Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 1 mars 2016

Une composante dronique dans AVSIMAR ?

© SAGEM.

L'Artillerie (SDAM, MALE) et l'ALAT (HIL) auraient tout intérêt à s'intéresser aux besoins de la Marine nationale, et vice-versa, sur deux points particuliers que sont l'absence d'un drone tactique au sein de l'Armée de Terre que l'élargissement du programme de drones MALE (Moyenne Altitude, Longue Endurance) au programme AVSIMAR. Débutons par ce dernier point car il ouvre la perspective de fructueux échanges dans l'optique de la robotisation de l'usage de la troisième dimension au sein des deux aviations de coopération terrestre et maritime. 


Les 10 Nord 262 ne sont plus en service depuis l'année 2009. Les 5 Guardian, eux, le sont encore. Les 4 Falcon 50M sont épaulés par 4 Falcon retirés du service gouvernemental et adaptés aux missions de SURMAR (Falcon 50 MS). N'oublions pas les 6 Falcon 10 MER bien que la SURMAR ne soit pas leur mission première. En 2016, si nos calculs sont justes, la capacité SURMAR de l'aéronautique navale repose sur 19 appareils à l'âge plutôt avancé.

Le programme AVSIMAR (Avion se Surveillance et d'Intervention Maritime ; 18 machines évoquées en 2010) n'était pas lancé dans le livre blanc de 2008 ni dans la loi de programmation afférente, non plus dans le livre blanc de 2013 et sa loi de programmation afférente, encore mois dans sa première puis sa deuxième actualisation. Il est donc parfaitement officiel que la modernisation (remplacement des appareils existants, nouvelle génération de capteurs) des capacités de SURveillance MARitime (SURMAR) de la Marine nationale est renvoyée aux calendes grecques. 

Eu égard aux diverses "urgences opérationnelles" (identifiées depuis 2003 dans un rapport fameux sur les déficits français en matière d'aéromobilité, par exemple), il est très peu probable qu'un premier aéronef ne vienne rejoindre le parc de l'Aéronaval avant 2025. Tout comme, le projet d'employer les Atlantique 2 non-modernisés au service des missions de sauvegarde maritime ne semble pas avoir reçu le moindre commencement d'exécution. 

L'emploi de la troisième dimension au services des missions dites de sauvegarde maritime demeure, toutefois, crucial. L'aéronef permet une vaste et profonde exploration des 11 millions de km² de zones économiques exclusives sous juridiction français. Ils permettent de repérer les divers utilisateurs de la mer et leurs activités. Indispensable, il l'est également dans les missions de secours en mer (délivrer des chaînes SAR), de lutte contre l'immigration illégale, les divers trafics ou pour repérer les pollutions volontaires. 

Il existe plusieurs possibilités pour renforcer les capacités de surveillance aéromoaritime françaises. L'Armée de Terre, à la surprise générale, retenait finalement pour son programme de drone "tactique" le MALE de Sagem (Patroller) au détriment du Watchkeeper de Thales. L'enveloppe allouée au programme était de 350 millions d'euros quand l'offre retenue avoisinerait la somme de 300 millions. 

Cette dernière comprend la fourniture de 14 vecteurs (deux systèmes à cinq vecteurs, un "troisième" de quatre vecteurs dédiés l'entraînement), deux stations au sol et dix ans de contrat MCO. En 2009, l'entreprise Sagem évoquait une somme d'environ 20 millions d'euros pour le coût d'un système à trois vecteurs et de sa station au sol. Si nous devions effectuer un calcul bête à partir de la somme annoncée en 2016, nous arriverions à un coût (TTC ?) de 21 millions d'euros pour un vecteur soit 63 millions d'euros un système à trois vecteurs. Entre les deux sommes, il s'agit bien entendu de prendre en compte les coûts de développement, les différentes charges embarquées, des lots de pièces détachées, etc. 

Depuis 2010 et sa présentation au salon Euronaval, Sagem développe le Patroller M. Celui-ci embarque un senseur AIS, un radar maritime et une boule EO/IR. Il devrait donc être possible, à partir du contrat qui doit être signé et de la somme économisée, de réfléchir à ajouter une option pour deux système supplémentaires 2 ou 3 vecteurs comprenant chacun une station au sol, les charges embarquées, les pièces détachées et la formation. 

Cette nouvelle capacité ouvrirait la voie aux administrations de l'Action de l'Etat en Mer à l'acquisition d'une capacité de persistence aérienne. Par exemple, la lutte contre les pollutions dans le rail de Ouessant et contre l'immigration illégale à Mayotte bénéficieraient d'une telle capacité. Aussi, le scénario d'un système basé uniquement en métropole avec quatre à cinq vecteurs se relayant pour effectuer la surveillance côtière ne manquerait pas de libérer des énergies permettant de répartir les autres moyens au service des missions hauturières ou ailleurs dans l'Archipel France. 

Aussi, ce serait une alternative puissante sur le plan opérationnel au remplacement des douze F406 des Douanes (dont deux Polmar III) par 6 King Air 350 ER. Reste à intégrer les senseurs sur le Patroller M, ce qui ne manquerait pas de renforcer l'expertise française en matière de surveillance aéromaritime dronisée.

Cette entente cordiale qui pourrait se dessiner entre l'Armée de Terre et la Marine, toutes les deux possédant une aviation de coopération, permettrait de soutenir un programme majeur au bénéfice de l'une quand l'autre en deviendrait le pôle de référence. A la remarque près que, le Patroller devenant un programme majeur inter-armées, il deviendrait alors rapidement envisageable d'explorer les limites hautes de son endurance actuelle (20 à 30 heures) quand l'armée de l'air américaine étend celle de ses Reaper de 25 à 40 heures. Le retrait des 10 Nord 262 et dans les prochaines années des 5 Guardian ne renforceront pas les capacités de la Marine nationale en SURMAR, bien au contraire.

2 commentaires:

  1. Question, ce drone sera-t-il pourvu d'une antenne pour une liaison satellite? Rien n'est certain pour la version voulue par l'armée de terre. Cela limite donc sa porté à celle de la liaison radio, soit 200km. C'est peut-être un peu juste, même si on peut imaginer d'augmenter la portée de la liaison radio à l'aide d'un émetteur fixé sur un ballon captif à 200m du sol.
    La question du drone est pertinente, mais rappelons-nous qu'il ne remplace pas les avions pilotés, ils les complètent. De plus, une liaison satellite coute extrêmement cher. Enfin, les espaces maritimes à surveiller son vastes, donc un drone tactique peut vite paraître limité vu sa fragilité et légèreté. En revanche, un panachage de drone MALE et de dirigeables (stratosphériques?) pourrait être plus pertinent.

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  2. J'ai exactement le même questionnement que vous. Et je n'ai pas souhaité y répondre aujourd'hui car après un prochain billet (demain ?) j'en viendrai à évoquer une articulation des solutions. La liaison satellite, en plus de rajouter un module couteux, rajoute également un client satellitaire alors que la croissance des capacités des satellites ne semblent pas proportionnelles. Vous dessinez un schéma qui ressemble beaucoup au mien. Il ne manque plus qu'à rajouter les hélidrones.

    Très cordialement,

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