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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 16 novembre 2015

Un Groupe Aéronaval en configuration haute intensité ?


Les bruits de coursives entourant la très prochaine projection du Groupe Aéronaval (GAn) laissent entrevoir un format du groupe aérien embarqué, manifestement, inédit depuis l'entrée eu service du Charles de Gaulle en 2001. La prochaine mission du GAn sera révélatrice des ambitions françaises dans l'évolution de la mission Chammal au-dessus de l'Irak et de la Syrie. Les configurations, tant du groupe naval lui-même que du Groupe aérien embarqué (Gaé) démontreront le niveau d'engagement retenu.


GAn 

Le format s'annonce presque des plus traditionnels en ce qui concerne sa composante franco-française, c'est-à-dire la présence de la Frégate de Défense Aérienne (FDA) Chevalier Paul, la Frégate Anti-Sous-Marine (FASM) La Motte-Picquet, d'un Sous-marin nucléaire d'Attaque (SNA) et du Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement (BCR) Marne

Fait relativement rare pour être souligné, une troisième frégate vient s'ajouter au groupe avec l'Aquitaine, tête de série de sa classe et du programme franco-italien FREMM en son versant français. 

Est-ce à dire qu'il faut s'attendre à un tir de missiles de croisière ? Officiellement, la frégate n'est pas entrée en service. Ce qui n'empêchera pas sa pleine utilisation opérationnelle en fonction de ses capacités, ce que pratiquait, jadis, le BPC Mistral au large du Liban en 2006 pendant l'opération Baliste. Et, officiellement toujours, le premier lot de MdCN n'est pas encore réceptionné.

Le GAn sera régulièrement renforcé par une frégate étrangère qui sera, à tour de rôle, car aucune simultanéité des engagements n'est annoncée :
  • la frégate belge Léopold Ier ;
  • la frégate australienne HMAS Melbourne (O. H. Perry) ;
  • la frégate britannique HMS St Albans (Type 23). 
Gaé 

La première question porte sur la dotation des frégates en voilures tournantes. Difficile de connaître ce qui sera présent à bord des navires étrangers. Mais il y a espérer que les NH90 NFH Caïman Marine rallieront les frégates ASM. Le Chevalier Paul pourrait, au choix et selon les disponibilités, emporter lui aussi un Caïman ou un Panther. L'avantage du premier est qu'il apporterait un plus pour la lutte ASM, car le Chevalier Paul a quelques qualités, mais aussi les missions d'intérêt maritime (ISR). Le Panther ne présente des capacités opérationnelles que pour la deuxième mission. 

Le Gaé devrait être constitué, selon les informations tombées dans la presse, de : 
  • 18 Rafale ; 
  • 8 Super-Etendard Modernisé (SEM) ; 
  • 2 E-2C Hawkeye ;
  • 3 à 5 hélicoptères dont certainement un plot RESCO apporté par l'Armée de l'Air, deux hélicoptères Pedro. 
Le porte-avions serait alors chargé de 26 chasseurs, au-dessus de la limite officielle des 24 machines, pour un total de 31 à 34 aéronefs. Il n'est pas interdit d'envisager que la solidarité américaine pourrait passer par l'affectation de 2 C-2 Greyhound pour faciliter les opérations logistiques entre le porte-avions et la terre. Un complément des plus utiles recherché par la Marine nationale depuis les années 1960. A ce titre, l'arrivée du NH90 est un plus aussi pour la logistique en raison de ses fortes capacités par rapport aux hélicoptères qu'il remplace (Super Frelon) ou accompagne.

Le GAn déplacerait alors une base aérienne mobile forte de 34 à 37 aéronefs en comptant les hélicoptères des frégates. C'est le triple des capacités françaises déployées en Jordanie et aux Émirats Arabes Unis. La France mènera une nouvelle phase de la campagne aérienne, forte de 46 à 49 machines. 

Configuration haute intensité ?

Le Charles de Gaulle, alors à peine entré en service, menait ses premières opérations dans le cadre de la mission Héraclès au-dessus de l'Afghanistan (2 Rafale M et 16 SEM), accompagné de 4 frégates. La mission Agapanthe vit l'embarquement de 9 Rafale M et 12 SEM, format quelque peu relâché pour la mission Harmattan au-dessus de la Libye la même année. (10 Rafale M et 6 SEM).Son premier engagement au sein de l'opération Chammal début 2015 voyait un Gaé formé de 12 Rafale M et 9 SEM.

Précisons alors une chose. La photographie ornant la tête de ce billet était diffusée par Mer et Marine à partir d'une bibliothèque d'images de la Marine. Au regard de l'aspect du pont d'envol, il semblerait qu'elle corresponde à une période de remise en condition opérationnelle du navire où 26 chasseurs sont présents. Cependant, un tel nombre de machines, au-dessus de la limite des 24, n'a jamais été observée en mission opérationnelle, d'Héracklès à Chammal. Et cela pourrait être la première fois que le PAN soutient autant d'aéronefs (dont 26 chasseurs) sur une durée de 3 à 5 mois.

Indéniablement, le format qui serait actuellement retenu pour le Gaé serait le plus haut jamais observé depuis l'entrée en service du Charles de Gaulle. Suite à un ensemble de débats, il avait été affirmé que le porte-avions emportait une configuration maximale de 24 machines. Mais que cette limite peut être portée à 30 chasseurs, en plus des Hawkeye et des hélicoptères.
Que ce soit par ses 46/49 aéronefs ou par le format du groupe naval en lui-même, c'est une puissante formation aéronavale que la France s'apprête à envoyer croiser en Méditerranée orientale, selon l'annonce faite par le Président devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Paris pèsera avec force sur la nouvelle coalition internationale en cours de constitution. Mais cet effet sera temporaire, car, faute de permanence aéronavale, le porte-avions est voué à relâcher à Toulon après plusieurs mois de mer, sans relève possible. La situation en Syrie semble s'accélérer.




Mise à jour du billet (18/11/15) :

20 commentaires:

  1. On verra ce que ca donne. C'est pas non plus une configuration vraiment au-dessus de ses capacités, mais on arrive bien à sa limite "officielle".
    En revanche, y-aurat-il réellement 2 E-2C Hawkeye? Ou un seul comme lors des dernières opérations à cause se problèmes de corrosions.

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  2. Pas eu d'informations précises sur ce point. J'attends jeudi pour regarder le pont !

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    1. A priori, il y aura bien 2 E2-C. En revanche, on n'atteint pas encore la capacité d'emport limite du porte-avion si on regarde dans la littérature spécialisée qui précise que le PA peut embarquer de 26 à 30 chasseurs (dont 1/3 de SEM qui sont effectivement plus petits, 2 E2-C et 4 hélicoptère. En fait, ce déploiement montre surtout que l'on atteint le nombre maximum d'aéronefs déployables du fait de la faible quantité de Rafales disponibles

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    2. Ah non, la première limite c'était bien 24 et la deuxième, 30, semblait plutôt atteignable après le retrait des SEM selon le commandant du Gaé en 2014.

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    3. Là, j'aimerai bien vos sources, la mienne étant Navires&Histoire de 2008.

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    4. Il est surtout étonnant que l'on puisse accueillir plus d'avions en mode "tout Rafale" sachant que cet avion est beaucoup plus volumineux que le SEM. Votre argumentation me parait donc un peu bancal

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    5. Elles me surprennent beaucoup car de nombreuses sources officielles évoquent le chiffre de 24 chasseurs. Et c'est sur Mer et Marine qu'on a cette limite haute de 30 après retrait des SEM de la part du commandant Gaé.

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    6. Ah non, mea culpa, le MinDef précise 40 aéronefs dont, etc. Donc je reste sur les discussions sur le maximum de Rafale et SEM embarquables pour un PA conçu autour du F/A-18. Et vous connaissez ce que j'en ai retenu.

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    7. Ce n'est pas illogique de pouvoir embarquer plus de Rafale sans les SEM dans la mesure où tout le hangar ne sera optimisé que pour le Rafale et que, donc, toutes les installations pour les SEM vont sauter. Cela permet de gagner un peu de place.

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    8. Oui, de fait, on va gagner un peu de place en supprimant des installations propres aux SEM (c'est ce qui est prévu, moyennant probablement un peu plus d'outillage pour les Rafales qui seront plus nombreux), mais un SEM ne fait que 9,6x14,3m alors que le Rafale fait 10,86x15,3m. Le Rafale occupe donc 20% de place en plus que le SEM. Or, les ateliers n'occupent pas tant de place. C'est pour cela que j'ai un doute sur vos chiffres.
      De plus, il est rarement pertinent de comparer 2 configurations en prenant des chiffres dans 2 sources différentes. Il vaudrait mieux prendre la même source évoquant cette progression (ou régression) du nombre d'aéronefs

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  3. Bonjour ,j'aimerai avoir votre avis sur la nécessité du déploiement du gan au large de la Syrie ,car ne vaudrait il pas mieux déployé des avions sur Incirlik avec les US ou renforcé la base en Jordanie ?Je ne dit pas ça pour une quelconque " guéguerre air mer" ,car je pense que notre aero pourrait aussi se déployer au sol ,mais plutôt par le fait qu'il faudrait peut être garder cette force un peu en réserve en cas d'une dégradation possible en Lybie par exemple ; mais peut être que l'on estime que l'on est tranquille avec l' EI de ce coté là.
    merci d'avance

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    1. Premièrement, vous remarquez bien que les Français ne disposent pas des bases les plus proches du théâtre. Quelque part, c'est un état de fait diplomatique. Il faut se souvenir que, même pendant la guerre du Kosovo, l'Italie avait émis des restrictions sur l'utilisation de ses bases aériennes.

      Deuxièmement, que ce soit dans l'Adriatique ou en Méditerranée orientale, les Rafale M sont à 10 ou 30 minutes des objectifs. Ce serait pareil en Turquie. Et dans les deux cas, la présence du zone est bien plus réactive, dure plus longtemps.

      Les bases en Jordanie et aux EAU souffrent de cette éloignement.

      Troisièmement, le poids du porte-avions dans la sphère médiatique est considérable. Des avions catapultés avec plein de fumée et tout (j'exagère à peine), c'est un message très fort. Cela permettra à la France de peser sur la coalition en son versant naval. L'Armée de l'Air, les Forces spéciales apportant eux aussi des outils qui donnent une place de choix dans une coalition. C'est un tout.

      Mais il n'est pas interdit d'envisager de baser le Gaé à terre, surtout quand le porte-avions ne pourra plus demeurer sur zone. Cela permettrait de soutenir l'effort alors que l'Armée de l'Air ne peut augmenter son nombre de chasseurs sur place.

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  4. Bonjour,
    Je ne comprend pas pourquoi le PA devrait "relâcher" ? Vivres munitions, et carburant sont acheminé par voie maritime. La relève ne peut elle pas être acheminée par les deux avions prêtés par l'US Navy ? A moins que la marine ne dispose pas de relève disponible ?
    Autre question,: Est ce que la marine n'a pas la possibilité de tirer des missile conventionnels tels que les Tomahawks, que ça soit au départ d'une frégate ou bien d'un sous marin ? Histoire de bien faire comprendre à ces fanatiques qu'on est capable de les frapper genre " uppercut".

    Merci d'avance pour votre réponse.

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    1. Bonjour,

      C'est une question de résistance humaine à l'effort. Les marins du GAn ont déjà 127 jours de mer (environ 4 mois) à leur actif. Ils vont en effectuer encore 3 à 5, nous pouvons le parier sans prendre, soit 7 à 9 mois de mer dans la même année.

      En 2010, 2011, ils avaient effectués plus de 9 mois à la mer, entre la mission Agapanthe et Harmattan, ce qui n'est pas sans conséquence sur le moral et les familles.

      Il y a aussi une résistance mécanique : un navire s'use irrémédiablement à la mer, les aéronefs aussi. L'entretien in vivo ne suffit pas, il faudra inévitablement passer par le quai et les hangars pour effectuer certaines opérations.

      Un navire c'est comme un capital : inutilisé, il s'effrite, utilisé il enrichit mais finit pas s'effriter sous l'effet de la dépense. Il faut constamment le reconstituer.

      Sur l'utilisation de missile de croisière, l'Armée de l'Air et la Marine utilise d'ores et déjà le missile Scalp-EG qui rentre dans la catégorie des missiles de croisière. L'équivalent d'un Tomahawk est le "MdCN" (Missile de Croisière Naval). Officiellement, la Marine perçoit actuellement le premier lot et en aurait très peu d'exemplaires pour ses frégates. Ceux à destination des sous-marins seront perçu en 2016, de mémoire.

      Concernant l'emploi des feux, il s'agit d'allier les effets aux finalités politiques. Que ce soit des chasseurs de la Marine ou de l'Armée de l'Air, il y a une vase gamme de munitions passant du canon de 30 mm à la bombe de 1000 kg. Reste à marier leur utilisation dans l'art et la manière d'atteindre des buts dans la guerre au service des buts de guerre.

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  5. Quel retard pris par la Royale ... Quel manque d'anticipation de nos politiques surtout. Incroyable qu'on ne dispose pas officiellement a ce jour de missile conventionnels mer /sol . L’inexistence d'un PA 2 se fait également et malheureusement ressentir aussi. On est pas crédible en fait :(

    Jusqu’au quand allons nous conserver notre siège à l'ONU ...

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    1. Vous avez une perception en complet décalage avec la réalité, c'est à souligner.

      Si, nous sommes plus que crédible. Le Président Hollande qui provoque une réunion avec Obama et Poutine pour réunir une coalition, seule une puissance militaire crédible peut le faire.

      Je ne comprends pas votre focalisation sur un missile de croisière lancé depuis un navire, qui est en cours de dotation, alors que nous avons une large gamme de munitions (dont les AASM qui sont très remarqués) comprenant... des missiles de croisière tirés depuis avion.

      C'est quoi le résultat ? Le tir sportif ? La finalité politique ?

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  6. Le CdG à appareillé il y une heure. 28 avions de combat (Rafale, Super étendard modernisé, Hawkeye) et "cinq" hélicoptères selon le Provençal. Plus les hélicos de frégates en cas de besoin :)

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    1. En fait, il est probable que les hélicos des frégates françaises soient compris dans ce chiffre. De plus, le nombre d'hélicos varie un peu selon les sources. Que dit la marine?

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    2. Billet actualisé avec en bas le lien vers l'article de Cols Bleus détaillant toute la force.

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