Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





23 juin 2021

Deutsche Marine : approbation de la commande de cinq P-8A Poseidon par la commission de la Défense du Bundestag

     Selon le député Ingo Gädechens (« Quick & short: Marine erhält neue Schiffe und MPAs », Marineforum, 23 juin 2021), membre de la CDU (Christlich Demokratische Union Deutschlands) et appartenant aussi bien à la commission de la Défense qu'à celle du Budget, la commission de la Défense du Bundestag - chambre basse du parlement de la République Fédérale d'Allemagne - a approuvé le financement de plusieurs programme d'armement au profit de la Deutsche Marine dont, et pêlemêle : les deux sous-marins Type 212CD devant être commandés avec la Norvège, de nouveaux pétroliers-ravitailleurs à double coque, de nouveaux navires d'expérimentation et d'essais au profit du WTD 71 et, très accessoirement : la commande de cinq nouveaux avions de patrouille maritime, c'est-à-dire le P-8A Poseidon (Boeing). Fin de MAWS ?

Berlin poursuit les procédures administratives engagées depuis le 16 juin 2020 car, et en raison de la remise d'une étude de faisabilité économique du ministère allemand de la défense, divulguée le 16 juin 2020 (Sabine Siebold, « Paul Carrel et Mark Heinrich, Germany looks atbuying new maritime patrol aircraft: document », Reuters, 16 juin 2020), il était affirmé que le programme de modernisation des huit P-3C CUP + Orion « représente un risque financier et technique trop élevé ». Autrement dit, il manquait 340 millions d'euros (2020) pour achever le programme financièrement ainsi sous-doté.

Par voie de conséquence, les huit P-3C CUP + Orion seront retirés du service à partir de 2025. Une étude de marché, préparée par le ministère allemand de la défense, et transmise à la commission défense du Bundestag, a étudié les solutions disponibles quant au remplacement des huit P-3C CUP + Orion, confirmant l'abandon de leur programme de modernisation. Et cette étude retenait trois appareils : 

  • C-295 MPA (Airbus), 
  • RAS 72 Sea Eagle (ATR/Rheinland Air Service), 
  • P-8A Poseidon (Boeing).

Après avoir reçu l'approbation de la Defense Security Cooperation Agency (DSCA) et apposée la sienne sur la procédure Foreign Military Sales (FMS), le State Department transmettait celle-ci, le 12 mars 2021, au Congrès. Berlin poursuit les procédures administratives engagées depuis le 16 juin 2020, afin de pourvoir au remplacement de ses huit P-3C CUP+ Orion.

Rien n'a été publiquement dit sur la tenue, ou non, de demandes d'informations (Request for information (RFI) adressée par Berlin aux industriels des deux autres aéronefs identifiés en juin 2020.

La précision du volume financier global (1482,92 millions d'euros (2021) contenue dans la procédure FMS dévoilée par la DSCA avant sa transmission au Congrès en vue de son approbation politique, et le fait que celui-ci soit au-dessous des montants des contrats australien (3077 millions d'euros en données corrigées de l'inflation (février 2021) pour 8 x  P-8A Poseidon (Boeing) et  britannique (3630 millions d'euros en données corrigées de l'inflation (février 2021) pour 9 x P-8A Poseidon) oblige à considérer que les discussions, voire tout simplement les négociations sont à un degré si avancé que la FMS a été bâtie uniquement sur le besoin opérationnel allemand, à partir d'une esquisse financière d'ores et déjà connue, peut-être même grâce à des échanges avec d'autres possesseurs du P-8A Poseidon (Boeing) afin de déterminer quels postes pouvaient être réduits, et non pas à partir des habitudes administratives de la DSCA devant permettre l'ouverture de négociations à partir de spécifications maximales de la capacité opérationnelle dont l'acquisition est envisagée.

In fine, cela invite à considérer que la procédure a été menée, entre juin 2020 et février 2021, de sorte qu'il soit possible de conclure rapidement un contrat. Le dernier rapport sur le matériel, paru en février 2021, affirmait que « le financement n'est pas garanti » : il n'y a pas de ligne budgétaire afférente à l'opération projetée. Mais de rappeler que l'Australie officialisait sa participation au programme P-8A Poseidon (Boeing) avec un versement, , en octobre 2012, de 63 millions d'euros en données corrigées de l'inflation (février 2021). Il ne serait pas difficile au gouvernement fédéral de dégager un si modeste volume budgétaire avant l'été 2021 et donc les vacances parlementaires. Le gros des paiements s'effectuerait, au mieux, à partir de 2024 afin de financer la seule construction des cinq appareils.

Le P-8A Poseidon (Boeing) a reçu un soutien de poids en la personne de l'Inspekteur der Marine, c'est-à-dire le Vizeadmiral Andreas Krause (1er août 2013 - 24 mars 2021) via un tweet rédigé en anglais et depuis son compte officiel, en date du 22 mars 2021 : « P8 Aircraft would be the perfect interim solution to prevent a capability gap in the increasingly important area of airborne Antisubmarine Warfare » (21 mars 2021). Il a effectué sa passation avec son successeur le mercredi 24 mars et ce dernier bénéficie du plein effet de la prise de position sans en assumer les responsabilités.

Et depuis lors, les tenants de la solution américaine, au motif qu'elle « seule » pouvait soutenir les enjeux opérationnels au prisme des exigences d'interopréabilité de l'OTAN, faisaient feux de tout bois afin de pousser la solution P-8A Poseidon (Boeing), au détriment de MAWS. L'offre française quant à la cession de quatre Atlantique 2 standard 6 avait été repoussée en mai 2021. La revue de la Deutsche Marine faisait la promotion du PATMAR américain au même moment.

Et ce : au motif que la coopération franco-allemande était si mal engagée depuis 2018, car n'ayant peu ou pas avancé, qu'elle présageait mal de parvenir à son terme, ni de retombées industrielles pour l'industrie allemande. Ceci, en oubliant que l'acquisition de P-8A Poseidon (Boeing) assure l'absence de contreparties industrielles et ce parti allemand tient donc la position symétriquement inverse de celle d'un autre parti allemand remettant en cause les équilibres du programme SCAF.

Cette approbation parlementaire explicite de l'une des dépenses proposées par le gouvernement fédéral dans le cadre de son budget réduit assez drastiquement la possibilité que la commande soit effectivement engagée. Il n'y aurait besoin que d'une frêle fraction de la somme totale de la FMS. Il serait douteux que le gouvernement se dédise ou que le Bundestag, en séance plénière, dédise le gouvernement sur cette question très accessoire avant les Bundestagswahl 2021.

Il est à prévoir que la diplomatie allemande affirmera qu'il ne s'agit que d'une solution intérimaire : le P-8A Poseidon (Boeing) est une solution opérationnelle couvrant le haut du spectre opérationnel et en raison de ses caractéristiques intrinsèques, de ses coûts associés ne peut être raisonnablement qualifié de « solution intérimaire ». Et vogue la galère pour le MAWS qui va affronter sa première crise existentielle...

4 commentaires:

  1. Mr Le Marquis
    le P8A surclasse notre Atlantique 2 rénové: vitesse, endurance, performances.
    en opération ASM le P8A n'a pas besoin de faire du rases vagues pour confirmer la présence d'un sous-marin avec son détecteur d'anomalie magnétique (MAD), le P9A reste en altitude et lance un drone consommable équipé d'un MAD.
    pour nos cousins d'outre Rhin avoi des P8A c'est aussi être interopérable aves les USA la GB et la Norvège.
    la question qui devrait se poser à vos services Mr le Marquis : est avons nous besoin d'un MAWS?, les expériences faites avec des drones sous-marins qui équipés de sonar ou autres hydrophones peuvent monter la garde pendant des semaines et remonter à la surface pour transmettre la position d'un sous-marin par satellites? , des drones aériens équipés de radar et lanceurs de bouées acoustiques peuvent monter eux aussi la garde pendant + de 24 heures sur zones!.
    Merci Mr le Marquis pour vos analyses

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  2. La petite manœuvre allemande était cousue de fil blanc. Sans doute faut-il également y voir un gage donné par l'Allemagne aux USA et à l'OTAN, dans un contexte post-Trump.
    Mais c'est peut être un mal pour un bien : le programme MAWS était de toute façon inadapté. Engloutir des milliards pour obtenir dans 20 ans, à l'horizon 2040, l'équivalent amélioré d'un P8 Poséidon sur base Airbus, constitue une erreur.
    Compte tenu de la nature des missions confiées à un appareil PATMAR, dont la principale consiste à voler longtemps à basse altitude pour rechercher "l'aiguille dans la botte de foin", il est évident qu'il faut privilégier un appareil non piloté pour le MAWS : un drone lourd, capable de tenir l'air plusieurs jours, capable de "blanchir" de vastes zones de l'océan, et d'emporter tous les attributs d'un PATMAR : capteurs, armements, bouées sonar, chaînes SAR. Un tel drone aura une efficacité globale largement supérieure à celle d'un appareil piloté, pour un coût d'acquisition, et surtout un coût d'exploitation, largement inférieur. Ce qui signifie qu'à budget équivalent, on pourrait avoir davantage de drones PATMAR que d'appareils pilotés. Et ce ne sera pas un luxe, compte tenu de la prolifération de la menace sous-marine déjà constatée aujourd'hui.
    Cerise sur le gâteau, un drone lourd configuré en PATMAR, avec une grande autonomie et une bonne charge utile, pourrait également être décliné en d'autres configurations : transport de fret, ravitaillement en vol, bombardement, voir même AWACS. Le potentiel est important, y compris à l'export. Cette catégorie de drone lourd n'existe pas à ce jour sur le marché. Nous pourrions profiter du programme MAWS en version "2.0" pour être les premiers à développer ce segment.

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  3. Avec les Allemands on est sûr de l'avoir dans le baba

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  4. A mon sens les missions envisagées par feu le MAWS (car la décision allemende signe son arrêt de mort) pourrait avantageusement être réalisée par le tryptique suivant:
    - des A 400 M équipés d'un module amovible de mission,de bouées intelligentes (SonoFlash de Thales par ex)
    et de drones, en soute, larguées depuis la rampe arrière;
    - des Falcon 10X dédiés à la lutte ASM et AM;
    - des drones aériens comme le développe les précédents contributeurs.
    Les base maritimes de Brest et de Toulon pourraient de plus bénéficier de l'action de drones sous marins de type planeur, mis à l'eau par les Bâtiments de Soutien et d’Assistance Hauturier.

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