Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





mardi 31 janvier 2017

18 BATSIMAR : appel d'offres européen ?

Vigilante 1400 CL79 : proposition des CMN pour un patrouilleur hauturier.
La Marine nationale enchaîne deux échecs en Nouvelle Calédonie entre l'évasion de deux navires de pêche vietnamiens des eaux calédoniennes - faute de patrouilleurs disponibles - et la perte d'une Alouette III - heureusement sans victime mais avec deux blessés. C'est pourquoi les propos du Chef d'État-Major de la Marine prononçaient plus tôt que ces évènements devant l'Association des Journalistes professionnels de Défense (AJD) au sujet du programme BATSIMAR prennent une toute autre ampleur.


Mer et Marine révèle un échange ayant eu lieu entre les membres de l'AJD et le Chef d'État-Major de la Marine (CEMM), l'Amiral Prazuck. Ainsi, ce dernier révèle qu'il souhaite 18 BATSIMAR. Il avait été avancé, à partir des propos du CEMM devant la commission Défense et forces armées (12 octobre 2016) de l'Assemblée nationale que la cible pouvait être comprise autour de 12 BATSIMAR. Dans la même lignée, l'Amiral Prazuck dit espérer la réception d'une première unité en 2021 avec trois ans d'avance sur le calendrier initialement retenu.

Son prédécesseur, l'Amiral Rogel, par le plan Horizon Marine 2025, visait l'année 2024. Dans cette ancienne perspective, la cadence de livraison était alors de deux BATSIMAR chaque année. Cependant, il n'était pas question de la cible espérée pour ce programme.

La première unité est attendue depuis l'année 2012, si bien à l'heure actuelle la Royale aurait entre 6 à 12 BATSIMAR selon la cadence de livraison. Entre temps (2015 - 2019), la Marine nationale aura reçu 4 B2M, 4 BSAH, 2 PLG et un B3M/PLV.

Rappelons que le coût moyen d'un patrouilleur hauturier est de l'ordre des 50 millions d'euros sur un budget de 350 000 millions. Il y aurait matière à comparer le coût de la prolongation des actuels avisos et patrouilleurs en matière de MCO rapporté à l'achat de nouveaux bateaux. La Cour des comptes aurait matière à faire preuve d'utilité à cet égard.

Toutefois, l'Amiral Prazuck ne dévoile pas la formalisation d'une fiche d'expression des besoins de la part de la Marine nationale. Le programme BATSIMAR est, certes, devenu un totem mais il ne renvoie pas une réalité bien tangible. Quels sont les caractéristiques visées ? Le CEMM s'est révélé assez évasif sur le sujet. Il s'agit de viser un bateau dans la gamme de l'Adroit (87 mètres, 1500 tonnes), le patrouilleur hauturier construit sur fonds propre et loué à la Marine gracieusement. L'Amiral Prazuck insiste sur l'importance des installations aéronautiques ainsi que du besoin d'une drome développée.

Outre la cible, l'information la plus importante de cet entretien semble être la procédure souhaitée par les CEMM et EMM (État-Major de la Marine nationale), c'est-à-dire un appel d"offres. Sera-t-il limité aux industriels français, européens ? Le programme AIF pour le remplacement du FAMAS voyait un appel d'offres étendu géographiquement à l'Union européenne.

Pour BATSIMAR, et à la différence de l'AIF, il existe une importante industrie navale tricolore. Mais pour une commande de l'ordre de 18 BATSIMAR, il ne reste que, à l'échelon national, DCNS et Piriou via Kership, CMN et STX/Fincantieri. La première entreprise obtient la FTI afin de remplir le carnet de commandes de son site de Lorient. Piriou peut difficilement plaider la préférence nationale après la construction de l'Astrolabe en Pologne. Les CMN sont marginalisées dans la commande publique française. Et STX avait construit les frégates de surveillance mais son carnet de commandes, fort de plus de quatorze unités de croisière à livrer, n'a pas besoin du moindre coup de pouce et pourrait obtenir, tout de même, les FLOTLOG.

C'est pourquoi il est à se demander si un appel d'offres à l'échelle européenne est politiquement viable en France dans les trois prochaines années. Auquel cas la Marine pourrait, après le grand succès du programme AIF, obtenir des patrouilleurs à un coût particulièrement avantageux. Les propositions industrielles européennes sont légions.

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