Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 9 novembre 2015

Une cyber réserve citoyenne au service de l'EMM et des bateaux ?

http://cambuse.e-monsite.com/boutique/castex-le-grand-etat-major-naval.html


Le cyberespace présente l'intérêt d'être une sphère à la portée universelle car sa couche physique est ancrée dans tous les milieux naturels (Terre, Mer, Air, Espace). Ce qui permet une distorsion de la courbe espace-temps (égale dans les milieux striés) au bénéfice du temps. Ces caractéristiques pourraient être exploitées afin d'augmenter le volume de travail potentiel de chaque navire, voire de l'état-major de la Marine, sans augmenter le budget. Mais en utilisation au mieux les potentiels services de la réserve.


Dans Res Militaris - De l'emploi des forces armées au XXIe siècle (Paris, Economica, 2011 (2e édition), 315 pages), le colonel Michel Goya présente quelques unes des fiches rédigées à l'intention du CEMA alors en poste, le général Jean-Lous Georgelin. L'une d'elle analysait "Des dangers de la rationalité comptable" dans le cas d'une grande organisation, IBM (pp. 104-108). 
Lou Gerstner parvient à redresser l'entreprise de 1993 à 1998 par des procédés "simples". Le power point est, par exemple, interdit en réunion, la structure de toute l'entreprise est réordonnée sur une base pyramidale des plus classiques, avec un responsable à chaque sommet. Son action se construit autour d'un projet mobilisateur qui fédère toutes les énergies. 
Les résultats sont là et donne un sens aux mots puisque en 1993, les effectifs sont de 300 000 salariés et il manquait l'équivalent de 5 milliards d'euros afin de boucler les comptes. En 1998, les effectifs sont remontés à 350 000 salariés (alors que 100 000 postes avaient été supprimés dans les années 1980) tandis que l'entreprise dégage 4 milliards d'euros de bénéfices pour un chiffre d'affaires de 51 milliards d'euros. 

L'une des remarques du colonel Goya, au regard de ce cas, et des trois autres l'accompagnant dans cette section "Des dangers de la rationalité comptable", a trait à l'importance des hommes et à l'intérêt de les lier fortement à un projet mobilisateur. 
C'était le redressement opérationnel du Tactical Air Command sous la houlette du général Creech avec, là aussi, des objectifs simples mais efficaces : augmenter la disponibilité opérationnelle des machines, diminuer les temps d'immobilisation au sol, etc... Le tout, en liant le destin des volants et des rampants dans un même esprit de corps car au service de la même finalité opérationnelle. 

Autant d'exemples qui nous inspirent cette idée. La Marine nationale, tout comme l'Armée de Terre, l'Armée de l'Air et la Gendarmerie nationale, subit une réduction à marche forcée de ses effectifs qui dépasse, depuis les années 1980, la réduction du tonnage de la flotte tout comme sa modernisation qui nécessite théoriquement moins d'hommes. 
Sur le terrain, cela se traduit par des équipages très serrés (94 hommes (+ 14 hommes du détachement aéronautique) pour une FREMM, environ 20 à 30 pour un navire de l'AEM). Mais aussi à l'échelon central par un état-major de la Marine sans cesse réduit lui aussi. 

Le projet mobilisateur pourrait être Horizon Marine 2025. Contrairement à l'exemple d'IBM, il n'est pas envisageable d'augmenter les effectifs avec une incidence financière perceptible (à négocier avec le gouvernement). 
Par contre, il doit pouvoir être possible de le faire en mobilisant les réserves citoyenne et opérationnelle. C'est-à-dire que chaque navire pourrait recevoir, outre son état-major "physique", un détachement de réservistes pour augmenter sa capacité de travail. Ces marins décentralisés à terre pourraient permettre de faciliter la préparation de la mission comme de son suivi. Un ensemble de tâches secondaires (traditions, journal de bord, suivi des réseaux sociaux, empreinte numérique, diffusion de l'information, fiches d'analyse géostratégique, géopolitique, travaux d'état-major, etc...) rencontreraient de nouvelles énergies. 

Ces marins pourraient alors se préparer à l'engagement en suivant une préparation militaire marine (PMM) et/ou une préparation militaire supérieure, voire un volontariat, afin qu'ils reçoivent une formation initiale. Selon leur proximité géographique ou leur mobilité, ils pourraient candidater à une affection sur un bâtiment ou au sein de l'état-major de la Marine. 
Le lien avec l'équipage pourraient se créer lors d'embarquements ponctuels, du partage de l'esprit d'équipage et l'échange de signes d'appartenance avec l'unité d'appartenance. Ces hommes et femmes pourraient même, au titre de réserviste, être affectés plus longtemps (8 à 12 années) sur un même navire avec lequel ils auraient tissé de forts liens, si cela ne s'opère pas au détriment du service.  

L'expérience deviendrait concluante si la Marine parvenait à former, conserver et employer des citoyens qui se formeraient à une partie des métiers de la Royale, dans un échange gagnant-gagnant entre la Défense et le monde civil.
Chaque navire bénéficierait alors d'une réserve durable (stabilisée sur 4 à 6 années) dans laquelle les commandants piocheraient pour les missions. Un fort développement du travail à distance déchargerait les équipages des tâches non-opérationnelles à terre (supposant que le réserviste puisse les accomplir dans un environnement sécurisé). Et, au final, ce serait viser la création d'un vivier de marins apte à embarquer ponctuellement comme réserviste opérationnel pour renforcer les équipages dans la durée, à coûts budgétaires égaux. Au Canada, un réserviste a servi quatre fois à l'étranger, commandé son unité et est devenu ministre de la Défense.

1 commentaire:

  1. J'ai lu et relu et je m'interroge. Cet article relèverait-il plus de l'exercice de style que de la prière incantatoire ou du vœu pieu ?
    Croyez-vous vraiment que chaque bâtiment ou état-major ait réellement besoin du cyber réserviste citoyen que vous citez ? Pensez-vous que ce secteur soit le plus déficitaire quand on constate que l'optimisation des moyens humains sur les bâtiments complique parfois sérieusement les tâches d'entretien et de maintenance préventive alors qu'on fait du quart à la mer par bordée dans certains services ?
    A côté de celà, l'exemple d'IBM entre 93 et 98 n'est-il pas aussi le fait d'un conjoncture exceptionnellement favorable avant 2000 ?

    Par ailleurs, pour finir, pensez-vous sincèrement qu'une présence (très) ponctuelle (alors que les équipages subissent des rotations tous les 18 à 24 mois) sur un très long terme soit vraiment en mesure d'influer l'esprit d'équipage qui par essence se développe en opérant longtemps ensemble ?
    Bref à part une intégration du cyber réserviste (citoyen ?) dans le GTR/Reach Back, je ne vois pas trop l'efficacité du dispositif (mais alors au détriment de l'esprit d'équipage).

    Le lien vers l'exemple du réserviste canadien me semble erroné

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