance-missiles pour missiles Polaris A1. Aucun de ces armements ne fut jamais accueilli à bord. Et en France, malgré l'entretien et l'achèvement à grands frais des Richelieu (1940 – 1967) et Jean Bart (1940 – 1970), aucun de ces bâtiments ne fut refondu ni avec une propulsion nucléaire ni avec des engins (existence d'un projet de refonte en ce sens pour le Jean Bart en 1955) et encore moins avec des armes stratégiques bien que ces cuirassés n'aient plus de rôle opérationnel à leur mesure.

L'escorteur à propulsion atomique des années 1960 évoluerait jusqu'en 1975. Des voix continuèrent à s'exprimer en faveur de bâtiments de surface propulsés à l'atome jusqu'au début des années 2000. Gageons que les réacteurs nucléaires modulaires relanceront ce débat.

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