Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





lundi 19 novembre 2018

Fin du PANG, avènement du croiseur d'interdiction ?

© TheoComm. Représentation d'un croiseur de la "classe Conqueror" à partir d'une extrapolation du Projet 23560 "Shkval".

Des solutions alternatives au porte-avions (NPA2 + PANG) sont discutées dont l'une d'elle, la moins considérée, est un "croiseur interdicteur" capable de déployer une bulle A2AD sous, sur et au-dessus de la mer en liaison avec des frégates anti-sous-marines et des sous-marins. Une rapide esquisse d'une telle plateforme navale laisse entrevoir que sur le seul plan financier l'alternative ne serait pas à bas coûts.

Lors du salon EuroNaval 2018 (23 - 26 octobre 2018), la ministre de la Défense - Mme Florence Parly - annonçait le 23 octobre le lancement des études pour un Porte-Avions de Nouvelle Génération (PANG) à hauteur de 35 à 40 millions afin de pouvoir répondre à trois questions : quelles menaces vis-à-vis de ce type de plateformes, quelles missions pour ces dernières et quelles caractéristiques ? Et ajoutons la quatrième question au sujet du type de propulsion qui est toujours l'enjeu de débats. A bord du porte-avions Charles de Gaulle qui sortait une nouvelle fois en mer pour la requalification des pilotes du Groupe Aérien embarqué (GAé) après sa livraison (8 novembre 2018) à la Marine nationale clôturant son Arrêt Technique Majeur (ATM) n°2 de dix-huit mois entamé en février 2017, le Président de la République déclarait (14 novembre 2018) au cours de l'interview qu'il donnait alors qu'une décision serait prise au sujet du PANG en 2020.

Reste alors à déterminer au cours des dix-huit prochains mois quelle solution opérationnelle l'emportera entre la Mobile Offshore Base, le porte-aéronefs ADAV/C et le porte-avions CATOBAR comme le dit assez explicitement le cabinet de la ministre de la Défense. Ajoutons ici, aussi, la quatrième solution alternative qui est le renforcement du nombre de missiles de croisière embarqué. Celle-ci est double puisqu'il y aurait le choix entre une "létalité distribuée" pour reprendre le concept américain qui ne s'applique pas seulement aux missiles de croisière et le choix d'une sorte de "croiseur interdicteur" qui est une des alternatives au porte-avions.

Le porte-avions tel que pensé depuis Clément Ader est une plateforme aéronavale spécialisée dans l'emploi d'aéronefs à voilure fixe dont l'architecture est orientée dans cette optique. C'est pourquoi Ader imaginait d'ores et déjà un pont plat dégagé de tout obstacle. L'intérêt de l'emploi de la troisième dimension dans le combat naval aboutit à une révolution dans la dialectique entre la Terre et la Mer puisque l'Air permet à la Mer d'atteindre la Terre bien au-delà de la portée des canons tandis que la réciproque est vraie pour la Terre. En ce sens, le porte-avions permet de percer une défense côtière - ou d'entrer en premier sur un théâtre pour reprendre le vocable actuel des armées - afin d'exploiter cette percée pour influencer la décision à terre. Le porte-avions est alors un bâtiment de combat permettant d'atteindre des objectifs positifs, contrairement à d'autres assurant seulement la réalisation de buts négatifs, c'est-à-dire refusant à l'adversaire d'atteindre ses propres objectifs.

Pour revenir aux solutions alternatives au porte-avions, certains proposent de laisser à l'Armée de l'air le soin d'entretenir et de mettre en œuvre la projection de puissance par voie aérienne. Elle a démontré à de nombreuses reprises ses capacités à se projeter depuis la métropole ponctuellement sur le pourtour du bassin Méditerranéen jusqu'à Djibouti ou l'île de la Réunion dans l'Océan Indien, voire l'Australie et plusieurs escales, toujours dans l'Océan Indien. Une présence continue peut-être assurée via des Bases Aériennes Projetées (BAP), voire une semi-persistance aérienne entretenue par une noria d'avions-ravitailleurs.
Ce point de vue qui nous sert de point de départ fait, bien entendu, complètement fi du besoin d'user de la troisième dimension dans l'optique du combat naval afin d'obtenir une allonge et une salve sans égale par rapport à toutes les autres solutions opérationnelles existantes. 

Cette hypothèse en viendrait à confier le soin à la Marine nationale de pouvoir projeter une capacité d'interdiction afin de participer à l'entrée en premier sur un théâtre et d'en dénier l'accès à des protagonistes non-désirés qui ne sont pas forcément des adversaires soit dit en passant. Sans porte-avions, cette capacité stratégique souhaitée reposerait sur les deux frégates de défense aérienne, voire les FREMM avec ou sans modernisation au standard FACDAR. Les possibilités d'évolutions de tous ces bâtiments sont très minces faute d'une puissance propulsive et électrique suffisante et, surtout, de volumes laissés disponibles pour augmenter la "létalité distribuée" de la Flotte". Il n'y a pas de commune mesure entre un Arleigh Burke Flight (110 sabords) et une FREMM (32), voire une Horizon (48).

L'exemple de l'appui apporté par le croiseur russe Moksva (S-300) lors de l'intervention russe a pu marquer les esprits. Les deux autres exemplaires russes de la classe Slava (Project 1164 Atlant) bénéficient eux d'un programme de modernisation et devraient demeurer en service. Sans compter la prochaine mise en service du "destroyer" USS Zumwalt alors que la deuxième unité a été récemment mise à l'eau. Ou encore les "destroyer" Type 055 chinois qui sont en pleine production. Et ce alors que les derniers bâtiments de combat pouvant être qualifiés de croiseur de bataille, les Kirov (Project 1144 Orlan), voient deux des quatre exemplaires bénéficier d'un programme de modernisation. Une hésitation semble toujours exister quant à la modernisation d'une troisième unité.

Cette capacité d'interdiction se décomposerait alors entre des frégates anti-sous-marines qui demeureraient les FREMM et les FTI et une unité nouvelle, spécialisée dans la défense aérienne avec une capacité à détruire les défenses aériennes ennemies, puisqu'une létalité distribuée ne pourrait être renforcée sur les plateformes navales existantes. Par contre, cette létalité distribuée serait proportionnellement bien faite avec l'introduction d'une unité nouvelle appuyée par les sabords des FTI (16), FREMM (32) et Horizon (48).

Faute d'un porte-avions, il incomberait à la nouvelle plateforme navale de le remplacer sans certaines proportions vis-à-vis de ses capacités de défense aérienne de zone, c'est-à-dire les "combat air patrol" animés par les Rafale M du porte-avions Charles de Gaulle. Le besoin se ferait sentir de mettre en oeuvre un radar de la meilleure portée possible doublée d'un nouveau missile intercepteur autant pour engager plus en avant des assaillants portant des missiles anti-navires jusqu'à leur interdire une zone suffisamment grande vis-à-vis du propre engagement de nos forces. Ce serait une sorte d' "Aster 45" très similaire dans ses caractéristiques hypothétiques au missile SM-6 américain de 250 km de portée officiellement (MTCR ?), 480 à 500 pour ce qui se dit officieusement. Soit de quoi intercepter un aéronef porteur de missiles anti-navires bien avant qu'il soit lui-même à portée ou, tout du moins, de l'obliger à un plus grand temps de vol à basse altitude, contraignant fortement l'adversaire. Il va s'en dire qu'un accent particulier pour une défense aérienne multi-couches devra être mis sur toute la missile depuis la courte jusqu'à la très longue portée.

Quid d'une capacité de lutte anti-navire renforcé, faute d'un groupe aérien embarqué ? Cela impliquerait de disposer d'au moins deux à trois hélicoptères afin de pouvoir en déployer un à tout moment afin de donner sa pleine portée aux missiles anti-navires existants (MM40 Block 3C et AM-39) et à venir (FMAN). Se poserait alors la question de la pertinence de développer une version anti-navire du MdCN et du futur FMAN afin de renforcer la capacité d'interdiction dans tous les milieux.

Par voie de conséquence, une capacité accrue à imposer une capacité de déni d'accès obligera à considérer la suite de guerre électronique pour contrer les coups adverses. Et donc à discuter des caractéristiques propres aux bâtiments à encaisser des coups. Il aura très probablement une silhouette aussi furtive que possible puisque la Marine nationale construit la résilience de la Flotte aux missiles par le triptyque missile, silhouette furtive pour optimiser l'emploi de la guerre électronique. Après la protection passive qui comprendra aussi des dispositions architecturales particulières (cloisonnement, refondances, etc), reste la protection active qui n'est plus tellement à l'ordre du jour sauf, paraît-il, sur le CVN-78 USS Gerald R. Ford avec une "cuirasse électromagnétique" dans un espace entre deux cloisons de la coque. Et faudra-t-il prendre en compte les risques liés aux impulsions électromagnétiques ? Dans pareil perspective, l'architecture en sera fortement influencée afin d'intégrer des parades particulières qui seront presque exclusivement matérielles.

De là, des glissements conceptuels et sémantiques, désirés ou non, se feront jour. Par exemple, est-ce qu'une capacité de défense aérienne renforcée comprend la lutte anti-missile balistique, et jusqu'à quel point ? L'Aster Block 1 NT apportera des capacités nouvelles à l'endroit des missiles balistiques ayant jusqu'à 1500 km de portée. Mais que comprend le PPA30 et la programmation militaire pour la suite ? Ou en prenant la problématique par un autre horizon : est-ce que le matériel intégré sur cette nouvelle plateforme n'offrirait pas des caractéristiques intrinsèques invitant à s'intéresser à la question ? Ou bien, encore une autre perspective : ne serait-ce pas l'occasion de peser sur les avancées institutionnelles autour de la lutte contre les missiles balistiques au sein de l'OTAN par l'entremise de ces bâtiments de combat ?

Ce point cardinal du renforcement de la défense aérienne par cette nouvelle unité navale obligera probablement à un bâtiment de combat de plus fort tonnage qu'une frégate du programme Horizon pour la simple et bonne raison qu'un radar plus puissant que ceux en service sera soit plus lourd, soit nécessitera un "château" plus haut et/ou plus consommateur en tonnes. Une coque de plus grande longueur sera nécessaire afin de disposer d'un nombre suffisamment grand de sabords pour les missiles de défense aérienne, anti-navire, de croisière, voire de lutte anti-missile balistique.

Se posera alors la question de l'autonomie de la plateforme et donc du mode de propulsion. Le choix d'une propulsion navale nucléaire reviendra inévitablement car il y a un besoin systémique d'augmenter le nombre de réacteurs de la Flotte, surtout par rapport à ceux de la FOST, afin de ménager des marges de manœuvre sur les ressources humaines pour les armes. Mais aussi de discuter de la capacité de cette hypothétique plateforme navale à durer à la mer face à une côte. La propulsion classique est pertinente aussi même si elle induit des contraintes supplémentaires, sans que la propulsion nucléaire en puisse supprimer le besoin de ravitailler, ne serait-ce que pour les vivres et les pièces de rechange.

L'abandon du groupe aéronaval tel que configuré et connu aujourd'hui au profit d'un croiseur d'interdiction ne permettra pas forcément d'obtenir une économie (atteindre le même résultat opérationnel avec une dépense moindre). C'est déplacer le curseur de l'obtention de gains positifs par le groupe aéronaval à l'obtention de buts négatifs par des croiseurs d'interdiction. Par ailleurs, retirer le porte-avions déporte naturellement et par effet systémique certaines capacités de lutte sur les autres unités dont la défense aérienne et la lutte anti-navire. Cet hypothétique croiseur interdicteur ne serait donc pas une fraction du coût du porte-avions Charles de Gaulle (3,1 milliards d'euros) ou du PANG (4,5 milliards d'euros) mais bien un multiple d'une frégate Horizon (0,925 milliards d'euros). Et pour entretenir une capacité navale propre à produire des effets stratégiques via une diplomatie navale respectée, c'est-à-dire déployer un bâtiment de combat de longs mois, voire plus, face à une côte, alors il faudra inévitablement plusieurs unités, au moins. Combien pour un tel croiseur : 1,5 milliards, 2 milliards ? Pour des dépenses complémentaires pour les radars, les missiles qui se chiffreraient à quelle hauteur ?

Une rapide esquisse de cette alternative permet de jauger, au moins, que le PANG n'est pas forcément d'un coût extra-ordinaire. Et s'en passer ne réduirait pas le nombre de frégates ou de sous-marins. Il est très important de faire remarquer que la nouvelle plateforme navale hypothétiquement dessinée ci-dessus serait d'un fort tonnage, non pas pour le plaisir luxueux d'avoir un "gros bateau", mais bien parce que les capacités demandées conduisent à concevoir un grand bâtiment de combat. Le professeur Coutau-Bégarie s'amuserait certainement du fait que le porte-avions a remplacé le cuirassé dans l'US Navy sans en modifier la place dans la Flotte. Le croiseur interdicteur pourrait prouver le théorème en sens inverse.

9 commentaires:

  1. Rien n est faux dans ce théorème. Manque seulement une variable: Le savoir faire. Demandez aux Britanniques qui ont perdu toutes les connaissances de travail avec un groupe aeronaval. Perte de savoir = perte de crédibilité et ca ce pardonne pas :)

    RépondreSupprimer
  2. A l'évidence donc, la solution qui parait la plus efficace d'une part, et la plus raisonnable eu égard au coût d'autre part, repose sur la mise en ligne d'un second porte-avions dans la Marine nationale. Si au fil des trente dernières années, nos responsables politiques avaient compris la cohérence de l'utilité pour notre outil de défense, d'un second porte-avions, avec bien entendu l'interdiction de se servir chaque année d'une partie du budget défense pour d'autres utilisations, nous n'en serions pas à ce stade de la réflexion.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Exact, un second PA construit dans la foulée du premier aurait coûté moins cher puisque de la même classe et permis de garder notre savoir-faire, mais nos présidents ne sont pas à la hauteur de cet enjeu et de bien d'autres choses d'ailleurs.

      Supprimer
  3. Bonjour Mr le Marquis
    Votre concept d'Interdictor a le mérite de remettre le croiseur en selle, notamment comme navire indépendant et comme intermédiaire entre le frégate et le PA. A ce titre votre illustration basée sur les futurs croiseurs Lider-class russe donne une base concrète au projet.
    Toutefois, il lui manque ce qu'un théoricien US, Reuwen Leopold appelait le Forward Pass : la capacité d'une désignation de cibles en autonomie pour une projection de puissance que votre interdicteur ne peut faire qu'à minima, en n'étant doté que de voilure tournante trop lente et peu furtive.

    RépondreSupprimer
  4. A l'évidence, ce serait un changement radical de stratégie maritime et la disparition à terme de l'aviation embarquée. Il faudrait avoir un minimum de 3 croiseurs de ce type, 6 étant beaucoup plus souhaitable à 1,5 M/E pièces.
    Soit 4,5 M/E ou 9 M/E. Cependant un PA dispose à mon avis d'une plus grande polyvalence avec avions, hélicos et drones permettant à la fois l'attaque vers la terre et la mer, la défense AA de la flotte, la reco terre et mer, le guet aérien (E2C)la lutte ASM (hélicos)le tout pouvant être fait simultanément et cela pour un coût équivalent voir moindre.Mais nos politiques en ont-ils la réflexion, j'en doute.

    RépondreSupprimer
  5. Un second PA me semble beaucoup plus réaliste, plus accessible financièrement surtout si à propulsion électrique/gaz, et surtout d'une plus grande polyvalence que le machin qui nous est montré en croquis.

    RépondreSupprimer
  6. Que l'on considère un croiseur comme alternative à un PA2 est certes une piste de réflexion intéressante, bien que sa pertinence soit discutable - comme le montre très bien cet article tout en nuance -.
    Cependant, la réelle alternative - crédible ET opérationnelle - à un second PA n'est autre qu'une force aérienne basée à terre. Et là, les chiffres sont parlants : en considérant le coût d'un groupe aéronaval, escorte et avions embarqués compris, à 10 milliards d'euros (ordre de grandeur somme toute réaliste : un second PA nécessite du soutien et une escorte, soit une augmentation du format de la flotte au risque de mettre en péril l'ensemble de son contrat opérationnel), notons que cette somme correspond à l'achat, par l'armée de l'air, de 70 Rafales soutenus par 20 A330 MRTT. Bref, une force de frappe triple de celle embarquée par le CdG, et capable d'opérer sur le même arc de cercle (s'étendant grosso-modo de la métropole aux possessions françaises dans le Pacifique, englobant tout le Moyen Orient et une part non négligeable de l'océan Indien.
    Attention, je ne conteste pas l'utilité du CdG ni le fait qu'il ajoute de la polyvalence à la défense française, mais en pratique quelle a été sa réelle plus-value depuis son admission au service actif il y a 20 ans déjà ? Ou dit autrement, la défense française s'est-elle trouvée en situation de handicap lors de ses indisponibilités ?
    Dans un contexte budgétaire tendu, il y a bien d'autres priorités en matière de défense qu'un second PA à l'utilité douteuse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. remarque : l'emploi de Rafale de l'armée de l'air à partir d'une base étrangère nécessite l'accord du pays les accueillant. Cet accord n'est jamais garanti.
      Un PA ne nécessite pas ce genre d'accord (sauf celui des autorisations de survol de certains pays, même autorisation que devra avoir l'armée de l'air pour des Rafales opérant à partir de bases aériennes métropolitaines).

      Supprimer
  7. Les deux, il faut les deux, porte-avions, et croiseurs. Mais pas les trois !
    En effet on ne peut, la France en tant que cinquième puissance mondiale, et si elle veut réellement le rester ne peut se passer d'un groupe aéronaval (qui nécessite deux porte-avions, pour assurer sa permanence opérationnelle), d'intervention polyvalente, nucléaire bien évidemment (voir "Prochain porte-avions : nucléaire ou non ?" Secret défense 23 Octobre 2018), mais, aussi de "croiseurs" lanceurs de missiles polyvalents : Voir "Amiral Prazuck : «On assiste à une remilitarisation de la haute mer » secret défense 28 Septembre 2018", notamment les quelques commentaires de votre serviteur. Ceci après avoir enfin construit notre INDISPENSABLE deuxième porte-avions nucléaire, inspiré de l'expérience acquise du CDG, d'ici 2030 (sinon tout cela risque de retomber dans les calendes grecques : voir le premier sujet sur le choix du PAN).
    Ceci pour pouvoir s'attaquer à minima, ou à notre rang véritable, encore une fois, aux systèmes actuels de déni d’accès. L'autre grande évolution et l'autre grands défi, avec l’antimissiles de théâtre et la construction de groupes aéronavals, qui sont en train de se développer un peu partout dans le monde.

    D'autre part, vous soulevez néanmoins une très intéressante question sur la pertinence de maintenir une, très couteuse et superfétatoire, capacité, résiduelle en plus plus (à peine plus d'une dizaine ou d'une douzaine d'avions de combat), pour un raid de projection, ponctuel. Projection qui à chaque fois mets presque à l'agonie toute notre armée de l'air, qui devrait plutôt se concentrer sur la défense du territoire national.
    En effet, entre projection par porte-avions, "croiseurs" lance missiles polyvalent, tout aussi indispensable pour assurer les frappes préalables d'entrée sur un théâtre (c'est par exemple les 200 missiles tirés par les américains en préalable d'Harmattan), mais non suffisants : Rien ne remplace la permanence, les effets, et la polyvalence d'un porte-avions catobar sur zone. Le maintien d'une troisième composante, limitée et extrêmement contrainte, strictement aérienne n'est en effet plus soutenable. Sans parler des contraintes physiques qu'impose une projection de base, même limitée, sans parler non plus des conséquences, et autres, grosses, contraintes diplomatiques, et, politiques, cette dernière imposerait des équipements supplémentaires, ne serait ce qu'en nombre de ravitailleurs. Il faut savoir que si nous voulions être capable de projeter nos avions de combat, avec un minimum d'autonomie, il faut compter déjà un minimum d'un ravitailleur par appareils à projeter. Ce qui pour 200 appareils, reviendrait à acquérir une centaine d'A330 MRTT. Soit quelques trente milliards d'euros, pour une capacité strictement aérienne équivalente à un groupe aéronaval et ses trente Rafale et trois Hawkeyes, et avec toutes les contraintes de ce genre de dispositif.
    Ce n'est évidemment pas envisageable.
    Même à 2 % du PIB, il y aura des choix à faire !
    Si la France veut rester ce qu'elle est (encore !), il n'y a d'autre choix que de réinvestir (rapidement car là aussi il y a danger de perdre nos savoir-faire si chèrement acquis), enfin, dans un deuxième porte-avions.
    Ronin.

    RépondreSupprimer